Bonjour à tous ! J'espère que vous allez bien !

Cette fois, on a le point de vue de Shoto, et un peu celui de Momo, mais elle est moins importante (pour ce chapitre).

J'ai vu quelque chose de génial ! Trois personnes ont pris le temps de mettre une review ! Je ne sais pas qui vous êtes, mais sachez que ça me fais extrêmement plaisirs, et que ça me donne vraiment envie de ne rien lâcher ! Merci beaucoup, vous êtes géniaux ! J'espère que vous aimerez toujours ce chapitre.

Bonne lecture !


Un mois.

Un mois où il ne s'est rien passé.

Un mois calme.

Un mois tout ce qu'il y a de plus normal.

Un mois depuis la réunion du gymnase.

Un mois depuis les mots d'Izuku.

Un mois d'incompréhension et d'inquiétude.

Pour rien.

Shoto n'avait rien compris. Au début, il n'avait pas compris pourquoi Bakugo avait décidé de les réunir. Après, il n'avait pas compris la raison pour laquelle il les avait fait venir. Puis il n'avait pas compris les larmes et les craintes d'Ochaco.

Il n'avait pas compris pourquoi Bakugo pleurait après le départ d'Izuku.

Il avait été incapable de comprendre ce que le vert avait dit.

Momo avait dû tout lui réexpliquer. De bout en bout, du début à la fin. Au moins, il n'était pas le seul à n'avoir rien compris, puisque la moitié de la classe avait écouté avidement ses explications.

Après qu'elle ait finit de parler, Shoto s'était tournée vers Ochaco, qui pleurait silencieusement à côté de Bakugo. Les filles s'étaient agglomérées autour d'elle pour la consoler. Eijiro et Denki (comme à leur habitude) étaient aux côtés du blond et tentaient de comprendre ce qui lui arrivait.

Au bout d'un moment où on n'entendait plus que les sanglots des deux amis, Tsuyu finit par rompre le silence en questionnant doucement Ochaco.

- Dit-nous, Ochaco, quelle était cette "promesse" dont parlait Izuku tout à l'heure ?

La brune se raidit aussitôt, comme frappée par la foudre. Ses sanglots s'arrêtèrent un court instant, avant de reprendre de plus belle. Elle était incapable de dire quoi que ce soit. Les autres durent utiliser toute leur patience afin de lui soutirer quelques mots, qui leur glacèrent le sang.

- Il... il a dit... si... si je disais ce qu'il s'est passé à... à quelqu'un...

Elle dut s'y remettre à plusieurs fois avant de réussir à sortir ces mots, fermant les yeux pour se remémorer ce cruel souvenir, parlant d'une voix rauque.

- "Tu souffre en ce moment ? Dis-toi que ce qui attends cette personne sera cent fois pire, et que tu y assisteras. Du début à la fin."


Depuis, un mois s'était passé, et puis rien. Rien du tout. Tout le monde avait continué à faire comme si de rien n'était. Comme s'il ne s'était rien passé. Comme si cette soirée n'avait été qu'un rêve du bicolore.

Ochaco avait finit par pouvoir reprendre ses activités d'héroïne. Izuku avait continué à travaillé à Yuei, tout en poursuivant sa reformation de héros. Il allait bientôt en devenir un officiellement, d'ailleurs.

Aucun de ceux présent n'avait reparlé de ce qu'il s'était passé. Ils s'étaient bien dit qu'il faudrait prévenir quelqu'un, mais qui ? Monsieur Aizawa les aurait peut-être cru, mais rien n'était moins sûr. Il faut dire qu'Izuku savait très bien jouer la comédie. Pendant un an, personne n'avait rien soupçonné. Tout le monde avait remarqué qu'il avait changé, mais pas à quel point.

Même un mois après la "confrontation", il continuait à agir normalement. Et puis, même si tout ceux présent ce soir là savaient qu'il était l'agresseur d'Ochaco, le prouver allait être une autre paires de manches. À part Ochaco, il était le seul témoin. Il avait un alibi plutôt solide, la jeune femme refusait de parler de ce qu'il s'était passé ce jour là, préférant l'occulter totalement, et le vert avait joué tellement bien l'ami dévasté que quinconque l'aurait vu aurait aussitôt été convaincu de son innocence !

Et pour couronner le tout, il était déjà extrêmement populaire auprès de la population, même s'il n'était pas encore totalement un héros.

Bref, l'ancienne classe 1-A ne savait pas quoi faire.

Donc, tout le monde faisait semblant de rien.

Shoto et Momo avait une autre source d'inquiétude, puisqu'ils devaient bientôt se marier. Ça allait être une grande fête, où beaucoup de monde seraient convié : leur anciens camarades de classes, la famille de Momo, celle de Shoto (sauf Endeavor), d'autres collègues de travail...

Donc il fallait préparer de nombreuses choses.

Mais évidemment, ils avaient réussi à s'arranger pour se retrouver avec un nouveau super-vilain sur les bras. Il se déchaînait en plein centre ville et aucun héros n'était disponible pour l'arrêter, sauf eux. Donc, ils avaient dû arrêter leur séance de course pour se mettre à sa poursuite. C'était normal, après tout, c'est leur travail d'arrêter les vilains, mais dans ces moments là, c'était vraiment énervant.

En arrivant sur place, Shoto laissa Momo aller aider les gens qui restaient à se mettre à l'abri. Il n'était pas vraiment doué pour ça. Il préférait essayé d'identifier le vilain parmi tous ceux qu'il connaissait. C'était étrange d'ailleurs, il ne lui semblait pas l'avoir déjà vu. Il ne paraissait pas dangereux, il restait seulement là, figé, sans rien faire.

Pourquoi est-ce qu'on les avait appelé ? Il n'y avait aucun dégât, rien, la situation n'avait aucun rapport avec le véritable déchainement de puissance qu'on leur avait raconté. Pourtant les gens étaient terrifiés. Pourquoi ?

Le héros remarqua une étrange brume orange à proximité du sol, qui semblait avancer lentement vers lui. C'est peut-être l'alter de ce vilain, réfléchit-il. Il eut à peine le temps de dire à Momo de se protéger qu'il se retrouva plongé à l'intérieur.

C'est bon, j'ai vu pire. Cette brume ne fait rien, elle m'empêche juste de voir.

À peine avait-il pensé ça qu'il entendit un cri qui lui glaça le sang. Momo !

Pas de doute possible, c'était bien elle. Qu'est ce qui pouvait bien la faire hurler comme ça ? Elle paraissait souffrir le martyr, et Shoto ne pouvait rien faire !

Il serra les poings en s'enfonçant plus loin dans le nuage orangé. Si seulement cette fichu brume pouvait disparaître !

Il fut exaucé aussitôt, et ce qu'il vit avait tout d'une vision de l'enfer.

Un vilain énorme, à l'alter de gigantisme mais aussi de manipulation de la matière, était en train de détruire tout ce qui pouvait entrer dans son champ de vision. Le quartier calme d'il y a un instant était englouti sous des tonnes de terre et de béton mêlés, des citoyens hurlaient pour échapper au vilain, il y avait des mares de sang partout, des corps déjà sans vie. Le mastodonte envoya son poing dans l'immeuble d'à côté, le brisant comme si ce n'était qu'une tour en lego. Pendant un instant, Shoto ne pu rien faire d'autre qu'observer cette vision cauchemardesque, figé. Un nouveau hurlement le tira de sa transe.

- MOMO ! hurla-t-il à son tour, en se précipitant en direction du bruit. Soit droit sur le vilain.

Soudain il la vit. Elle était coincée entre des doigts gigantesques, qui augmentaient la pression de plus en plus. Elle créait des objets sans discontinuer, repoussant ses limites en tentant de briser les doigts du vilain ou de l'endormir. En vain.

Pris d'une fureur soudaine, le héros de glace et de feu fit jaillir un véritable torrent de glace pour immobiliser son agresseur, le recouvrant presque entièrement. À peine un clignement d'œil plus tard, il se libérait de sa gangue de glace et rugissait de rage, se jetant sur Shoto.

Réagissant à une vitesse surhumaine, le héros le noya sous un tourbillon de flammes ardentes. Le vilain les traversa comme s'il traversait une simple porte. Voyant que ses alters ne servaient à rien contre lui, il tenta d'entrer en contact visuel avec sa fiancée pour lui faire passer son idée. Elle avait de plus en plus de mal à rester consciente, mais comprit quand même vu qu'elle lui fournit une épée bien tranchante ainsi qu'un pistolet.

Shoto commença par immobiliser le mastodonte à nouveau, avant de lui tirer dans le pieds. Le vilain rugit de douleur, mais brisa encore la glace et ne ralentit pas sa course. Il accéléra même. Shoto visa alors le torse, même si ce n'était pas vraiment autorisé. Mais vu la résistance de son adversaire, il n'allait pas jouer dans la dentelle. Il tira cinq coups, qui n'eurent d'autre effet que de rendre le vilain encore plus fou furieux.

Le vilain désormais à porté de bras, le héros raffermit sa prise sur l'épée et lui trancha net trois orteils avant de l'enfermer dans une autre cage de glace. Le sang jaillit, le vilain bascula en hurlant sur le héros, lâcha Momo et...

Shoto sentit une douleur cuisante dans son dos, suivi aussitôt d'une odeur de chair brûlée.

Il fixa hébété le mastodonte qui lui tombait toujours dessus, puis s'effondra. Le vilain n'avait pas pu lui faire ça. Il était presque inconscient, et même s'il était rapide, Shoto l'aurait vu ! Alors qui ? Un deuxième vilain caché ?

- Bon sang ! On avait dit que tu n'intervenais pas tout de suite !

Sous les yeux du héros, le vilain disparu, le quartier retrouva son état normal, même si certains immeubles croulaient sous la glace et d'autres étaient en feux, Momo n'était plus blessée. À la place, se tenait celui qui venait de parler. Un jeune homme blond, vêtu d'un grand manteau blanc. C'était le vilain qu'il avait vu avant d'entrer dans la brume. Qu'est ce qu'il vient de se passer ?

Et il parlait à l'auteur de sa brûlure. Un vilain brûlé de partout qui le regardait avec un sourire narquois. Dabi. Évidemment. Shoto grogna en tentant de se relever, pour faire face au vilain, mais son dos lui faisait bien trop mal et il s'effondra de nouveau. Du coin de l'œil, il vit le jeune plaquer Momo au sol avant de la bâillonner. Elle avait l'air aussi abasourdi que Shoto.

Le vilain à la peau brûlée s'approcha du héros aux deux alters. Il le toisa un petit moment, souriant face à ses pathétiques tentatives de se relever. Ni tenant plus, le bicolore fit jaillir ses flammes et sa glace en même temps. Le brun l'évita de justesse, comme s'il avait parfaitement vu venir l'attaque. Il fit sortir des flammes de sa main droite pour faire fondre la glace, le regardant avec un sourire moqueur.

- Alors, comment ça va, petit frère ?

- Tu n'es pas mon frère, cracha presque Shoto, le regard remplit de haine. Touya est mort il y a des années !

- Hé bien, on dirait que non. À moins que je ne sois plus Touya ?

- Tu ne l'as jamais été ! Tu n'es qu'un sale vilain, rien d'autre !

Le vilain soupira et le regarda d'un air désespéré.

- J'ai pas finit de galérer avec toi, on dirait. Bon, continua-t-il en se tournant vers son complice, tu l'appelles ?

Appeler qui ? se demanda le héros pendant que le blond acquiesçait en trifouillant son oreille. Il doit avoir une oreillette, réalisa Shoto. Après quelques secondes de silence, une voix crachota puis résonna entre les immeubles.

- Alors, vous avez fini ?

- Pas encore totalement, chef, ils n'ont presque aucune blessure.

- Personnes d'autre n'a été blessé ?

- Non, non, j'ai bien veillé à ce que les civils s'enfuient.

- Parfait. Rappelle moi quand vous aurez fini, je vous rejoindrais tout de suite.

- D'acc chef, répondit-il en raccrochant.

Qui est ce "chef" ?

Le vilain lui parlait bien trop familièrement pour que ce soit un membre important du Front de Libération, mais Dabi avait l'air prêt à faire ce qu'il disait. Donc, qui était-il ? Pourquoi est-ce que sa voix lui semblait étrangement familière ? Et puis, qu'est ce que Dabi et l'autre devait finir ?

- Bon, j'y vais du coup, dit le blond. Tu me protèges ?

- Ouais, répondit Dabi sans enthousiasme.

Une brume orange s'échappa du corps du jeune, se dirigea vers Momo, puis l'englouti entièrement. Aussitôt, elle se mit à crier que son alter ne marchait plus, puis à hurler de douleur. Pourtant, à part la brume, son agresseur n'avait rien fait. Il ne bougeait même plus, comme s'il avait été transformer en statue.

- Qu'est ce qu'il est en train de faire à Momo ? RÉPONDS MOI, DABI ! hurla Shoto avant de se faire bâillonner à son tour.

- Chut, le dérange pas pendant qu'il travaille. Il doit pas bouger, sinon ça marche plus.

- Ah oui ? répondit le héros d'une voix étouffé par la main du brun.

Sans prévenir, il fit jaillir ses flammes et sa glace en même temps, en plein vers le vilain. Sa nuque le brûla aussitôt et il perdit le contrôle sous la douleur, incapable de finaliser son attaque. Le feu du vilain se répandit dans son dos, mais en évitant soigneusement sa tête.

- Tu peux pas te tenir tranquille deux secondes ? J'ai pas le droit de te brûler plus, alors facilite moi la tâche et arrête de bouger.

- Comment ça, "pas le droit" ? Le Grand Dabi se serait mit à obéir aux ordres et à ne plus réduire les gens en cendre selon son bon vouloir ? railla le bicolore.

Pour toute réponse, le vilain lui fracassa la tête contre le sol.

- Écoute moi bien. Je ne dois juste pas te tuer. C'est compliqué, vu que j'ai une subite envie de te réduire en cendre assez forte. Mais bon, puisque le but c'est de te faire souffrir, tu m'excuseras si je te pète un truc.

Et il lui réduit le genou en miettes contre le sol. Shoto serra les dents, résistant à l'envie de hurler sous la douleur. Pas question de donner ce plaisir à ce psychopathe !

Voyant ça, Dabi cogna à nouveau l'articulation sur l'asphalte. Cette fois le héros ne résista pas, et son hurlement résonna dans la rue. Satisfait, le vilain se leva et s'approcha de Momo, toujours en prise avec l'alter de l'autre vilain. Quand il fut juste à leur hauteur, il envoya un grand coup de pied dans le torse de l'héroïne, faisant retentir le craquement écœurant des os brisés. Le jeune ne bougea pas. Puis Dabi porta une main à son oreille, appelant leur complice.

- Allô ? T'écoutes ? On a fini, tu peux venir.

Cette fois personne ne répondit, mais le vilain paru s'en contenter et se mit à attendre en fixant Shoto d'un air carnassier. Le héros n'avait même plus la force de le fusiller du regard. Il avait l'impression qu'il allait tomber dans les pommes d'une minute à l'autre. Pourquoi est-ce qu'aucun héros n'était venu en renfort ?

À peine avait-il eu le temps de penser à ce problème que d'immenses vrilles noires surgirent du coin de la rue.

À cette vue, l'espoir reprit dans le cœur du bicolore. Il connaissait ces vrilles. Il les connaissait même très bien, puisqu'il avait passé un temps infini à observer leur propriétaire. Il n'était pas devenu un vilain. Même s'il avait dit des choses horribles le mois dernier. Maintenant, c'était sûr et certain. Même si le héros n'avait jamais eu de doute dessus.

Les longs rubans noirs s'agglomérèrent et se replièrent, paraissant hésiter sur quelle cible attaquer. Mais Shoto était sûr qu'ils allaient se précipiter sur les vilains. il n'y avait pas d'autres possibilités. Un instant plus tard, les rubans se déplièrent et se jetèrent comme des ressort sur le vilain toujours immobile qui surplombait Momo.

Non ! Pas celui là ! Il n'est pas dangereux ! Vociféra mentalement le héros, ignorant les hurlements que poussait sa fiancée.

Hurlements qui cessèrent aussitôt après que les vrilles obscures eurent attrapé le vilain.

Une silhouette sortit de l'ombre. Les ombres noires qui enserraient le vilain semblaient sortir des bras du nouvel arrivant, qui les contrôlait à distance, empêchant le prisonnier de bouger. La tête émeraude avança et fit bondir le cœur de Shoto. Jamais il n'avait été aussi content de le voir. Enfin, si, à peu près tout le temps, mais maintenant, il avait la confirmation qu'il était de son côté. Il n'y avait rien de plus important.

Le vilain commençait à avoir du mal à respirer et parla d'une voix étouffée.

- Qu'est ce que tu fous, chef ?

Mais à qui parle-t-il ?

Izuku s'approcha de plus en plus, aida Momo à se relever et finit par répondre.

- Alors, de un, je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler "chef".

Hein ? Quoi ? Qu'est-ce qu'il dit ?

- De deux, continua-t-il avec un sourire perturbant, je suis juste le preux justiciers qui vient sauver d'un vilain les pauvres victimes innocentes. Même si une des victimes n'est pas aussi innocente que l'autre.

Il assomma le vilain avant de se retourner pour (enfin) regarder Shoto. Sauf que son sourire était faux. Ses yeux était froids, accusateurs, et bouillonnaient de rage en le fixant.

- N'est-ce pas Shoto ?

- Qu'est ce que tu veux dire ? l'interrompit Momo qui commençait à se remettre de son choc. Et puis pourquoi ce vilain t'appelle "chef" ?

- Tu vas bien Momo ? répondit-il en se reconcentrant sur elle. Ils ne t'ont pas fait trop de mal ?

Sa voix était tellement pleine de sollicitude... pourquoi est ce qu'il ne lui parlait pas comme ça ?

- Non, ça va, merci. Tu n'as pas répondu à mes questions, Izuku. Maintenant, répond, s'il te plaît.

Son instinct d'héroïne reprenait le dessus. Bien. Dabi s'agita au dessus du héros. Il l'avait oublié, celui-là. Bizarre, puisqu'il était sur son dos. Le remarquant, le vert reprit la parole.

- Tu devrais y aller, Dabi. Tu n'était pas sensé rester aussi longtemps, ils t'ont vu maintenant. Les autres vont rappliquer d'un instant à l'autre.

- Ouais, ouais, c'est ça. J'avais juste envie de parler avec mon petit frère. Pas vrai Shoto ?

- Vas brûler en enfer, connard !

- Bon, bon, j'y vais. On se revoit plus tard !

Sur ce, le vilain aux flammes bleues s'en alla en sifflotant, pivota à un virage et disparut sous les yeux des héros.

- Qu'est ce que tu viens de faire ? demanda Momo d'une voix blanche. Ne me dis pas que... que tu travailles avec le Front de libération du Paranormal ?

Izuku la regarda tranquillement, avant de lui répondre.

- Ça t'étonne tant que ça ?

L'héroïne devint livide, puis, semblant enfin remarquer son fiancé sévèrement blessé, se précipita pour lui donner les premiers secours.

- Mon dieu, Shoto ! commença-t-elle, affolée. Ton dos...

- Si j'étais toi, je ne me préoccuperai pas autant de lui, Momo.

Quoi ?! pensa le bicolore. De... Quoi ?

- Quoi ? répéta sa fiancée en écho à ses pensées. Qu'est ce que tu veux dire ?

- Tu es sûre de vouloir le savoir ? demanda-t-il à son tour, prévenant.

Momo hésita. Izuku avait l'air sincère. Il paraissait sérieusement s'inquiéter pour elle. Mais en même temps... ses paroles semblaient l'inviter, au contraire, à le questionner. Un sourire illumina son visage quand la jeune femme se tourna vers lui, sans arrêter de donner des soins à l'amour de sa vie. Shoto ne comprenait pas. Pourquoi est-ce qu'Izuku semblait lui en vouloir ? Il n'avait rien fait ! Même si des fois il en mourrait d'envie, il ne lui avait jamais rien fait !

- Oui, répondit-elle, décidée. Je veux savoir pourquoi est-ce que tu lui en veux. C'est mon fiancé, je pense que j'ai le droit de savoir.

Le vert la regarda un instant d'un air triste, comme regrettant ce qu'il allait dire.

- Hé bien... Déjà, est-ce que tu sais où il va tous les mercredis soirs ?

Elle se figea et devint encore plus blanche, tandis que Shoto se raidissait à son tour. Non... il ne va quand même pas..?

- Apparemment non... Ça tombe bien, parce que moi, je le sais ! Tout les mercredis depuis un an, ton cher fiancé vient à Yuei pour assister aux cours des élèves.

L'héroïne soupira de soulagement. Shoto ne la trompait pas !

- Mais... en quoi est-ce que c'est important, du coup ?

- Ah, ça. Tu ne trouve pas bizarre qu'il reviennent à Yuei juste pour regarder des lycéens s'agiter dans tous les sens ?

Si, maintenant qu'il le disait, c'était très étrange. Momo fronça les sourcils en regardant son petit-ami. L'intéressé sentit de la sueur couler dans son dos, pourtant sévèrement brûlé. Il pouvait parfaitement suivre le cheminement des pensées de sa fiancée, et ça l'inquiétait beaucoup. Elle allait tout savoir !

- Voilà le problème. C'est qu'il ne vient pas pour regarder les élèves, loin de là. Il ne les aide même pas. Il se cache le plus souvent possible pour passer inaperçu. Je ne sais même pas comment il a eu l'autorisation d'entrer au lycée dans ces conditions, marmonna-t-il pour lui même. En gros, il attend pendant deux heures que le cour se finisse, reprit-il à voix haute, et devine ce qu'il fait après ?

Il fixa le héros d'un air carnassier, comme s'il n'était qu'une vulgaire proie qu'il allait avaler d'une bouchée.

- Je te le donne en mille, il vient juste discuter ! Avec moi, en l'occurrence.

Là, Momo ne comprenait plus rien. Pourquoi est-ce que son fiancé attendrait des heures et des heures pour parler avec Izuku ? Et puis surtout, pourquoi lui cacher ?

- J'imagine que je t'ai un peu perdue, là. Mais ne t'inquiètes, pas tu vas vite voir ou je veux en venir si je te dis qu'il n'est absolument pas amoureux de toi.

- QUOI ?!

L'héroïne était abasourdi. Comment est-ce qu'Izuku pouvait dire des insanités pareilles ? Comment osait-il insinuer que Shoto ne l'aimait pas ?

- TU MENS ! Il n'y a pas d'autre possibilité !

- Demande lui si tu ne me crois pas.

Non, elle ne devait pas le faire. Izuku n'était plus un héros, elle aurait du le comprendre dès le début. Et on écoute pas ce que dit un vilain. Un vilain, ça ment tout le temps pour jeter le trouble dans les esprits des héros et détruire les équipes. Mais elle ne put pas s'empêcher de chercher le regard de son fiancé, juste pour en être vraiment convaincu. Même si c'était faux. Shoto évitait son regard. Si je la regarde, elle va savoir. Elle ne doit pas.

Le visage de Momo devint blanc comme la neige. Elle murmurait de plus en plus fort, jusqu'à crier.

- Non. Non, non, non non non. C'est pas POSSIBLE ! NON ! Shoto, dit moi qu'il ment, je t'en prie !

Mais il refusait de la regarder. Elle savait maintenant. Tout ce qu'il avait essayé de construire minutieusement depuis la teminale, absolument tout, allait s'effondrer comme un château de cartes. Il avait essayé, pourtant. Il avait essayé d'oublier. Il avait essayé d'aimer Momo. Mais il n'avait pas réussi. Il l'appréciait, mais sans plus. Ça n'allait pas plus loin. Il s'était dit qu'avec le temps, il développerait des sentiments pour elle. Mais voilà. Du temps, il n'en avait plus. Il n'en aurait jamais plus. Il sentit des gouttes tomber sur son bras, avant de se rendre compte que c'était sa fiancée qui pleurait au dessus de lui. Il ne voulait pas la voir comme ça. Il ne méritait pas ses larmes. Il tendit le bras pour lui caresser la joue.

- Momo...

- NON ! TAIS-TOI ! JE NE VEUX PLUS T'ENTENDRE ! TU M'AS MENTI ! PENDANT CINQ ANS !

Elle éclata en sanglots et cacha son visage dans ses mains, refusant de regarder l'homme qu'elle aimait. Après plusieurs minutes, elle releva la tête et se tourna vers Izuku.

- Pourquoi ?

Le vert lui offrit un sourire doux et rassurant, avant de regarder Shoto avec une haine palpable. Shoto avait envie de se fracasser la tête contre le sol à cause de son idiotie. En plus il pouvait. Quoi, il était sérieux ?! Il était vraiment jaloux de sa fiancée à ce moment là ?

- Ça Momo, c'est à lui de nous le dire. Alors, dis-nous, monsieur le héros, pourquoi est-ce que tu voulais profiter de Momo comme ça ? Tu voulais faire comme ton salaud de père et l'épouser pour son alter ? Ou pour son argent ?

Les yeux du bicolore s'agrandirent d'effroi. Comment est-ce qu'Izuku pouvait penser ça de lui ? Il le connaissait mieux que personne ! Il savait qu'il n'était pas comme ça ! Mais les yeux du vert racontait une tout autre chose. Il savait, et il n'allait pas se priver de lui cracher la vérité en pleine face.

- Non, non. C'est pire que ça. Il a fait tout ça juste pour alléger sa culpabilité. Juste parce qu'il savait que tu l'aimais, il s'est dit, "Pourquoi pas ? Après tout, je ne pourrai pas être avec celui ou celle que j'aime, autant aller avec elle !". Mais au bout d'un moment, je pense qu'il l'a regretté. Mais au lieu de t'avouer qu'il jouait la comédie, qu'est ce qu'il a fait ? Il s'est dit qu'il ferait tout pour que tu sois heureuse. Mais pour ça, le mieux, c'est de continuer à mentir ! Tout en regardant si la personne qu'il aime n'était pas devenue disponible avec le temps et te laisser tomber comme une vieille chaussette !

Il fit une pause avant de le fixer avec un regard écœuré.

- Franchement, tu me dégoutes, Shoto. T'es qu'un enfoiré. Pire que ton père.

Il se tourna vers Momo, qui pleurait toujours en regardant son fiancé comme si elle le voyait pour la première fois. Son regard était blessé, trahi. C'était fini.

Des sirènes retentirent dans la rue vide tandis que des ambulances et des camions de police déboulaient à pleine vitesse. Plusieurs policier et ambulanciers sortirent des camions pour se précipiter sur les héros. Izuku géra tout d'une main de maître, exposant sa version des faits et expliquant ce qu'il fallait faire.

- Ah, vous êtes enfin là ! Tenez, voilà le vilain qui se déchaînait, dit-il en tendant le jeune toujours assommé à un policier. Il n'y a eu aucun blessé, j'ai vérifié avant de venir avec le One For All. Le héros Shoto a été gravement blessé au dos. Il y avait Crématorium sur les lieus, mais il s'est enfui juste après mon arrivée et c'est lui qui a brûlé Shoto. Il faut l'amener de toute urgence à l'hôpital, je ne sais même pas comment il fait pour rester conscient. Il faudra aussi appeler des reconstructeurs pour réparer les dégâts du combat, je m'occuperai des frais. Je vais amenez Creaty à l'hôpital moi-même, elle n'a été que faiblement touchée et il vaux mieux que vous gardiez les autres ambulances pour des cas plus graves.

Il offrit un grand sourire aux arrivants un peu assommés par son débit de parole, avant de faire signe à Momo de le suivre d'un petit signe de tête.

- Je ferais mon rapport tout à l'heure, ne vous inquiétez pas !

Shoto ne put que le regarder, impuissant, pendant qu'il emportait sa fiancée vers sa voiture et que lui même était entouré par des ambulanciers qui l'emmenaient à l'hôpital pour le soigner.


Et voilà, on complique un peu plus les affaires et on rajoute des problèmes !

Bon, le début est plus une expérimentation qu'autre chose, j'espère que ça vous a quand même plus.

Rendez-vous au prochain chapitre !