Heyo, c'est encore moi ! Lenteur, quand tu nous tiens... Mais bon, au final, j'ai quand même réussi à écrire un petit truc sur ce thème, donc c'est mieux que rien j'imagine xD Cet OS se passe du temps où Shizuo et Izaya étaient encore au lycée. Merci d'être passé-e jeter un coup d'œil ! :)
Thème : Quelles étaient mes chances ?
Rating : K
02 : Moins d'un pourcent (Quelles étaient mes chances ?)
Un pourcent.
Même pas, un demi-pourcent ; ou zéro pourcent, en fait, si on oublie qu'un événement qui n'a pas le moindre pourcent de chance d'arriver ne se produit juste jamais, mais Shizuo a écouté en cours de maths, la dernière fois, alors non, qu'ils aillent se faire foutre – zéro virgule un pourcent, peut-être, avec la marge d'erreur, zéro virgule deux, pour compter bien large, parce que-
Parce que la vérité, c'est qu'il n'a pas la moindre espèce de fichue idée de comment c'est possible. De comment ça a pu se passer. La probabilité, la foutue probabilité qu'alors qu'ils se battaient, encore une fois, parce qu'il a fallu que cet enfoiré de bâtard d'Izaya vienne lui chercher des noises jusque durant la pause déjeuner, jusque dans sa salle de classe, encore une fois- Et puis c'est allé tellement vite, merde : une seconde, la sale puanteur d'Izaya le réveille d'une sieste improvisée, deux secondes, cette espèce de vermine est déjà pratiquement à sa hauteur, trois secondes, Shizuo esquive le coup de couteau qu'il essaie de lui asséner...
Quatre secondes, ou cinq peut-être – l'exécrable sourire de la puce tord ses lèvres jusque dans son regard, tandis qu'une main de Shizuo attrape le rebord métallique de la fenêtre derrière lui sans qu'il ne se demande si c'est vraiment une bonne idée de l'arracher, et tout à coup ils sont beaucoup trop proches et Izaya a l'air beaucoup trop amusé et leurs lèvres se rencontrent. Beaucoup. Trop. Vite.
C'est quoi ce bordel.
Replier un bras, replier un genou, le dégager de toutes ses forces, le regarder voler jusqu'à l'autre bout de la pièce et s'écraser contre le bureau d'un de ses camarades ou à travers la porte ouverte, ça ne prendrait qu'un instant, qu'un seul geste, même pas d'effort – et pourtant Shizuo reste paralysé. Il le sait, qu'il faut qu'il réagisse, qu'il fasse quelque chose, mais- Merde ! Son corps ne répond plus, et il n'a pas la moindre idée de quoi, et son esprit est complètement vide, et-
Le sang cogne dans ses tempes. Les doigts d'Izaya sont tièdes, à l'endroit où il les a posés contre son torse. Une sensation qu'il déteste, mais qui n'est ni de la haine ni du dégoût parce qu'il ne la reconnaît pas, tord bizarrement son estomac ; le corps d'Izaya pèse un drôle de poids contre le sien. Quelque chose lui donne l'impression d'avoir à la fois chaud et froid, sa poitrine lui fait mal – et il n'arrive juste pas à savoir, à trouver ce qu'il pourrait bien faire de ses mains.
Alors Izaya l'embrasse.
Doucement. En faisant mine de fermer les yeux, en souriant contre ses lèvres ; et Shizuo répond.
Il n'en faut pas plus pour qu'Izaya se tende.
À partir de là, tout s'enchaîne à nouveau très vite : le poing d'Izaya se resserre contre son uniforme, juste un peu, et puis tout à coup il redevient le misérable insecte que Shizuo déteste, déteste, quand il rompt leur baiser et le repousse d'une main et s'éloigne d'un bond agile, sans manquer de lui entailler le cou au passage. Ça ne fait pas mal, bien sûr que non, mais Shizuo sent très bien l'entaille qui se forme sous sa mâchoire, comme une saleté de piqûre de rappel ; d'autant plus que quand il redresse les yeux c'est bien ce crevard d'Izaya qui se tient devant lui et qui…
Ne l'a pas quitté du regard, de son regard de saleté d'insecte nuisible qui brille toujours de moquerie ou de mépris d'habitude, mais qui a l'air tellement neutre, non, indéchiffrable à l'instant – jusqu'à ce qu'il replie son couteau à cran d'arrêt, le même qu'il n'est pas censé pouvoir faire entrer dans ce foutu lycée mais qu'il arrive toujours à ramener, et rien que pour ça, Shizuo sent la colère se remettre à bouillir dans ses veines.
« Eh bien, ne tarde pas à lui lancer son ennemi juré, Shizu-chan, quelle fougue~ »
Il marque une brève pause, mais le besoin de lui faire immédiatement ravaler son petit sourire submerge aussitôt tous les sens de Shizuo, l'empêchant de faire attention à quoi que ce soit d'autre – qu'il s'agisse du rythme de ses paroles, un peu saccadé, ou du teint de son visage, un peu plus coloré qu'à l'accoutumée.
« C'était pour un pari, comme tu t'en doutes, ajoute-t-il avec un haussement d'épaules, sûr de lui et satisfait et détestable. Et j'ai gagné. »
Les mots qu'il prononce n'ont pas le temps d'atteindre son esprit ; le sang de Shizuo ne fait qu'un tour, et il n'a plus la moindre ébauche de pensée pour ce qui vient de se passer.
« Merci de ta collabo-
– I-zaa-yaa... »
Comme toujours, la saleté de puce comprend très bien quand est-ce qu'il est temps de dégager, et c'est précisément ce qu'elle fait.
Mais ce n'est pas ça qui va empêcher Shizuo de le pourchasser jusque dans les moindres recoins du lycée, oh non, encore moins de le retrouver, et de l'attraper, et de lui faire la peau, juste comme il le mérite, cette raclure qui a décidément encore bien besoin de quelques poings dans la figure pour peut-être, enfin, comprendre la leçon-
(Lorsque sa rage s'estompera et qu'il rentrera ce soir, toutefois, Shizuo repensera à ces quelques secondes dans la salle de classe, aux lèvres d'Izaya contre les siennes.
Et tandis qu'il se demandera avec colère, avec haine quelles étaient ses chances pour que, de tous les milliards d'être humains qui peuplent cette Terre, tous les millions de personnes qui habitent cette ville, ce soit avec Izaya qu'il ait partagé son premier baiser…
Il n'aura pas encore la moindre idée que c'est avec lui qu'il échangera le deuxième, aussi, et le troisième, et tous les suivants jusqu'au dernier.)
