Bonjour bonsoir ! Toujours à cause de la terrible influence de Zofra, me revoilà avec un mini-recueil sur ce fandom :D Cette semaine, elle et moi nous sommes organisé un tout petit défi autour de Shizuo, puisque son anniversaire approche. L'idée, c'est que nous allons écrire chacune un petit texte par jour sur les mêmes thèmes, que je préciserai à chaque fois du coup :3
... Bon après, ça c'est la théorie. Dans les faits, pour des raisons de période d'examens, moi je suis déjà en retard XD (On m'appelle Momo l'escargot dans le milieu) Mais n'hésitez pas à passer lire le recueil de Zofra aussi, non seulement ses OS sont géniaux, mais en plus elle est super ponctuelle ! o/ De mon côté je me débrouille comme je peux eeeet j'imagine que je rattraperai bien mon retard un jour :P Dans tous les cas, bonne lecture ! :3
Disclaimer général : Les personnages et l'univers de Durarara appartiennent à Ryohgo Narita.
Thème : Souvenirs envahissants
Rating : K+
Remerciements : À Zofra, pour tous tes encouragements et pour ce petit défi ! Je vais encore galérer et je vais encore râler (pardon), mais je m'amuse déjà à fond ! \o/
01 : Rien qu'une image (Souvenirs envahissants)
Ce jour-là, Shizuo est sur les nerfs.
Oh, d'accord, les mauvaises langues de ce fichu quartier aiment bien aller raconter qu'il est tous les jours sur les nerfs, mais la vérité, c'est que c'est des foutaises. La plupart du temps, il est parfaitement calme, et ils s'en rendraient tous bien compte s'ils faisaient un peu plus attention à la façon dont il se contente de faire son boulot jour après jour, en obéissant aux ordres que lui donne Tom, en s'efforçant même de ne pas trop mettre en pièces les clients qui font pourtant exprès de lui taper sur le système…
Ou s'ils le voyaient soulever le dernier en date de ces ratés par le cou, aujourd'hui, la paume contre sa gorge et le pouce sous sa mâchoire, avant de le plaquer sans douceur contre le mur le plus proche. Histoire de comparer.
Avant que le grognement dans sa poitrine n'ait eu le temps de prendre la forme des menaces auxquelles il était déjà en train de réfléchir, cela dit, Shizuo entend la voix de Tom prononcer son prénom, vaguement derrière lui sur la gauche, et son ton est si las qu'il n'a pas d'autre choix que de lâcher l'autre abruti ; mais ça ne change rien aux picotements qui brûlent ses mains, à ses dents qui continuent de se serrer malgré lui. À la tension qu'il sent bien courir dans ses veines. Merde. Ce n'est même pas comme si c'était une mauvaise journée, pourtant ; personne n'a particulièrement essayé de lui chercher des noises, jusqu'ici, tout le monde a tout de suite accepté de payer bien gentiment rien qu'en le voyant s'approcher, et Tom et lui ont beau arpenter Ikebukuro depuis ce matin, il n'a même pas encore cru déceler dans l'air l'odeur de-
À la seconde où la pensée, la simple idée de l'existence de cette saleté de raclure de détestable insecte d'Izaya lui traverse l'esprit, Shizuo sent tous ses muscles se tendre, ses poings se serrer de rage, et son corps entier menacer de céder à la pulsion de détruire, simplement tout détruire qui le prend aussitôt. Cette espèce d'enfoiré- Ce connard d'Izaya- Comme toujours, c'est de sa faute ! Même lorsqu'il ne la ramène pas ouvertement, même lorsqu'il reste terré au fond de son trou de puceron dont il ne devrait jamais sortir, il faut qu'il trouve moyen de...
Et en temps normal, pour se calmer, Shizuo essaierait de fermer les yeux, d'inspirer lentement – mais aujourd'hui, il sait très bien que ça n'a aucune chance de marcher, parce que sitôt que ses paupières seront closes il ne verra plus que son visage. Celui de l'homme, non, de l'exécrable forme de vie qu'il déteste le plus au monde. Il n'a même pas besoin d'en faire l'expérience pour prouver son hypothèse ; il le sait, c'est tout.
Parce qu'il ignore comment Izaya s'y est pris, cette fois, mais il a réussi à le hanter toute la nuit.
Bien sûr, même si Shizuo déteste y penser, ce n'est pas la première fois que la vermine trouve moyen de venir pourrir jusqu'à ses rêves ; s'il ne s'est jamais amusé à compter les fois où il s'est réveillé en nage, le sang pulsant sous son crâne et la rage battant dans sa poitrine, après avoir vu son subconscient envahi d'images de lui, lui dans un dédale de rues et de ruelles où il arrive toujours à disparaître et réapparaître comme un mirage, lui le visage couvert de sang et la poitrine transpercée par une barre de métal, lui le souffle court et le regard brumeux en-dessous de son corps, c'est parce qu'il y en a eu beaucoup trop, depuis qu'il le connaît, et que dans tous les cas, l'issue est toujours la même ; mais cette nuit... Cette nuit fait partie de celles que Shizuo hait le plus.
Celles où la colère n'est pas le seul sentiment qui lui tord les entrailles, au petit matin – et où la sensation étrangère, désagréable qui l'accompagne refuse encore et toujours que Shizuo lui donne le moindre nom.
Ce n'est qu'un vieux souvenir, pourtant. L'image de cette nuit. Rien qu'une connerie de vieux souvenir – un flash de quelques secondes, au lycée, Izaya en tailleur sur un pupitre dans la salle de classe lorsque Shizuo ouvre la porte, en pleine conversation avec quelqu'un, Shinra peut-être ? Shinra, sûrement. Et avant même d'apercevoir son visage d'enfoiré, de sentir son odeur de parasite qui flotte dans l'air, Shizuo entend son rire ; mais il ne reconnaît pas, tout d'abord, parce que ça n'a rien à voir avec ses sales ricanements moqueurs qu'il lui sert à longueur de journée, comme si rien ne pouvait jamais l'atteindre, et puis-
Izaya remarque sa présence, bien sûr, et ramène un de ses genoux contre lui. Izaya trouve son regard du sien, bien sûr, et ne songe même pas à fuir lorsque leurs yeux se croisent. Izaya lui sourit, bien sûr, bien sûr, mais il y a dans ses pupilles et sur ses lèvres fines quelque chose d'inhabituel, de différent, quelque chose qui fait s'ouvrir les paupières de Shizuo un peu plus grand.
Tu veux te joindre à nous, Shizu-chan ?
Ça ne dure qu'un instant – ensuite les yeux de ce misérable insecte se plissent à nouveau et son insupportable sourire s'étire à nouveau sur toute la largeur de son exécrable visage et la fureur s'empare à nouveau de Shizuo par tous les pores et il s'élance en direction d'Izaya, une chaise entre les mains, prêt à le balayer d'un coup que cette raclure esquive sans effort-
Mais l'image, cette foutue image, reste. Au matin quand il ouvre les yeux et que quelque chose garde la colère dormante, tapie, bouillonnant en silence dans ses veines. Un peu plus tard quand la porte de son appartement claque sur son passage et que quelque chose embue les contours de sa conscience, empêche son esprit de s'arrêter sur ce qu'on lui dit ou ce qu'on lui demande. Toute la journée, tandis qu'il emboîte docilement le pas de Tom, et que quelque chose le force à regarder sans cesse autour d'eux, à scruter les ruelles et les recoins à la recherche de la silhouette agile, du capuchon bordé de fourrure qu'il ne reconnaîtrait que trop bien.
Les poings serrés au fond des poches de son uniforme, Shizuo résiste à l'envie de détruire la poubelle qu'il dépasse d'un coup de pied et se force à focaliser son regard sur le dos de Tom, juste devant lui.
Oh, oui, ce jour-là, il est sur les nerfs – bien plus que la plupart du temps, bien plus que tous les jours, et s'il aperçoit ne serait-ce que l'ombre de ce sale enfoiré d'Izaya, il sait d'ores et déjà qu'il ne lui faudra qu'un quart de seconde pour exploser.
Parce que le souvenir de ses yeux brillants d'autre chose que de mépris ne l'a pas quitté depuis son réveil ; et à l'instant où il se superposera au regard moqueur, haineux d'Izaya aujourd'hui, Shizuo sera bien obligé de tout faire pour le tuer, encore et encore, histoire d'oublier une bonne fois pour toutes que plus jamais il ne le regardera de cette façon-là.
