Ecrit de Mai 2020 - Janvier 2021
Publié pour les 10 ans d'anniversaire de la série
Pardon, reste avec moi
Partie 19 Un nouveau pouvoir
Dans un sanctuaire, à quelques lieux de là, Yato et Kazuma se remettaient doucement de leur combat.
-Yukine… il a tremblé au dernier moment, pas vrai ? Grâce à cela, j'ai pu prendre toute l'ampleur des blessures. Il avait donc vraiment peur de tuer ton maître de ces propres main…
Kazuma debout près de Yato, qui était assis sur les marches du sanctuaire, voulut dire quelque chose, mais après un instant de silence finit tout de même par se lancer.
-Yato, je sais que tu souffres… Mais c'est seulement parce que Yukine est utilisé comme bouclier…
Kazuma se tourna et fit dos à Yato.
-… Je vais aller m'occuper de nos poursuivants…
Il s'éloigna, n'osant pas regarder son nouveau maître.
Yato ne le remarqua même pas et gardant un regard lointain et répondit mentalement aux dires de son nouveau shinki.
-Tu as tort, Kazuma…
Le visage fermé, il restait à observer la rue en face du sanctuaire sans vraiment la voir.
-Il ne tremblait pas parce qu'il pensait être en face de moi… Mais parce qu'il me voyait comme son père.
Dans la ruelle, un jeune homme passa et un ayakashi fit son apparition dans son dos.
« Il me voyait comme cette espèce de… »
Sentant un mal de tête le prendre, et les sentiments négatifs de Kazuma, Yato teint sa tête en grimaçant et son autre main toujours posé sur sa blessure.
-C'est pour ça que je ne pouvais pas lever la main sur lui… !
Pas loin de là, Kazuma chassait les cordeau, espions de Fujisaki. Il ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir par rapport aux mots qu'il avait balancé à Yato sans se soucier de ces propres sentiments.
-Pourquoi lui ai-je dit de dégainer son épée ? !... Pourquoi lui ai-je dit que Yukine n'était rien de plus qu'un bouclier… ? !
Kazuma lança sa frontière contre un autre corbeau, mais le remord le rongeait de plus en plus.
-Si c'était moi…. Et que Viina était un bouclier… Il n'y aurait aucune chance que je puisse la tuer !
Se tenant la tête, le regard perdu et le visage déformé par le remort et les nombreuses questions qui le tourmentait, Kazuma ne parvint pas à retenir ses émotions…. Emotions qu'il avait pourtant apprit à cacher, dissimuler pendant des années, des siècles… Alors que ces derniers temps, il lui paraissait de plus en plus difficile de se retenir.
-Je suis qu'un lâche… Un lâche méprisable… ! !
Mais alors que ses sentiments explosaient, il fut rappelé auprès de son nouveau maître.
-Viens Rekki !
Yato se retrouva au-dessus du gamin qui se faisait posséder par un ayakashi, munit de son katana et son habit divin.
Kazuma rattrapa ses lunettes et regarda son maître, qui, s'apprêtant à dégainer, lui dit sans détour d'une voix assurée.
-Kazuma. Tu as raison… Yukine est un bouclier. Le bouclier du type qui se cache derrière lui.
Yato découpa l'ayakashi et ce dernier disparut.
-Nous en avons seulement après mon père… !
Son regard montrait sa détermination et alors qu'il laissait derrière lui le jeune adolescent partir, soudain plus léger, un sourire peignit son visage. Heureux d'avoir agi de la sorte.
-Kazuma, as-tu achevé le reste des corbeaux ?
-N-Non, il doit y en avoir qui se sont échappés
-Super, alors nous les utiliserons pour qu'il nous ouvre la voie sur la cachette de mon père…
Rangeant son katana, Yato baissa son regard et fronçant les sourcils, il finit par dire.
-Je ne pourrai pas affronter Yukine… Nous serons donc désaventagés. Tout ce que je te demande, c'est de ne pas le provoquer. Celui que tu dois tuer, c'est…
Kazuma ne laissa pas Yato finir sa phrase et sentant la motivation remonter en lui, il lui répondit.
-Compris, je suis désolé de t'avoir poussé à faire quelque chose que tu ne voulais pas.
Yato sourit et sans plus de mot, ajouta avant de disparaitre.
-Allons-y !
…
Loin de là, Hagusa et Fujisaki venait d'arriver à l'endroit indiqué sur les documents. Pourtant, lorsqu'ils regardèrent le lieu, cela ne ressemblait pas du tout à ce qu'ils cherchaient.
-La piste se termine ici…
Fujisaki n'eut pas le temps de finir sa phrase que près de lui, Hagusa se sentit frustré et partit en courant.
-Hagusa ?
Mais le jeune garçon ne l'entendit pas et continua à chercher dans les rues, essayant de retrouver un homme, plutôt vieux qui ressemblerait à son père. Le seul indice qui le mènerait à lui, c'était le souvenir vague que ce dernier avait un grain de beauté au menton.
Il chercha, scrutant les gens qui pouvaient lui ressembler, il s'arrêta lorsque son regard fut happé par un lieu. Il se retrouva dans un bar et alors qu'il s'imaginait déjà ce qu'il allait faire subir à son père, Hagusa entra et y vit de nombreuse personne.
Pourtant, il fit stopper dans ses recherches par une scène qui le rendit encore plus furieux qu'auparavant. Dans un coin du restaurant, il vit un vieil homme, la cinquantaine, qui buvait avec quelques autres gens. Près de ce dernier se trouvait un enfant d'à peine douze ans.
-J'vais te tuer putain ! Bon sang, t'es qu'un bon à rien.
-Je-je suis désolé papa, c'est de la part de grand-mère…
L'enfant tendit ce qu'il tenait à son père et celui-ci, au lieu de le remercier, continua de son air grincheux et saoul.
-C'est tout ? ! C'est tout ce qu'elle a ?
Hagusa, en voyant cela sentit un sentiment bizarre le prendre au niveau de l'estomac et fut troublé par cette scène.
-J'ai pourtant dis que je resterai toute la nuit dehors à boire, allez, dépêche-toi de te bouger et vas en chercher plus !
-M-Mais elle a dit que c'était suffisant pour aujourd'hui…
-De quoi ?
Le père poussa son gamin en direction de la sortie, sous le regard des quelques serveuses et clients qui n'osèrent pas intervenir.
De son côté, Hagusa sentit un souvenir fugace lui revenir, ressemblant un peu à ce qu'il venait de voir.
Flash-back
-Qu'est-ce qui ne va pas chez vous ?
Cria leur père alors qu'il était tranquillement assis en tailleur derrière sa table, écrasant une de ces nombreuses cigarettes dans le cendrier, posé sur la table. Face à lui, Haru était assis sur les genoux, la tête baissée et ne sachant pas quoi dire. D'ailleurs, il ne voulait rien dire, car il ne savait que trop bien, que la colère de son père allait encore causer une violence. Pas loin de lui, Yuka, sa sœur aînée était debout, les poings serrés, mais gardant le silence.
-Qu'est-ce qui ne va pas avec toi ?
Continua-t-il à crier.
Puis, dans un accès de colère, il prit le cendrier et le balança de toutes ses forces à travers la petite pièce. Le cendrier tomba à terre, ainsi que les nombreux mégots.
Il partit de la salle, laissant derrière lui ses deux enfants.
Yuka était à terre, se tenant le front et souriant à Haru. Elle lui murmura d'un air heureux.
-Au moins, il ne t'a pas frappé…. Haru
Fin du flash-back
Haru, à ce souvenir sentit une énergie le submerger, sans qu'il ne contrôle réellement ce qui se passa. Il sentit l'énergie noir se répandre autour de lui, mais au lieu de blesser les gens, elle se faufila à l'intérieur d'eux et le spectacle prit une toute autre tournure.
À l'extérieur, Fujisaki vit l'énergie noir d'Hagusa sortir du restaurant-bar et y entra en se doutant que son shinki y était.
-… Hagusa ?
A l'intérieur, l'une des serveuses prit de sa main gauche l'intérieur d'un des plats qu'elle venait de servir et le lança sans retenue sur l'homme qui venait de pousser l'enfant.
-C'est toi qui viens toujours te battre ici, connard ! Si tu es son père alors agit comme tel, du con !
Le père s'énerva et répliqua d'une voix colérique.
-Ferme-là et écoute gamine…
Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase que d'autres clients vinrent à la rescousse et lui jetèrent à leur tour soi boisson, nourriture ou tout ce qui leur passait sous la main.
A un moment donné, l'homme bascula de sa chaise et se retrouva un peu étourdi. Près de lui, l'enfant cria et s'agenouilla vers son père.
Au même moment, la tentions sembla retomber et Fujisaki arriva derrière Hagusa, l'air un peu surpris.
Devant lui, Hagusa avait les mains dans les poches et regardait la scène d'un air neutre, il ne se tourna pas et dit simplement…
-Allons chercher ailleurs Père.
Fujisaki observa la scène et demanda à Hagusa d'attendre.
-Hagusa, qu'est-ce qui vient de se passer ici ? Pendant un instant, il semblerait que des gens étaient possédés par quelque chose…. Tu n'y serais pas pour quelque chose ? Leur humeur semble s'être éclaircie.
Hagusa se tourna vers Père et d'un air innocent répliqua simplement, quittant des yeux le fils et le père. Qui se relevait gentiment, encore énervé.
-Je voulais juste aider ce gamin…
A côté d'eux, les gens discutaient d'un air joyeux et détendue.
-C'est une punition divine.
-Vous avez raison.
En dit un autres et des rires se firent entendre.
Fujisaki entraina Hagusa à l'extérieur rapidement.
-Allez ! Je veux que tu me montre ce qui s'est passé avant que l'envie ne disparaisse.
Alors qu'ils survolaient la ville sur un corbeau géant, Hagusa était tout enthousiasme et ne pouvait s'empêcher de se réjouir.
-As-tu vu le regard de ces gens père ? J'ai secouru cet enfant !
-Oui, c'était génial Hagusa, tu peux pousser les gens à agir !
Fujisaki avait un air heureux sur le visage alors qu'il regardait en coin Hagusa derrière lui.
-Tu leur donnes du courage !
Hagusa en fut très touché, par ce compliment, il sentit encore plus de fierté.
-Père, j'ai réussi à rassembler tout le monde ce soir, et c'est là que j'ai compris que les gens veulent aider, mais n'osent pas. Les gens sont bons, mais ils n'en n'ont tout simplement pas le courage.
Et alors qu'ils atterrissaient tous deux sur le toit d'un immeuble, surplombant la ville, Hagusa observa le contre-bas et un air nouveau souffla.
-Le châtiment divin n'est pas une chose infligée par les dieux. Les gens se l'infligent eux-mêmes !
Et alors qu'il s'accroupit, l'énergie noir dansant autour d'Hagusa, ce dernier, toujours le sourire aux lèvres, continua d'une voix presque amusée.
-Attends un peu papa ! Tu as peut-être échappé à la colère des dieux… Mais tu n'échapperas pas à la mienne.
La colère divine d'Hagusa allait bientôt frapper les gens, Hagusa avait un sourire carnassier alors que derrière lui, Fujisaki avait perdu le sien et regardait d'un air étrange son shinki.
La nuit était tombée et demain, Ooharai allait débuter, le temps était compté.
Après avoir lancé son pouvoir un peu partout sur la ville, Hagusa en voyait les bienfaits et cela le toucha. Heureux de pouvoir ainsi aider les gens, il se frotta le visage, ayant une poussière dans l'œil.
-Je suis capable de toucher l'âme des gens, Père. Elles sont toutes si belles….
Toujours debout derrière lui, Fujisaki ne dit rien, observait patemment.
-Mon filet de la bonté, plus je la lance et répand, plus j'aurai de chance de retrouver mon père. Il n'y a aucune chance qu'il puisse y échapper… !
Et sans attendre, ni demander l'autorisation, Hagusa sauta du toit et se laissa tomber, atterrissant sur les pavées sans encombre, tel un chat.
Du haut du toit, Fujisaki ne retint pas son shinki et le laissant agir comme il le souhaitait, l'observa tomber.
-Oui, continues le travail de dieu, Hagusa !
Il s'approcha du bord, la lune en croissant brillait derrière lui et le vent soufflant avec force, répliqua pour lui-même.
-… Tout comme le filet de la justice est censé l'être….
Laissant ses bras tomber, finit avec un regard dénué d'expression.
-Une référence à la juste colère du ciel ?
La suite le 20 janvier 2021
