Ecrit de mai 2020 - Janvier 2021

Publié pour les 10 ans d'anniversaire de la série


Pardon, repos avec moi

Partie 3 Un flash

Yato s'en voulait…. Il s'en voulait terriblement de l'avoir laissé… Mais jamais Yato n'avait imaginé remplacer Yukine par Kazuma.

D'ailleurs, au départ, il ne voulait pas de Kazuma, c'était lui qui s'était pour ainsi dire acharné à devenir l'arme de Yato. Il l'avait poursuivi, et l'avait harcelé à chaque instant. De plus, en se souvenant bien, Yato avait même comprit que c'était le plan de Kazuma d'être là au bon moment pour qu'il puisse combattre les ayakashi, sur ce, Yato se demandait encore si ce n'était pas l'œuvre de Kazuma d'avoir attiré cet ayakashi pile au moment propice pour qu'il l'appel.

Bien sûr, Yato avait été plus que surpris et émerveillé d'avoir un shinki capable de combattre en rapprocher et à distance, mais surtout de le camoufler d'autrui.

Yato rouvrit brusquement les yeux et tourna la tête lorsqu'il sentit une aura étrange derrière lui.

Coincé entre ses murs, le jeune garçon était replié sur lui-même.

Cela faisait des jours qu'il était coincé là, sans bouger ou presque. Il ne se souvenait même pas de la dernière fois où il avait mangé, son dernier repas, le gout de la nourriture, la douceur d'une sucrerie, la fraicheur d'une bonne glace.

Rien.

Il ne se souvenait que de ces moments affreux, qui venait de subir sans qu'il ne puisse rien y faire. Il avait alors tout oublié en une fraction de seconde, sous le choc.

Sans même regarder, le jeune garçon savait que s'il ouvrait les yeux, l'endroit lui paraitrait comme un lieu d'horreur et il se sentirait encore plus mal qu'à cet instant, il se sentirait étouffer entre les murs de sa chambre.

Il aurait voulu en sortir, mais son père l'y attendrait et une peur froide s'emparait alors de tout son corps et son être.

Son père…

Cet homme qui autrefois s'était montré si doux, attentionné, avait changé du tout au tout.

Aujourd'hui, le jeune adolescent aux cheveux blond, ne le reconnaissait pas. Son père avait changé…

Il ne reconnaissait plus son regard, il ne ressemblait plus qu'à une épave comparée à ses jeunes années, où il rentrait du travail, sans barbe, avec des habits propres sur lui, il n'était pas très souriant, mais avait au moins toujours eu la politesse de lui dire lorsqu'il rentrait un peu plus tard que les autres membres de sa famille.

-Tu pourrais prévenir de l'heure de ton arrivée, ainsi nous ne nous inquiéterons pas.

Mais aujourd'hui, le caractère dure et malgré tout juste de son père, était resté dure, mais surtout imprévisible.

Il pouvait changer d'humeur en un claquement de secondes et faire preuve de méchanceté gratuite et même de violence en son encontre. Mais il y a quelques jours, cet homme avait passé à un acte plus perfide et plus violent encore.

Au début, le jeune garçon avait imaginé que son père était juste dans une mauvaise passe, mais malheureusement, celui-ci continua à boire cette boisson à l'odeur forte et désagréable. Il avait alors complétement perdu pied et toute réalité des choses.

Bien sûr, ça arrivait à n'importe qui de perdre pied après s'être fait renvoyer de son travail, Yukine l'avait bien compris, il avait aussi dit à son père que ça irait mieux lorsqu'il aurait trouvé un autre travail. Il n'avait pourtant pas prévu que son père n'en trouverait pas et se ferait rejeter par tous… et finalement, ce fut sa mère qui partit un beau matin, emmenant avec elle, sa sœur aînée, sa si chère sœur.

Elle avait laissé son jeune fils, alors âgé de dix ans avec son père, qu'il n'avait pas voulu laisser seul, sachant que ce dernier ne le supporterait pas et risquait de se retrouver isolé et abandonné.

Yukine avait toujours aimé son père, il l'avait même admiré en son temps, le regardant travailler sur des fiches et ayant envie d'en savoir autant que lui pour un jour, trouver un bon travail qui lui plairait et lui donnerait l'envie de se lever le matin pour subvenir à ses besoins sans l'aide de personne.

Mais là, son père avait dépassé les bornes…

Il avait osé, après avoir encore bu plus qu'il ne le supportait, avait alors prit les nombreuses lettres que Yukine avait gardé précieusement dans le fond de son tiroir. Il avait continué de partager des lettres avec sa sœur et parfois sa mère, mais celle-ci avaient toutes disparu.

Yukine était alors arrivé au salon avec rapidité, mais trop tard hélas, car son père riant cyniquement en regardant le feu crépir dans la cheminée. Il regardait les enveloppes que Yukine avaient gardé avec délicatesse et avec attention.

A cette vue, Yukine en ressentit un trou béant qui se formait en lui. Les lettres, qu'il chérissant tant, partaient en fumée.

Rien ne pouvait justifier une telle méchanceté gratuite.

Il regardait le feu bruler avec lenteur les feuilles blanche, l'encre qui y était inscrit, il vit tout cela partir en cendre sans qu'il ne puisse rien y faire.

Adieu les jolies lettres de sa sœur…

Adieu les jolis mots qu'elle lui écrivait…

Adieu les petits mots d'encouragement de celle-ci…

Adieu la dernière adresse connue de sa mère et sa sœur.

Plus jamais il ne pourrait leur écrire, car dans la toute dernière, sa sœur lui expliquait qu'il aurait fallu lui écrire pour ainsi savoir s'ils habitaient encore au même endroit, plus jamais, il n'en recevrait, plus jamais il ne lirait les quelques lignes qui lui redonnait du baume au cœur. Plus jamais il ne reverrait l'écriture de sa sœur qui lui racontait sa vie, bien plus belle que la sienne.

Un rire moqueur et quelque peu mesquin retentit dans le petit salon, Yukine tourna son regard ambre sur son père qui riait en regardant le feu et sa barbe mal rasé lui donnait alors un air encore plus délabré qu'à son habitude.

Yukine sentit son sang ne faire qu'un tour, soudain, en cette fraction de seconde, l'envie fougasse mais puissante de se jeter sur cet homme, le frapper pour ce qu'il était devenu, pour les horreurs qu'il faisait sans vraiment s'en souvenir, l'immergea totalement.

Pourtant, Yukine serra des dents et son regard empli de colère dévia sur le mur près de lui. Il ne pouvait pas, cela ne se faisait pas de vouloir frapper son père, même s'il était devenu odieux et méconnaissable.

Mais alors que Yukine essayait de retrouver son calme malgré la situation, quelque chose se passa sans qu'il ne comprenne le pourquoi du comment.

Il se retrouva sans rien comprendre parterre, l'imposante silhouette de son père juste au-dessus de lui, droit, debout, la main encore en suspens et un regard froid et perdu.

Yukine le regarda un court instant, le cœur battant, la surprise se lisant encore sur son visage. Puis, il sentit enfin la douleur puis la brulure de sa joue droite.

Son père venait de faire volte-face et l'avait giflé sans prévenir, il s'était levé et maintenant, il se rapprochait dangereusement de lui. Yukine n'eut même pas le temps de se dire qu'il devait se lever, que déjà son paternel était trop près et l'avait attrapé par le bras sans ménagement.

Les minutes qui suivirent furent douloureuse et son père ne s'arrêtait plus. Il le frappait et marmonnait des mots que Yukine ne comprenait pas, trop choqué, trop incapable. Il ne comprenait pas… Il s'était jeté sur lui comme un fauve sur sa proie et l'avait alors attaqué sans douceur, sans rien dire. La folie s'était emparée de lui durant plusieurs longues, très longues minutes.

Puis, lorsqu'il en eut assez, sans doute lui aussi devait avoir mal à la main, il le jeta dans sa chambre, l'enfermant à clé pour ne plus revenir.

De là où il était, Yukine pouvait entendre le bruit de canette qui s'entrechoquaient, le fond du bruit de la télé et quelques bruits de vaisselle et de gaz.

Mais alors que Yukine était toujours dans la même position, encore choqué de ce que son père avait osé lui faire, il sursauta presque alors qu'un bruit différent raisonna dans sa chambre, le bruit d'une clé qu'on tourne pour déverrouillée une porte, sa porte.

Yukine enfouit sa tête entre ses genoux et son corps se mit à trembler tout seul, mais pas de froid. Il tremblait de peur… Peur que son père ne recommence, pour se défouler.

Mais la porte s'ouvrit doucement dans un grincement et la silhouette imposante d'un homme prenant du poids et se grattant le ventre enjamba le pas de la porte et s'avança.

Yukine tenta vainement de se reculer, mais il était déjà contre le mur du fond de la chambre. Les pas de son père se rapprochèrent et finalement, Yukine releva la tête, croisa le regard perturbé de celui-ci, n'ayant plus rien à voir avec celui de son vrai père, il eut un sourire étrange et la crainte montant, Yukine eut la force de supplier son père.

-Père… ne faites pas ça !

Mais rien n'y fit, l'homme s'approcha encore de Yukine et il ne put empêcher un cri de terreur de franchir ses lèvres.

Yukine sursauta dans son coin et rouvrit les yeux sans retrouver tout de suite son souffle.

Il avait des yeux terrorisés alors qu'un regard croisa le sien, mais ce n'était plus le regard fou de son père, mais celui de Fujisaki.


La suite le 4 janvier 2021