Remerciements: à Loclo4 qui subit (encore et toujours, la pauvre) mon orthographe et mes tournures de phrases (très) bancales, merci pour tes corrections, du fond du cœur + sans oublier ceux qui ont commenté, ajoutés cette histoire dans leurs favoris et/ou alerte. Paix & amour sur vous. :)
III : IN THE SHADOW
Bienvenue chez toi, avait-elle dit.
Comme si la forêt était sa maison, comme s'il vivait d'ors et déjà là avec toutes ces créatures plus étranges les unes que les autres. Stiles aurait pu jurer avoir vu un petit quelque chose de malicieux dans les yeux fauve de la dryade – Eurydice, avait-elle dit – comme si encore une fois, elle savait quelque chose que lui ignorait. Et s'il y avait bien une chose qui agaçait l'hyperactif, c'était bien le fait de demeurer ignorant au dépend d'une tierce personne. Alors il était resté là, à la regarder droit dans les yeux avec l'air du type qui tentait de sonder son esprit.
Severus Snape aurait été fier de lui, s'il n'avait pas été un personnage de fiction, s'était dit Stiles avec une certaine ironie.
Eurydice avait esquissé un sourire amusé avant de lui tendre la main pour l'encourager à s'avancer un peu plus dans la clairière. Les petits êtres de vent avaient cessés de maculer sa tignasse sombre de fleurs, retournant alors vaquer à leurs occupations probablement – même s'il pouvait continuer d'apercevoir une ou deux têtes ici de là. Et autant dire qu'il n'avait même pas essayé de se débarrasser de sa pseudo couronne de fleurs. Vue comme il était actuellement épié, il ne doutait guère que les petits êtres reviendraient à la charge sitôt son physique habituel retrouvé. Stiles conserva donc sagement ses mains le long de son corps tandis qu'il finissait par s'avancer dans l'espace aéré de la forêt.
Tu n'as pas à être effrayé, résonna la voix de la dryade dans la tête de l'humain.
Ce dernier leva les yeux au ciel.
« — Je ne le suis pas, grogna-t-il.
Puis, quelque chose sembla faire tilte au tréfonds de son esprit et ses sourcils se froncèrent.
— Est-ce que vous pouvez arrêter ça ? Je veux dire. Me parler sans bouger les lèvres. J'ai déjà pas vraiment l'impression d'être sain d'esprit dernièrement, alors entendre des voix comme ça dans ma tête toute la journée c'est pas vraiment quelque chose que j'aime des masses et...
Eurydice éclata d'un rire cristallin – exactement le genre de rire que Stiles lui avait imaginé, sans défaut, incroyablement beau – coupant alors la parole du lycéen... qui ne sembla pas prendre ombrage de cela. À croire que le spectacle d'une Dryade riant aux éclats devait être suffisamment incroyable pour qu'il daigne oublier d'ouvrir sa grande bouche.
— Tu est vraiment un humain intéressant, commenta t-elle entre deux rires.
Juste de quoi faire apparaitre des rougeurs sur le visage de Stiles. Elle poursuivit pourtant, comme si elle n'avait rien remarqué:
— En temps normaux, les humains prennent peur, s'enfuient en courant, nous menacent ou tentent de s'approprier nos pouvoirs...
Le brun l'interrompit, troublé:
— Bah. C'est un peu ce qu'il s'est passé non ? Je veux dire. J'ai demandé à Gaïa de me prêter sa force. Ça m'a l'air vachement similaire hein.
— C'est là que tu te trompes, Mieczysław, confia-t-elle sur le ton d'un secret, arguments immédiatement écarté d'un revers de la main de la part dudit Mieczysław.
— Non mais ça va pas du tout. Stiles. Je m'appelle Stiles. Tu peux essayer si tu veux. C'est: Ssssstaaaaaïllllseuh. Sérieusement, personne ne m'a plus appelé comme ça depuis genre. Plus de dix ans ? C'est trop bizarre maintenant ! C'est comme si je t'appelais Ikhaterina. C'est super chiant. Et long et personne ne t'a probablement jamais appelé comme ça. Tu vois ? Comme pour moi. Sauf mes parents du coup, mais ils étaient pas trop fini je commence à me dire, enfin bref. J'avais un point à tout ça.. Euh.. Ouais. Stiles. C'est mon nom. Enfin mon prénom parce que du coup mon nom de famille c'est Stilinski. Je ne m'appelle pas Stiles Stiles ou Stilinski Stilinski. Ou même Stilinski Stiles ou Bilinski – vraiment. Juste Stiles. Stiles Stilinski. Comme Bond. James Bond. Mais avec le 'James Bond' en moins parce que je suis pas James Bond mais Stiles Stilinski.
L'hyperactif prit une grande inspiration, les joues rouges d'avoir trop parlé et presque crevé d'asphyxie. Alors il y eut un moment de flottement. Un long. Une fée passa, accompagné d'une biche et d'un des multiples êtres de vent – puis de feu, à la manière de lucioles dans la nuit – et Eurydice gardait son regard fauve fixé sur la visage de l'humain, l'air d'hésiter entre rire et pleurer.
— Je vois, se contenta t-elle de dire seulement.
Son sourire étirait toujours sa bouche et ses yeux n'avaient cessé de briller de cette lueur pleine de malice, si bien que Stiles finit par hausser les épaules, le regard détourné. Bon sang. Il était venu avec une idée bien précise en tête et maintenant quoi... ? Elle avait réussi à l'égarer rien qu'avec trois mots. Il secoua la tête, ses doigts glissés dans sa tignasse qui commençait à devenir vraiment longue, sur son passage tombèrent des fleurs.
— Chez moi ? Demanda-t-il finalement en faisant référence aux propres mots de la Dryade, plus tôt.
Celle-ci opina du chef.
— Ton actuel statut fait du royaume de la Terre, ta maison jusqu'à ce que Notre Mère en décide autrement, lui dit-elle doucement, comme si elle s'adressait à une biche qu'elle aurait eue peur de brusquer.
L'adolescent n'en fronça que plus les sourcils.
— Loin de moi l'idée de paraître grossier, mais j'ai déjà une maison... Vous savez ?
— Tu te rendra bien vite compte que les deux n'ont rien à voir, Mieczyslaw...
Il leva les yeux au ciel.
— En quoi ?
— C'est à toi de le découvrir, j'en ai peur.
Sans s'en rendre compte, ils s'étaient mis à marcher au travers de la forêt. La clairière était désormais derrière eux sans toutefois être hors d'atteinte. Alors le silence s'était installé. Pas vraiment inconfortable, mais pas serein non plus. Stiles avait énormément de questions, il voulait tout savoir, de la moindre créature au pourquoi du comment tout ça avait présentement lieu. Pourquoi la magie, pourquoi les Dryades, pourquoi les plantes qui parlent, le tapis de lichen, l'odeur de la maison, pourquoi les fées, pourquoi les êtres de la nature, pourquoi tout ça ?
— Je ne sais pas ce que je suis censé faire, maintenant, avoua le garçon soudainement.
Il s'en rendait compte petit à petit. C'était bien beau que d'avoir mandé le support des Dieux. Mais maintenant ? Qu'était-il supposé faire ? C'était la même rengaine, encore et encore. Devait-il attendre la lune prochaine ? Continuer de jouer les lycéens normaux ? Comme si rien n'était jamais arrivé ? Ou préparer son affrontement avec la meute d'Alpha ? Une douce sensation, comme si quelqu'un s'était mit à couler du lait ou du coton sur sa peau, le fit relever la tête. Eurydice se tenait devant lui, souriant toujours autant et, dans le creux de ses mains, son propre visage.
— Il y a une telle pureté en toi, souffla-t-elle comme une brise. Ton désir de protéger tes pairs est fort. Plus fort que je n'en ai jamais vu chez aucun humain. Sans arrières pensées, sans but final. Tu ne cherches pas à faire le bien pour la gloire, pas pour les lauriers. Tu agis par amour, par compassion, par chagrin, par peine. Tu te sacrifie sans même te poser de question, pour que les autres puissent vivre. As-tu la moindre idée de ce que cela fait de toi ?
L'émotion dans la voix de la dryade le fit frémir. Elle paraissait souffrante à l'instant, incertaine et désolée. Alors il secoua doucement la tête, avec l'impression que s'il ouvrait la bouche, elle se mettrait à pleurer. C'était si étrange. Comment pouvait-elle passer du rire aux larmes en quelques instants, se demanda-t-il avec émotion. Les doigts fait de mousses et de fleurs parcoururent son visage alors qu'Eurydice retrouvait finalement son sourire.
— Cela fait de toi la créature la plus pure de la Création. Et Mère sait le nombre de choses qui furent dites à leurs propos, à propos de leurs dons et ce dont elles étaient capable. Tu as un avenir brillant devant toi Mieczyslaw. N'en doutes pas, jamais, de toi ou de tes capacités. Des décisions que tu prends ou prendras. Au fond, tu sais déjà quoi faire, au fond, l'on sait déjà comment cela se terminera. »
Stiles avait compris le message. Il n'avait rien ajouté, pas crié, pas soufflé. Il avait acquiescé l'air un peu ailleurs et ils avaient fait demi-tour. La clairière leur apparaissait de nouveau sous le soleil brillant qui marquait le zénith, la pluie de la matinée comme alors oubliée. Avec un sourire engageant, Eurydice lui avait fait signe de venir s'asseoir, là, sur l'herbe humide et, non sans grogner juste pour la forme, l'adolescent avait obéi, curieux. Aussitôt, un oiseau était venu se percher sur son épaule puis un deuxième, piaillant gaiement, même un petit renard s'était montré à la lisière, sans jamais s'approcher. Ça avait été comme un défilé après ça. Des lapins, des papillons, des souris... Il avait l'impression que toute la petite faune de Beacon Hills s'était donnée rendez-vous pour le voir lui. C'était tout simplement dingue.
« — Ils reconnaissent leur Protecteur, s'était amusée la dryade en laissant son dos choir contre le tapis de verdure.
Sa tignasse faite de fleurs de toutes les couleurs et d'autres brindilles s'était étalé au dessus de sa tête, comme une auréole et quelques oiseaux n'avaient guère tardé à abandonner l'humain au profit de cette nouvelle niche, sous la moue presque boudeuse du garçon.
— Je ne comprends pas vraiment ce que ça signifie.., avait-il à nouveau avoué en tripotant pensivement une l'oreille duveteuse d'une lapine qui avait fini par s'endormir là, couché contre son flanc.
— Je risquerai de te faire peur en te disant qu'ils te prennent soudainement pour leur mère.
Le visage de Stiles se décomposa aussitôt et la Dryade éclata de rire.
— Rassures-toi ça n'est pas ça... Pas vraiment du moins.
Le silence s'installa de nouveau. Stiles abordait désormais un air un peu hésitant, louchant allègrement sur la petite faune qui avait élu domicile aussi bien contre lui que dans sa tignasse folle. Eurydice ne tarda cependant pas à l'éclairer de son éternel ton joyeux.
— Vois ça comme l'Hiver. Tout est froid et dur parfois, surtout pour eux. Moins de nourriture, plus de chance de s'endormir sans jamais se réveiller...
Stiles frissonna désagréablement... Ou peut-être était-ce le lapin qui avait relevé son petit museau vers lui ?
— Et bien toi tu es comme le soleil. Un Grand et Chaud Soleil en plein Hiver. Comme un désert, comme du coton, comme la maison. C'est ce que représente le Protecteur. La paix, la sécurité, le confort.
— C'est insensé... ! Je galère déjà à prendre soin de moi... Comment... La Nature bon sang, pourrait croire que je puisse avoir quoique ce soit de réconfortant ?
— N'es-tu pas celui qui s'est sacrifié afin de s'assurer que ses proches puissent vivre en paix ?
— Si mais...
— C'est ainsi. »
C'est ainsi. Voilà une façon bien à elle qu'avait la dryade que de clore les conversations . Avec un soupir, il se laissa lui aussi choir sur le dos, dans le tapis d'herbe encore humide par les pluies matinales. Loin de s'en soucier pourtant, il passa ses bras derrière sa tête, les paupières alors à demi-closes, observant à la fois le ciel moucheté de nuages tout en demeurant perdu dans ses pensées. La boule de poil nichée contre ses flancs gigota un moment, avant de remonter vers lui pour venir se caler dans le creux de son cou. Stiles songea alors que tout cela était vraiment étrange. Lui, allongé dans la forêt, entouré d'animaux, comme... Blanche-Neige. Il était une fichu Blanche-Neige. Allait-il bientôt se mettre à chanter ?
Humain penser trop, souffla une voix dans sa tête, ou contre son oreille, il ne savait plus trop.
« — Je sais... Pardon, dit-il doucement. »
Un museau frotta contre sa joue et bientôt, l'animal fut endormi. Et sans qu'il ait la moindre idée du pourquoi du comment, Stiles eut soudainement envie de pleurer. Allez savoir. De bonheur ? Ou de mélancolie ? De tristesse ? Ou de lassitude. C'était un trop plein d'émotions soudain, que son corps évacuait comme il le pouvait. Il ferma les yeux et inspira profondément. Il était venu chercher des réponses et s'était retrouvé avec d'autant plus de questions.
À la lisière de la forêt, un renard se redressa, son regard malin posé sur la silhouette de l'adolescent. L'humain avait compris les demi-mots d'Eurydice. Il restait à voir comment il évoluerait, pas vrai ?
« — Hé Stilinski. Oh. Hé ! Gronda quelque chose – ou quelqu'un, plutôt. Un truc-non-identifié percuta violemment son épaule, de quoi éveiller l'humain soudainement, un cri en bords de lèvres.
— Qu-outch.. Putain ! Qu'il gueula à son tour en frictionnant du plat de la main, la zone douloureuse.
Devant lui, Isaac Lahey haussa les sourcils, un air moqueur de claqué sur son faciès d'ange.
— On peut savoir ce que tu fous, bordel, à pioncer au milieu de la forêt ?
— Je ne...
Ses mots lui échappèrent alors qu'il embrassait la clairière du regard, persuadé que les loups se mettraient à flipper sévère en voyant toutes les petites créatures de la nature grouiller dans le coin. Il fut surpris de constater que toutes autant qu'elles avaient été, avaient désormais disparu. Même chose pour la lapine qui s'était assoupi dans le creux de son cou.
— Depuis combien de temps..., demanda t-il à Isaac en s'apercevant que le soleil paraissait bien moins brillant — inexistant en fait — qu'à midi, releva la tête du smartphone sur lequel il pianotait, tournant par la même occasion l'écran vers l'humain.
Trois heures dix-neuf, indiqua l'appareil.
— Et merde...
— Je te le fais pas dire. T'as la moindre putain d'idée du temps qu'on a mis à te trouver, abruti ?
— Je... Quoi ?
Stiles papillonna stupidement. C'était quoi encore que cette histoire ?l I n'eut le temps d'en demander plus, ou Isaac plutôt, n'eut le temps d'en dire plus. Des pas précipités se firent entendre et, aussitôt, l'adolescent tourna la tête vers la source du bruit, sans même s'apercevoir qu'il n'aurait pas dû être capable de les entendre – pas en tant qu'humain.
— Stilinski ! Gueula (encore) une voix.
Derek. Derek était là et marchait d'un pas rapide vers lui, l'air plus qu'en rogne.
— Stiles ! Fit écho la voix de son meilleur ami, puis bientôt, il vit toute la meute débarquer, petit à petit, sourire vers lui. Est-ce que tu vas bien ? Mon dieu, est-ce que Deucalion t'a fait quelque chose ? Merde, Stiles, dit quelque chose ! S'excita d'emblée le mexicain.
Perdu. Le Stilinski était perdu. Comment avait-il pu, bordel de merde, se retrouver à pioncer dans une forêt, au beau milieu de la nuit ? La main de Derek s'écrasa sur sa nuque et il couina comme une souris prise au piège. L'Alpha se mit aussitôt à le renifler, les sourcils froncés.
— T'étais où, bordel ? Des heures qu'on te cherche ! Grognait-il en concert avec Scott.
Scott qui était désormais persuadé qu'il avait été torturé, maltraité et tout ce que vous vouliez.
— Il ne dit pas un mot, merde. Derek, pourquoi il ne dit rien ! Est-ce qu'il l'ont blessé ? Est-ce qu'il lui on fait du mal ? Mais pourquoi il ne parle pas bordel ! Stiles, dit quelque chose, mon Dieu !
— ... Quelque chose ?
Il y eut un silence soudain puis, un cri de douleur, mêlé à de vives protestations. Stiles frotta son épaule avec agacement, non sans songer que cela devenait bien trop récurrent à son goût. Et les loups – la banshee et la chasseuse incluses — qui n'arrêtaient pas de parler les uns par dessus les autres.
— Mais fermez-là, merde ! Gueula-t-il au bout de très longues secondes. C'est quoi votre souci bon sang ! Vous débarquez de nul-part, vous parlez tous en même temps, et c'est flippant, sérieux les gars, c'est flippant ! Je peux savoir pourquoi vous êtes là d'ailleurs, au beau milieu de la nuit ?
Nouveau blanc. Puis Isaac, agacé, s'approcha comme pour le frapper:
— Okay, désolé je peux pas, je vais tuer ce type !
Scott grogna à la manière d'un chien devant un os.
— La ferme Lahey, dit-il avant de pivoter vers Stiles, qu'il l'observa longuement, un peu perdu à son tour. Stiles, tu as disparu soudainement ce midi. Personne n'a su te trouver avant maintenant... Et... Et...
— Boyd et Erica ont été enlevé par Deucalion, cracha le lycéen aux cheveux bouclés.
Cela eut le mérite de calmer sec Stiles. Il papillonna à nouveau.
— Quoi ? Croassa-t-il faiblement.
La poigne sur sa nuque se fit pressante avant qu'il soit libéré.
— Il ne porte pas leurs odeur.
Il y eut des soupires soulagés, lâchés en parfaite synchronisation.
— Qu'est-ce qu'il s'est passé ici, alors eh ? Stilinski !
Boyd et Erica. Stiles ferma longuement ses paupières. Ils avaient disparu, enlevés par Deucalion. S'il avait été plus fort... Les choses arrivent parce qu'elles doivent arriver, enfant, résonna la voix d'Eurydice. Du coin de l'œil, il vit comme un visage se dessiner dans l'écorce plus loin, visage qui disparut aussi vite qu'il s'était montré. Le nœud dans la gorge de l'humain n'en dégrossi pas pour autant. Qu'est-ce que c'était censé dire hein ? Il n'aimait pas ça. Pas plus que la manière dont Isaac vint le molester.
— C'est parce qu'on s'est soucié de l'humain du groupe, qu'ils ont été enlevé ! Gronda-t-il d'un ton où perçait le chagrin. Pourquoi tout tourne toujours autour de lui, bordel !
— Isaac ! Derek grogna légèrement, attrapa son bêta par la nuque et le ramena contre lui.
— Je n'ai pas...
— Non tu n'as pas, exactement ! Tu n'es pas un loup Stilinski ! Incapable de te protéger, comment on est censé veiller sur la meute, les loups bon sang, si dès qu'un malade se ramène en ville, ces même loups ont tous les yeux rivés sur l'humain ?!
— Isaac, la ferme ! Répéta Derek.
Stiles accusa le coup en silence, mais le bouclé ne semblait pas en avoir fini. Ses yeux brillaient, autant de cette lueur lupine, que de larmes retenues. Il jouait les gros dur, avait toujours dit Stiles en se doutant qu'il avait en réalité, une grosse part de fragilité cachée là-dessous. Il aurait préféré ne jamais la voir.
— Et toi qu'est-ce que tu faisais, hein ? Pendant ce temps-là ! Pendant que tout l'monde remuait l'ciel pour trouver ton cul, qu'est-ce que tu foutais ! ?
— Je.. »
Il se tut subitement.
Tu ne peux rien dire, disait la voix qu'il connaissait bien maintenant. Qu'elle soit Eurydice ou la Nature – ou bien même Gaïa, ça n'avait pas d'importance. Il ne comprendraient pas. Tu dois protéger la Magie de Gaïa. La Porter, non pas la partager.
C'est injuste, s'entendit-il penser. Ils sont mes amis... Pourquoi ne pourraient-ils pas savoir ? Savoir que tu m'aides à maîtriser tout ça, à me préparer pour la lune prochaine ?
Tu l'as dis toi-même, Enfant. Tu veux les protéger. S'ils avaient dû être au courant, tu n'aurais jamais appelé Gaïa ce soir-là. Parce que c'est de ça que tu veux les protéger. De la mort, de la tristesse, des pertes. Et tu sais qu'ils ne t'auraient jamais laissé faire.
Alors quoi... ?!
Alors soit un bon Gardien. Un Bon Protecteur. Trop de personnes sont déjà au courant. Laisses les loups en dehors de ça. Si tu veux qu'ils vivent, qu'il vivent tous, il devront rester dans l'ignorance...
Les yeux humide à son tour, Stiles baissa la tête vers le sol. Qu'était-il censé leur dire maintenant ? Qu'il s'était contenté de sécher les cours toute la journée pour se payer une journée off ? Alors qu'il avait passé cette même journée à découvrir de quoi pourraient être fait ses sois-disant pouvoirs... ? La main de Scott vint se nicher sur son épaule, qu'il pressa doucement.
« — Stiles, dit-il doucement.
L'humain redressa légèrement la tête, remarquant enfin que tous le fixaient de manière étrange. Avait-il un truc sur le visage ?
— ... À quand remonte ta dernière prise... ?
Il plissa les yeux. Sa ... quoi ? Il remarqua que la compréhension marquait peu à peu les visages, tous sauf le sien.
— Ton traitement, Stiles. As-tu pris ton traitement ?
Il y eut quelques secondes de latence avant que l'humain ne se dégage de la prise de son frère de cœur.
— J'en ai pas besoin, je vais bien, bon sang !
— Stiles, tu as disparu toute une après-midi, la nuit même et tu es incapable de nous dire ce que tu as fait !
— À tous les coups il a juste séché les cours, McCall.
Stiles secoua vivement la tête, un:
— Non ! cria-t-il, véhément.
— Alors quoi ?
— Je... Je ne m'en souviens plus, okay ? Je suis sorti prendre l'air ce midi et c'est tout.
— Stiles... tu...
— Quoi, tu préfères croire que ton meilleur pote est barge ? Stiles le cinglé ? Comment est-ce que ça sonne ? Bien d'après vous ? J'ai mieux tiens, Stiles l'illuminé... !
— C'est pas ce qu'il voulait dire, Stiles..., marmonna doucement Lydia en s'avançant.
Allison opina d'un mouvement du menton, elle alors restée silencieuse jusque-là. Et Stiles le savait. Il savait que Scott ne le pensait pas fou, probablement juste un peu perdu sans sa dose de médoc' habituelle. Mais Eurydice avait raison. Ou du moins elle avait été clair là-dessus. Aucun d'eux ne devait savoir. Alors quitte à passer pour un fou.. Il se redressa finalement, s'assura que ses clés étaient belles et bien dans la poche de son jean, et fit mine de s'en aller.
— Où tu crois aller, comme ça ? Gronda l'Alpha en l'attrapant par le bras.
L'humain s'en dégagea facilement, à la surprise du loup.
— Chez moi. Tu sais, la maison du Shérif de la ville, dans laquelle tu n'es pas autorisé à entrer, encore moins par ma foutue fenêtre ? »
Il ignora les bruits sidérés du reste de la meute, et fila, non sans ignorer Scott.
Lorsque trente minutes plus tard, il eut rejoint son lit, après avoir rassuré son père que, non sa "dispute" — excuse qu'il avait trouvé pour pouvoir rentrer incognito — avec Scott n'impliquait personne de nu et de trompé (où avait-il été cherché ça, sérieusement ?) il se permit enfin de souffler longuement. Des larmes glissèrent aussi sur ses joues, mais il les ignora. Dans la poche de son hoodie, il en sortit un petit quelque chose de gris, pas plus grand que l'ongle, qu'il garda longuement au creux de sa main. Les paupières closes, il demeura ainsi de longues minutes, debout et seul dans sa chambre. Lorsqu'il rouvrit les yeux, ce fut pour porter son regard chocolat, sur la fleur qui venait de pousser là, dans le creux de sa main, depuis cette petite graine qu'Eurydice lui avait donné, plus tôt et ce sur quoi il s'était endormi.
Je vois que les devoirs maison avancent bien, fut ses seuls mots de réconforts pour cette soirée catastrophique.
