Salut tout le monde ! Vous allez bien ? (j'espère en tout cas ^^)

Au final, j'ai pas réussi à finir ce chapitre plus vite que les derniers. Dommage. 'Fin bon, c'était prévisible.

Du coup, comme prévu, c'est pas un chapitre avec quelqu'un de la classe A ! Vous pouvez même essayer de deviner encore un peu, on sait pas au début.

C'est un chapitre beaucoup plus calme que les derniers, mais on comprend (peut-être) plein de choses !

Bref, bonne lecture !


Il faisait bon. Le fond de l'air était un peu frais pour la mi-mai, mais supportable. De toute façon, il aimait bien le froid. C'était un temps parfait pour prendre un bon café.

Par contre, il aurait préféré attendre autre part que sur la terrasse de ce café. D'accord, la vue sur la rue piétonne était agréable. D'accord, les boissons qu'ils servaient ici étaient délicieuses. D'accord, c'était assez peu fréquenté pour qu'on ne se fasse pas accoster par des fans à n'importe quel moment. Non pas que ça lui arrive souvent, il était assez peu connu en sa nature de héros underground, mais pour celui qu'il attendait, rien n'était moins sûr.

Et puis est-ce que c'était vraiment un bon endroit pour parler de ce dont ils allaient parler ? Tout le monde pouvait les écouter ici, c'était impossible d'être discret.

Il soupira. Il était en retard, évidemment. Déjà qu'ils avaient bataillé pour trouver un créneau où les deux étaient libres, il avait fallu qu'il fasse des heures supplémentaires ! Il était infernal.

Bon, il allait l'attendre encore cinq minutes, et s'il n'arrivait pas, il irait le chercher à son agence.

- Oï, Hitoshi ! l'interpella une voix bien connue pendant que le son de pas rapides s'approchait de la table où il était assis.

Le violet se retourna vers celui qu'il attendait d'un air fatigué.

- Oï, Izuku. Tu peux m'expliquer pourquoi tu arrives seulement maintenant ? Deux minutes de plus, et j'allais partir te chercher !

- Oh, tu sais bien que je suis toujours un peu en retard. Il y avait une vieille dame qui n'arrivait pas à porter ses courses, il fallait bien que je l'aide !

- C'est bien ce que je pensais : t'étais encore en train de faire du zèle.

- Tu n'en fais jamais toi, peut-être ? se moqua le vert en souriant.

Pour toute réponse, le violet grimaça. Bien sûr que si, il en faisait, mais pas quand il avait un rendez-vous important !

- T'es infernal.

- Je sais. Comment ça va depuis le temps ?

- Ça fait juste deux mois qu'on s'est pas vu, soupira-t-il, pas la peine d'en faire tout un plat. Mais sinon oui, ça va. Et toi ? Pas trop de travail ?

- Bah, ça va. J'ai plein d'interventions, mais je vais pas m'en plaindre ! C'est génial !

- Ça, j'avais remarqué. À peine trois semaines que tu as ta licence et tu t'arranges déjà pour crouler sous le travail ! Et en plus, tu fais des heures sup' ! T'es désespérant. Je sais pas comment tu fais pour être aussi en forme.

Le vert rit devant son ton blasé. Hitoshi était héros depuis plus longtemps, et même s'il ne le montrait pas, il avait autant de travail - si ce n'est plus - qu'Izuku, et ne s'en plaindrait pour rien au monde. Même s'il était crevé.

Les deux amis parlèrent encore quelques minutes de tout et de rien, enfin surtout du boulot, les deux étant passionnés par leur travail et étant fan de héros autant l'un que l'autre.

Mais ils n'étaient pas ici pour parler de ça, au grand dam du violet. Il aurait largement préféré continuer à bavarder gaiement avec le vert, mais il avait quelque chose de bien plus important à lui demander. Il soupira longuement avant de se jeter à l'eau.

- Tu ne crois pas qui tu y vas un peu trop fort ?

- Trop fort ? Comment ça ? lui répondit-il d'un air perdu.

- Tu sais très bien de quoi je parle, soupira à nouveau le violet. La classe.

Le visage d'Izuku s'illumina de compréhension, avant de se fermer brusquement.

- Pourquoi est-ce que j'irai trop fort ? grimaça-t-il. Ils n'ont que ce qu'ils méritent.

Le violet avait vraiment envie de le contredire, mais il savait parfaitement que s'il le faisait, le vert allait se refermer comme une huitre et il aurait fait tout ça pour rien. Alors il allait devoir ruser. Ce qui tombait bien puisque c'était sa spécialité. Le problème, c'était que c'était aussi devenue la spécialité de sa cible. Il réfléchit encore quelques secondes pour bien formuler ses idées. Il allait sur une pente très glissante et au moindre faux pas, tout ses plans tomberaient à l'eau. L'avantage, c'est qu'il avait assez d'arguments pour former plusieurs phrases qui feraient réfléchir Izuku - dans le meilleur des cas. Dans le pire des cas, il se verrait recevoir un regard noir, des menaces et le vert s'en irait en fulminant. Pour le moment.

Il se prit la tête entre les mains et regarda son interlocuteur de biais. Il ne pouvait pas parler d'Ochaco. Pour elle, il était presque sûr qu'il y avait eu un problème dans la stratégie d'Izuku, et il allait immédiatement le braquer. Hors de question. S'il voulait vraiment lui faire voir la vérité en face, c'était la dernière chose à faire. Il allait commencer doucement, en lui posant seulement les questions dont il était sûr d'obtenir la réponse.

- Tu n'est pas pour rien dans la rupture entre Yaoyorozu et Todoroki, je me trompe ?

- On ne peut rien te cacher, ricana Izuku. Effectivement, j'ai un peu aidé. Mais de mon point de vue, j'ai rendu un grand service à Momo. Elle ne méritait vraiment pas d'être avec un enfoiré comme lui.

- Il t'a fait quelque chose en dernière année ?

- S'il m'a fait quelque chose ? Ah ça, oui tu peux le dire.

C'était bien ce qui lui semblait. Ça le peinait vraiment de voir qu'Izuku lui faisait aussi peut confiance - même si on ne pouvait pas dire qu'il faisait confiance à qui que ce soit à présent - alors même que d'après ce que lui avait dit Mashirao il était le seul à avoir gardé une relation "normale" avec lui après sa réapparition. Il aurait vraiment voulu qu'il aille mieux et qu'il se confie à lui - au moins un peu.

Il soupira, avant de se redresser pour le regarder dans les yeux.

- Est-ce que... tu voudrais en parler ?

Un éclat de douleur eut le temps de passer dans ses iris avant qu'il ne détourne le regard et fixe ses mains.

- Non. Je ne préférerais pas.

Ce que le violet traduisit par "Je ne suis pas encore prêt. Plus tard, peut-être. Beaucoup plus tard." Hitoshi ferma les yeux pour réfléchir un peu plus. Et laisser Izuku reconstruire ses barrières. Il en avait beaucoup, ça Hitoshi en avait bien conscience. Certaines se brisaient plus facilement que d'autres. Ça aussi, il le savait. Mais surtout, il savait qu'il ne fallait pas toutes les casser d'un seul coup. C'était arrivé une fois. Pas par sa faute. Lui, il avait juste était témoin de sa détresse et de sa rage impuissante. À ce moment là, le vert ressemblait à un animal blessé, acculé. Un animal qui n'avait rien à perdre.

Il grimaça à la pensée que ça puisse arriver à nouveau.

C'était le pire scénario envisageable.

Enfin, il n'avait pas fini ses questions. Il n'avait pas toutes les informations pour essayer de l'aider. Il ouvrit la bouche juste quand le vert relevait la tête, l'expression neutre.

- Qu'est-ce que tu as fait à Hanta, du coup ?

- Moi ? Rien.

- Ne fait pas l'innocent, s'il te plaît, le supplia-t-il du regard. On sait tout les deux que ça ne sert à rien. Hanta n'aurait jamais abandonné son rêve s'il ne s'était rien passé. C'est un héros, après tout.

- Il était juste crevé, pas de quoi en faire un drame, commença le vert en haussant les épaules. Et puis il a échoué à attraper un vilain particulièrement dangereux qui venait de s'évader, alors qu'un autre héros est arrivé et l'a capturé en deux secondes. Avant d'apprendre qu'il n'avait jamais été considéré comme un héros.

- Mais c'est faux ! s'exclama Hitoshi en se relevant brusquement, manquant de faire tomber sa chaise. Et attirant par la même occasion le regard des autres clients.

- Rassis-toi, Hitoshi. S'il te plaît. Ce n'est pas toi qui ne voulait surtout pas attirer l'attention ?

Le violet s'exécuta en levant les yeux au ciel, pendant qu'Izuku s'expliquait.

- Bien sûr que oui, c'est faux. Mais le principal, c'est qu'il en soit maintenant convaincu.

- Je vois, soupira son ami.

- Merci, sourit le vert, visiblement peu emballé par l'éventuelle poursuite du sujet. Tu as d'autres questions ?

- Une dernière. Qu'est-ce qui est arrivé à Mezo ? Je ne te demande pas pour Mina, il me paraît évident que cette "Izamu" a agi sous tes ordres. Ou au moins que tout s'est passé comme tu le voulais. Mais pour Mezo, je ne sais pas. Je suis convaincu que ton plan a marché pour lui, mais je n'ai pas réussi à comprendre ce que tu lui as fait.

- Hum... permet moi de te parler de Mina avant de répondre à ta question. Tu veux bien ?

Hitoshi acquiesça. Izuku n'allait surement pas dire quelque chose de très important, mais c'était toujours ça de pris.

- Pour Mina, ça a marché encore mieux que ce que je l'espérais, dit-il avec un sourire qui ne lui ressemblait vraiment pas. C'est bien. Et pour Mezo... disons qu'Izamu ne pourra pas se montrer au grand jour avant un bon moment.

Le violet avait vraiment du mal à croire que son ami utilisait une fillette d'à peine onze ans dans ses plans. Il avait vraiment du mal à l'accepter. Et surtout, il espérait vraiment qu'Izuku avait de très bonnes raison de le faire. Sinon...

Izuku interrompit ses pensées en reprenant la parole.

- Donc, tu as fini ?

- Oui. Tu en as dit bien assez, et j'ai pas vraiment envie de continuer de parler de ça. Et toi, est-ce que tu as des choses à me demander ?

- Oui, justement. Est-ce que c'est Mashirao qui t'as mis au courant ?

- Lui ou un autre, qu'est-ce que ça fait ?

- Donc c'est bien lui.

- ... Oui. Tu sais quoi ? Tu me fatigues, Izuku, soupira-t-il à nouveau.

- Je sais, sourit-il, avec un vrai sourire. Presque comme avant. Juste un peu moins grand.

Et puis il redevint plus sérieux, avec un regard un peu triste.

- Comment va Eri ?

Le violet crut que son cœur allait exploser. Il le savait ! Il savait qu'Izuku n'avait pas tout abandonné ! Il savait qu'il voulait encore prendre soin des autres ! Il fallait juste qu'Hitoshi réussisse à le lui prouver et il aurait déjà fait un grand pas en avant.

Il répondit en tentant de réprimer son propre sourire, même s'il finit par en avoir un au coin de la bouche.

- Elle va bien. Elle a treize ans maintenant, tu sais. Elle est déjà au collège ! Si tu savais combien Aizawa est fier d'elle. Tu devrais les voir tous les deux, ils sont rayonnants. Une vraie petite famille.

- Et j'imagine que tu joues le grand frère attentionné, se moqua gentiment le vert. Avec Hizashi en plus, la pauvre Eri ne doit pas savoir au donner de la tête !

- Ça je ne te le fait pas dire ! rit Hitoshi, avant de redevenir un peu plus sérieux. Tu sais, tu aurais pu en faire partie. Tu manques vraiment à Eri. Si tu pouvais venir la voir juste une fois, elle serait comblée.

- Je sais...

- Non tu ne sais pas. Tu sais beaucoup de chose Izuku, mais ça, tu ne peux pas le savoir. Tu ne peux pas savoir ce que ressent Eri. Est-ce que tu peux essayer d'imaginer ce qu'elle peut penser en te voyant tous les jours à l'écran ? Elle entend parler de toi tout le temps : à l'école, à la maison, à la télé, au basket, partout. Est-ce que tu peux envisager combien ça la rend triste ?

- Je...

- Tais-toi, je n'ai pas fini. Ce que tu ne sais pas, puisque tu évites tous tes anciens contacts comme la peste, c'est qu'elle se sent responsable de ton absence. Elle croit que c'est de sa faute si tu n'es pas là, elle croit que tu ne veux pas la voir parce que tu ne l'aimes plus !

- C'EST FAUX ! cria Izuku en se levant d'un coup et en serrant les poings.

- Si c'est faux, alors pourquoi est-ce que tu ne vas pas la voir ?! répondit-il, se relevant à son tour et plaquant ses mains sur la table. Il suffirait d'une seule fois, que tu lui parles, que tu lui expliques et elle sera rassurée ! Elle n'a plus sept ans, elle comprendra !

Ils se défièrent du regard pendant de longue minutes. Hitoshi savait qu'il avait raison. Izuku fuyait.

Le vert finit par abandonner le premier et s'écroula sur sa chaise, avant de jouer avec sa paille en évitant les yeux du violet qui se rassit. Ils ne dirent plus rien pendant de longues minutes. Izuku finit par murmurer.

- J'aimerai vraiment, mais... Ce n'est pas aussi simple...

- Hum, grogna le violet. il n'avait pas envie de lui faciliter la tache. Il avait tort, point.

- Tu crois vraiment qu'elle aurait envie de voir...

Il déglutit.

- De voir... ce que je suis devenu ?

Hitoshi ferma d'un coup les yeux en l'entendant. Sa respiration s'accéléra sans qu'il sache pourquoi. Il s'attendait à tout, sauf à cette question.

D'une certaine façon... il savait déjà qu'Izuku regrettait ses actes. Il l'espérait, il essayait de lui en faire prendre conscience, et au fond de lui, il le savait.

Maintenant, il avait la preuve qu'il avait raison.

Et... il ne savait pas quoi faire. Qu'est-ce que lui aurait aimé entendre, dans cette situation ?

Il inspira un grand coup avant d'ouvrir les yeux.

La vérité. C'est la seule chose qu'il aurait voulu entendre.

- Je ne peux pas te dire. Je ne suis pas Eri, je ne suis pas toi, et je ne sais pas comment vous réagirez. Je sais juste que...

Il fit une pause en se mordant la lèvre. Il ne savait pas comment formuler ce qu'il voulait dire.

- Je sais juste que pour elle, tu es un héros. Tu es même son héros, avec LeMillion. Je ne pense pas que quoi que tu fasses, ça lui enlève cette certitude.

Izuku ferma douloureusement les yeux et cacha son visage dans ses mains.

- O- ok...

Une espèce de sanglot étranglé secoua ses épaules, et il se releva en évitant son regard.

- Je crois... je crois que je vais y aller, hein ? Je... je suis vraiment désolée de... tout ça, finit-il avec un vague geste de la main. Merci, et... on se verra une autre fois, de toute façon, non... ?

- Bien sûr, qu'on se reverra, ne put s'empêcher de rétorquer Hitoshi. On est ami, non ? Je vais pas laisser tous tes efforts pour m'amadouer tomber en poussière pour trois ans d'absence et un changement de statut, tu sais !

Le vert rit un peu, réchauffant le cœur du violet. Il n'aimait vraiment pas le voir comme ça. Ni maintenant, ni avant, ni jamais.

Il eu un sursaut de conscience en le voyant s'éloigner.

- Hey, Izuku !

- ...Oui, Hitoshi ? répondit le vert en s'arrêtant, mais sans se retourner.

- ... C'est vraiment ce que tu veux ?

Izuku ne répondit rien pendant de longues secondes, puis se remit à marcher avant de murmurer, tellement bas qu'Hitoshi aurait pu l'imaginer.

- C'est pas comme si j'avais vraiment le choix...


Et voilà !

J'espère que ce chapitre vous a plu, qu'il correspond à la personnalité d'Hitoshi et qu'il est pas trop OOC. Vraiment.

C'était ce que j'appelle un "chapitre de transition", même s'il transite pas grand chose. En gros, c'est un chapitre que j'avais pas prévu d'écrire à la base, qui n'est pas avec quelqu'un de la classe A et qui pourrait être enlevé parce que ça changerait pas grand chose, mais c'est plus intéressant quand même.

Bon, je sais pas comment je vais faire le prochain chapitre, parce que ce sera Tenya et j'ai aucune idée pour lui. Mais je vais trouver, n'ayez crainte !

Bref, à la prochaine !