Bonsoir, voici une suite, après presque un an, à ce que j'avais entrepris. Je voulais remercier les personnes qui m'ont laissé des retours sur ma manière d'écrire, c'est ce qui me faut aussi de corriger mes prochains écrits. Je vous souhaite une bonne lecture, pour ceux que ça intéresse. Bisous à vous tous.


- Entre.

La voix grave de Potter venait de l'intérieur. Draco trouva la porte ouverte, et s'exécuta en se faufilant timidement à l'intérieur du studio. Une odeur douce lui parvint immédiatement aux narines, mélange de bois et de plantes dont il n'arrivait pas à analyser le type, mais le diffuseur d'huiles lévitant près de la fenêtre ne devait pas y être pour rien. Draco jeta tout de suite un œil à son environnement, peut-être un réflexe défensif, pour savoir ou il mettait les pieds, ou peut-être simplement par curiosité. Le studio n'avait rien à voir avec la maison des Potter. Un grand bureau en ébène massif croulant sous les papiers en désordre dominait la minuscule pièce, et deux des murs sur cette seule et grande bibliothèque pleine à craquer. Un grand tapis aux motifs compliqués dans les tons bordeaux avait l ' air de rendre la pièce encore plus petite qu'elle ne l'était déjà, un divan sommaire de faux cuir et de bois brun était installé à côté de la fenêtre. Une petite table basse de verre était juste devant, un ouvrage usé qui était aussi ennuyeux que ceux que lisaient Granger à l'époque, vomissait un nombre incalculable de petits post-it était posé, et pour ne laisser place à aucun vide, des plantes ci et là comblaient les creux. Des plantes aux longues feuilles pendantes. Un élégant bahut était accroché sur l'un des murs libres et quelques verres à alcool étaient posés dessus, ainsi qu'une théière arabe ouvragée à l'air ancienne. Voilà qui devait venir aider les longues nuits à cravacher sur des dossiers compliqués, s'amusa Malfoy. Il y avait aussi une porte close taillée dans le même bois que celle d'entrée, dans un coin de la pièce. La pièce était sombre, seul un chandelier était allumé, mais très confortable et Draco se détendit un peu. Le fait d'être dans l'obscurité l'aidait probablement, car elle lui donnait l'impression de pouvoir un peu plus se cacher, un peu plus dissimuler son trouble et la rougeur qui teintait sûrement légèrement ses joues.

- Alors, ça te plait? C'est mon autre chez moi. Celui qui n'appartient qu'à moi.

Draco se rappela de la présence de Potter, qu'il aurait presque réussi à occulter. Il était assit sur la chaise gigantesque derrière le bureau, bras croisés sur son torse.

- Voilà qui te ressemble plutôt bien.

Mais Draco n'avait aucune idée, en réalité. Il ne savait pas ce qui pouvait ressembler au brun, ne l'ayant jamais vraiment bien connu. Il aurait imaginé peut-être quelque chose d'un peu moins ordonné et soigné, typique de l'agent brillant qui ne prend de temps pour rien d'autre que ses dossiers. Il aurait imaginé quelque chose de peut-être moins sobre, plus représentatif du brun, un vrai appartement de garçon, des détails à son ancienne maison, des couleurs rougeoyantes et dorées, mais aussi c'était peut-être ne prendre en compte que le passé. Draco ressenti une bouffée de tristesse. Finalement, c'était comme s'il n'arrivait pas à évoluer et restait figé dans le passé. Comme si leur vie s'était arrêtée à Poudlard, leur relation à vieille rancœur, leurs vieux souvenirs.

Ce dernier d'ailleurs, décroisa ses bras et passa une main dans son épaisse tignasse avec un grand soupire, retira ses lunettes pour se frotter vaguement les yeux avant de se lever. Il était habillé de manière plutôt élégante pour une fois. Avait-il fait un effort? Se demanda Draco. Une chemise argentée rentrée dans un pantalon noir et des chaussures basses assorties à son haut. Sobre, mais voilà qui allait très bien et le rendait moins négligé que d'habitude. Bon, pour ce qui est de ses cheveux, on repassera ... se lamenta intérieurement Draco.

Le brun contourna le bureau et s'avança vers le blond, qui était toujours debout dans l'entrée. Il lui tendit la main. Tout en lui indiquait la désinvolture, comme si cette scène était des plus normale, deux vieux amis qui se rencontreraient en pleine nuit après le travail. Draco hésita une seconde et accepta son salut, décidant de monter le moins possible son trouble. Il ne voulait pas laisser l'occasion au brun de maîtriser plus que lui la situation. Harry eut une poignée de main ferme, mais il l'accompagna d'un demi-sourire qui rassura un peu Malfoy. Tout ceci était parfaitement normal, ne cessait-il de se raconter.

- Oui, peut-être. J'ai besoin de calme, parfois. Et à la maison, je ne l'ai plus depuis longtemps. Les enfants, tu sais.

- Potter, serais-tu en train de me dire que tu es las de ta vie?

- Bien sur que non, pour rien au monde je ne voudrais perdre ce que je n'ai jamais eu. Une famille, une vraie famille. Mais parfois, ce n'est pas évident. Au ministère il y a trop de bruit. A la maison, il y a trop de bruit. Dans la rue .. je ne passe pas toujours inaperçu, même après tout ce temps ... enfin, avoir un endroit à soi c'était important.

- Et ... ça ne t'empêche pas parfois de rentrer chez toi? Je veux dire ... tu ne tombes pas dans le cercle vicieux de finir par passer trop de temps «au bureau»?

Potter eut un sourire énigmatique et sembla réfléchir un instant.

- Et bien .. ce n'est pas à moi de te le dire après tout. Si, j'imagine que si. Mais même sans ça, je restais déjà trop longtemps au Ministère. Tu sais ce que c'est. Le travail est une grande responsabilité, on a vite tendance à trop s'investir dedans, à trop s'enliser. On se dit «encore un peu plus, j'avance encore un peu plus la dessus, j'interviens encore à cette heure là à cet endroit je ne devrais avoir qu'une heure de retard» et ça ne se passe jamais comme tu l 'aurais désiré. Enfin j'imagine que tu as aussi beaucoup d'inconvenants dans ton service. Moi, ça me va. Je n'aime pas le vide, je n'aime pas rentrer et ne rien faire. En plus les enfants sont souvent déjà couchés, quand c'est les vacances. Quand ça ne l'est pas, c'est encore pire. J'ai horreur de ne rien faire,

Potter était-il réellement en train de se confier? Il avouait à Draco quelque chose d'aussi important qu'une angoisse. Ce n'était pas rien. En plus, voilà qui faisait sens dans le cœur du blond, car lui aussi souffrait du même malaise. Lui aussi avait toujours le besoin d'être aussi un peu partie dans ses pensées, pour échapper à toute cette misère. Misère à la maison, misère dans sa tête, misère au travail parfois. Toujours le besoin de combler un vide et de stopper les mauvaises pensées qui voulaient franchir les portes de son cerveau, par tout les moyens. Conséquences du traumatisme de son histoire de vie ou autre chose choisie de plus complexe? Choses qu'il ne voulait pas chercher à s'expliquer? Par peur? Trop de questions tout le temps, de contradictions,

- Oui ... oui, je comprends ... répond Draco à voix basse, ne sachant pas comment exprimer à quel point il disait vrai.

Harry sourit plus sincèrement, et balaya rapidement sa main dans le vide.

- Enfin bref! Que dirais-tu d'un verre? Je te propose un thé par bienséance, ou bien, vu l'heure qu'il est, je peux me permettre de te proposer quelque chose d'un peu plus fort?

- Quelque a choisi de plus fort sera le bienvenu, merci.

Il faudrait au moins ça à Draco pour pouvoir admettre la soirée surréaliste qui était en train de se dérouler sans qu'il n'ait l'impression d'avoir le moindre contrôle dessus.

Harry alla jusqu'à son bahut, l'ouvrit et dévoila une belle collection de bouteilles en tout genre. Des rhums arrangés étiquetés qui semblaient artisanaux, de grandes bouteilles de bières qui venaient d'autres pays, des bouteilles de vodka élégantes à peine entamées, et une jolie carafe en cristal de whisky. Potter lui laissa l'embarra du choix et le blond choisit ce dernier alcool. Il était amateur de whisky, et son odeur le rassura bêtement quand Harry fit verser le liquide ambré dans un de ses jolis verre. Il s'en servit un à lui aussi et posa le tout sur la table basse. Le brun l'invita à prendre place sur le canapé, et s'installa à son tour. Ils trinquèrent et Draco huma le verre avant d'en prendre une gorgée timide. La boisson était délicieusement boisée et épicée, et la délicate brûlure familière qu ' elle laissa dans sa gorge lors de l'avala le satisfit agréablement. Voilà qui lui redonnait un élan de courage.

- Et bien Potter, se pourrait-il que tu ai bon goût pour quelque chose?

- Je ne te le fais pas dire, s'amuse le brun avec un haussement de sourcil, heureux de voir que toi aussi, tu le peux.

Et sur ce, il huma délicatement son verre, puis trempa ses lèvres dedans. Il ferma ses yeux de satisfaction, et un léger sourire se dessina sur son visage.

- ça faisait longtemps que je n'avais plus pris de temps pour décompresser un peu.

- Ah oui ? Et pour fêter ça, tu as décidé de passer la soirée en ma compagnie?

Draco venait de trouver au fond de lui le culot de poser cette question. Son cœur se mit à palpiter légèrement plus vite que la normale, et il était bien content que la lumière soit si tamisée, pour dissimuler au maximum la rougeur qui montait à ses joues, mais ça ne l'empêcha pas de remarquer que la paire d 'yeux verts qui tout à coup le fixait était devenu étonnamment brillant. Potter reprit une gorgée, toujours sans le lâcher du regard. Draco fixa intensément sa pomme d'Adam proéminente bouger, signe du chemin que prenait le liquide dans sa gorge. Elle était mal rasée, comme d'habitude, et ça lui donnait un air particulièrement viril, adulte. Potter était devenu un homme. Il s'éclaircit la voix.

- Oui, c'est ça. Je me suis dit qu'il était temps de passer à autre chose, et d'assumer notre passé et nos vies.

Draco n'était pas encore prêt à demander ce que signifiait exactement «assumer», ni de demander pourquoi parlait-il de leur vies au présent, et non au passé.

- Ce n'est pas déjà le cas? Ne sommes-nous pas déjà passé à autre chose? Scorpius et Albus, les repas, tout ça ...

- Si, si bien sur ... mais je pense que nous avons beaucoup de choses à nous dire, n'est-ce pas?

- Peut-etre, resta interdit Draco.

Que dire à Potter? Comment revenir tellement d'années et de ressentiments en arrière? Comment passer au dessus de ses propres préjugés au point d'avoir un échange sincère avec le brun?

- Ta mère m'a sauvé la vie.

- Ma mère n'a jamais été une mauvaise personne. Ce n'est même pas une mangemort. Elle n'est pas connue.

- Tu m'as sauvé la vie.

- Et alors? S'écria Draco. Toi aussi, tu m'as sauvé la vie!

Pourquoi s'énervait-il tout à coup? N'importe qui serait redevable. Ou peut-être mal à l'aise. C'est aussi difficile d'être redevable que de sentir que quelqu'un est redevable non?

- Mais moi, je ne t'ai jamais vraiment détesté. Pas vraiment en tout cas.

- Tu parles, toi et tes copains, vous passiez votre temps à nous chercher des ennuis, s'amusa Draco en s'enfonçant un peu plus dans le canapé, tendu.

- Non Malfoy, c'est faux. C'est toujours vous, surtout toi, qui nous cherchait. En cours, mais pas que. Sauf en 6ème année.

Draco ne voulait pas s'aventurer sur ce souvenir trop douloureux et trop honteux pour lui, il termina son verre d'un trait, et Potter le resservit directement, sans lui demander son avis. Peut-être sentait-il qu'il faudrait un coup de pouce pour faire avancer leurs explications. Draco était déjà ouvert à la discussion, ce qui n'était pas mal, mais pour le faire parler ce n'était pas gagné.

- S'il te plait ... je ne veux plus parler du passé, murmure doucement le blond.

- D'accord, respecta Harry. Je ne te demanderai rien. Mais je crois qu'on était un peu pareil tu sais. Tu portais une charge trop lourde pour toi, que tu n'avais pas forcément choisi, et moi aussi. On était trop jeune. Je crois qu'on se ressemblait beaucoup et qu'on souffrait des mêmes maux. Ce jour là, dans les toilettes, je crois que tout mes ressentiments sont tombés et que j'aurais vraiment voulu pouvoir t'aider ... Draco.

Avant même de réfléchir à ce qu'il venait de dire, Draco sursauta à l'entente de son prénom. C'était la première fois que le brun l'appelait comme ça. Il ne savait pas si ça lui plaisait ou pas. C'était trop familier, en plus de ce qu'il devait assimiler. Eux deux? Pareils? C'était une blague. Saint-Parfait avait toujours été soutenu, entouré, aimé, il avait toujours eu une évaluation de Dumbledor, de l'Ordre, lui et son besoin de justice avait choisi de prendre part à tout ça. Draco lui, avait été victime d'une besogne qu'il n'avait pas choisi, tout le monde autour de lui devrait ravi de le voir chargé d'une mission si importante. Tout le monde sauf sa mère, mais qu'y pouvait-elle? Obsédée par son mari et par sa famille? Il ne comprenait pas le soutien de Snape à l'époque et avait été désespérément seul, toute une année. Toute sa vie.

Draco était trop submergé par ses ressentiments et son idéalisation pour admettre leurs points communs, mais ça aussi encore une fois, bien qu'il le ressente au fond de son cœur, il ne pouvait pas pas pas l'admettre.

- Au lieu de ça, tu as essayé d'attenter à mes jours, répond Draco, mi figue mi raisin.

- Tu sais très bien que je ne savais pas ce que je faisais. Tu n'y allais pas de main morte non plus.

Harry riait devant l'air offusqué de son rival. Son sourire dévoila deux petites fossettes adorables sur chacune de ses joues brunes par la barbe naissante, et des dents légèrement désordonnées qui donnaient encore plus de charme à son sourire carnassier. Draco déglutit.

- Tu m'épiais en permanence .. je sentais ta présence toujours dans mes affaires, et dans mon dos.

- A juste titre.

- Mais il n'y avait pas que toi. Cette année là plus encore qu'à l'habitude, je n'étais jamais vraiment seul et constamment épié.

- Mais tu refusais les mains que les autres te tendaient.

- Comment je pouvais savoir que c'était de l'aide et non une manière de plus d'attenter à ma vie et à mon intimité? La vie de ma famille était en jeu, et la mienne aussi par la même occasion.

La condescendance du brun commençait à sérieusement irriter Draco. Comment pouvait-il réellement comprendre? Mais Draco savait qu'il était hypocrite. Il savait bien que le brun avait lui aussi eu sa dose de problématiques et en plus de ça, lui les avait assumé avec courage. Draco se sentait vraiment infériorisé.

- Je sais Draco, je sais. Je ne te reproche rien. Le but de cette conversation n'était pas de te culpabiliser, de répondre-il lentement, d'attraper de deux doigts l'arrête de son nez.

Il venait de terminer son deuxième verre. Draco jugea qu'il buvait trop rapidement pour que la conversation reste encore claire longtemps. Lui même joua avec son verre avant d'en reprendre une petite gorgée contenue, afin de masquer le malaise de son silence.

- Ce que je veux dire, reprit Potter, c'est que j'aurais aimé être la personne à pouvoir t'aider. J'étais sur d'en avoir la capacité. J'en ai été encore plus convaincu après mon passage rapide au Manoir Malfoy.

- Et voilà que Saint-Potter se prenait à nouveau pour un justicier.

- Et pourquoi toi plus que quelqu'un d'autre? Pourquoi avoir été ramené dans ma demeure?

- Tu ne m'as pas livré. Tu n'es pas quelqu'un de mauvais. Tu n'avais rien à voir avec tout ça.

- J'étais jeune, et j'avais peur. Je pourrais être hypocrite et te répondre que oui, au fond je ne désirais pas tout ce qu'il passait, mais la réalité c'est que, peu m'importait le sort des autres tant que ma famille et mon sang, tant que ma peau était sauve. J'étais juste terrifiée. C'est le dégoût pour mon père, le Ministère et le contact avec les sorciers du monde entier qui m'ont ouvert les yeux, dans une certaine mesure. Alors s'il te plaît, cesse d'utiliser cet air supérieur avec moi. On sait tout les deux que ce n'est pas toi. Toi t'es humble, bien comme il faut, tu es parfait et tu as réussi dans tout. Tout le monde t'adule comme on t'a toujours adulé.

Le sourire de Potter s'étira encore plus, il rit brièvement et son visage prit un air triste.

- Tu m'obsédais à l'époque, donc. Déjà avant la sixième année. Je pensais simplement que tu m'énervais. Après, c'était surtout l'obsession de savoir comment un jeune garçon pouvait virer tellement mal, et je n'aurais jamais imaginé que tu sois si ingénieux pour réussir ce que personne avant d'avoir réussi. Et il a fallut que tu me sauves la vie. Il fallait que je te remercie pour ça.

- Tout ça uniquement pour moi remercier? S'emporta Draco. Tu es sérieux Potter? Tu mets tant de formes à un simple «merci»? Et bien ravi de l'entendre, j'accepte tes remerciements mais tu ne me dois rien, tu m'as rendu la pareille bien assez tôt.

Harry resta interdit un instant, et avala un trait le reste de son verre. Il ne le remplit pas une quatrième fois au grand soulagement de Malfoy. Harry s'était imperceptiblement tourné vers Malfoy le temps de leur conversation. Leur genoux se touchaient à nouveau, et Draco n'avait jamais été aussi conscient de leur proximité. Une douce chaleur émanait de toute cette zone, dans son corps. Il du fixer leurs jambes un peu trop longtemps car le brun s'en rendit compte et brisa ce contact.

- Tu m'obsédais et ça n'a jamais disparu.

Attends, quoi? Potter vient-il vraiment de dire ce qu'il vient d'entendre? Comment est-il censé réagir. Draco leva un regard perdu vers celui de son rival, et y trouva que deux grandes orbes vertes, qui le fixaient intensément. Il s'était penché légèrement vers lui, de sorte que le blond pouvait sentir l'odeur de l'haleine alcoolisée du brun, et noter malgré l'obscurité plusieurs détails sur lesquels il ne s'était jamais attardé. Il ne semblait plus avoir envie de dialoguer, tout sur son visage à présent exprimait ... l'impatience? Le désir? Se faisait-il des illusions? Draco eut un vent de panique en réalisant qu'il était coincé entre les griffes du survivant. L'intensité de ses yeux émeraudes assombris par l'envie, mi-clos, encadré par de très longs cils noirs,

Potter se pencha doucement vers Draco, mais ce dernier s'écarta brusquement, et se leva d'un coup en commençant à faire les cents pas dans la pièce. Il voulait à tout prix cacher son malaise et ne pas laisser la situation échapper à son contrôle. Qu'avait-il essayé de faire? Avait-il bien compris? Vite, il fallait qu'il dise quelque chose.

- As-tu eu des nouvelles d'Albus aujourd'hui? Se hasarda-t-il.

Harry s'était levé à son tour. Il passa dans son dos, et posa ses mains sur les épaules du blond, les malaxa délicatement. Draco se tendit brusquement, et s'immobilisa, prit au piège.

- Non, mais ce n'est pas dans ses habitudes de tenir au courant ou envoyer des hiboux, répondre-il calmement, et toi, as-tu eu des nouvelles de ton fils? Bordel mais Malfoy détends toi un peu.

Draco s'était encore plus crispé, n'arrivant pas à trouver tout ça normal. Debout au milieu du bureau du binoclard, ce dernier dans son dos, lui tripotant les épaules, la scène lui semblait trop surréaliste et il se faisait l'effet d'une vierge timide et effarouchée. Il prit sur lui pour réussir à se détendre un peu, en utilisant un travail considérable sur sa respiration. Il était incapable du moindre mouvement.

- Non, moi non plus. Mais ça ne saurait que tarder.

Potter ralenti ses gestes et força légèrement Draco à se tourner vers lui. Il lui fit face à moitié, s'obstinant à se laisser une porte de fuite au cas ou il ne gérait plus la situation, et le nez du brun vint sournoisement se glisser au creux de son cou, remonta lentement son oreille gauche, avant d 'aller déposer un baiser sur la joue du blond, ce qui laisse une trace invisible brûlante sur sa peau si fine. Draco continuait à rester de marbre, une lutte intérieure s'est déclenchée en lui, torrent d'émotions se battant en un raz-de-marée dans l'ensemble de son corps. Comment expliquer le flot de sentiments et des pensées qui tournoyaient à une vitesse vertigineuse, qui s'entremêlaient dans sa tête, le désir qui montait lentement dans son pantalon malgré lui, alors qu ' il sentait le souffle chaud de son ancien pire ennemi dans sa nuque. D'ailleurs avait-il était vraiment un jour son pire ennemi? Son ennemi tout court? Qui lui avait vraiment voulu du mal tout au long de sa vie? N'était-il pas finalement l'ami qu'il avait toujours voulu avoir? Potter ne lui avait jamais souhaité quoi que ce soit de négatif. Une bouffée de sentiments positifs énervants lui gonfla le cœur. Mais autre chose a choisi de continuer à bloquer les dernières parcelles de raison qu'il lui restait. Astoria. Scorpius. Sa famille. Pouvait il éprouver tant de désir pour quelqu'un alors qu'il était lié à quelqu'un d'autre? Jamais il n'avait eu envie à ce point de quelqu'un, mais jamais quelqu'un ne s'était montré si intense avec lui non plus. Tout avait été très facile avec Astoria dès le début, tout avait toujours été très facile pour lui avait les filles qu'il avait voulu. Les filles. Depuis quand était-il attiré par un homme? Ce corps viril semblable au sien mais pourtant si différent ne devait pas l'obséder à ce point, ce n'était pas moral. Bien des choses décrites pas morales. Tout ça n'était pas canalisable, à vouloir trouver un sens à la situation qui se déroulait, échappant à son contrôle.

Quand Potter déposa doucement un baiser au coin de ses lèvres, tout vola en éclats dans le cœur du blond. Il tourna brusquement la tête vers son rival et écrasa maladroitement sa bouche contre la sienne. Leurs dents se reconnaissent, mais ils n'en tinrent pas rigueur. C'était très différent d'embrasser une femme. Le baiser était enfiévré, et ressemblait plus à une bataille de puissance qu'à un simple échange charnel. Le brun passa sa main derrière la nuque de Draco pour approfondir le contact et ne laisser aucune chance au blond de s'échapper. Ce dernier essayait de ne se concentrer sur rien d'autre que les lèvres chaudes et alcoolisées qui lui prodiguaient une déferlante de sensations toutes plus incroyables les unes que les autres. L'excitation monta directement en lui. Il avait presque honte de se laisser allumer si rapidement, mais il ne voulait pas s'en formaliser, il voulait rester concentré sur l'instant présent, et surtout pas sur ce qui allait arriver après que leurs lèvres se soient décollées. Le seul moment ou leurs bouches se séparaient à peine, c'était pour reprendre de plus belle, et la langue d'Harry trouva brusquement son chemin dans la bouche de Draco, jouant d'abord lentement puis bien plus frénétiquement, sorte de balais complexe , avec celle de son rival. Le moment parut interminable. et la langue d'Harry trouva brusquement son chemin dans la bouche de Draco, jouant d'abord lentement puis bien plus frénétiquement, sorte de balais complexe, avec celle de son rival. Le moment parut interminable. et la langue d ' Harry trouva brusquement son chemin dans la bouche de Draco, jouant d'abord lentement puis bien plus frénétiquement, sorte de balais complexe, avec celle de son rival. Le moment parut interminable.

Harry mit un terme à l'échange et s'éloigna un peu, restant collé au blond. Il le dirigea doucement vers le divan et l'ex-Serpentard, tel une marionnette inanimée sans volonté, se laissa guider sans mot dire. Il l'allongea sur le ventre, avec grande délicatesse, et s'assit au creux de ses reins. Avec beaucoup de douceur, il plaça ses mains sur ses omoplates et murmura lentement:

- Doucement, Draco, détends-toi. Nous sommes là pour passer un bon moment, rien n'arrivera contre ta volonté.

- Mais quelle-est ma volonté? se plaignit Malefoy.

Harry apporte un rire nerveux, et commence à masser les épaules et les trapèzes du blond. Ce dernier se dit que ce moment n'était pas le plus mauvais de la soirée et essaya de profiter pleinement de l'instant présent, mis de côté QUI lui procurait ce doux moment. Les mains malhabiles remontèrent le t-shirt de Draco jusqu'au niveau de ses bras, et il caressa avec minutie la peau fine du dos du blondin. Les doigts étaient un peu calleux, des doigts de garçon, mais c'était agréable. Il sentit quelque chose de chaud et d'humide le long de sa colonne vertébrale, une paire de lèvre se promenait, une trace chaude sur son passage. Le nez chatouillait délicieusement Draco. Quelques baisers se perdirent quand elles atteignirent les lombaires et malgré lui, le blond se cambra et un soupire lui échappa. Harry continue son travail et retira complètement le haut de Malfoy en le retournant sur le dos en même temps. Il retira lui aussi sa chemise, dévoilant un corps finement dessiné, et un torse plutôt fort duveté qui renforçait encore plus sa virilité. Une ligne de poils formait un petit tourbillon au dessus du nombril et une ligne épaisse au dessous, disparaissant dans son pantalon. Ce détail mit les sens de Draco en émois. Il se compare rapidement à son rival, et leur différence le fait sourire jaune. Le teint hâlé de sa Némésis était délicieusement chocolaté, tandis que le sien était si pâle que sa peau était presque transparente, on pouvait, en se concentrant, voir le chemin de ses veines, si fine et si délicate. Son corps à lui était si bien dessiné, preuve de plusieurs années acharnées de sport, et le sien était si fin qu ' il se donnait l'impression d'être une poupée entre ses bras. Il se sentit très faible. Il se sentit dominé. Mais bizarrement, ce n'était pas une sensation si négative que ça, il avait soudainement confiance en Potter. Au moins pour cet instant.

Harry enfouie son visage dans son cou, l'embrassant, le mordant très délicatement, testant sa peau, revenant à ses lèvres parfois pour lui voler un baiser rapide ou en approfondir un autre. Il descendit entre ses clavicules, alla chercher le chemin d'un téton qu'il agaça du bout de ses dents, jouant avec sa langue, le suçotant, toujours en faisant attention de ne pas lui faire mal. Ses mains allaient partout sur le haut de son corps. Draco lui restait statique, répondant aux baisers, se contentant de caresser les cheveux du brun. Il ne lui facilitait pas la tâche.

- Draco ... J'aurais du mal à me retenir, là ...

- Je ne sais pas si c'est une bonne idée ...

- J'irais doucement ... s'il te plait ...

Il le suppliait du regard, et sa voix était lamentable. Draco tenait la faiblesse de son ennemi. Il aurait presque jubilé de le voir si faible. Mais il était mort de peur. Le portrait de sa famille flottait dans sa tête et il s'en servait pour ne pas craquer à cette épreuve qui lui fichait une trouille bleue. Mais c'était hypocrite car au fond, il n'avait peur que de l'inconnu.


J'espère que ça vous aura plu, comme la dernière fois n'hésitez pas à me laisser un retour, je suis très ouverte à la critique. J'ai presque fini le chapitre 3 qui sera le dernier de ce petit PWP. (Hé oui, car c'était prévu que ça soit une histoire courte, je n'ai jamais été douée pour les très longues fictions!)

L'exportation du document sur m'a modifié pour une raison que j'ignore, certains mots dans le document, et m'avait retiré tout les tirets de dialogue. Si je suis passée à côté de quelque chose en checkant le chapitre, n'hésitez pas à me le signaler :-)