Chapitre 11 : Prendre le contrôle
Jour 4 le l'accord.
Une fois n'était pas coutume, je m'étais levé le cœur léger. Un poids s'en était allé de mes épaules et je me retrouvai à siffloter un vieil air qu'on aimait utiliser dans les cuisines du Baratie pour motiver les troupes. Je coupai le feu de ma cuisinière et transvasai les œufs au plat sur une assiette.
Pas de clone à l'horizon ce matin, un ciel dégagé et une légère chaleur matinale, mes nakamas qui s'adonnaient à un jeu de tir en laissant fuser des éclats de rires, la douce odeur du petit déjeuner qui émanait de mes plats, la belle vie.
Cela me paraissait une éternité depuis que je n'avais plus été de bon humeur.
La faible pensée de mon accord si facilement réalisable aujourd'hui me fit esquisser un sourire. Je n'avais enfin plus à me creuser la tête et la perspective d'une journée entière durant laquelle je peux vaquer à mes occupations sans soucis me rendait euphorique.
J'allai poser le plat rempli d'oeufs fumants sur la table et je sortis sur le ponton du Merry go.
« Oï, les gars. » M'exclamai-je, le sourire toujours présent sur mon visage.
Mon appel fit tourner la tête de tous mes nakamas, y compris Chopper qui était en train de tendre le lance pierre d'Ussop afin de viser une cible de fortune installée sur le mur en bois du bateau. Ses petites pattes, tremblantes sous la tension de l'élastique, glissèrent de l'arme et firent partir à toute vitesse le projectile en direction du mât. Sans que nous n'ayons le temps de réagir, ce qui se trouvait être en réalité une coquille de noix remplie de graviers, ricocha sur la surface arrondie du mât et alla finir sa course sur la tête du canonnier.
Ussop lâcha un petit cri aigu et s'écroula au sol de manière dramatique, se tenant le crâne. Un fou rire général commença pendant que Chopper, les larmes aux yeux courra vers Ussop.
« USSOP ! Je suis désolé !
- Ni… Nice one… Chopper ! S'efforça de dire Ussop, le pouce levé, malgré la douleur.
- Bon c'est pas tout ça mais le petit déjeuner est servi. » Lançai-je
Mes nakamas, terminant leur fou rire, se mire à pousser des cris de joie face à ma déclaration. Luffy, se précipita en haut, suivit de Nami sur ses talons afin de contrôler qu'il ne touche pas à sa part.
Zoro surgit dans mon champ de vision et passa devant moi en me lançant un regard en coin. Toujours le sourire au lèvre, je le suivis du regard et intensifia mon sourire. Il plissa les yeux, visiblement mécontent de mon état de bon humeur apparent.
Mis à part le fait d'avoir retrouvé un esprit serein, voir le marimo subir cette situation ajoutait un côté jouissif qui amplifiait ma bonne humeur. Je sens que ça va être drôle. J'avais enfin l'impression de reprendre le contrôle sur ma vie et d'être en position de pouvoir face à cet algue marine.
Une fois à table, je pu observer que cette tête de mousse était d'une humeur massacrante contrairement à moi. Il n'a jamais été très bavard en mangeant – voir de manière générale – mais là il battait des records. Les sourcils froncés, il semblait livrer un combat avec chaque bouchée dans sa bouche.
« Marimo, veux-tu bien arrêter de lancer un regard assassin à ma cuisine ? Elle mérite plus de respect. »
Luffy se tourna vers lui.
« Zoro ! Si tu n'en veux pas, je peux finir pour toi !
- Tu n'aimes pas Zoro ? » s'inquiéta le jeune médecin.
Les trois autres lui lancèrent un regard lourd de reproches et le Marimo les regarda un à un, renfrogné. Pris au dépourvu, il se contenta de repousser Luffy qui se ruait sur son assiette et de sortir un son incompréhensible, la bouche pleine.
Il se tourna ensuite vers moi, le regard noir. Je me fis un plaisir de lui répondre par un sourire chaleureux. Oh Marimo, crois moi, je vais pas me gêner pour réussir à tirer avantage de cette situation. Tu m'as trop fait chier ces derniers jours. D'accord, ce n'était pas ta faute à la base, je le reconnais, mais ça n'a aucune importance. C'est à ton tour maintenant d'être embarrassé. Tant que l'autre débile me laisse gérer tout seul et qu'il prenne le temps de bien disparaître à tout jamais, ça va m'amuser un peu.
« Alors, d'après ce que j'ai pu voir avec les changements climatiques et le magnétisme du Log pose, on en a encore pour au moins 3-4 jours en mer. Pas la moindre île en vue pour le moment… Expliquait Nami-san, me sortant de mes réflexions.
- Oh noooooooon ! J'ai envie d'aventure ! Répliqua un Luffy abattu.
- Mais Luffy, ça veut dire qu'on peut encore se faire plusieurs battles de pèche !
- Oh ! S'exclama Luffy, son regard s'illuminant. Tu ne perds rien pour attendre Ussop ! Je vais te pécher un roi des mer ! Sanji, j'espère que tu es prêt à le cuisiner ! »
Les deux hommes croisèrent leurs coudes dans un geste plein de motivation et de défi.
L'après-midi battait son plein lorsque je m'accordai une petite pause au soleil. Je m'allumai une cigarette et j'inspirai l'air salé de l'océan par le nez. Je regardai autour de moi pour analyser la position de mes nakamas et je constatai que c'était parfait. Tous là, sauf un. Je soufflai un nuage de fumée et je me dirigeai vers l'arrière du bateau. Vers ce petit pont arrière, à l'abri des regards derrière les mandariniers de Nami-san. Ce petit pont que ce cher bretteur du dimanche aime tant utiliser pour ses entraînements de bête sauvage.
Il devait être 15 heure et j'allais déjà rempli mon accord du jour. Si c'était pas génial ? Enfin bon, n'exagérons pas. Je n'ai toujours pas envie de passer du temps avec cet abruti mais je sentais que sa réaction allait me plaire.
Je traversai les mandariniers et l'aperçu. Il était là, comme d'habitude, en train de soulever de la fonte d'une taille absurde. Je sautai d'un bond et arrivai à côté de lui. Je vis un léger soubresaut dans son mouvement qui m'indiqua sa surprise. Tout en continuant sa série, il tourna le regard et me dévisagea. Je pouvais clairement lire sur ses traits 'Qu'est-ce que tu me veux, enfoiré ?'.
Je jubilais. Comme depuis ce matin, je lui souris, ce qui provoqua chez lui une réaction immédiate. Je vis son visage se teinter de rouge. Un rouge de colère.
Je m'installai par terre, assis jambes croisées, dos contre le mur et je continuai de le regarder. L'algue intériorisait, ça se voyait. Je voyais de l'incompréhension, de la gêne, de l'hésitation et de l'appréhension. Après quelques secondes, il sembla finir la série qui était en train de faire avec sa fonte et la posa sur le bois.
« Je peux savoir ce que tu fous ici ? Me demanda-t-il, le regard mauvais.
- Oh, ne fais pas attention à moi, je viens juste te tenir un peu compagnie. »
Sans voix face à ma réponse il semblait en plein dilemme intérieur. Je vis qu'il réalisa ce qui se passait. Il était coincé. Il voulait m'envoyer bouler à coups de sabres mais s'en empêchait.
Le voir autant se contrôler me surpris. Je m'attendais à un combat, comme à notre habitude. Il avait suffit que j'évoque le fait que ma vie était en jeu pour qu'il se retrouve à être aussi docile. Cette constatation me toucha légèrement, je dois l'avouer.
Après un combat féroce dans son esprit, il lâcha un faible juron et repris ses haltères. Il me tourna le dos et reparti dans une série endiablée.
C'était… si facile. Trop facile même. Une situation tout à fait normal pour les autres, mais si inconcevable pour nous. Me voilà à deux mètres du marimo en train de s'entraîner, seuls, et on pourrait entendre les mouches voler s'il en existait au milieu de l'océan.
J'attendis un peu. Il ne fallait pas que je reparte trop vite, je comptais bien continuer sur cette lancer et ne pas revoir la face de mon double d'ici tôt. Je me mis à regarder le ciel mais le soleil était tellement perçant aujourd'hui que cela m'éblouissait. Je fermai ensuite les yeux pour écouter le bruit des vagues et sentir le vent effleurer mes cheveux. C'était pas trop désagréable. Sauf qu'au milieu du bruit des vagues je commençai à entendre les 'gémissements' du tas de muscle écervelé et que ainsi, sans l'image, cela sonnait trop tendancieux à mes oreilles.
Je rouvris immédiatement les yeux et le vis soulever ses haltères d'un bras, au dessus de sa tête, torse nu et transpirant. Je me sentis soudain embarrassé d'être venu le rejoindre dans un tel effort et je me relevai d'un bon. Ça devrait suffire pour aujourd'hui !
Je me retournai pour partir et le Marimo senti ma présence s'éloigner. Il tourna légèrement la tête, le regard interrogatif.
« A plus tard Marimo. » Lui dis-je, me forçant à sourire une fois de plus pour ne pas montrer ma perte de contrôle sur la situation.
Je tournai la talon et je m'en allai à pas pressés pendant qu'il reprenait son entraînement, visiblement soulagé.
Jour 5 de l'accord.
Toujours pas de clone à l'horizon. Quel plaisir ! Je recommençais à retrouver ma précieuse routine en n'étant pas continuellement à l'affût d'un éventuel sosie qui surgirait de nul part. Il fallait absolument que je continue sur cette lancée.
Mon action d'hier n'était peut-être pas la plus optimal quand je comparais le rapport de satisfaction avec un sabreur ennuyé et la nuisance occasionnée pour moi. Je vais changer de stratégie et aujourd'hui j'avais une idée toute établie. Je pensais savoir quoi faire pour respecter mon deal tout en ne perdant pas de temps avec ces conneries. Et cerise sur le gâteau, déstabiliser cet masse de fierté mal placée qu'était le Marimo. Bon, ce n'était pas quelque chose qui m'enchantait non plus, loin de là, mais autant tester cela pour aujourd'hui.
Cette fois-ci je décidai d'opérer encore plus tôt que la veille. Histoire d'en être vite débarrassé et de pouvoir me reconcentrer sur mes deux déesses ainsi que le succès de mes plats du jour.
La fin du petit déjeuner arriva et tout le monde se dirigea vers la porte. Je m'arrangeai pour passer de manière naturelle, un plat à la main, devant l'algue marine et lui barrer ainsi la route le temps d'un échange de regard. Celui-ci leva les yeux, remarquant mon attardement dans son passage.
« Attends. » Murmurai-je de manière à peine audible pour lui.
Il fronça les sourcils. J'ai l'impression de ne plus me souvenir de son visage autrement à force. Mais je pu remarquer qu'il attendait. Sûrement à contre cœur c'est clair, mais il le faisait. J'étais retourné à l'évier déposer le plat pour ne pas attirer les regards. Les autres, trop occupés dans leurs conversations ne remarquèrent même pas que le Marimo ne les suivait plus.
La porte claqua derrière Robin-chan et je me retournai vers un tas de mousse vert au regard perdu et rempli d'appréhension. Je me dirigeai avec assurance vers lui et m'arrêta à moins d'un mètre. La proximité le mettait déjà mal à l'aise. Il n'osait rien faire et rien dire, à ma grande surprise. Une fois de plus, son attitude me toucha. Je culpabilisai légèrement de prendre du plaisir à le déstabiliser pendant qu'il combattait férocement son aversion pour moi afin de me garder en bonne santé.
Je soulevai mon bras et son regard se dirigea immédiatement vers ma main. J'attendis quelque secondes et il détourna son regard à nouveau vers moi, toujours interrogateur et inquiet. Le silence régnait.
Je continuai l'avancée de ma main, regagnant l'attention de ses yeux perçants, et la posa sur son bras. Je senti les muscles de son biceps se tendre brusquement. Il était complètement crispé et s'arrêta même de respirer. Je ne sais pas s'il s'en est rendu compte d'ailleurs.
Je comptai dans ma tête.
1…
2…
3.
J'enlevai ma main d'un mouvement sec et m'éloignai à reculons.
« Merci Marimo, tu peux y aller. »
Il me fixa à nouveau, complètement paumé par l'incompréhension de la situation. Une fois de plus, je me forçai à sourire et lui indiquai la porte d'un mouvement de bras. Sans un mot il retrouva l'usage de son corps et sorti de la pièce.
C'était parfait ! 1 minute top chrono et me voilà débarrassé pour la journée ! Mon idée était parfaite ! Et la tête qu'il avait fait ! On aurait dit que sa petite cervelle de moineau avait cessé de fonctionner.
Fin du chapitre 11 !
J'espère que ça vous plait ! Enfin un peu 'd'actions' de la part du cuistot !
Ça me ferait vraiment plaisir si laissiez un petit review pour me donner vos retours ^^ J'écris ce qui me plaît tout en suivant le plan scénaristique que je me suis établi mais je suis ouverte à vos avis et remarques :)
A très vite pour la suite !
