Hé, vous allez bien ? Voici la suite, en espérant qu'elle vous plaise !
Résumé : C'est quand on joue les apprentis sorciers, qu'on se dit qu'on aurait mieux fait de rester couché. Stiles invoque Gaïa, persuadé qu'elle l'aidera à tuer Deucalion et sa meute. Mais comme toujours, rien ne se termine vraiment bien. Le voilà prisonnier de la Déesse Mère – Serviteur à ses heures. Stiles!Mage
Pairing : un poil de tout et n'importe quoi qui pourrait finir sur du Derek/Stiles ou n'importe quel autre couple. Si vous avez des idées, faites péter !
Remerciements: à Loclo4 qui subit mon orthographe et mes tournures de phrases bancales, merci pour tes corrections, du fond du cœur + sans oublier ceux qui ont commenté, ajoutés cette histoire dans leurs favoris et/ou alerte. Paix & amour sur vous. :)
I : RÉALITÉ
« — Cette Gaïa, murmura Deaton avec une pointe d'incrédulité. Elle s'est jouée de toi, Stiles.
L'adolescent approuva d'un léger mouvement de tête, blanc comme un cadavre, tandis qu'il roulait légèrement sur le flanc à bout de souffle. Il les avait senti, les liens de la Terre, fusionner avec son corps. Bordel. Gaïa – ses mains, racines, ou ce que vous vouliez – était venue s'enrouler autour de son cœur, le malmenant comme l'on retournait une terre prête à être semée avant d'y planter ses graines. Prit d'un haut-le-cœur, le fils de shérif ne fut aucunement gêné à l'idée de rendre le maigre contenu de son estomac aux pieds de Chris qui avait dû avoir la mauvaise idée de s'avancer afin de constater l'état de l'adolescent. Inutile de préciser qu'il regretta son geste bienveillant, tandis qu'il servait au jeune homme, une grimace dégoûtée.
— Charmant Stilinski, commenta-t-il simplement.
Le petit brun dû grogner quelques mots inintelligibles pas franchement sympathiques, puisqu'il étira au chasseur, un haussement de sourcils moqueur.
— Comment tu te sens, Stiles ? S'inquiéta Alan avec raison.
Il avait vu le garçon se faire foutrement transpercer par une plante magique, avant de s'écrouler au sol à la manière d'une poupée de cire. Devait-il préciser que tout cela ne s'était guère effectué sans une myriade de hurlements ? À l'heure qu'il était, Deaton était même certain que tous les loups du Comté devaient l'avoir entendu et ne tarderaient point à rappliquer, tous crocs sortis. Et tout ça pour quoi ?
Stiles s'écroula, lorsqu'il tenta de se mettre debout – à la manière d'une merde sur un trottoir.
— Merde, jura-t-il en foudroyant ses jambes du regard.
Deaton fut aussitôt à ses côtés, l'aidant à se redresser, puis à tenir debout sans se casser la figure, chose que l'hyperactif lui en fut reconnaissant. Il avait assez goûté de la terre pour toute une vie.
— Que s'est-il passé ? Un instant je pouvais percevoir les paroles de Gaïa, l'instant d'après, ce fut comme si quelqu'un avait appuyé sur mute.
— Oh ça.., souffla Stiles.
Son regard se fit légèrement lointain, tandis qu'il se repassait la scène, comme un film au ralenti. Comment pouvait-il expliquer à l'homme que Gaïa n'avait pas fait que lui prêter sa magie, qu'il y avait un prix pour tout Être faisant usage des pouvoirs divins des Dieux ? Plus il userait de ce cadeau, plus il voudrait l'utiliser, à la manière d'une drogue forte, la dépendance viendrait. Et tout comme avec la cocaïne, ou les autres drogues, les répercussions sur sa santé viendront petit à petit. Sous quelle forme ? Stiles n'en savait fichtre rien. Gaïa s'était contentée de hausser les épaules l'air de dire: qui vivra, verra. Sauf que Stiles n'était pas sûr de pouvoir affirmer qu'il y survivrait. Sans parler que s'il venait à arracher une vie, la sienne serait vouée à la servitude éternelle auprès de la Déesse Mère. C'est tout simplement génial, songea-t-il avec une pointe de sarcasme.
— Stilinski, on se réveille.
L'adolescent sursauta.
— Ouais... Euh. Vous n'avez pas raté grand chose. Le blabla habituel super narcissique des Dieux adorant faire flipper les pauvres mortels.
— Sûr ? Nous mener en bateau serait une très mauvaise idée, tu t'en doutes.
Stiles haussa les épaules.
Actuellement, l'idée de faire un pas hors limite avec Chris lui semblait carrément moins dérangeant que de désobéir à Gaïa. Aussi bailla-t-il longuement, pour clôturer la conversation. Il n'avait même pas besoin de prétendre d'être sur les rotules, pour être honnête, il ne savait même pas comment il avait fait pour aligner plus de trois mots. Il ne rêvait à présent que d'une douche chaude et d'une bonne nuit de sommeil – voir même peut-être des jours, qui sait ?
— Je vais te raccompagner dans ce cas. Je ne suis pas sûr que prendre le volant serait prudent.
Stiles n'avait même pas eut le temps de protester, Deaton avait – par on ne sait quel miracle – récupéré les clés de Roscoe – a.k.a, la jeep adorée du Stilinski – et ne tarda donc pas à faire signe au garçon de grimper côté passager, ce qu'il fit non sans réticence.
— Traitez là, comme vous traiteriez votre femme, grogna-t-il pour tout avertissement.
Deaton eut un sourire malin, alors qu'il grimpait côté conducteur et ajustait sa position derrière le volant.
— Je n'ai pas de femme Stiles, s'amusa-t-il en démarrant.
La jeep cala salement et l'adolescent jura :
— Bah imaginez qu'il s'agit du mini-Deaton. On le manie avec douceur et souplesse et...
— Oh Seigneur, Stiles... ! »
Roscoe démarra, sous le soupire soulagé du vétérinaire. Comment Scott avait-il put faire pour supporter l'hyperactif toutes ces années, furent les uniques pensées du métis lorsqu'il prit le sentier menant hors de la forêt.
Chris Argent resté en arrière, prit bien soin de nettoyer les traces du rituel d'invocation, avant de filer à son tour, non sans songer qu'il allait devoir surveiller de très près le fils du Shérif. Il était persuadé que Stiles ne leur avait pas tout dit.
Stiles se roula en boule sous sa couette, enfouissant son visage dans son coussin avec bonheur évident. Il était crevé et encore, il jouait sur les euphémismes. Pourtant voilà, il avait beau tourner et retourner encore entre ses draps, impossible de trouver le sommeil. Il avait même testé sa position favorite – sur le côté/ventre, un bras passé sous son oreiller, l'autre calé contre lui, sa main sous sa joue et l'une de ses jambes, la gauche généralement, puisqu'il s'appuyait sur son côté droit, si recroquevillé, qu'il parvenait à toucher sa cuisse de son coude – un gros bordel entre autre. Mais là encore, son esprit avait décidé qu'il pouvait aller se faire foutre, trop occupé à faire tourner ses méninges à plein régime.
Il grogna, roula sur le dos, ses bras écartés de chaque côté de son corps, il se laissa aller à contempler le plafond se faisant finalement emporter par ses pensées. Ses pensées qui tournaient encore et encore autour d'une seule et unique personne. Gaïa. À part la douleur qu'il avait ressenti, rien ne paraissait avoir changé en lui. Il n'entendait pas mieux, n'avait pas de super odorat, ni de super vue. Il se sentait normal à défaut d'autre chose. Pourtant, ne lui avait-elle pas dit qu'il serait gardien de sa magie ? Le temps d'une Lune, se souvint Stiles. Tu parles d'une indication. Comment était-il censé faire d'ici là ? Parce qu'il était clair qu'il lui faudrait attaquer lors de la prochaine pleine lune. Soit un mois, à tout casser. Lorsque Deucalion serait au plus fort de sa force. Un frisson de terreur fit se recroqueviller l'adolescent sur lui même. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'était la Magie de Gaïa par ailleurs. Comment était-il donc censé s'en servir ? Devrait-il simplement débarquer le jour J, en priant pour que la divinité ne se fusse pas moquée de lui ? Devrait-il tendre les bras, claquer des doigts ou prononcer une super-formule-magique à la Harry Potter ?
Il n'en savait fichtre rien.
Un coup contre sa fenêtre le stoppa dans ses théories fumeuses. Avec un grognement épuisé, il se glissa hors de son lit – retenant un juron lorsque ses muscles tirèrent douloureusement – et marcha jusqu'à sa fenêtre qu'il ouvrit avec humeur. Quelle ne fut pas sa surprise d'y découvrir un Derek agrippé à la gouttière comme si sa vie en dépendait. Cette maison n'y survivrait pas, songea-t-il avec un agacement certain.
« — Les portes, Hale, ne sont pas faites pour les chiens.
Le loup grogna pour toute réponse, repoussa Stiles afin de pouvoir se glisser dans la chambre de l'adolescent avec souplesse.
— Je t'en prie, fais comme chez toi. Du lait et des petits gâteaux peut-être ?
— Stilinski. La ferme.
— Toi la ferme ! Où tu te crois ? On a pas élevé les cochons ensemble que je sache, alors tu prends tes cliques et tes claques et tu te tires. C'est vraiment pas le moment de me faire chi...
Une main large et chaude se glissa contre ses lèvres, l'empêchant de terminer sa phrase. De son autre main, le loup-garou lui fit signe de la mettre en veilleuse. En effet, la lumière du couloir venait de s'allumer, le pas lourd du Shérif Stilinski montant les escaliers se fit entendre. Derek grogna lorsqu'il perçut la tentative du garçon pour signaler sa présence.
— Boucle-là, Stiles. C'est important, il faut qu'on parle.
L'adolescent leva les yeux au plafond. Bah voyons, semblait parler son regard. Tu fais souvent effraction chez les gens quand tu veux leur parler, toi ? Tu connais pas le téléphone ? Abruti de cabot.'Derek songea que même silencieux, Stiles était un foutu moulin à paroles. Diable, comment un simple regard pouvait-il signifier autant ?
— Tout va bien fiston ?
Derek s'écarta légèrement de l'humain, le regard équivaut.
— Au poil papa. Je vais me coucher, on se voit demain.
Il y eut un instant de flottement, un soupire épuisé et Noah Stilinski acquiesça, souhaitant une bonne nuit au garçon. Stiles reporta son attention sur Derek, sourcils haussés et bras croisés contre son torse.
— J'attends, indiqua-t-il comme si ça n'était pas suffisamment évident.
Le loup grogna, sans surprise aucune, avant de s'approcher lentement. Ses sourcils étaient froncés et ses yeux habituellement verts, tiraient désormais sur le rouge, si légèrement que Stiles ne put en être totalement sûr. Et soudainement, Derek Hale se mit à le renifler.
Ce fut immédiat, l'humain le repoussa d'un coup dans l'estomac, bien qu'il douta avoir réellement blessé ou même effleuré le Hale, et lui servit son regard le plus exaspéré. Le loup recula non sans foudroyer son cadet du regard.
— Quoi ? Gronda-t-il de son timbre grave.
Stiles frissonna sans aucune raison apparente.
— Quoi ? Quoi ?! Il ose demander, non mais je rêve. Les gens ne se reniflent pas entre eux, sourwolf. Si tu crois que je vais te renifler l'anus, tu te mets le doigt dans l'œil.
Voilà pourquoi Derek limitait les contacts avec les humains en général. Ils étaient fous et incapable de compréhension. Là où le Loup se servait de son odorat pour se repérer, l'humain le négligeait. L'Homme était stupide. Aussi décida-t-il de faire comme si l'hyperactif ne venait pas d'ouvrir sa grande bouche une fois encore. Ce qu'il voulait savoir, était surtout le pourquoi du comment l'odeur du lycéen avait changé. Pas si ce dernier allait lui renifler quoi déjà ? L'anus ? Il n'était pas un vulgaire sac à puce, bon sang.
— Tu sens plus pareil, marmonna le Hale sans aucune délicatesse. Pourquoi tu sens plus pareil ?
Et il se mit à fouiller un peu partout dans la chambre de l'adolescent, fronçant les sourcils à la vu d'un déodorant, qui d'après lui, camouflait les odeurs de façon bien peu naturelle, et une eau de cologne, celle qu'il sentait en général par dessus l'odeur de la peau du garçon.
— Euh. Derek ? Tu as fumé quelque chose avant de venir ? Parce que tu fous les boules.
— Qu'as tu fais, Stiles..., rétorqua Derek avec une pointe de souffrance dans la voix.
L'humain en fut surpris. Au moins autant que lorsque le Loup se rapprocha, jusqu'à ce que leurs deux torses se touchent. Sainte Marie Mère de Dieu, que ce type est barge.
— Toute la forêt porte ton odeur, Stilinski. Tu portes l'odeur de la forêt, de la maison. Alors je me répète, qu'est-ce que tu as foutu, bordel ! »
Il pouvait presque voir les crocs du loup d'où il était, sentir le souffle chaud de l'adulte sur son nez, son parfum sauvage – l'odeur de la terre après la pluie et ce quelque chose de bestial. Stiles émit un bruit de gorge effaré. Il va me bouffer', se dit-il. Il me fixe comme s'il allait me bouffer. Et probablement à raison d'ailleurs. Les pupilles du Hale étaient si dilatées qu'elles en paraissaient noires. Dans sa tête, le Loup hurla: maison ! Maison ! Maison ! 'Et Derek dut se retenir de plaquer l'humain contre un mur pour le maculer de sa propre odeur, l'odeur de sa meute. Alors il grogna, repoussa un peu violemment l'adolescent qui chuta au sol sans douceur aucune et fila, sans même avoir attendu la réponse de l'humain. Celui-là même, qui ne sembla pas le moins du monde souffrir de sa chute violente. Sous ses fesses, un large tapis de mousse s'était étendu, amortissant sa chute. Du... lichen ? Stiles, fixa la verdure sur le sol de sa chambre, la bouche grande ouverte.
Bordel. Comment allait-il expliquer ça à son père ?
Lorsqu'il se réveilla le lendemain – pas vraiment à l'heure si vous vouliez tout savoir – Stiles se demanda vivement s'il n'avait pas rêvé de toute cette histoire avec Gaïa. Ses muscles ne le faisaient plus souffrir le martyr, le tapis de lichen avait disparu de sa chambre et il se sentait bien. Mettant donc son étrange rêve de côté – il fallait vraiment qu'il arrête de mater des séries aussi tard – il passa en quatrième vitesse sous la douche, attrapa promptement de quoi se vêtir, enfila rapidement son hoodie rouge – son préféré par ailleurs – et passa par la case cuisine histoire d'avaler un truc solide avant de sortir de la maison dans laquelle il dut entrer à nouveau en se rendant compte qu'il avait oublié, et son sac de cours et ses clés de voiture. Une fois dans cette dernière, il se permit de souffler longuement. Il avait beau pleuvoir des cordes allez savoir pourquoi il était d'une fichtre bonne humeur.
Attends que je te raconte mon rêve mon pote, tu vas halluciner ! Songea-t-il avec un amusement certain. Il démarra et se mit en route vers son lycée, chantonnant l'air entraînant de Chelsea Dagger, du groupe The Frattelis. Il devait probablement avoir l'air d'un fou, fenêtres toutes ouvertes à chanter à tue-tête dans sa voiture, mais Stiles étant qui il était, il n'en avait rien à carrer. Il ignora ainsi aisément les regards étranges qu'on lui adressa, tandis qu'il éteignait son moteur, une fois garé sur le parking du lycée. Son sac de cours passé sur son épaule, il claqua sa portière, verrouilla l'habitacle et fila tranquillement vers l'intérieur du bâtiment, indifférent à la pluie. Rien n'aurait pu entacher sa bonne humeur.
Rien, à par Scott qui débarqua avec un sourire, qu'il perdit pour une moue curieuse.
« — Hé Stiles, on ne t'attendais plus, fit le mexicain en pressant son épaule d'une main.
Plus loin, Isaac et sa bande de chien lui adressèrent des regards étranges, curieux. Scott toussa, bon simulateur.
— Euh... Mon pote. Tu t'es roulé dans la boue avant de venir ?
Stiles haussa ses sourcils, l'air de demander clairement s'il ne se foutait pas de sa gueule. Le lycéen eut l'air un peu gêné.
— Tu sens plus pareil. Je veux dire. Tu sens les bois et euh... comme la maison, avait-il ajouté sur le ton de la confidence. »
La tronche effarée de l'hyperactif, fit éclater de rire une petite voix dans sa tête. Hilarant, murmurait-elle. Les humains sont hilarants.
