Remerciements: à Loclo4 qui subit (encore et toujours, la pauvre) mon orthographe et mes tournures de phrases (très) bancales, merci pour tes corrections, du fond du cœur + sans oublier ceux qui ont commenté, ajoutés cette histoire dans leurs favoris et/ou alerte. Paix & amour sur vous. :)


II : EURYDICE


Concrètement, Stiles avait encore du mal à croire qu'il avait pu s'en sortir d'une manière aussi simple. Ça avait, entre autre, était aussi facile que de voler une sucette à un bébé. Ou peut-être que son meilleur ami était juste incroyablement crédule ? Oui. Bon. Peut-être que Scott était une foutue bonne cible pour tout mythomane adepte des histoires un peu tordues. Mais hé ! Stiles n'allait pas se plaindre – surtout qu'il avait tout de même réussi à faire gober au mexicain qu'il était en train de tester une nouvelle crème pour la peau à base de boue et d'herbes, censé calmer son hyperactivité. Scott avait haussé les sourcils, tapoté son épaule avec un sourire engageant et lui avait fait savoir que c'était cool même si depuis le temps tout le monde avait fini par s'y faire. Pour ce qui était du reste de la meute et bien... Il fallait croire que les bizarreries de Stiles étaient si fréquentes qu'ils avaient décidé de ne plus s'étonner de rien et de faire comme si tout était normal. Pour le coup, le Stilinski s'en était presque sentit vexé. Il s'étonnait toujours un peu plus de voir comme son génie avait tendance à ne pas être reconnu. Puis il s'était mentalement giflé, se rappelant alors que de toute façon, ce fameux masque de boue était inexistant et que donc, tout son monologue sur le fait d'être incompris, avait été inutile.

Un début de journée normal pour Stiles Stilinski, en outre.

La suite avait été vachement moins normale et habituelle. Du moins, si le fait de fréquenter des loups-garous/banshee pouvait être considéré comme normal. Est-ce qu'il avait déjà précisé qu'il était un être humain ? Non ? Oui ? Parce qu'il avait beau se passer la journée comme un vieux film en VHS, il n'arrivait toujours pas à comprendre diable comment en avait-il put en venir à parler astronomie avec un ficus. Un putain de ficus. Celui-là même qui avait dû moisir au fond de la salle d'économie, oublié par le Coach depuis probablement le tout début.


Stiles posa ses fesses sur sa chaise, le plus loin possible du bureau de son hérétique de professeur d'économie et accessoirement son coach de Lacrosse – même si tortionnaire s'avérait plus juste – désireux de se faire oublier le temps d'un cours. Il était encore en train de repenser à son non-rêve – celui-là même où il avait décidé de se prendre pour un Winchester et invoquer Lucifer (Gaïa) histoire de botter le cul à une meute de loups – lorsque la sonnerie annonçant le début des cours avait retenti. Alors Bobby Finstock avait débarqué en grandes pompes comme toujours, son visage marqué par le dégoût que ses étudiants lui inspiraient – même si tous savaient que dans le fond, le Coach les appréciait bien qu'il prétendait le contraire – et cette arrogance qui lui sied tant.

« — Okay les mômes, avait-il ensuite balancé, dès qu'il eut fini avec son : Fermez-là bande d'abrutis.

Il porta sa tasse de café à sa propre effigie à ses lèvres tout en laissant traîner son regard sur sa classe, à la probable recherche d'un élève à tyranniser dès le début du cours. Un sourire victorieux orna tranquillement ses lèvres lorsqu'il remarqua que Scott – sa tête de turque fa-vo-ri-te après Stilinski – ne cessait justement de jeter des regards vers son meilleur ami, qui avait l'air de les éviter depuis ce matin. Bobby ne fit même pas mine de retenir son ricanement moqueur.

— Un soucis McCall ? Ton couple avec Rasowsky bat d'l'aile ? Allez, remerciez tous McCall et sortez une copie. Ça vous apprendra à vous faire les yeux doux dans ma classe, bande d'incapables.

Il y eut des grognements, des yeux levés au plafond et une Lydia souriant légèrement avec une lueur moqueuse dans le vert de ses yeux. Vous ne savez vraiment pas vivre l'un sans l'autre hein, semblaient-ils dire. Scott en aurait crié à l'injustice s'il n'avait pas été certain de prendre double ration de la part de Finstock. À la place, il grommela dans sa barbe inexistante et sortit de quoi rendre un devoir, délaissant Stiles et sa tronche outrée dans le fond de la classe.

Celui-là même qui pour une fois, n'avait rien fait. Je hais ce type, se dit-il en farfouillant dans son sac avec énergie. Non mais il pourrait pas nous lâcher la grappe des fois ? À croire qu'il n'a vraiment rien d'autre à foutre, non mais je rêve. Hérétique de prof' va. Et il continua de marmonner intérieurement durant les vingt-sept premières minutes de l'évaluation, autant contre le Coach que son sujet d'économie à la con. Mais qu'est-ce que c'est que ces questions... Bordel, mais on a jamais vu ça en cours ! Stiles, au summum de l'outrance, roula des yeux lorsqu'il relu une fois encore la première question sur laquelle il bossait plus ou moins depuis le début

1. Dans une note structurée et argumentée, exposez les restrictions à l'usage des TIC imposées à l'employeur en matière de recrutement et en matière de contrôle et de surveillance des salariés.

Son dos s'échoua mollement contre son dossier, sa tête alors basculée en arrière vers la plante verte qui avait l'air de faire décoration depuis la nuit des temps.

— T'es une petite chanceuse, toi. T'es là, posée tranquillement et tu fous rien de tes journées. La grande classe.

Il souffla doucement, s'apprêtant à se reconcentrer sur son évaluation, lorsque les feuilles du ficus bougèrent soudainement. Il crut un instant avoir totalement halluciné, lorsqu'un visage sembla se dessiner dans le tronc. Stiles mon pote. Faut que tu consultes sérieusement, songea-t-il en retenant un rire nerveux. Mais alors la plante lui répondit, sur le ton de la réprimande.

Oui c'est ça ! Insultes les plantes vertes puisqu'elles ne sont pas capable de sentiments ! Elles ne sont que décoration après tout, nan ? Ouaaais, laissons les crever au fond d'une classe poussiéreuse avec une bande d'Hommes attardés et irrespectueux ! Espèce de Connard Prétentieux ! Sac-à-Merde ! Imbécile !.. Se tortilla-t-elle en agitant doucement ses feuilles, comme si un courant d'air s'était soudainement infiltré dans la pièce et s'était mit à valser entre ses membres feuillus...

Inutile de dire que Stiles en resta bouche bée. Et s'il crut que ça s'arrêterait là, mal lui en prit, puisque le ficus reparti dans un genre de discours haineux envers les humains et pro-Gaïa. Le nom à peine prononcé par le végétal, le fit frissonner et sa peau sembla comme parcouru d'un courant électrique. Le ficus cessa aussitôt de parler, dardant sur l'humain ce que Stiles s'imagina être un regard choqué. La plante secoua ses feuilles comme prise de tremblements.

Oh, fit-elle. Je n'avais pas conscience que Gaïa... Enfin. Oh. Par Ma Mère. Un homme avec la magie de...

Elle sembla souffler par un petit trou, là, dans l'écorce, marmonnant entre son feuillage.

Ce n'est vraiment plus c'que c'était...

Stiles cilla.

— Euh... Tu parles, avait-il dit en jetant un coup d'œil autour de lui, certain que ses camarades avaient entendu.

Or tous semblaient plongés dans l'évaluation donnée par Finstock et parfois, quelques jurons à demi-ton, furent entendu. Malgré lui, un sourire ironique étira la commissure de ses lèvres. Il n'était visiblement pas le seul à galérer sur le sujet. De quoi lui faire plutôt plaisir, si vous vouliez l'avis du peuple. Il n'eut hélas pas le temps de s'en satisfaire plus que cela, puisque Ficus sembla lui balancer un coup de branche sur le sommet du crâne. Il retint un cri surpris, foudroyant la plante en pot de son regard chocolat.

— Oh, sérieusement ? Chuchota-t-il.

Stupide humain, répondit la plante. Stupide humain qui ne sait rien de rien.

Le fils du Shérif leva les yeux au plafond.

— Mais hé ! Pourquoi je peux parler à une plante ? Pourquoi maintenant et attends. Tu ne serais pas une hallucination ? À coup sûr c'est ce masque de boue, tiens !

Nouveau coup de branche et quelques cris poussés en sourdines plus tard, et Stiles se remettait à grommeler dans sa barbe inexistante.

C'est ce qui arrive quand on est porteur du Pouvoir de Gaïa, jeune idiot, lui glissa la plante. On devient les yeux et les oreilles de la nature et inversement..

Bon. Au moins il était définitivement fixé quant à cette histoire de rituel pseudo satanique. Quoique. Il tiqua aux mots du végétal.

— Attends. Qu'est-ce tu veux dire par là ? Les yeux et les oreilles de la nature ? Sérieusement ?

Ok. Ça devenait carrément louche cette histoire. Est-ce que George – il avait décidé de surnommer la plante ainsi – était en train d'insinuer qu'il allait devoir se taper tous les états d'âme de toutes les plantes ?

— Je suis sérieux, oui. Tu vas ressentir tout ce que l'on ressent et inversement. Nous sommes liés, bougre d'idiot. Ta vie est nôtre et la nôtre est tienne... Bien que je me demande encore pourquoi Mère a décidé de nous infliger une telle punition...

Et Stiles se dit qu'il était alors franchement dans la merde. Il avait voulu la force de vaincre Deucalion... Et il se retrouvait dans la peau de Tarzan. Un début de fou rire hystérique le prit en traître.

— C'est une blague j'espère ! Je vais pas... — mais quelqu'un l'interrompit.

Il papillonna et se retourna vers le prof d'économie, vers la salle entière qui le fixait désormais avec l'air d'hésiter entre rire de lui et l'envoyer dans un asile.

— Tu ne vas pas quoi, Stilinski ? Finir ta conversation avec ta copine la plante verte ? Est-ce qu'elle t'a au moins donné les réponses de l'évaluation ? Oh ? Non ? Je me demande pourquoi.

L'humain sursauta légèrement, les sourcils alors froncés et une moue désappointée à même le visage, tandis que la classe éclatait de rire. Ah. Tiens, voilà qu'il passait encore pour l'imbécile de service. Il leva les yeux au ciel.

— En fait c'est un ficus m'sieur, eut-il l'air de fanfaronner.

George secoua ses feuilles l'air de lui intimer de se taire. Chose pas vraiment utile puisque Stiles étant qui il était, avait plus que tendance à l'ouvrir quand il ne le fallait pas.

— Mais j'dis ça, j'dis rien, hein. »


Bref. Un cours inintéressant qui lui avait valu une charmante heure de colle... Et un nouveau pote un peu trop porté sur les insultes - si vous vouliez son avis, mais qui était-il pour juger les gens... Les plantes, après tout, hein ? Le fait était, qu'il allait encore avoir une conversation avec son paternel - celles du genre sérieuses, celles qui finissaient toujours en un: Fiston, la rêverie n'a pas sa place à l'école ! Ou encore: Stiles, es-tu sûr de respecter le dosage de tes médicaments ? Le tout saupoudré d'un regard suspicieux. Comme si l'idée de se droguer avec ses propres cachetons l'avait un jour effleuré tiens... Ou peut-être que si. Mais là n'était pas la question. Il doutait fortement que l'excuse Masque de boue à la Marijuana ne fonctionne avec le Shériff de la ville. Mais passons.

L'heure était à la pause repas et déjà Stiles abandonnait la meute, avec en tête, l'idée de tirer toute cette affaire au clair. Scott était de toute façon, probablement bien trop occupé à roucouler avec Allison pour s'apercevoir de son absence. Quant aux toutous de Derek, tyranniser le reste de la population lycéenne semblait être un job à plein temps. Ainsi donc, le Stilinski se retrouvait seul à patauger dans les flaques d'eau immenses qu'avait fini par créer l'averse démesurée qui s'était abattue sur la ville de Beacon Hills le matin même. Les mains dans les poches de son sweat-shirt, il s'était alors mit en route en direction de la forêt qui bordait le lycée, cette même forêt où il s'était passé tant de choses et qui entourait la ville comme un piège de verdure. Je suis partout, à quoi tu t'attendais ? Souffla une voix à l'arrière de sa tête. Stiles se prit à penser qu'il devenait fou – en plus d'avoir appris à travestir la voix de sa propre conscience – tandis qu'il s'enfonçait dans les bois. Lorsqu'il fut suffisamment loin, sans toutefois être perdu au milieu de nul part - il se mit à scruter les arbres, les fougères, les fleurs et même l'herbe comme s'il ne les avait jamais vu, comme s'il allait suffire que d'un regard pour que tout se dévoile soudainement sous un nouveau jour, comme avec la plante. Mais rien ne se passa. Il resta debout, là, planté au beau milieu de la forêt, à attendre qu'un putain d'arbre ne prenne la parole.

Il déraillait clairement.

Et ça se prétend génie, ria la femme dans sa tête. Stiles grogna légèrement alors qu'il shootait dans un caillou, l'air un peu ailleurs. Ouais, bah si on m'avait fourni un manuel pour apprenti-dresseur-de-Gaïa ça aurait été plus simple tss, avait-il répliqué mentalement en réitérant son shoot. Le cailloux avait alors volé, rebondit sur un tronc d'arbre avant de lui revenir en plein visage aussi soudainement que cela. Autour de lui, la forêt s'agita et le vent siffla tellement à ses oreilles qu'il fût persuadé que la nature était en train de rire de lui. Modères-toi, homme, entendit-il partout et nul-part à la fois. Il roula les yeux dans ses orbites probablement plus blasé que jamais.

« —Et bien, si sa majesté pouvait daigner descendre et me filer un ou deux tuyaux ça serait vachement cool. Genre. Vraiment, fit Stiles de vive voix en fixant un arbuste de manière suspicieuse, intérieurement persuadé qu'il était, de l'avoir vu bouger.

Il eut un moment de flottement, alors que l'adolescent ajoutait avec mauvaise foi évidente.

— S'il vous plaît... J'ai vraiment l'impression de virer dingos... Là. Et je ne parle pas du chien Disney, okay ? Aucun rapport.

Derrière lui, un bruissement de feuille le fit faire volte-face, ses iris noisettes alors posées sur le tronc large du vieux chêne. La voix fut légèrement plus distincte et cristalline cette fois et, sans trop savoir pourquoi, Stiles fut persuadé qu'il s'agissait de quelqu'un d'autre.

Avant de vouloir te servir de la Magie de Gaïa, tu dois pouvoir voir la magie de Gaïa, lui avait-elle fait savoir. Inutile de préciser que cela ne l'avait pas plus avancé que cela. Il avait froncé ses sourcils, regardé un peu partout, avant de grogner sa frustration:

—Je ne peux pas vraiment ouvrir plus les yeux qu'ils ne le sont déjà, hein.

Et, les yeux pourtant grands ouverts, il avait balayé son espace du regard, sans trouver quoique ce soit de magique. Alors la voix avait semblé soupirer, moitié-ennuyée, moitié-exaspérée et pour sûr que si elle avait été présente devant lui, Stiles en aurait mit sa main à couper qu'elle avait roulé les yeux. Le veux-tu seulement ? Ça avait été au tour du lycéen que de lever les yeux au ciel.

— Bah, de toute évidence, je ne suis pas là pour cueillir des champignons.

Quoique ça lui aurait alors donné une excuse quant à son comportement étrange de la mâtiné auprès de ses professeurs...

Ta tête désire ce par quoi ton cœur est effrayé, garçon, dit-elle encore. Stiles répliqua aussitôt, abrupt:

— Ça n'a pas de sens. Mon cœur et ma tête m'appartiennent. Et je veux comprendre, je veux savoir.

Alors dans ce cas, il te suffit de voir.

— Mais je ne vois rien, bon sang ! Commença-t-il à s'agacer.

Son faciès, qui avait prit une teinte légèrement rouge sous l'agacement, semblait désormais écarlate sous la colère. Avant qu'il ne puisse ajouter quoi que ce soit, la voix cristalline reprit - comme équipé d'une patience à toute épreuve.

Tu regardes, mais tu ne vois pas, garçon. Ne regardes pas avec tes yeux. Vois avec ton cœur. Vois avec ton âme. Vois avec tes sens. Vois avec le souffle du vent. Vois avec le bruissement des feuilles. Vois avec le piaillement des oiseaux...

Le Stilinski avait décroché - en partie du moins - de ce que la voix lui disait. Elle n'avait pas cessé de parler, allongeant sa liste toujours un peu plus, mais désormais tout n'était qu'un vague fond sonore dans la tête de l'hyperactif qui ne cessait de se dire que rien de tout cela n'avait de sens. Il était clairement sous l'emprise de la drogue ou quoi que ce fusse d'autre. Probablement même que son père allait débarquer avec une équipe armée, pour le ramener de force à Eichen House - l'endroit où il s'était inventé toutes ces aventures surnaturelles. Il était sérieusement en train de péter les plombs - entre parler aux arbres et entendre des voix, franchement, on ne pouvait décemment faire pire. Et pourtant, il ne put s'empêcher de faire exactement ce qu'on lui avait dit de faire.

Les paupières closes, il laissa son esprit divaguer comme il savait si bien le faire. Il parvenait à entendre sans aucune difficulté le souffle du vent puissant et les gouttes de pluie martelant le sol en une symphonie ininterrompue - les craquements sinistres des branches et des troncs imposants, sans parler des bruissements divers et variés, venant autant des buissons à ras du sol, que des feuilles là, égarés dans les cieux. N'importe qui aurait put sentir tout cela, se dit-il en serrant les poings. La caresse du vent sur son visage eut pourtant vite fait de le détendre et il souffla pour s'extirper de sa nervosité et de sa peur. Alors soudainement, le vent devint chant et la terre grondements et il crut un instant durant, entendre un oiseau siffler l'air impressionné sur un: Good job, encourageant. Il ouvrit alors les yeux et manqua de flancher lorsqu'il l'a vit. Elle, la propriétaire de cette voix calme et patiente. Sa tignasse verte parsemée de fleurs qui coulait en une masse dense le long de son corps dénudé et peint de cette même teinte. Une couronne de feuille de chêne serrait son front, affinant son visage et, ses yeux d'ambres semblaient briller de mille feux. Sur ses lèvres pâles, un sourire doux lui était adressé. Il vit ses seins nus et son ventre plat à demi couvert par un voile opaque - comme fait d'eau et cachant sa probable nudité - Stiles n'avait vraiment pas voulu savoir - et il vit la partie inférieur de son corps, comme fondu dans un très vieux chêne. Un mot s'imposa d'office dans son esprit.

Nymphe.

Une nymphe qui lui étira un magnifique sourire - juste de quoi faire battre son cœur à tout rompre - l'air particulièrement amusée. Les doigts fins qu'elle avait posé contre la joue de l'humain - qui avait alors été persuadé qu'il s'agissait de la caresse du vent - tombèrent le long de son corps et l'instant d'après elle se tenait bien droite devant l'adolescent, alors séparé de son chêne. Stiles était toujours bouche-bée, mâchoire pendante, et mit un certain temps avant de se reprendre.

— M-Ma-Mais ! Bredouilla-t-il l'air totalement perdu et hystérique.

La demoiselle faite de plante n'était vraisemblablement pas la seule à être apparu sous son regard effaré. Partout, voilà qu'il pouvait désormais apercevoir des visage féminins dans le tronc des arbres, se fondant et s'extirpant de ces derniers avec la curiosité d'enfants en bas âges, l'air d'hésiter entre être ravie d'avoir un nouveau copain à jouer, ou se méfier de ce dernier. La forêt était remplie de nymphes. De nymphes et de multiples autres esprits qui peu à peu, sortirent de leurs cachettes pour se mettre à danser autour de lui. De minuscules silhouettes faites d'air s'étaient mises à déposer une multitudes de fleurs en tout genre à même sa tignasse et bientôt, il ne put bouger la tête sans que l'une d'entre elles ne vienne s'échouer sur ses épaules, faisant alors rires aux éclats, les petites silhouette mutines.

Au loin, il aperçut même un renard, son regard malin planté dans le sien et qui semblait si... Significatif. Nouveau ? Toi venir jouer, semblait-il demander. L'adolescent en était sur le cul. Il pivota vers celle qui semblait être la Chef, à défaut d'autre mot, sa bouche ne parvenant pas à se décider entre demeurer close, ou rester ouverte. Il bafouilla finalement.

— C-Comment ? Pourquoi... Je-Tu... Bordel de merde. »

La Nymphe éclata d'un rire cristallin et l'hyperactif rougit aussitôt. Allons donc. Voilà qu'il se mettait à jurer, c'était carrément moyen devant... Devant qui au juste ?

Je suis Eurydice, fit la nymphe.. La dryade plus exactement, sans même ouvrir la bouche. Bienvenue chez toi Porteur de la Magie de Gaïa.