PROMPT : Est-ce que tu crois aux miracles ?


Bellatrix eut besoin d'une journée complète et d'une nuit de sommeil pour retrouver ses forces. Sans la potion pour canaliser son énergie, elle se serait totalement vidée de sa magie et aurait pu en mourir.
Ou pire. Devenir cracmolle.

En s'éveillant, deux matins après le rituel, Bellatrix s'étira et gloussa comme une enfant, ravie de ce qu'elle avait réalisé. Les effets du sort prendraient probablement quelques jours pour se faire sentir, alors bébé Potter devait encore être en vie et en pleine santé… Mais ce n'était plus qu'une question de patience et Bellatrix pouvait parfaitement se montrer patiente quand ça en valait la peine.

Et se débarrasser du petit poison qui se mettait entre elle et son Maître était quelque chose qui en valait la peine.

Ce fut donc d'excellente humeur qu'elle se leva pour rejoindre la table du petit déjeuner. Lucius était déjà parti visiblement, et Narcissa buvait une tasse de thé en regardant d'un air absent par la fenêtre.
- Bonjour petite sœur !
Narcissa sursauta et se retourna vers son aînée.
- Bella. Tu as l'air… de bonne humeur ?

Le ton de l'épouse Malefoy était prudent. Même si elle adorait sa sœur, elle était parfaitement consciente de sa folie. Elle savait que Bellatrix était comme une grenade dégoupillée et qu'il en fallait peu pour la faire exploser de colère. Même elle se méfiait des réactions de la femme qu'elle adorait pourtant.
Bellatrix gloussa et chantonna, avant de prendre place pour se servir. Elle prit un scone qu'elle tartina généreusement de marmelade et commença à manger, les yeux pétillants, sous le regard perplexe et inquiet de l'aristocrate.

Puis, elle se servit une tasse de thé, et elle se pencha par dessus la table, un air mystérieux sur le visage.
- Cissa ? Est-ce que tu crois aux miracles ?
Narcissa soupira et secoua doucement la tête.
- De quoi es-tu en train de parler ?
- D'ici peu, le Maître me verra de nouveau comme avant. Je redeviendrais sa favorite.

Narcissa se figea, et écarquilla légèrement les yeux. Elle serra la main sur l'anse de sa tasse en porcelaine, au risque de la briser.
- Merlin… Qu'as-tu fait Bella ?
Loin de se vexer des craintes de sa sœur, la Mangemort gloussa, et se leva pour s'approcher de l'autre femme d'un pas dansant, les yeux brillants. Elle déposa un baiser sur la joue de Narcissa et la serra dans ses bras possessivement, la faisant grimacer.
- Cissa… Ne sois donc pas si inquiète et fais moi un peu confiance. Crois-moi, le Maître fera de moi sa favorite, et j'aurais enfin la place que je mérite à ses côtés. Peut être même qu'il me proposera de lui donner un héritier. Oui… Nous ferons un couple merveilleux, ne crois-tu pas ?

Narcissa reposa brutalement sa tasse, stupéfaite. Elle adorait vraiment sa grande sœur, mais parfois, elle craignait ses actes, de peur que sa folie n'ait des conséquences sur sa famille. Elle ne voulait pas voir son mari ou son fils en danger… Surtout pas maintenant que le Seigneur des Ténèbres était revenu et qu'ils étaient tous plongés dans un jeu très dangereux.
Bellatrix, ignorant la réaction de sa sœur, gloussa encore et lâcha Narcissa pour retourner tranquillement à sa place.
- Bientôt, bébé Potter ne sera plus qu'un détail. Et le Maître oubliera ce gosse pénible. Tu verras Cissa. Tout ira bien.

Narcissa ferma les yeux, en se demandant si elle devenait prévenir Lucius de la situation ou au contraire garder le silence et espérer qu'il n'y aurait aucunes conséquences.


Début des vacances d'été

Harry venait juste d'être renvoyé chez les Dursley après la fin du tournoi des trois sorciers. La mort de Cédric était encore fraîche dans son esprit, et l'adolescent n'avait pas eu le réflexe de protester de son renvoi chez son ignoble famille moldue.

Il profitait de l'absence de son oncle et de sa tante, et plutôt que de rester dans la maison qu'il détestait, il s'était rendu dans le petit parc à proximité.
Assis sur les balançoires désertes, il se laissait aller à la morosité, conscient que maintenant que Voldemort était de retour, beaucoup de choses allaient changer.

Lorsqu'une main se posa sur son épaule, Harry sursauta et tomba au sol dans son mouvement brusque pour se dégager. Cependant, il avait eu le temps de sortir sa baguette et de la pointer sur la personne arrivée derrière lui.

Mais ce n'était ni un ennemi, ni un moldu. Harry s'empourpra, et rangea sa baguette avant de se relever en frottant son pantalon trop grand d'un air absent.
Il n'hésita qu'un bref instant avant de se jeter dans les bras de son parrain.

Sirius eut un rire amusé, et il serra le fils de James contre lui. D'une voix rauque, il le félicita pour ses réflexes et Harry se tortilla, légèrement mal à l'aise.
Mais l'animagus garda son filleul contre lui, lui ébouriffant les cheveux d'un geste tendre.
- Tu vas bien, Harry ?

Le jeune homme marqua une brève hésitation avant de hocher la tête. Il avait presque les larmes aux yeux, mais il s'obligea à sourire, pour regarder son parrain avec de l'adoration.
- Mais tu ne risques rien de venir ici ? Tu…
- Hey. Je n'ai pas pu te voir avant que tu montes dans le Poudlard Express alors je suis venu ici m'assurer que tu allais bien gamin.

Harry baissa la tête pour cacher son émotion, et haussa les épaules, d'un air un peu absent.
- Ça va. Mais… Cédric… il…
- Harry.

Le ton sérieux de Sirius attira son attention et Harry regarda l'homme. Pour une fois, Sirius avait un air grave, bien loin de ses plaisanteries habituelles.
- Harry. Tu n'y es pour rien. Ce qui s'est passé… Tu n'aurais rien pu faire. Tu es en vie gamin, et c'est le principal.
- Mais si je n'avais pas insisté pour partager la victoire…
- Alors peut être que quelqu'un d'autre serait mort. Peut être que les Mangemorts seraient venus à Poudlard et auraient fait un massacre. Ce sont des criminels Harry. Des monstres. Ne te sens pas coupable pour leurs actes. Je suis heureux que tu sois en bonne santé.

Harry laissa échapper une larme puis il s'essuya les joues rageusement.
- Il est revenu Sirius.
- Je sais.
- C'était Pettigrew. C'est lui qui… qui a fait le rituel.
- Je sais Harry. Mais tu n'es pas seul d'accord ? Tu peux compter sur moi gamin, et au moindre problème, tu m'appelles et je reviens immédiatement. Si je pouvais je t'emmènerais avec moi… Mais Dumbledore serait capable de me renvoyer à Azkaban.

Malgré le ton léger, Sirius frissonna à l'évocation de la prison et Harry se serra dans ses bras, fermant les yeux en profitant de leur étreinte.