Chapitre 17 : Vacances quand tu nous tiens

Ariane sépara le document final en trois copies, une pour le ministère, une pour Voldemort, et une pour elle. D'un bref signe de tête, elle salua les deux hommes, dont la fureur déformait les traits, et transplana, suivie de Severus.

La rage de Voldemort était palpable, et Lucius porta les mains à sa tête par habitude, prêt à recevoir un sortilège, mais son maître le regarda avec dédain.

«Espèce d'imbécile!»

Voldemort lui donna un coup de poing en plein visage, puis le roua de coups de pieds, sachant que s'il utilisait sa magie, Ariane le saurait aussitôt. Comment avait-il pu se laisser avoir de la sorte? Personne ne pouvait avoir un tel pouvoir, du moins le croyait-il. Il l'avait créé volontairement, l'avait cherchée, et elle avait failli la tuer. Elle aurait dû être reconnaissante qu'il l'ait créée. Au lieu de cela, il était pris dans une vie de… fonctionnaire en attendant son procès. Il avait creusé sa propre tombe. Il gifla Lucius, qui venait de se relever. Puis attrapa son bras pour regarder la marque dont le serpent ondulait doucement autour du crâne.

«Tu es fini, Lucius»

Amer, Voldemort transplana, laissant son disciple seul.

Ariane avait le cœur qui battait comme jamais. Elle avait chaud et enleva son hoodie qu'elle laissa tomber au sol. Severus apparut non loin d'elle. Ils échangèrent un regard, jamais elle n'aurait cru être autant en contrôle d'elle-même. Elle se sentait invincible.

Elle s'approcha de lui, le prit par la nuque pour qu'il l'embrasse. Il ne se fit pas prier et la souleva tout contre lui. Il glissa ses mains sous son t-shirt pour sentir sa peau chaude et douce. Il embrassa son visage, ses lèvres, son cou. Il marcha d'un pas rapide jusqu'à la chambre et la laissa tomber sur le lit où il la recouvrit de son corps. Elle sortit sa chemise de son pantalon et palpa pour la première fois le ventre ferme de l'immortel. Elle griffa la peau de son dos et il grogna de désir. Ses crocs trouvèrent sa gorge et elle entoura son bassin de ses jambes. Il lécha son cou, guérissant la morsure, puis enfoui son visage entre ses seins. Elle leva les bras et il lui enleva son haut. Elle se débattait avec les boutons de sa chemise, mais, excédée, l'ouvrit d'un coup, brisant ceux qui lui avait résisté. Elle mordit son épaule, il glissa sa main dans ses cheveux et les tira pour qu'elle lève le visage afin de l'embrasser avec passion.

Ses mains se rejoignirent dans son dos et il la délesta de son sous-vêtement. Elle se sentit rougir, mais ses caresses expertes lui firent oublier son malaise. Elle gémissait, grognait, en proie à une ardeur et un désir jusque-là inconnu. Elle détacha le pantalon de Severus et le baissa avec ses pieds, il fit de même avec ses mains, sa bouche toujours occupée à goûter sa sublime poitrine. En sous-vêtements, ils échangèrent un regard amoureux, ralentirent leur étreinte et s'embrassèrent avec douceur.

«Je suis à toi»

Une bouffée de chaleur le traversa.

«Je t'aime, Ariane»

«Je t'aime plus»

Il lui sourit, embrassa son visage, son cou, ses seins, son ventre… Elle se cambra contre sa bouche, l'exhortant de plus par des mots intelligibles qui devinrent des grognements de plaisir si doux à ses oreilles qu'il ne lâcha sa proie qu'après que son corps soit retombé sur lit, épuisée et comblée. Elle reprenait son souffle doucement et il se coucha à ses côtés. Elle l'embrassa, appréciant la saveur salée de ses lèvres. Elle enfouit son visage dans son cou, ses bras serrés autour de lui et elle s'endormit doucement alors qu'il lui caressait le dos.

Severus ferma les yeux d'allégresse. Il avait peur de les rouvrir et de réaliser que tout cela n'était qu'un rêve, mais il entendait son cœur, sa respiration, il sentait la chaleur de son corps et ses cheveux qui lui chatouillaient les côtes.

Ariane ouvrit les yeux alors qu'il faisait encore nuit. Elle leva la tête vers Severus et réalisa qu'elle s'était endormie contre lui.

«Tu aurais pu te lever»

«J'étais bien trop confortable»

«Je ne voulais pas te faire perdre ta… nuit»

«Du temps avec toi n'est jamais du temps perdu… et de toute manière nous ne manquerons jamais de temps»

Elle roula des yeux et se leva pour aussitôt agripper les draps pour se couvrir. Elle avait oublié qu'elle était nue. Severus attrapa l'autre extrémité des draps et tira légèrement dessus.

«Hey!»

Il souriait à pleines dents et tira encore un peu.

«Seeeevvv!»

Il lâcha la couverte, feignit une moue déçue.

«Tu en as pas eu assez hier?»

«Ils ne disent pas qu'il en faut aux moins cinq portions par jour?»

Ariane le regarda, stupéfaite.

«Ce… ce n'est… c'est pour les fruits… et les légumes…»

«Oh, tu es sûre? Et bien, comme je ne mange pas de fruits ni de légumes je dois bien les remplacer par quelque chose. Qu'en penses-tu?»

«Euh... je… douche»

L'eau chaude la relaxa et elle frissonna en repensant à la veille. Elle comprenait mieux pourquoi tout le monde passait leur temps à s'envoyer en l'air ou à essayer de s'envoyer en l'air. Quoique leur partenaire ne devait pas avoir quatre-mille ans d'expérience dans le chapeau. Est-ce qu'elle serait à la hauteur de ses anciennes conquêtes?

«Pourquoi je te sens inquiète?»

Elle sursauta, Severus s'était glissé dans la douche sans qu'elle l'entende.

«Je me disais que tu avais des tonnes d'expériences et que moi bien je ne sais rien de tout ça et que je ne sais pas quoi fai…»

Elle s'était retournée alors qu'elle parlait et regardait Snape dans les yeux jusqu'à ce qu'elle réalise qu'il était en boxer. Dans la douche. Elle releva la tête, se mordant les lèvres pour ne pas rire.

«Je ne voulais pas te choquer»

«Je suis reconnaissante de l'attention»

«Tu ne m'as pas répondu»

«Quoi?»

«Qu'en penses-tu?»

«De quoi… oh»

Le manque d'eau chaude les chassa de la salle de bain. Les jambes d'Ariane tremblaient encore alors qu'elle enfilait ses vêtements. À la blague, elle lança

«Je ne peux même plus me laver en paix!»

«Pauvre petite, que ta vie est malheureuse»

«Très malheureuse»

«Tant que ça?»

«Oui… je crois que j'aurai besoin de quelque chose pour me remonter le moral»

«Ah oui» dit-il, soudainement très intéressé «Quoi donc?»

«Des croissants!»

Il roula des yeux.

«Autre chose pour mademoiselle?»

«Du café!»

«C'est tout?»

«Ouiiiiii»

Ariane laissa tomber sa serviette et s'habilla. Elle pourrait rapidement s'habituer à être aimée et choyée. Elle croisa son reflet dans le miroir et eut du mal à se reconnaître. Elle semblait tellement plus sûre d'elle, plus confiante. Elle entendit Severus transplaner et enfila rapidement un short et un chandail. Elle prit une plume, un encrier, et un parchemin et alla déguster ses croissants. Severus se pencha sur elle et lui vola un baiser. Elle le remercia pour le déjeuner. La plume écrivait seule, Ariane n'aurait pas voulu tacher le parchemin de beurre.

«Qu'est-ce que tu écris»

«Une lettre à Dumbledore, pour qu'il retrouve un peu de crédibilité au Ministère. S'ils commencent à inspecter les bras des sorciers, Azkaban va rapidement déborder»

Severus prit le parchemin et lu la lettre.

Nous passons de belles vacances en France. Sachez que je partirai pour le Portugal à la mi-juillet, si vous avez besoin de me rejoindre. Nous avons eu une rencontre intéressante avec Voldemort et le Ministre de la magie, qui s'est conclue par la signature d'un nouveau traité dont je me garantis responsable. Les closes sont très semblables aux premiers, mais cette fois elles seront mises en œuvre. J'ai révélé les marques, ainsi, une simple vérification des bras des sorciers permettra de confirmer, ou infirmer, leur allégeance en tant que mangemorts. De plus, Voldemort ne peut plus se déplacer ou utiliser la magie sans que je le sache. Il doit effectuer ses tâches de ministre jusqu'à son procès ce qui, j'en suis certaine, lui plaira. Nous connaissons tous deux la passion Voldemort pour paperasse et les tracasseries du quotidien.

Bien à vous,

A.

Il déposa le parchemin qui se plia en forme d'oiseau et vola jusqu'au plafond où il disparut.

Dans son bureau, Albus regarda sa bouteille de whisky qui ne contenait plus que quelques gouttes de liqueur. Il se noyait dans l'alcool depuis des mois. Lui qui avait été un mage puissant, qui avait combattu Grindelwald et vaincu, avait enseigné et maintenant était le directeur de Poudlard, était devenu l'ombre de lui-même. Mais cela allait changer aujourd'hui. Il jeta sa bouteille vide et se promis de ne pas aller en racheter d'autre. Une heure plus tard, il revint à son bureau, sac de papier en main. Il déposa la nouvelle bouteille sur son bureau et remarqua un oiseau de papier qui n'était pas là à son départ. Las, il le prit du bout des doigts, s'attendant à ce que ça lui saute au visage où le tue sur-le-champ, pour être honnête il s'en foutait royalement.

Au contraire, la lettre le fit sourire. Puis éclater de rire. Et même danser un peu sur place. Il se prépara rapidement et partit directement pour le quartier général des aurors.

Les journaux firent leur chou gras des événements qui suivirent. Des postes d'inspection furent mit en œuvre un peu partout dans les lieux de rassemblement sorcier et Lucius fut l'un des premiers à être envoyé à Azkaban. Il faut dire que de refuser de sortir de chez lui était tout sauf discret quand on est Ministre de la magie. Des sorciers de toutes classes sociales furent arrêtés, et d'autres, soupçonnés d'être des mangemorts, furent libérés lorsque l'absence de marque fut confirmée.

Severus déposa le Daily Prophet sur la table. Ariane buvait lentement son café, un livre à la main.

«Tu n'aurais pas quelque chose à voir avec des mangemorts allant directement voir des inspecteurs? J'ai entendu que Bellatrix Lestrange s'était livrée sans résistance, ça ne lui ressemble vraiment pas»

«Bien sûr que non, pour qui me prends-tu?»

Elle lui fit un clin d'œil. Elle ne pourrait pas partir l'esprit tranquille si trop de mangemorts se trouvaient toujours en liberté.

«Isabella est déjà au Portugal. Florence aussi. Estelle et Ortense arriveront demain. Si je pars vendredi, c'est bon pour toi?»

«Évidemment»

«Tu viendras me rejoindre si tu as trop faim»

«J'ai toujours faim» Il s'approcha d'elle, prenant des allures de prédateur. Elle leva le doigt et lui fit signe que ce n'était pas le temps.

«Ce livre est vraiment quelque chose»

Il alla derrière elle pour lire par-dessus son épaule.

«Cette potion est désuète»

«Elle me semble utile»

«Regarde, ici» Il pointa un ingrédient.

«Poudre de corne de Bos primigenius»

«Ça n'existe plus»

«Oh, c'est dommage»

Elle referma le livre, et il s'envola vers la bibliothèque. Elle appuya sa tête sur celle de son compagnon.

«Je me demandais… je sais que les Nés-Vampires ne veulent pas que les gens sachent qu'ils existent… mais moi, est-ce que je dois garder mon identité d'Alpha secrète… au bal les gens le savaient, non?»

«C'est ta décision. J'ai surtout peur que certains tentent d'abuser de toi. En même temps tu as raison, Viggo a révélé ta nature à d'autres et ils l'ont bien pris, ils en étaient même ravis. Si tu désires te confier à tes amies je j'ai aucune objection. C'est ta vie, c'est ta décision et je te soutiens»

«C'est ta vie aussi»

«Je me débrouillerais, peu importe ton choix»

Vendredi matin, Ariane prépara ses bagages, la mort dans l'âme. Elle savait qu'une fois avec ses amies elle aurait un plaisir fou, mais elle avait passé les dernières semaines seule avec Severus et partir loin de lui la plongeait dans une tristesse et une anxiété bien sentie. Elle revérifia sa liste une énième fois, rafraichit les oreillers et fit le lit pour finalement fermer la porte de la chambre derrière elle. Elle rejoignit Severus au salon.

«Je suis prête, tu veux te nourrir avant que je parte?»

En guise de réponse, il l'attira à lui de manière à ce qu'elle tombe assise sur ses jambes. Il remonta sa manche, embrassa son poignet, la faisant frissonner. Elle sentit les crocs pénétrer sa chair sans aucune douleur, seulement une sorte d'allégresse qui lui brouillait les idées et la faisait sourire. Elle se laissa aller contre son corps et il la serra contre lui. Gustave aurait dû être plus explicite quant aux morsures, elle s'était inquiétée pour rien, quoiqu'elle avait beaucoup, beaucoup apprécié la surprise.

Severus l'appelait doucement, lui flattant les cheveux. Elle se sentait comme lorsqu'elle était ivre, entre l'endormissement et la béatitude.

«Oui, oui, j'y vais»

Elle se leva sans enthousiasme. Elle serait restée encore des heures nichée au creux de ses bras s'il ne l'y en avait pas chassé.

«Va t'amuser avec les jeunes de ton âge» Il lui sourit.

«Parce qu'on ne s'amuse pas assez tous les deux?» Elle lui fit des yeux de biche, il prit son air de prédateur.

«Va-t'en avant que je ne te dévore»

Elle se lécha les lèvres, soutenant son regard. Elle murmura

«Tu vas me manquer» Elle transplana.

Severus déglutit. Combien de temps cela lui prendrait-il pour la rejoindre? Il aurait cru que la cohabitation avec Ariane aurait été difficile, alors que l'adaptation s'était faite d'elle-même. En quelques semaines, chacun avait pris sa place naturellement, comme s'ils avaient toujours été ensemble. Comme s'ils avaient été faits l'un pour l'autre.

Ariane se pencha pour enlever ses chaussures. Elle laissa ses orteils s'enfoncer dans le sable réchauffé par le soleil. Elle leva le visage vers le ciel. Aucun nuage en vue. L'eau était tellement bleue, le sable tellement blanc. Elle inspira profondément l'air marin avant de marcher vers la villa et prendre l'escalier qui menait à la terrasse sur pilori. Les filles étaient allongées sur de luxueuses chaises longues, laissant leur corps être caressé par le soleil avant qu'il ne soit trop fort. Isabella la vit en premier.

«Riri!»

Elle courut jusqu'à elle et la prit dans ses bras, rapidement suivis du reste du groupe.

«Tu nous as manqué!»

«Tu ne croiras pas ce que Estelle à fait! Elle nous a amenés dans un club moldu!»

«C'était génial!»

«C'était tellement bizarre!»

«Allez, viens choisir ta chambre»

Isabella lui montra la cuisine dans laquelle une belle sorcière aux longs cheveux blonds s'affairait à préparer des poissons pour le prochain repas. L'escalier du grand salon débouchait sur les chambres dont quatre étaient déjà prises. Elle en choisit une en retrait, avec une grande fenêtre. Au cas…

«Je te laisse t'installer, on pensait aller à la plage après diner»

«C'est bon pour moi»

Elle entendit la jeune femme reprendre l'escalier en sens inverse et d'une simple pensée ses bagages reprirent leur forme originale et tout se plaça de manière ordonnée. Severus lui manquait déjà. Elle essuya la sueur sur son front. Il faisait tellement chaud en comparaison de la Grande-Bretagne. Elle se déshabilla, enfila un bikini et tressa ses cheveux pour les dégager de son cou. Elle rougit à son reflet, mais prit le temps d'observer son corps. Elle avait de grands pieds pour sa taille, mais elle aimait ses jambes et ses hanches dont les courbures s'étaient accentuées au cours de la dernière année. Son ventre était si pâle qu'elle craignait d'aveugler ses amies une fois dehors, et ferma les yeux en se rappelant les caresses de son amant sur sa peau. Elle se créma rapidement et alla rejoindre les autres. Il ne faudrait pas qu'elle se retrouve rouge pompier dès la première journée!

Prends-toi un verre, promis il n'y a pas d'alcool dedans» Estelle lui fit un clin d'œil complice, se rappelant leur état après leur première beuverie. Le jus était frais et fruité, elle termina rapidement son premier verre et s'en servit un autre avant de se choisir une chaise près d'Isabella.

«Le soleil est merveilleux»

«Alors, ton voyage en France?»

Ariane eut l'impression d'être transportée des années en arrière. Elle prit une longue gorgée pour remettre ses idées en place.

«Ça a bien été, on a visité des musées et faits du shopping»

«Et la famille de… c'est quoi son nom, Seb?»

«Sev!» Estelle ricana.

«Ils sont gentils, on s'est bien entendu»

«Et avec Sev?»

«Ça va bien, on a passé du temps ensemble avant que je vienne ici»

«Tu aurais pu l'amener, tu sais»

«C'est pas vraiment son genre»

Severus ne craignait pas le soleil, mais elle avait du mal à l'imaginer en maillot sur une plage. S'il y avait quelqu'un de plus pâle qu'elle, c'était bien lui. Elle remarqua que Ortense s'était levée brusquement. Dans son bikini jaune canari, contrastant avec sa peau couleur café, elle avait l'air d'une œuvre d'art.

«Il est là! Il est là!» Elle enfila ses sandales et détala sans plus de détails.

«Qui est là?»

«Santiago» Isabelle lui pointa un adolescent musclé qui accueillit Ortense à bras ouverts et l'embrassa durant un long moment. Ariane se sentit rougir et elle détourna le regard. Estelle soupira

«Les amours de vacances c'est ce qu'il y a de mieux»

«Pourquoi tu dis ça?» Florence et Isabella se regardèrent, toutes deux dans l'incompréhension.

«Tu lui as parlé? Santiago est sexy comme un dieu, mais il est bête à manger du foin. Son seul sujet de conversation, c'est le quidditch»

Elles eurent un léger rire, et regardèrent les amoureux de loin.

«Ortense n'a pas l'air de se plaindre»

«Il faudrait qu'elle le laisse placer deux mots pour ça»

«Tu es certaine que les chambres sont bien insonorisées?»

«Estelle!»

«Quoi c'est juste une question»

«Regardez, je pense que ce sont ses amis… par Merlin»

Telles des lionnes devant des proies, Estelle, Isabella et Florence se redressèrent. Les adolescents étaient aussi sinon plus athlétiques que Santiago.

«Allez, allez on y va, levez-vous»

Se retenant de rire devant l'attitude de chasseresses de ses amies, Ariane enfila une robe de plage que Severus lui avait offerte. Exposer son corps devant ses amies ne la dérangeait pas, mais faire cela devant des étrangers la mettait mal à l'aise. Le tissu blanc était doux et assez large pour cacher ses formes. Elle rattrapa les autres, une fois les présentations faites, elle s'assit en retrait et se laissa aller à écouter les conversations et sentir le vent sur sa peau. Elles allèrent se baigner, remontèrent à la terrasse pour dévorer le repas préparé par la cuisinière et retournèrent se baigner jusqu'au coucher du soleil.

Les garçons étaient gentils, mais Ariane avait dû repousser les avances d'un des leurs au point d'utiliser sa magie pour lui changer les idées. Les esprits commençaient à s'échauffer et elle décida de monter. Elle se changea et laissa son pouvoir s'étendre dans la ville et sur la côte. Elle sentait la présence de Voldemort constamment, et si elle fermait les yeux, elle pouvait presque le voir. Elle trouva un petit attroupement de moldus dans une zone presque déserte de la ville. Elle se concentra... des photos… des peintures… une exposition. C'était probablement un événement privé, mais elle pourrait s'inviter sans peine. Elle enfila une robe noire, se recoiffa et verrouilla la porte de sa chambre.

Les jours suivants passèrent avec la paresse associée aux vacances. Elle sentait la faim de Severus grandir, et s'attendait à le voir retontir. La chaleur du jour les confinait à la terrasse et à la plage, et le soir, lorsque les garçons les rejoignaient, Ariane en profitait pour explorer la ville. Plusieurs fois, elle sortit avec les filles et fut d'abord gênée de danser, mais après quelques verres elle ne se préoccupait plus des autres et se laissait aller, bien que le talent ne soit pas au rendez-vous.

Un soir alors qu'elles étaient seulement entres-elles, Isabella sortit un jeu dans lequel un mot apparaissait sur le front d'une des filles et les autres devait lui faire deviner le mot seulement avec des indices. Ariane se tordait de rire alors que Estelle essayait de deviner le mot ''yeti'' devant les simagrées de Florence et Isabella. Elle essuya ses larmes, les joues et le ventre douloureux de s'être autant amusée.

«Sérieux j'en ait aucune idée»

«Le yéti! C'est évident!» Et Florence serra ses bras contre son corps et fit semblant de grelotter, puis imita un singe. L'hilarité générale reprit et Ariane passa son tour, préférant prendre une bonne douche chaude pour chasser le sel de sur sa peau et aller se coucher tôt pour une fois.

L'eau coulait sur sa peau et elle soupira de bien-être. Elle massait son cuir chevelu lorsqu'elle sentit deux mains rejoindre les siennes. Elle sursauta, puis se lova contre le corps de Severus. Il prit ses mains et lui fit caresser son propre corps du bout des doigts, d'abord le visage, la gorge, les seins, le ventre, il ramena ses mains vers ses fesses pour terminer leur voyage sur son membre viril, qu'elle serra entre ses doigts.

«Je vois que tu es heureuse de me voir»

«Tu n'as pas gardé tes boxers cette fois»

Elle resserra son étreinte et il l'embrassa dans le cou. Il glissa ses doigts dans les cheveux d'Ariane qui frissonnait de bonheur, le sexe de l'homme toujours entre ses doigts. Il allongea le bras et prit la bouteille de savon et laissa la substance parfumée se répandre sur son corps. Il massa son dos, puis la fit se retourner et il pétrit ses épaules de ses larges mains, il glissa sur les bras et chassa l'excès de mousse avant de masser ses seins, puis son ventre. Il la nettoyait avec soin, concentré à la tâche. Ariane gémit sans retenue lorsqu'il glissa ses doigts entre ses jambes et resta là plus longtemps que nécessaire.

Ses genoux se dérobèrent sous elle lorsque l'orgasme la secoua, elle se laissa glisser contre Severus, son membre contre sa joue. Elle l'embrassa sur toute sa longueur avant de le prendre en bouche. L'homme grogna, et au bout d'un moment il la prit sous les aisselles et remonta son visage à sa hauteur pour l'embrasser avec passion. Elle noua ses jambes autour de lui et offrit sa gorge sans retenue. La morsure fut si profonde qu'elle eut l'impression qu'il avait effleuré son âme et que cette dernière avait explosé en un millier d'étincelles qui dansaient devant ses yeux et la firent basculer dans un monde au-delà de l'extase.

Le soleil était haut lorsqu'elle s'éveilla. De petits coups frappés à sa porte la sortirent de sa torpeur et elle s'enveloppa dans un drap avant d'entrouvrir la porte. Les quatre filles la regardèrent avec un air surpris.

«Euh… tu viens diner?»

«Hum…» Elle regarda Severus «Oui, donnez-moi cinq minutes»

«Peut-être dix, tu as vu tes cheveux?» Elle passa la main sur sa tête et même sans miroir elle put imaginer l'horreur qui se tenait sur sa tête. Elle leur fit un sourire gêné alors qu'elles rigolaient et retournaient à la cuisine… Firent semblant de retourner à la cuisine, car à peine la porte fermée elles s'y précipitèrent pour écouter les amoureux. Ariane roula des yeux et insonorisa complètement la pièce.

«Elles cognaient depuis au moins deux minutes» Severus lui fit un grand sourire.

«Tu aurais pu me réveiller!»

«Tu es beaucoup trop belle quand tu dors»

Ariane réprima un juron lorsqu'elle se vit dans le miroir.

«Comment je vais leur expliquer ça»

D'une onde magique, ses boucles reprirent leur forme habituelle et elle les noua en chignon. Elle enfila rapidement des vêtements qui trainaient sur le sol.

«Tu peux leur dire la vérité»

Elle le regarda.

«Bonne idée» Elle avait répliqué avec sarcasme, mais elle réalisa que Severus était sérieux.

«Je ne saurais même pas par où commencer»

«Par le début»

«C'est… trop compliqué»

«Elles ont l'air de tenir à toi, je suis certain qu'elles peuvent le prendre»

Elle réfléchit un instant.

«Je verrai si l'occasion se présente»

Elle mangea avec appétit, les filles échangeant des regards pour savoir laquelle allait oser demander à la rouquine ce qui s'était passé la veille. Ariane soupira, sachant que le malaise ne se dissiperait pas tout seul et que Estelle n'allait pas lâcher le morceau si elle essayait d'éviter le sujet.

«Sev m'a rejoint hier soir»

«Florence tu me dois 5 gallions!» Estelle affichait un sourire victorieux.

«Par Merlin… est ce que vous avez… tu sais?»

Ariane se sentit rougir et garda les yeux fixés sur son assiette. Avait-elle vraiment envie de continuer à s'inventer des histoires sans arrêt, être sur ses gardes constamment au cas où elle ferait de la magie sans baguette? Pas vraiment et en plus, elle espérait que cette amitié durerait au-delà de Poudlard.

«J'habite chez Sev depuis qu'on est revenu de France»

«C'est pas vrai!»

«Dumbledore ça ne lui dérange pas?»

«Je vais avoir 17 ans dans six semaines»

«Et comment c'est?»

«Super… pour vrai… on s'entend bien»

«C'est sérieux entre vous?»

«Oui»

La discussion glissa finalement sur les Portugais que les filles fréquentaient, puis sur les élèves de Poudlard. Les quatre amies décidèrent d'aller à la plage alors qu'Ariane retourna à sa chambre où Severus l'attendait. Ils transplanèrent et passèrent les trois jours suivants à explorer la capitale. Avant de partir, Severus donna une enveloppe à Ariane, à ouvrir la semaine prochaine.

«C'est ton cadeau de fête»

Quand vint le temps d'ouvrir l'enveloppe, un simple parchemin avec comme inscription Soyez devant la porte de la villa à 10h, le 8 août. On viendra vous chercher toutes les 5. Ariane le montra aux autres qui, surexcitées, partirent dans des théories les plus farfelues.

Vendredi arriva et une limousine noire s'arrêta devant l'entrée principale de la villa. On leur servi du champagne avant que la voiture ne se mette en route pour un peu plus d'une heure, zigzagant sur des routes qui prirent fin au sommet d'une montagne. Une grille de fer travaillée s'ouvrit sur ce qui semblait d'abord être un palais, mais les amies réalisèrent rapidement qu'il s'agissait d'un centre de soin de luxe exclusivement pour les sorcières. Elles furent accueillies avec enthousiasme et professionnalisme, et purent à peine contenir leur joie lorsqu'elles consultèrent leur horaire dans lequel des soins personnalisés et des massages étaient entrecoupés de périodes libres pour relaxer dans les divers bains et saunas.

Alors que la limousine se mettait en route pour retourner à la villa, les filles firent un toast en l'honneur de Severus.

Ariane repartait pour la Grande-Bretagne les dix-sept août, les procès des mangemorts devant normalement débuter le dix-huit, mais pour des raisons bureaucratiques, ils commencèrent le onze. L'un des hiboux de la famille d'Isabella déposa le Daily Prophet sur la table comme tous les matins.

«C'est quand même étrange ce qui s'est passé avec les mangemorts. Le département des aurors a pris le crédit, mais mon père jure qu'ils n'ont aucune idée de ce qui s'est réellement passé»

«C'est moi»

Les quatre adolescentes s'immobilisèrent, regardant Ariane avec stupéfaction.

«J'ai révélé les marques des mangemorts»

«Mais… comment?» Estelle était toujours la première à parler. La rousse lui fit un mince sourire.

«Je suis différente, mon pouvoir est différent» Elle leva la main et celle-ci s'enflamma. Les filles sursautèrent lorsqu'Ariane se leva et s'approcha de Florence et prit sa main et y déposa la flamme multicolore. Elle regarda le feu magique comme s'il eut s'agit du plus beau des joyaux, et le passa aux autres comme Ariane l'avait fait.

«Je n'ai pas besoin de baguette, je peux faire… pas mal tout ce que je veux, en fait. On nous appelle les Alphas, il y en a eu d'autres avant moi, il y a longtemps, mais pour le moment je suis la seule»

Les questions fusèrent de la part des autres Serdaigles. Après un moment à démontrer ses pouvoirs en faisant neiger dans la cuisine, puis en transfigurant le sofa en cheval d'un blanc immaculé, Ortense osa demander

«Pourquoi alors Tu-sais-qui n'est pas à Azkaban… il a tué tes parents quand même»

«Je… ça à l'air stupide dit à voix haute, mais je voulais qu'il me prouve qu'il pouvait vraiment changer… il va avoir un procès… mais je voulais… je voulais juste… je ne voulais pas le tuer. Et jamais ils n'auraient pu le garder à Azkaban, j'aurai dû passer des semaines là-bas avec lui, ou devoir courir après à chaque fois qu'il s'échapperait, au risque qu'il cause une émeute ou qu'il fasse échapper d'autres mangemorts. Je le suis à la trace tout le temps. Je sais qu'il utilise la magie, même pour réchauffer son thé. Sérieusement, je pense que de devoir réellement travailler au ministère est pire pour lui qu'Azkaban»

Les filles se regardaient, retenant leur stupeur.

«Il doit vraiment travailler?»

«Oui, il sait que s'il ne va pas au travail je l'amènerai moi-même à Azkaban»

Elles éclatèrent de rire.

«Imaginez-le remplir des formulaires»

«Et discuter avec ses collègues»

«Oh la bureaucratie»

«Tu es un génie»

«Vous ne trouvez pas que je suis… effrayante?»

«La seule chose effrayante chez toi c'est ton manque de tolérance à l'alcool»

Isabella faillit cracher sa gorgée de thé, les autres ricanèrent de la blague d'Estelle.

«Est-ce que c'est un secret, toi je veux dire?» Ariane regarda Florence.

«Je ne sais pas… je n'ai vraiment pas envie de faire les manchettes»

«Quand tu seras prête, si un jour tu veux, on sera là pour toi»

Ariane sentit les larmes lui piquer les yeux. Le vrai miracle ce n'était pas son pouvoir d'Alpha, c'était leur amitié.