Chapitre 5 : Poudlard!

Quitter l'hôpital fut plus difficile qu'elle l'aurait cru. Elle y avait passé un an, un an d'efforts, de déceptions, de bonheurs, de rires, de pleurs. Un an à apprendre à connaître le personnel, à en apprendre un peu plus chaque jour sur le monde magique, à être émerveillée devant ce dernier. Elle versa quelques larmes, mais elle savait que ce qui l'attendait à Poudlard serait encore plus extraordinaire.

McGonagall toqua à la porte avant de faire son entrée.

«Bonjour, Ariane, je vois que tu es prête. Nous irons d'abord chercher tes effets scolaires puis nous irons à Poudlard, Albus m'a dit qu'il t'avait préparé une surprise»

Ariane sourit, elle aimait bien la sorcière, surtout qu'elle pouvait se transformer en chat! McGonagall était venue la visiter plusieurs fois et était impressionnée par la passion de la jeune fille pour les livres. Elle avait lu plusieurs fois certains manuels de magie et posait des questions réfléchies quant à ses lectures. Sa curiosité et sa soif d'apprendre ne semblaient pas avoir de limites.

La journée était magnifique alors elles décidèrent de marcher jusqu'au chemin de traverse. Ariane avait déjà la plupart des manuels scolaires, mais elle insista pour acheter d'autres livres, argumentant qu'elle n'aurait rien à lire à Poudlard. McGonagall, voulant encourager l'enthousiasme de la jeune fille, la laissa choisir tous ceux qu'elle voulait et garda le silence quant à la bibliothèque, ce serait une surprise de plus pour l'enfant. Elles firent les boutiques, Ariane n'ayant plus rien à se mettre tellement elle avait grandi dans la dernière année. Elles terminèrent leur journée chez Ollivander.

Le vieil homme regarda les deux femmes et sourit à Ariane, il s'apprêtait à dire quelque chose lorsque McGonagall aperçut une connaissance à l'extérieur. Elle demanda à la jeune fille de l'attendre dans la boutique et alla rejoindre l'autre femme.

«Ariane Potter, je me demandais bien quand je te verrai.»

«J'ai besoin d'une baguette!» Ollivander sourit et alla chercher une baguette d'un brun clair. Aussitôt qu'elle l'eut entre les mains, celle-ci commença à fumer pour finalement prendre feu.

«Visiblement pas celle-là» Il alla en chercher une seconde, puis une troisième avec le même résultat.

Ollivander souleva ses lunettes et regarda la jeune fille directement dans les yeux. Il fronça ses sourcils épais puis afficha un air surpris. Rapidement, il regarda autour de lui, McGonagall était encore occupée à discuter.

«Tu es une sorcière très très spéciale, Ariane, tu n'as pas besoin de baguette pour faire de a magie. Par contre, tu devras faire semblant que tu en as besoin, tu comprends?» La jeune fille acquiesça «Tu ne dois le dire qu'à des gens en qui tu as complètement confiance, d'accord?» Sur ces mots, Ollivander alla dans le fond de la boutique et alla chercher une baguette dans une boite poussiéreuse. Il la donna à Ariane et rien ne se passa. Il lui fit un clin d'œil et lui rappela de faire semblant et que tout irait bien. McGonagall revint à cet instant. Ollivander salua les deux sorcières alors qu'elles quittaient la boutique en direction de Poudlard. Il s'essuya le front. Il avait dit à la gamine que tout irait bien, mais au fond il ne pouvait qu'espérer.

Ariane avait vu des images de Poudlard dans ses livres, mais en vrai c'était toute autre chose. La taille du château n'avait d'égal que sa beauté. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle allait vivre là pour les sept prochaines années de sa vie. Des étoiles plein les yeux, elle franchit le portail. Il y avait tellement de choses à voir, elle ne savait pas où poser son regard. Les chandelles illuminées qui frottaient toutes seules, le plafond de la grande salle qui était en fait un ciel d'été, les statues, les fantômes et même les murs de pierre. Tout était magnifique. Elles marchèrent silencieusement dans le château presque désert, pour finalement arriver devant une porte de bois massif.

«Tes bagages sont déjà dans ta chambre.» L'enseignante avait un petit sourire en coin. Elle tendit le bras et poussa la porte.

Le lit était spacieux et accueillant. Les draps foncés et cousus de fils dorés et argentés semblaient si soyeux et chauds qu'Ariane avait presque envie d'aller se coucher immédiatement. Un bureau de bois faisait face à une grande fenêtre et plusieurs bibliothèques attendaient d'être remplies. La porte à droite du lit donnait sur une armoire spacieuse et celle de gauche et sur la salle de bain. Le bain sur patte de couleur bronze était assez grand pour accueillir cinq Ariane. Jamais la fillette n'avait vu de si belles choses. Elle s'empressait déjà de ranger ses livres se demandant si elle devait les ranger par ordre alphabétique, par auteurs ou par sujets.

Elle passa la semaine à se familiariser avec le château, rencontrer les fantômes et se préparer pour la rentrée.

Les élèves allaient bientôt arriver. Ariane était fébrile, elle n'était pas allée à l'école depuis trois ans et elle n'avait pas vu d'autres enfants depuis tellement longtemps. Bien sûr, elle en avait croisé à l'hôpital, mais ils ne restaient jamais bien longtemps. Le brouhaha précéda l'entrée de la foule. Ils portaient tous l'uniforme de leur maison, sauf les premières années, bien sûr, car elle ne leur avait pas été encore assignée. Ariane se joignit au groupe des premières qui s'était formé en bordure des tables, un groupe de filles la saluèrent et elles se présentèrent sommairement.

«Est-ce que c'est encore Chourave qui dirige Poufsouffle? Ma sœur dit qu'elle essaie toujours de convaincre ses élèves d'aller travailler dans ses serres» La brunette grimaça. Une fille aux cheveux blonds, qui avait dit s'appeler Clara quelque chose, rétorqua

«Au moins McGonagall elle nous fou la paix »

«Comment tu sais que tu seras dans les Gryffondors ?»

«Tout le monde dans ma famille est passé par Gryffondor»

Les premières commençaient à prendre place aux longues tables. Ariane alla s'assoir à la première chaise libre qu'elle vit.

Elle fut tirée de ses pensées l'apparition d'une abondance de nourriture à l'odeur alléchante. Elle réalisa qu'elle était affamée et se servit une généreuse assiette. Elle était en train de se resservir du dessert lorsqu'elle aperçut le Choixpeau. Elle se demandait bien dans quelle maison elle irait. Au même moment, Dumbledore se leva et débuta son discours annuel par les salutations d'usage et en rappelant aux élèves que la forêt interdite était encore… interdite.

« Et maintenant, le moment que vous attendiez tous !» Immédiatement le Choixpeau se mit à chanter. Ariane savourait chaque mot, elle avait l'impression de vivre un rêve. Les nouveaux élèves furent appelés un à un, jusqu'à

«Ariane Potter»

Le cœur battant à tout rompre elle s'avança vers le tabouret. À peine assise et le Choixpeau déposé sur sa tête il cria

«Serdaigle»

Dumbledore appela le prochain élève alors qu'Ariane se dirigeait vers la table des bleus et bronze, satisfaite de sa maison.

Ravie de sa soirée, Ariane suivit le préfet des Serdaigles qui donnait les consignes générales tout en marchant jusqu'aux dortoirs. Ariane avait hâte de se faire des amies, mais alors qu'il terminait d'assigner les chambres aux nouveaux élèves, le préfet lui mentionna que Dumbledore voulait la voir dans son bureau et qu'il allait l'escorter lorsqu'il aurait terminé. Ariane espérait qu'elle n'avait rien fait de mal. L'adolescent la laissa au pied des escaliers en colimaçon et lui demanda si elle avait besoin d'aide pour le retour. Elle lui répondit qu'elle était certaine de retrouver son chemin.

«Bonsoir, Ariane, j'espère que ta première soirée à Poudlard a été à la hauteur de tes attentes ?» Encore sur son petit nuage, elle répondit par l'affirmative.

«Je dois te parler de plusieurs choses… » Il hésita un instant, puis continua «Tu n'es pas une sorcière comme les autres, tu es plus puissante et surtout excessivement rare. Par exemple, tu peux faire de la magie sans utiliser ta baguette…» Elle hésita, mais décida de se confier. L'homme c'était toujours assuré de son bien-être et avait été bon avec elle.

«Je sais, Ollivander me l'a dit, il m'a donné cette baguette-là et m'a dit de faire semblant…» Elle tendit sa baguette à Albus. Il la prit et tenta de jeter un sort, rien ne se passa. C'était une fausse baguette. Il lui rendit et compléta son explication.

«Les sorciers ont besoin de leur baguette pour concentrer la magie. Ils peuvent, par exemple, fermer une porte sans baguette, ou mélanger leur thé, mais ce sont des actions mineures… Tu recèles un très grand pouvoir. Des sorciers mal intentionnés pourraient être tentés d'en abuser, de gagner ta confiance pour que tu les aides à atteindre leur but… Je crois que nous devons dès maintenant commencer à t'entraîner afin que tu puisses contrôler ton pouvoir et te défendre… »

La fillette était bouche bée, elle déglutit, ce que Dumbledore lui disait lui faisait peur, mais en même temps elle comprenait maintenant ce qui était arrivé aux Dursley… elle essaya de se contrôler, mais les larmes coulèrent sur ses joues. Dumbledore se leva pour la consoler.

«Je ne voulais pas les tuer, mais mon oncle n'arrêtait pas de me frapper, de me donner des coups de pied et de crier c'est ta faute tout ça, c'est de ta faute je voulais seulement qu'il arrête… que tout arrête puis j'ai levé les yeux et son corps s'est comme embrasé, il est devenu tout noir et est tombé en poussière, j'ai entendu ma tante klaxonner et j'étais tellement fâchée et je l'ai sentie brûler avec Dursley. Je ne voulais pas, c'était plus fort que moi je voulais juste…» Elle regarda ses mains. De quoi était-elle capable? Elle avait tué sans même le vouloir. Plusieurs fois! Elle frissonna «S'il vous plaît ne m'envoyez pas en prison» Elle pleurait toutes les larmes de son corps.

«Bien sûr que non, ça va… Tu ne savais pas, tu n'as pas fait exprès… chuuut chuuut » Dumbledore frottait le dos de la fillette. Voilà qui expliquait pourquoi les Dursley manquaient toujours à l'appel. La jeune fille finit par se calmer et il prit la parole.

«Je me demandais si tu préférais garder ta chambre seule ou être assignée à un dortoir»

Elle soupira, maintenant qu'elle savait la vérité elle ne savait pas trop quoi faire. En même temps elle voulait des amis, mais elle avait peur de faire de la magie dans son sommeil… Et la chambre était superbe… Elle se dit qu'elle pourrait y inviter ses amies lorsqu'elle en aurait.

« J'aimerai garder ma chambre seule s'il vous plaît»

Dumbledore sourit devant la politesse de la jeune fille.

«Il est tard, je vais te raccompagner à ta chambre»

Ils marchèrent en silence. Ariane se jeta dans son lit sans même se changer et s'endormit d'un sommeil de plomb. Dumbledore retourna à son bureau. Que Ariane ait tué les Dursley ne lui faisait ni chaud ni froid. Il espérait qu'elle se remettrait de ce traumatisme. Les Dursley n'étaient pas des êtres dangereux et les recherches ne s'éterniseraient pas encore longtemps. Le dossier resterait ouvert et non résolu… il pourrait le faire disparaître sans que personne ne s'en aperçoive d'ici quelques semaines.

Il prit place dans un confortable fauteuil et réfléchi aux derniers événements. Il repensa à Goric Hollow... Comment allait-il lui expliquer la mort de ses parents… Voldemort avait voulu mettre la main sur la fillette, il en était certain. Comment avait-il su qu'elle était extraordinaire, ça il n'en savait rien. Il allait devoir enquêter. Pourquoi avait-elle fait exploser la maison? Voldemort avait-il essayé de l'enlever, ou de la tuer? Est-ce que le mage attaquerait Poudlard pour la récupérer? Attaquer Ste-Mangouste aurait été moins risqué… Il avait peut-être appris sa leçon la dernière fois… Il avait failli y passer… Failli. Il chassa cette pensée, il avait énormément de travail et passerait probablement une autre nuit blanche.

Le premier jour de classe d'Ariane se passa sans anicroche. Elle avait métamorphose, potions et histoire de la magie. Il n'y avait pas eu d'exercices magiques à faire, seulement des présentations générales des plans d'enseignement. Elle était nerveuse de faire de la magie, elle avait peur de faire du mal aux autres. Elle avait parlé à quelques élèves, mais tout le monde semblait déjà se connaître et restait en groupe. Lors du souper, elle entendit un groupe parler de Tu-sais-qui. Elle avait entendu cette expression à l'hôpital, mais elle n'avait pas trop compris et les infirmières lui avaient dit que c'était des «trucs» de grandes personnes. Occupée comme elle l'était à Ste-Mangouste, elle n'avait pas posé plus de questions. Elle avait peur de poser une question et de passer pour une inculte. Elle se dit qu'elle demanderait à Dumbledore la prochaine fois qu'elle le verrait.

Le lendemain matin, Ariane se leva à l'aurore. Elle s'habilla rapidement et se dirigea vers une classe vide, baguette et plume en main. Elle avait un cours de sortilèges ce matin et elle avait entendu dire qu'elle devait faire flotter une plume. Effrayée à l'idée de faire de la magie devant tout le monde, elle avait décidé de se pratiquer. Elle entra dans la première classe vide qu'elle vit et déposa sa plume sur un bureau. Elle pratiqua le mouvement du wingardium leviosa avec la baguette avant de finalement prononcer les mots en pensant flotte. La plume s'envola jusqu'au plafond pour ensuite retomber lentement. Elle repensa flotte et la plume s'envola de nouveau. Ébahie, elle comprit qu'elle n'avait vraiment pas besoin de la baguette. Elle pratiqua de nouveau le mouvement et la phrase en pensant flotte et la plume s'envola de nouveau. Satisfaite de sa performance, elle ramassa ces choses et quitta la classe pour aller déjeuner. Le cours se passa merveilleusement bien. Elle avait réussi le sortilège sans pour autant en faire trop, car elle ne voulait pas attirer l'attention.

Elle voulut aller voir Dumbledore, mais on l'avisa qu'il était absent pour la journée alors elle décida d'aller voir McGonagall. La sorcière l'accueillit avec bonheur. Elles discutèrent de tout et rien jusqu'à ce que, impatiente, Ariane demande

«J'ai entendu parler de Tu-sais-qui et je comprend pas trop c'est quoi ?»

«Dumbledore est ton tuteur, je crois que c'est à lui de te parler de cela…»

«Mais il n'est pas là et tout le monde parle juste de ça !»

McGonagall soupira. Elle lui expliqua qu'une guerre faisait rage depuis plusieurs années et que Voldemort, le dirigeant de l'armée ennemie, faisait si peur que les gens l'appelaient Tu-sais-qui ou Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Elle lui expliqua succinctement que Voldemort voulait asservir les moldus, croyant que les sorciers de sang pur étaient supérieurs. Les sorcières discutèrent jusqu'à ce que la cloche signifiant qu'il était l'heure d'aller en cours sonne.

Le cours de vol dû fut une nouvelle expérience pour Ariane. Elle le détesta âprement. Elle se contenta de voler à basse altitude, les hauteurs n'étaient vraiment pas son fort. L'après-midi était consacré au cours de cours de défense contre les forces du mal. Elle y excella et se dit que c'était définitivement son cours préféré. Le lendemain, elle découvrit la bibliothèque qui l'impressionna par sa taille et sa diversité. Elle avait déjà hâte de feuilleter tous ses livres et de parfaire ses connaissances.

Les jours passaient rapidement, Dumbledore avait été absent toute la semaine. Le samedi, il la convoqua à son bureau. Il lui demanda comment elle trouvait ses cours puis sauta dans le vif du sujet.

«Professeur McGonagall m'a dit qu'elle t'avait parlé de Voldemort. Tu te souviens que je t'ai dit que de mauvaises personnes pourraient essayer d'utiliser ton pouvoir pour arriver à leur but… Je suis certain que Voldemort a déjà essayé de te capturer, quand tu étais bébé… Je sais que les Dursley t'on dit que tes parents étaient morts dans un accident, mais c'est faux, c'est Voldemort qui les a tués» Il la regarda dans les yeux, sachant que lorsqu'elle comprendrait elle serait envahie par la tristesse et la colère.

«Ils sont morts à cause de moi, n'est-ce pas?» Des larmes coulaient sur ses joues.

«Voldemort les a tué, tu n'as rien à te reprocher» Il avait prit une voix très douce

«Si je n'avais pas été là ils seraient toujours en vie!» Dumbledore n'eut pas le temps de répondre qu'Ariane se leva et alors qu'elle ouvrait la porte elle dit

«Merci de m'avoir dit la vérité» Sa voix était enrouée. Elle se leva et alla directement se coucher. Elle passa la nuit à pleurer en maudissant Voldemort.

Dumbledore soupira. Maintenant il était certain qu'elle ne serait pas tentée par les ténèbres.