Bonjour !

C'est ma première fanfiction sur My Hero Academia, et aussi ma première avec plusieurs chapitres, donc j'espère qu'elle vous plaira !

Disclamer : Les personnages de My Hero Academia et son univers ne m'apartiennent pas.


Katsuki était crevé. Ça faisait quatre jours qu'il pourchassait cette vilaine. Quatre jours qu'il avait pas eu une nuit complète. Ou peut-être depuis plus longtemps ? Honnêtement, il s'en fichait. Il était vraiment crevé. Il n'avait qu'une envie, dormir.

Pourquoi elle s'était accrochée comme ça aussi, cette connasse ? C'était évident qu'elle avait aucune chance, non ? Franchement, le balader dans toute la ville pendant quatre jours, fallait être gonflé. Comment elle s'appelait déjà ? Le héros ne parvint pas à retrouver l'information dans les tréfonds de son esprit. Pourtant, quelqu'un que tu pourchasse pendant la moitié d'une semaine, tu t'en souviens, non ?

L'explosif décida de lâcher l'affaire. C'était pas comme si c'était la première fois. Il avait de plus en plus de mal à se concentrer sur les combats qu'il menait. En fait, il n'arrivait presque plus à se concentrer tout court. Il faisait des choses, et il n'en avait aucun souvenir l'instant d'après.

Au moins, il arrivait à se souvenir de ses rendez-vous avec ses potes. C'étaient les seuls qui arrivaient à le sortir de la torpeur qu'était devenu sa vie. Depuis quand il était comme ça déjà ? Depuis quand il ne faisait plus attention à rien ? Depuis quand il en avait marre de tout ? Pas que ça change grand chose par rapport au lycée, mais c'était pas pareil. Au lycée, tout l'énervait, il avait juste envie de tout exploser. Maintenant, c'était plus comme si... tout l'épuisait. Plus rien ne l'intéressait. Il n'avait envie de rien. Rien du tout.

Les autres lui avait fait la remarque. Ils s'inquiétaient, les imbéciles ! Ils comprenaient pas ce qui l'avait mis dans cet état. Du coup, ils faisaient tout pour lui changer les idées. Sorties au cinéma, au bar, au resto... rien n'y faisait. "Les opérations Katsuki", qu'ils appelaient ses virées.

En même temps, ils ne pouvaient pas savoir. Le blond ne leur avait rien dit. Pas comme si ils pouvaient y faire quelque chose, de toute façon. Qui pouvait y faire quelque chose ?

Il avait disparu. Peu importe ce que ses camarades diraient, ça ne changerait rien au fait. Il n'était plus là.

Le jeune héros savait qu'au fond, ils étaient au courant de pourquoi il était comme ça. Eijiro l'avait bien questionné à ce sujet, il avait essayé de le consoler, mais le blond l'esquivait à chaque fois que le sujet revenait sur le tapis. Et bon dieu, qu'est ce qu'il revenait souvent. Du coup, Katsuki passait son temps à chercher des prétextes pour s'en aller. Dommage, vu qu'apparemment, ses potes se réunissaient pour lui changer les idées.

L'explosif ne méritait carrément plus son surnom. Il s'énervait presque pas. Même quand l'autre Double-Face se moquait de lui. Ses amis (enfin surtout Eijiro, Denki et Ochaco) le taquinaient exprès pour qu'il redevienne comme avant. Mais des fois ça marchait, et il pétait carrément un plomb. Et là, personne ne voulait plus l'approcher. Et ils avaient pas intérêt, à part s'ils voulaient se prendre une avalanche d'explosion en pleine face. Eijiro lui même osait pas s'approcher, et il faisait bien, parce que dans ces moments là, le blond ne faisait plus aucune distinction entre ce qui l'entourait. Il explosait tout ce qui bouge, c'est tout. Et ça le soulageait même pas, putain !

Il en avait marre, il voulait juste dormir. Et ne plus se réveiller, mais il était déçu à chaque fois. De tout façon, il dormait presque plus. Trop de cauchemar. Trop de souvenir.

À chaque fois qu'il fermait les yeux il était là. Ça le tuait. Il était plus là, pas en vrai, merde !

Combien de temps qu'il avait disparu, ce sale nerd, déjà ?

Ah oui, trois ans. Trois ans, déjà. Trois ans, rien que ça ! Pour Katsuki, c'était comme s'il l'avait pas vu depuis trois millénaires ! Et en même temps, c'est comme si c'était depuis hier. Il en pouvait plus. Ça le tuait.

Personne n'avait comprit quand c'est arrivé. Juste après leur obtention du diplôme de héros, personne ne l'avait revu. Ils l'avaient cherché partout pendant toute la soirée. Toute la nuit. Tout le mois. Pendant plus de six mois, bordel ! Il n'était nul part. Comme s'il s'était vaporisé. Ils avaient demandé à toute ses connaissances. Ils avaient même torturé des vilains pour leur soutirer des informations, n'importe quoi qui les aurait mit sur la piste. Rien. Après presque un an de recherche, ils avaient dû abandonner.

Deku avait disparu.

L'année d'après, Yuei c'était décidé à organiser un enterrement pour lui. C'était évident qu'il était mort. Il n'y avait aucune autre raison possible à sa disparition.


Tout les anciens de la seconde A était venue. Les profs de Yuei aussi. Il y avait des héros, comme Lemillion, Gran Torino, et tant d'autres. Même Endeavor était présent. Plus pour son fils qu'autre chose, mais il était là.

Évidemment, All Might et Inko Midoriya était là aussi. Avec Shoto, se sont les seuls à avoir pu parler, pour lui dire quelque mots, là où il était.

Je les admire vraiment. Moi, je n'ai pas pu desserrer les mâchoires de toute la cérémonie. J'avais trop chaud dans mon costume, je transpirais de partout. Tellement que j'avais peur de faire une explosion sans le vouloir. Je ne me souviens plus du tout de ce qui a été dit. À la fin, ils sont tous partis un à un, non sans dire de vagues condoléances à la mère de Deku. Tout les autres de la classe sont venu l'enlacer. Je crois qu'ils pleuraient tous. Je suis pas sûr, je les regardais pas. Je pouvais pas détacher les yeux du cercueil vide. Je sais pas pourquoi, mais Eijiro s'est approché de moi, m'a fait un câlin et m'a dit un truc du genre "Courage mec". J'ai pas bien compris sur le coup.

À la fin, il restait plus qu'All Might, Inko et moi. Mes jambes se sont mis à avancer toutes seuls, et je me suis retrouvé à faire un câlin à la mère de mon ami d'enfance. Elle s'est effondrée sur moi. Je me suis écroulé par terre, toujours avec elle dans mes bras. On s'est mis à hurler dans un bel ensemble. Elle m'inondait avec ses larmes et sa morve. Je sais de qui Deku tenait son côté pleurnichard, maintenant. J'avoue j'ai chialé comme une grosse merde. Mais j'en ai rien à faire. Tous les deux, on n'en pouvait plus. Depuis le début de la cérémonie qu'on se retenait. Peut-être plus, en fait.

Quand on s'est un peu calmé, je l'ai raccompagnée chez elle. All Might m'a dit qu'il restait là bas pour cette nuit et que je pouvais y aller.

Je ne suis pas rentré. Je me suis arrêté dans un parc. Notre parc, je remarquais en sanglotant. Là où on faisait nos excursions. Là où je l'ai appelé "Deku" pour la première fois. Là où je l'ai rejeté. Là où je l'ai tabassé un paquet de fois. Trop pour être compté.

Putain comme je regrette. Personne peut savoir combien. Qu'est-ce qui me prenait de lui faire subir ça ? Pourquoi est-ce que j'en étais fier ?!

Je me hais. Bordel, je me hais.

Après je suis parti à dévaster le parc. Méticuleusement, avec application. Qu'il n'en reste plus que des ruines. Voir plus rien. Ouais. Rien du tout, c'est mieux.

À un moment, y a un héros qu'est arrivé. Il m'a arrêté. Je sais plus du tout comment. Après il m'a prit dans ses bras. Ça devait être Eijiro. J'vois pas qui me ferait un câlin à un moment pareil sinon.

Trois dans la journée, c'est beaucoup quand même.

J'ai du tomber dans les pommes, parce que je me suis réveillé à l'infirmerie de Yuei. Le mois d'après on m'a fait reconstruire le parc, en plus beau, pour me faire pardonner. J'ai même pas protesté.

Je crois que depuis, mon cerveau ne s'est toujours pas reconnecté.


Katsuki en avait vraiment marre. À chaque fois qu'il avait une pause, son esprit partait sur les mêmes chemins. À chaque fois, une avalanche d'émotions déferlait à l'intérieur de son crâne.

D'abord la colère. Envers cet imbécile de Deku, parce qu'il avait disparu. Ensuite l'inquiétude, parce que personne ne l'avait retrouvé. La tristesse, parce qu'il n'était plus là. Le désespoir, parce qu'il ne reviendrait pas. Le regret, parce que le blond savait qu'il n'était qu'un sale connard. Le remord, pour la même raison. Le vide, parce que rien ne serait plus comme avant.

Il voulait juste dormir, merde ! Et oublier ! C'était trop demander de passer à autre chose ?!

Bien sûr que oui. De toute façon, au fond de lui, l'explosif savait qu'il ne le voulait pas vraiment. Il ne voulait pas oublier Deku. Il ne voulait pas oublier ses cheveux, son torse, ses muscles, ses bras, ses tâches de rousseur, ses lèvres. Il ne voulait pas oublier ses grands yeux qui lui bouffaient le visage. Oublier son sourire, immense, qui s'adressait à toute les personnes de la terre.

Il ne voulait pas oublier Deku. Encore moins passer à autre chose.

La sonnerie de son téléphone l'interrompit dans ses réflexions. C'était Ochaco.

Ils s'étaient beaucoup rapprochés après la brutale disparition. Parce qu'ils ressentaient les mêmes choses envers leur ancien camarade. Peut-être que ça aurait dû les gêner, mais non. Bien au contraire. Ils s'étaient supportés mutuellement pour se reconstruire. Elle avait à peu près réussi, du moins en façade, lui pas du tout.

Parfois ils se faisaient des rendez-vous au bar pour se saouler jusqu'au matin. De moins en moins souvent, parce qu'ils avaient tout les deux conscience que ça ne servait à rien.

Katsuki n'avait pas envie de répondre. Il voulait rester plongé dans son désespoir. Peut-être qu'il trouverait une solution comme ça. Ou peut-être pas.

Au bout de la dixième sonnerie, il se décida quand même à répondre.

- Ça a intérêt à être important parce qu-

Les pleurs de la jeune femme l'interrompit. Elle ne disait rien du tout, seul ses sanglots résonnaient dans le portable. Il ne sut pas comment réagir.

- Qu'est-ce t'as encore à chouiner ! s'énerva le héros. Accouche ! J'ai pas qu'ça à fou...

- On l'a retrouvé.

Le héros crut avoir mal entendu.

- Quoi ?

- On l'a retrouvé.