Note de l'auteur : Ce recueil accueillera également ma réponse au défi de noël d'Arthygold et Sea-Rune. De ce fait, le sommaire a changé.
Réponse au défi de noël « L'imposteur malgré lui » : écrire sur un personnage qui n'apparait que dans la/les séries animés
Personnage : Hilda de Polaris, Hilda x Siegfried léger
Univers : Post-Hadès résurrection
Genre : Tranche-de-vie, un peu romance
Note de l'auteur : Certains personnages de Soul of gold sont cités dans cette histoire.
Je souhaite depuis si longtemps écrire sur Hilda et Siegfried.
Je m'excuse en avance s'il reste des fautes. Je n'ai fait que deux relectures. Si certaines sont trop flagrantes, n'hésitez pas à me le signaler.
Bonne lecture
Nouvelle Reine
– Hilda de Polaris, de part cette couronne, je te nomme souveraine des terres d'Asgard. Sois-en digne comme l'était ton père avant toi.
Le révérend de la cathédrale coiffa la jeune femme d'un vieux diadème n'ayant rien perdu de sa beauté et de sa valeur après bien des décennies. Son père et son grand-père l'avaient porté avant elle.
Dans la foule derrière elle, parmi ceux qui assistaient à son couronnement, Hilda crut distinguer des chuchotements, tantôt admirateur de voir enfin une femme monter sur le trône, tantôt méprisant, jugeant la nouvelle souveraine inapte à diriger Asgard. Les Megrez évidemment, pour ne citer qu'eux. Ces arrogants nobles convoitaient le pouvoir depuis bien longtemps. Ils avaient espéré qu'à la mort de son père, ils pourraient reprendre les rênes du pays étant donné qu'Hilda n'avait pas atteint l'âge légal pour gouverner. Malheureusement pour eux, Sören de Polaris avait tout prévu. Et à présent qu'elle avait enfin dix-huit ans, Hilda devenait la dirigeante légitime d'Asgard, quoiqu'en dise les autres.
La jeune femme n'avait pas peur. Depuis le retour des guerriers divins, elle était bien entourée. Surtout avec Siegfried qui ne la lâchait pas d'une semelle, qui ne la quittait même des yeux. Son protecteur ne cessait de l'observer de ses yeux foisonnant d'amour et de dévotion envers elle. Dire qu'elle n'avait jamais réalisé ses sentiments lors de sa première vie, alors que c'était tellement évident, tout comme l'amour que portait Hagen à sa sœur.
Sa sœur était là aussi, si fière de son ainée. Freyja tamponnait ses yeux humides avec un mouchoir, son autre main dans celle d'Hagen. Hilda avait envie de lever les yeux au ciel. Sa cadette ne savait pas se tenir même pendant des cérémonies officielles.
Freyja avait toujours été un oiseau bien plus libre qu'elle, rien d'étonnant puisque l'avenir du royaume ne reposait pas sur ses épaules. Depuis la résurrection de ses guerriers, elle affichait clairement ses sentiments pour Hagen de Merak, et Hilda savait aussi qu'elle n'était pas toujours très sage. Profiter des joies de la chair avant sa majorité, Freyja n'était vraiment pas raisonnable, surtout une personne appartenant à la royauté, mais son bonheur faisait tellement plaisir à voir. Comment la blâmer ? Elle qui s'était montrée si lucide pendant la guerre contre le Sanctuaire. Elle qui avait longuement veillé sur sa grande soeur suite à ces conflits absurdes. Freyja avait fait preuve d'une grande force mentale, la soutenant du mieux qu'elle pouvait alors qu'elle avait aussi perdu des personnes chères, notamment Hagen.
Hilda culpabilisait tellement d'avoir cédé au mal, d'avoir fait tuer ceux qui avaient juré de la protéger, dont Siegfried qui se mourrait d'amour pour elle. Elle avait pleuré et pleuré son plus valeureux guerrier, jusqu'à que les Dieux lui accordent le droit de l'avoir de nouveau à ses côtés. Qu'elle vive un ou cent ans, Hilda prierait chaque jour pour remercier le ciel de leur accorder cette nouvelle chance.
La nouvelle reine s'avança vers l'assemblée, composée essentiellement de nobles mais également des gens du peuple. Comme une tradition, la souveraine se devait d'exécuter une action forte pour débuter son règne. Elle avait déjà choisi ce qu'elle comptait faire.
– Alberich, donne-moi les textes, demanda Hilda en tendant un bras vers le guerrier divin de Delta.
– Les voici, ma Reine.
– Cette politesse exagérée ne te correspond pas, Alberich.
– Je clame toujours que vous n'avez les épaules suffisamment solides pour diriger ce royaume, mais je ne suis pas stupide au point de vous manquer de respect dans une cours remplie de vos admirateurs, sans compter votre chaperon qui me tuerait avec ses yeux s'il en avait le pouvoir.
Effectivement, Siegfried fusillait littéralement Alberich du regard, suspicieux envers l'érudit à qui on donnait bien trop de liberté, et cela uniquement parce qu'il était l'héritier d'une famille renommée qui avait largement payé sa caution pour qu'il reste en liberté. Etrangement, depuis deux ans, Alberich n'avait rien fait de répréhensible. Il obéissait même à Hilda qui l'avait assigné au département des archives. Il faisait profil bas, espérant ainsi hériter d'une place au conseil afin d'y faire entendre sa voix.
– Tes suspicions sont exactes, persiffla Siegfried. Bon observateur, Megrez.
– Et mauvais penseur, Dubhe. Si tu apprenais à me connaître, tu saurais que je n'ai pas l'intention d'attenter quoi que ce soit à notre nouvelle reine.
– Ça suffit Alberich. Donne-moi les textes et retourne à ta place, ordonna calmement mais autoritairement Hilda.
– A vos ordres, Majesté.
Ses révérences étaient clairement exagérées, et Hilda dut calmer les ardeurs de Siegfried en déposant une main apaisante sur sa poitrine. Qu'il laisse tomber, ça n'en valait pas la peine. Alberich ne savait vivre autrement que par la provocation. Se sachant moins fort physiquement, il se sentait dans l'obligation de montrer sa supériorité intellectuelle grâce à ses réparties et ses ruses. Nombre de ses remarques étaient préjudiciables sans non plus être condamnables. Ce vil renard savait s'en tirer avec de simples rappels à l'ordre. Malgré son insubordination, on ne pouvait lui reprocher sa loyauté envers Asgard, à défaut d'être toujours en accord avec sa souveraine. Et il savait se montrer efficace et même très utile dans ses fonctions actuelles. La preuve, il avait réussi à mettre la main sur ces textes anciens, ancestraux, soigneusement cachés au fin fond des archives. Hilda s'en saisit et s'approcha au niveau de son assemblée.
– Asgardiens, les plus âgés d'entre vous se souviendront surement des actions de mon père lorsqu'il s'est retrouvé à la même place que moi. Sören de Polaris a permis l'ouverture d'un dispensaire où des soins et des consultations médicales peuvent être apportés à toute la population, même ceux ayant des bas revenus. La haute classe sociale n'avait pas tellement apprécié d'être taxé pour financer ce projet et permettre aux soignants sur place de toucher une compensation financière bien maigre pour leur générosité. Les révoltes ont été un certain temps un problème, mais chacun a fini par comprendre cette démarche, et de nombreuses personnes ont pu se soigner. Avant lui, mon grand-père a rendu l'accès à l'enseignement obligatoire et gratuit pour tous les enfants, avec un autre principe de solidarité pour que chaque écolier puisse avoir les fournitures nécessaires pour étudier.
Dans l'assemblée, les voix s'élevèrent, la plupart satisfaits des mesures fortes prises par les précédents rois du royaume. Le peuple en avait été particulièrement ravi, bien moins les nobles, à juste titre cependant. Hilda se souciait des gens dans le besoin, mais elle tenait également à faire une action envers ces gens de la haute société sans qui ces projets n'auraient pas été possibles.
– Aujourd'hui, je reprends le flambeau de ces deux inoubliables monarques et j'espère me montrer digne d'eux. Ma première action forte en tant que reine sera d'abolir définitivement une loi ancestrale du royaume d'Asgard qui a fait souffrir bien trop de familles nobles. Pas de négociation possible, ce papier datant d'il y a bien quatre ou cinq siècles sera brûlé ici devant vos yeux. Il s'agit de la loi sur les jumeaux, exigeant qu'on sacrifie injustement un nourrisson, voué à la mort ou, si par miracle il survit, destiné à grandir loin de son double. Je refuse qu'il y ait des morts inutiles, et encore plus de bébés venant de naître, incapables de se défendre, tout comme de je renie l'idée de séparer une fratrie, qui plus est une fratrie de jumeaux. Cette loi est d'une immondice. Elle n'a pas sa place dans mon royaume, déclara haut et fort Hilda en passant le vieux parchemin sur la flamme d'une bougie, le détruisant complètement sous l'œil choqué de nombre de nobles attachés aux anciennes traditions.
Hilda restait sourde aux messes basses. Elle avait pris cette décision depuis bien longtemps, avant même de rencontrer une paire de jumeaux victimes de cette loi absurde. Son sourire s'élargit en levant les yeux sur ses deux guerriers divins, Syd de Myzard et Bud d'Alcor, leurs yeux chargés d'émotions, fixés sur la flamme libératrice qui venait de brûler le parchemin. Leurs mains s'étaient liées pendant cet instant historique.
Le mal était fait pour eux. Ils faisaient leur possible pour le réparer. Ce geste de leur nouvelle reine était très symbolique pour eux.
– Bien évidemment, l'abolissement de cette loi changera la législation sur les héritages, mais j'ai à cœur de discuter au plus vite de ces ajustements auprès de mes conseillers.
Des applaudissements retentirent, même de la part du peuple pourtant non concerné par cette loi. L'empathie régnait sur ces terres. Eux-aussi se révoltaient sur cette idée de choisir un enfant. N'y avait-il pas pire déchirement pour un parent ?
Hilda intima le silence d'un geste de la main. Immédiatement, l'assemblée se tut. Le peuple aimait leur nouvelle souveraine. Hilda co-dirigeait déjà Asgard avant son couronnement, aux côtés de ses précepteurs et ses conseillers. Beaucoup d'entre eux connaissaient déjà la bonté de cette personne qui se souciait de chaque habitant d'Asgard, et ce quelque soit la classe sociale.
– Ma seconde action forte concernera une meilleure liberté parmi l'ensemble de la population. J'entends par là la possibilité de choisir son promis ou sa promise, quelque soit son titre, ses revenus, son niveau de vie, et même sa nationalité. Les mariages arrangés ne devraient plus exister. Chacun devrait pouvoir choisir son conjoint. J'ai conscience que cela risque d'en choquer certains et que les nouveautés ont la vie dure, notamment chez les nobles. Je n'interdis rien, je ne prétends pas changer vos traditions. J'ouvre juste une porte vers plus de possibilités. A vous de l'exploiter comme bon vous semble. Je déclare juste que l'obligation de se marier avec une personne du même rang social est désormais abrogée.
Comme le précédent parchemin, celui-ci disparut sous la flamme d'une bougie.
– Et pour mettre en application directe cette loi sur les libertés, continua Hilda, je vous annonce mon mariage immédiat avec, non pas un noble, mais un guerrier. Siegfried de Dubhe, porteur de l'armure divine d'Alpha, l'amour de ma vie.
Les exclamations s'élevèrent parmi le peuple. Les visages se tournèrent vers le concerné qui s'était rapproché de sa reine, sa future épouse, un sourire ravi sur les lèvres. Siegfried était connu et respecté de la population. Beaucoup saluaient cette union sur le point d'être officialisée par le révérent qui s'était, semblait-il, préparé à cet événement.
Freyja essuya une nouvelle vague de larmes et se rapprocha davantage de son compagnon pas si secret, rêvant du jour où ils pourraient à leur tour officialiser leur amour.
A la surprise et au ravissement s'ajoutaient également des vagues d'indignation de certains nobles qui espéraient déjà marier leur fils à la reine du pays. Certains protestèrent, clamant que la disparition d'un papier n'était pas un gage suffisant pour changer des lois, qui plus est des lois ancestrales. Un homme se rapprocha même de sa souveraine pour proscrire cette union soudaine, exigeant qu'elle ne pouvait avoir lieu dans l'immédiat.
– Vous avez beau être reine, ne vous croyez pas tout permis, Majesté, s'opposa vigoureusement le chef de la famille Megrez, encore et toujours eux. L'abolition de ces deux lois doivent faire l'objet de discussions avec le conseil. Qu'est-ce que vous croyez ? Ce n'est pas si simple.
– Je sais parfaitement comment fonctionnent les lois de ce pays, répliqua Hilda sûre d'elle. Il s'agit là de mes actions fortes de début de règne, comme ceux de tous mes prédécesseurs. Ma décision de faire entrer en vigueur ces nouvelles lois sur le champ est complètement valide. Et de ce fait, j'ai le droit d'épouser qui je veux.
– Mais enfin, on parle tout de même de noces royales, Majesté ! Ces choses-là demandent de l'organisation. Vous n'allez quand même pas vous marier dans cette robe ?
– Nous avons tout ce qu'il faut ici. Un révérent et ma très chère Lyfia, nouvelle représentante d'Odin, qui nous donnera la bénédiction de notre Seigneur. Le guerrier divin d'Etat Mime de Benetnash entonnera l'air de la marche nuptiale, et nous avons également deux témoins. Sigmund, le frère de mon aimé, et puisque ma sœur n'a malheureusement pas l'âge pour être témoin, j'ai d'ores et déjà proposé à Alberich de Megrez d'endosser ce rôle. Votre propre fils, monsieur. Avez-vous quelque chose à redire là-dessus ?
– Quoi ? Alberich, est-ce vrai ? Ne me dis pas que tu soutiens cette mascarade. Toi, mon fils ! Mais enfin, tu es assez intelligent pour trouver ça complètement fou.
– Dès qu'il fait faire des choses folles, père, vous savez que je réponds toujours présent, répliqua l'archiviste d'un sourire goguenard, scotchant son ascendant et même le marié.
Siegfried était éberlué. Il n'arrivait pas à croire que sa bien-aimée ait pu prendre une telle décision.
– Es-tu sûre, Hilda ? N'oublie pas qu'Alberich a voulu attenter contre toi autrefois. Je sais combien tu es bonne et tolérante et c'est ce que j'aime le plus chez toi. Mais je pense à toi, à nous. Tu veux vraiment qu'Alberich soit notre témoin ?
– Siegfried, ce n'est qu'une signature, rien de plus. Si je souhaite t'épouser aujourd'hui sans attendre, c'est justement parce que je souhaite t'aimer librement le plus vite possible. Je t'aime Siegfried, je ne veux pas attendre un jour de plus.
– Je ne te connaissais pas ce côté impatient, ma chère.
– Tu risques d'être surpris par bien des choses, mon amour.
– Quoique je découvre, je suis sûre que je ne t'en aimerai que davantage.
Ils allaient s'embrasser, mais un raclement de gorge les interrompit.
– Bon les tourtereaux, on y va ? les pressa Alberich, stylo déjà en main. Mon paternel pète une durite. Il va nous sortir une hémorroïde à ce rythme. J'aimerai qu'on le ramène au bercail. Alors prononcez vos vœux et qu'on en finisse, j'ai des archives à trier.
– Toi, tu sais que je ne suis pas prêt de t'aimer, lui signala hostilement Siegfried.
– C'est réciproque, mon cher. Et si nous pouvions rester ainsi, j'en serai plus que ravi. L'idée de copiner avec toi me donne des boutons.
– Avec de tels propos, tu n'espères pas sortir immédiatement de tes archives, j'espère ?
– Bah, tu sais, répliqua le noble en haussant les épaules, être archiviste, ce n'est pas si mal en fait. Je peux lire bien des choses intéressantes.
Siegfried avait encore envie de répliquer, au fond plutôt vivifié par ces joutes verbales avec son meilleur ennemi.
Sa priorité actuelle se trouvait entre ses bras. Le guerrier divin, qui dépassait largement sa reine, s'agenouilla et embrassa amoureusement la main de sa promise. Il renouvela ses vœux de loyauté, lui jurant amour et protection jusqu'à son trépas.
Et devant l'assemblée réunie en ce jour historique, sous la bénédiction du Seigneur Odin, ils scellèrent leur union.
