Remerciements: à Loclo4 qui subit (encore et toujours, la pauvre) mon orthographe et mes tournures de phrases (très) bancales, merci pour tes corrections, du fond du cœur + sans oublier ceux qui ont commenté, ajoutés cette histoire dans leurs favoris et/ou alerte. Paix & amour sur vous. :)
IV : WIP
« — Hum, pas moyen, fit Stiles tandis qu'il tâtait du bout de son ustensile de cuisine, le transparent de son œuf au plat dont il avait lancé la cuisson dés sept heure du matin.
Comme l'habitude que c'était devenue, il entendit la voix lui répondre, d'un souffle amusé.
Et pourquoi ça ? Demanda-t-elle tranquillement et le fils du Shérif put parfaitement l'imaginer être en train de ronronner à la manière d'un chat.
Ses sourcils se froncèrent légèrement lorsqu'il rangea le poivre dans le placard au dessus de sa tête, après avoir assaisonné le petit déjeuner.
— Parce que je ne vais pas emmener un pot de fleur au lycée, juste pour ton bon plaisir, répondit-il simplement.
Il reposa son arme-de-destruction-massive a.k.a le machin-plat-permettant-de-retourner-les-steaks, pour aller dégoter deux tranches de lard dans son réfrigérateur qu'il balança à côté de son œuf à peine cuit. Derrière lui, ledit pot de fleur sembla justement s'outrer d'une telle appellation.
Piètre Protecteur, bouda-t-il et Stiles leva les yeux au ciel, détournant un instant son attention de la gazinière, pour venir se pencher vers l'orchidée installée sur l'appui de fenêtre de la cuisine.
— Tu es insupportable, qu'il fit doucement, un brin amusé. »
Le végétal déploya légèrement ses pétales, s'agitant comme si une brise était venu s'infiltrer entre ses feuilles.
Et toi, injuste, fut la réponse ennuyée et l'adolescent ricana, songeant distraitement que, depuis son rituel ; douze jours auparavant, son quotidien était devenu bien étrange.
Après le ficus - George - de la salle d'économie, puis la forêt toute entière, c'était les plantes en pot qui avaient commencé à s'éveiller à son contact. D'abord intimidé des deux côtés, Stiles avait rapidement découvert que "ces bêtes-là" étaient tout ce qu'il y avait de plus "marrant" ou encore "intéressant". Autant dire que la vie au domicile des Stilinski s'était faite... beaucoup plus bruyante que jamais et ce, sans même que le père de l'adolescent ne s'en rende compte. Du moins, il avait attribué les bizarreries de Stiles à son caractère habituel. Causer tout seul, se marrer, s'étouffer en plein repas comme si quelqu'un avait balancé un truc inapproprié. Stiles était un garçon étrange, d'aussi loin qu'il s'en rappelait. La seule chose qui semblait plus qu'étrange dernièrement, était sa passion soudaine pour les fleurs. Une énième de ses lubies louches qui ne tarderait guère à passer, s'était dit Noah Stilinski en avisant la plante aux pétales blanches, reposant sur sa fenêtre de cuisine. Ça et les cactus qui étaient apparus de nul-part dans le salon, sans compter les autres plantes au noms imprononçable que Stiles semblait dénicher chaque jours. Le Shérif n'avait pas la moindre idée de comment son garçon se les était procuré, puisque ce dernier avait assuré n'avoir pas dépensé un dollar. Stiles en revanche, semblait très enthousiaste à l'idée de prendre soins de ses acquisitions. Enthousiaste, parfois dubitatif ou craintif. Il l'avait aperçu un jour écarquiller les yeux devant un cactus ; lui demandant si ce dernier était sûr de ne pas vouloir qu'on l'arrose. Mais bien-sûr, ça n'était rien à côté de ses dernières demandes, n'est-ce pas ?
Honnêtement, Stiles ne comprenait pas pourquoi son père s'était montré dubitatif. Il délaissa à nouveau Leïa l'orchidée au profit de sa cuisine et ce, après l'avoir tranquillement arrosée. Ce n'était pas comme s'il avait demandé une nouvelle voiture ou un nouveau téléphone hors de prix, comme tous les adolescents de seize ans avaient tendance à le faire. Non. Lui s'était contenté de tendre un regard de chiot battu et de demander un lapin. La tête de son père avait été impayable, évidemment, mais le gamin, depuis qu'il avait filé une sieste nocturne avec une boule de poile blanche adorable n'avait eut plus que cela en tête. D'un mouvement habile du poignet, Stiles retourna rapidement le lards dans sa poêle, devenu légèrement marron du fait de sa tendance à se déconnecter de la réalité.
Tu sais..., babilla Leïa derrière lui. Je suis une très jolie fleur. Tu devrais être fier de pouvoir te tenir à mes côtés.
« — Bien-sûr, s'amusa Stiles en lui jetant un rapide coup d'œil, mais les hommes ont rarement tendance à se balader avec des fleurs, encore moins au lycée.
Stupide Homme, fit-elle sous les rires de Stiles. À ce moment, le Shérif fit son apparition dans la cuisine, le faciès marqué par la curiosité tandis qu'il ajustait sa ceinture de travail, autour de sa taille.
— Qu'est-ce qui te met de si bonne humeur ce matin ? Demanda-t-il d'apparence tranquille.
Rapidement, ses yeux fouillèrent la pièce, persuadé qu'il découvrirait une petite amie secrète, planquée quelque part. Il avait bel et bien entendu Stiles répondre à quelqu'un, n'est-ce pas ? Son fils haussa doucement les épaules, son sourire en coin pourtant bel et bien présent et, ses yeux chocolats toujours rieurs.
— Une réflexion personnelle sur les fleurs et les hommes, dit-il tandis qu'il éteignait le gaz.
— Vraiment ?
— Et aussi le fait qu'il s'agit là de ton dernier repas-assassin.
Les sourcils du Shérif furent haussés rapidement, alors que l'adolescent commençait à se marrer tranquillement, tout en entamant la préparation d'un sandwich à base de concombres et d'houmous. De quoi faire grimacer le paternel, si vous vouliez l'avis de ce dernier.
Rapidement, il récupéra l'assiette tendu par son fils; l'assiette composée de lards et d'œufs.
— Repas assassin ? Qu'il finit tout de même par demander, curiosité oblige.
Il avait grosso-modo, une grande idée de ce que voulait dire Stiles par là, mais comme disait l'adage, l'espoir faisait vivre, n'est-ce pas ?
— Les trucs plein de graisse que tu avales matin, midi et soir. Ton cholestérol me remerciera dans dix ans, crois-moi. Enfin, s'il est pas trop tard.
Il fit une pause, les sourcils froncés.
— Ce que je veux dire c'est que, tu peux te passer de viande, de graisse, tout ça. Et manger sainement. Des légumes pour commencer et des fruits puis...
— Attends une minute.., marmonna un peu l'adulte en prenant place sur l'un des tabourets de l'îlot central. C'est quoi le rapport entre la viande, et la graisse ? Toutes les viandes ne sont pas mauvaise. Aucune ne l'est vraiment. Juste la façon de la cuisiner.
— Vraiment ? fit le lycéen tout innocemment.
Noah su à peu près à ce moment, qu'il n'allait pas vraiment aimer ce qui aller suivre.
— Oui, insista le patriarche.
Stiles n'eut pas du tout l'air de s'en formaliser.
— Quoiqu'il en soit, je pense sincèrement que l'on devrait tous deux commencer un régime végétarien. Tu sais quoi ? Je vais même appeler Melissa et on va tous les quatre, avec Scott j'entends, commencer ce programme anti-viande. Je veux dire, hé, sérieusement ? Manger les animaux papa ? C'est pas sympa, vraiment. Ils sont là, mignons, adorables, voulant simplement vivre leurs petites vies tranquilles, se reproduire, manger de l'herbe ou Dieu sait quoi, vraiment. Et nous on est là et on les abat pour les mettre dans nos assiettes. »
Stiles inspira longuement, à peine essoufflé par sa mini diatribe et, songeant distraitement que oui, depuis Eurydice, depuis Gaïa, même depuis ce fichu lapin, son point de vue sur bien des choses avait changé. Ce n'était plus juste les arbres, les fleurs, les bestioles qui peuplaient le monde. C'était la Vie, la Conscience, Tout. Et l'adolescent en prenait douloureusement conscience, chaque jour un peu plus. Avoir l'esprit lié à celui de la nature, le rendait beaucoup trop sensible à ce genre de chose. Et un Stiles sensible, était un Stiles qui attirait l'attention, à priori. Noah avait reposé ses couverts et dévisageait désormais son fils comme s'il ne l'avait jamais vu. Oui, Stiles n'avait jamais été du genre à jouer les gros dur. Il se cachait sous ses remarques sarcastiques et son ironie, oui. Mais jamais plus. Le voir fortement protester contre le traitement des animaux était... nouveau.
« — Est-ce que tout va bien ? Demanda tranquillement Noah, coudes sur la tables et mains jointes.
C'était typiquement la posture du gentil flic et constater cela étira au gamin, une moue ennuyée.
— Bien-sûr papa, dit-il et Noah demanda encore:
— L'école ?
— Comme d'habitude.
— Vraiment ?
— Vraiment, insista le lycéen.
Il fourra son sandwich dans son sac de cours, attrapa une pomme et croqua vivement dedans, défiant son paternel d'un regard, de continuer son interrogation. Le Shérif ne dut pas piger le message, puisqu'il continua:
— Ça fait un moment que je n'ai pas vu Scott traîner ici.
C'était dit d'un ton parfaitement nonchalant. Hélas, le jeune Protecteur en herbe connaissait son père que trop bien. Son sourcil droit fut haussé, un TIC d'agacement sans aucun doute.
— Et bien, c'est ce qui arrive quand les garçons se mettent en couple..., marmonna-t-il avec une pointe d'amertume. Ils deviennent étranges et ne jurent plus que par La-Femme-de-leurs-Rêves. Crois-moi, tu n'as, toi non plus, vraiment pas envie de tenir la chandelle entre Scott et Allison.
— Mais tout va bien entre vous, n'est-ce pas ? »
Non, eut-il envie de répondre. Non, parce que mon meilleur ami croit que je suis fou et que je débloque totalement. Parce que deux membres de la meute ont été enlevé par un loup-garou démoniaque et qu'un troisième ne me voit que comme le boulet de service. Non, parce que je dois lui mentir sur les habiletés qu'on m'a récemment filé. Ne te l'ais-je pas dis, papa ? Les Dieux existent et, j'ai passé un marché avec Gaïa. Oui, la Créatrice même de l'univers, apparemment. J'ai passé un marché avec elle, qui fait que je suis devenu le Protecteur de la Nature avec un grand 'N' majuscule. Je peux faire pousser des plantes rien qu'avec ma force mentale et, tu sais quoi ? Elles me parlent aussi. Les fleurs, les plantes, la Nature en elle-même. Elles me parlent et sont presque aussi bavardes que moi. Les Nymphes existent aussi, papa. Elles existent et, a priori, les fées, les dryades et tout le bordel aussi. Tout ça existe. Les monstres, tout. Et je suis là à essayer de sauver la peau de gens qui ne peuvent pas me voir en peinture ou qui me pensent taré. En passant, le cactus près de la télé s'appelle Anakin et, celui sur la table basse, Obi-wan. Même s'ils ne sont pas convaincu de l'utilité de la chose. Mais ils n'ont pas vu Star Wars, alors je comprends je crois dans un sens. Ils n'ont pas la référence. Qui pourraient leur en vouloir ? Ce ne sont que des plantes, bon sang. Et est-ce que j'ai mentionné ce lapin papa ? Cet animal qui me prend pour sa Mère-mais-pas-tout-à-fait ? La faune qui pense que je suis la maison-cocon-chaleur-été ? Comment suis-je même censé regarder un steak après ça ? Après avoir entendu leurs voix dans ma tête ? Après avoir senti la confiance placé en moi, sans même qu'ils aient pris le temps de me connaître ? Je ne vais pas 'bien' papa. Je crois que je panique, que j'ai fait une bêtise et, je ne peux en parler à personne, parce que je suis censé être ce fameux Protecteur, tu vois ? Je suis terrifié. Deucalion me terrifie papa, tellement que je n'en dors plus la nuit. Mais plus encore, j'ai peur de découvrir ton corps un beau matin, étripé ou Dieu sait quoi. J'ai peur de découvrir que Scott est mort des griffes de ce malade, peur de rester l'humain de la meute inutile et dont le seul but est d'être sauvé indéfiniment.
Oh, Stiles, soupira une voix dans sa tête. Et, sans même savoir comment il parvint à faire cela, son visage fut un tas de marbre souriant lorsqu'il répondit, avec un naturel déconcertant:
« — Évidemment ! As-tu déjà vu séparé Bonnie & Clyde ? Tom & Jerry ? Batman & Robin ?
— Tom essaie de tuer Jerry à chaque épisode, le manger tout du moins, fit remarquer l'adulte, sourcils rehaussés malgré son sourire franc, amusé.
— Oh et bien tu sais, avec ces bêtes-là, on est jamais à l'abri d'une morsure, répondit Stiles malicieux...
Puis il sembla percuter le sens de ses mots, ouvrit la bouche et la ferma, avant de l'ouvrir à nouveau.
— Pas qu'on est du genre à se mordre mutuellement, je veux dire. Enfin pas moi. Et pas que Scott puisse me mordre non plus hein ! Et par moi, j'entends aussi Allison ! Ou n'importe qui d'autre ! Je veux dire. Hé, c'est Scotty, il ne mord pas. Personne ne mord personne... Merde, ça sonnait tellement moins étrange et sale dans ma tête.
Son père échappa un rire moqueur.
— Ça l'est seulement parce que tu viens de rendre la chose étrange et sale, Stiles, dit-il tandis que son fils roulait des yeux.
Rapidement, le Shérif rangea la vaisselle sale dans le lave-vaisselle, échoua sa main contre la nuque de son fils qu'il pressa doucement, avant de filer vers le couloir à l'entrée, se chaussant rapidement.
— Ne m'attends pas pour dîner, avec ces nouveaux corps retrouvés, j'ai encore beaucoup de paperasse à remplir.
— N'en profite pas pour te goinfrer de Pizza, fut tel l'au revoir réprimandé d'un fils à son père. Pourtant, Stiles ajouta rapidement: Tu sais quoi ? Je t'apporterais quelque chose, juste pour être sûr.
— Ce n'est vraiment pas la peine St...
— J'insiste. Le cholestérol, tout ça.
— Le Cholestérol et les animaux, répéta sagement monsieur Stiliniski et l'adolescent acquiesça, rayonnant.. »
Lorsqu'il ferma la porte derrière lui, ce fut sur les marmonnements de son fils à propos de t-shirts propagandes et de quelque chose appelé la PETA¹. Seigneur, il aimait son gamin de tout son cœur, mais parfois Stiles était juste... à des années lumières de lui.
Lorsqu'il fut d'ailleurs le temps pour l'hyperactif de filer en cours, ce dernier se surprit à prévenir respectivement Leïa, Anakin et Obi-wan de son absence, tandis qu'il attrapait ses clé sur le comptoir de la cuisine.
« — Je reviens ce soir, qu'il disait d'un ton un peu tranquille, la pulpe de ses doigts effleurant doucement les feuilles de l'orchidée. »
Il n'avait même plus besoin à présent, de se concentrer pour sentir la vie parcourir ce qui l'entourait. C'était comme si une projection astrale de lui-même s'élançait pour toucher l'esprit de chaque être vivant. Il le sentait dans sa tête, dans son corps, partout. Un instant, il se demanda si c'était ainsi qu'un Alpha sentait les liens de sa meute. Une présence constante au bord de son esprit. Des murmures, des chants, de la chaleur. Du 'tout va bien'. Un tout va bien qui apaisait Stiles sans même qu'il n'en ait réellement conscience. Sur un dernier: Soyez sage ! bien trop paternaliste, le lycéen fila hors de chez lui, son sac de cours rapidement balancé côté passager, il prit place derrière le volant et démarra après deux coups d'essais.
Le retour à la réalité se fit peu après. À vrai dire, il le remarqua dès qu'il gara sa jeep sur le parking du Beacon Hills High School ou BHHS pour les intimes. Scott était là, évidemment, accompagné d'Allison qui se tenait blottie contre lui à cause du froid mordant de ce mois de Mars. Les clés de Roscoe encore dans le creux de sa main, Stiles les fit tourner autour de son index, d'un geste un peu nerveux, avant de les ranger dans sa poche. Il n'avait même pas eut besoin de lever les yeux, pour deviner Isaac plus loin. Il l'avait sentit, sans même pouvoir l'expliquer. C'était un mélange d'animosité, de haine et de désolation totale. C'était comme scindé en deux et, le jeune Protecteur avait bien vite compris au cours de ces dernières semaines, que les humains normaux n'avaient pas cette étrange coupure, séparation, barrière. Ils étaient simples, mais aussi très difficile à sentir, parce que l'homme avait une conscience plus élaboré. Avec les loups-garous, avait-il noté, c'était comme faire face à deux personnes bien différentes. L'une compliqué, humaine. L'autre, simple, bestiale. Leurs part animale était ce que Stiles parvenait à mieux ressentir. Parce qu'ils étaient la nature à l'état primaire, pas sous-évolué, c'était juste, différent. Il ne pouvait pas encore sentir le loup en lui-même, mais plus.. l'aura qui l'entourait. Les émotions. Et si la haine humaine d'Isaac Lahey était totalement dirigée vers lui, tout ce sur quoi il se concentra fut le: Pardon, pardon, pardon! qui sembla résonner dans son esprit.
Pourquoi ? se prit-il à penser en dévisageant un instant le bouclé. Il ne fut pas non plus surpris d'entendre la voix d'Eurydice poindre dans son esprit. Elle dit:
Parce qu'il te reconnaît comme Protecteur.
Puis aussi:
Les loups savent vers qui se tourner.
Et encore:
Tu es maison, confort, été, coton. Tu es meute, protection, nature. Le loup sait.
Et il ne sut pas s'il devait être soulagé ou horrifié par cela. Il ne sut pas comment gérer cette nouvelle information, alors il la jeta quelque part au fin fond de son esprit, en espérant secrètement l'oublier. Il n'aimait pas l'idée d'être important pour une moitié de personne. C'était comme forcer Isaac à l'apprécier, au final, non ?
Non, souffla Eurydice dans sa tête. Le garçon est stupide et triste. Il ne sait pas. Il n'écoute pas.
Son cœur se serra en songeant à la raison de la tristesse évidente d'Isaac. Boyd et Erica, disparus depuis maintenant douze jours et toujours aucun moyen de les localiser. Personne ne les avait vu, senti, rien. Ils étaient comme volatilisés, si bien qu'on aurait presque pu croire qu'ils n'avaient jamais existé. Presque. Seulement, tous — les loups du moins —, savaient que Deucalion était derrière cela. Et, chaque jours qui passaient étaient une chance en moins que la Team Free Will³ avait de les retrouver.
« — Stiles ? appela Scott en se rendant compte que son meilleur ami s'était une fois de plus perdu dans ses pensées. L'humain ( ou du moins, ce qu'il en restait ), leva ses iris vers le mexicain, sourcils un peu froncés
— Ouais ? dit-il distraitement, encore perdu dans cette histoire de loup-émotion-Deucalion.
Il y eut un instant d'hésitation chez le jeune McCall. Il avait beau passer beaucoup plus de temps avec Allison, ou bien même Derek et Isaac afin de retrouver les deux loups disparus, il n'empêchait qu'il avait tout de même remarqué le changement chez le Stilinski. Plus dissipé que jamais. Il mordit légèrement sa langue, alors qu'il se demandait s'il devait poser la question, sachant qu'elle agacerait sûrement l'hyperactif. Sa bouche s'ouvrit enfin, mais rien n'eut même le temps d'être dit, puisque le Protecteur l'avait d'ores et déjà coupé.
— Ça va, trancha-t-il un peu plus froidement que voulu.
— Tu es sûr que...
— Oui. Scott, bon sang. Arrête ça. C'est lourd ! s'énerva l'adolescent. »
Scott leva deux mains en l'air pour lui signifier qu'il abandonnait là et aussitôt, un silence lourd s'étendit, jusqu'à ce que la sonnerie marquant le début des cours, se fasse entendre. Sans un mot, ni un regard en arrière, Stiles fila vers son premier cours de la journée, le cœur lourd.
Deux semaines, songea-t-il tel un mantra. Deux semaines et tout sera fini.
Stiles ne savait pas à quel point il était dans le vrai.
Qui disait aussi, quinze jours (dix-sept en fait) restant, disait forcément confrontation. Et qui disait confrontation, disait puissance. Et actuellement, Stiles n'était pas même un dixième sûr de savoir comment maîtriser les pouvoirs qu'il avait reçu, ni même ce qu'ils étaient ou en quoi ils consistaient. Évidemment, ce fait avait amusé la Dryade qui depuis lors, semblait le narguer de par ses simples sourires mutins.
« — Si tu veux vraiment y arriver, tu y arriveras, disait-elle tranquillement, avant d'ajouter d'un ton beaucoup trop joyeux: Ou alors tu mourra en essayant. »
Inutile de préciser, une fois de plus, que cela n'avait que très moyennement (pas du tout, en fait), rassuré le jeune Protecteur en herbe. Il avait beau passer tout son temps libre à bosser sur le sujet, il ne parvenait toujours pas à faire quoique ce soit d'utile. Enfin, sauf si on pouvait considérer que, faire pousser une pâquerette dans le creux de sa main l'aiderait à botter les fesses poilus de Deucalion une bonne fois pour tout. Dans le cas contraire et bien, Stiles était prêt à parier qu'il ne tarderait pas à rejoindre sa mère six pieds sous terre. En grognant allègrement, il balança un coup de pied rageur dans une pierre, manqua de se casser l'orteil et se mit à jurer aussitôt en sautillant un peu bêtement, maugréant contre lui et sa stupidité, lorsque la sonnerie de son téléphone fit écho dans le petit bois derrière le lycée.
« — Les Spices Girls, Mieczysław, vraiment ? Ricana Eurydice dans son dos. »
L'adolescent leva les yeux au ciel, se retenant à grande peine de lui adresser son majeur. C'était carrément moyen, surtout face à une créature bien plus âgé, puissante et... quoi ? Légendaire ? Il pinça l'arrête de son nez, tandis qu'il décrochait, marmonnant un vague:
« — Allô ? sitôt le combiné fourré à son oreille.
— Stiles, où es-tu ? fit aussitôt la voix de Scott.
Évidemment, songea l'humain avec lassitude, comptez sur Scott pour débarquer pile au bon moment.
— Quelque part entre la bibliothèque et c'est-pas-tes-oignons Scotty.
Est-ce que c'était mal que d'apprécier le silence sidéré du type qu'il était supposé considérer comme son frère ? Son meilleur ami ? Sa personne ? Une petite voix à l'arrière de sa tête ricana et laissant tomber ses interrogations sur sa santé mentale, il compta jusqu'à dix, temps que le jeune McCall se remette de la gentille pique.
— Stiles... Tu peux me parler tu sais ? Si quoique ce soit te tracasse. Que ce soit à propos des loups, de toi ou de...
— Ou du fait que tu me penses cinglé ? rétorqua-t-il tranquillement.
Le lycéen s'attendait à ressentir la douleur caractéristique d'un cœur qui se serre, amertume, chagrin, colère. Il n'en fut rien, si ce n'est un lointain amusement. Oh et bien, avait-il déjà dépassé cela ? Pas Scott a priori. Stiles put parfaitement entendre la voix du mexicain se briser à l'autre bout de la ligne.
— Oh, Stiles..., bafouilla-t-il. Tu n'es pas fou, bon sang. Tu ne l'es pas d'accord ? C'est juste... Je comprends tu sais ? Que tu sois perdu avec tout ce qu'il se passe. Je comprends que tu ais besoin de plonger un peu et je comprends que tu ne veuilles pas forcément en parler...
— Scott ce n'est pas...
— Laisse-moi finir ! Bon sang Stiles. T'es mon frère, mec. Et c'est mon boulot de maintenir ta tête hors de l'eau. Je ne sais pas ce qu'il t'arrive en ce moment, mais ce n'est pas toi. Mentir, fuir. C'est pas le Stiles Stilinski que je connais. Tu crois que je ne remarque rien ? Tes sautes d'humeur, ton irritabilité, cette tendance que tu as à te perdre dans ta tête et, on sait tout les deux à quel point cet endroit est un bordel, Stiles. Le truc c'est que, avant, tu me disais tout. Quand ça n'allait pas, quand le monde devenait flou autour de toi. Qu'est-ce qu'il s'est passé pour que tu prennes la fuite comme ça ? Pour que tu en viennes à me mentir ? Et ne t'avises pas de me servir une excuse, Stiles. Je sais quand on me ment, tu te souviens ?
— Scott...
— Non, mec, sérieusement, je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi on en est rendu là, à devoir s'épancher par téléphone parce qu'il devient trop dur de te mettre la main dessus. Est-ce que tu m'évites, ou quelque chose comme ça ?
— Scott.., tenta une fois de plus l'hyperactif, partagé entre l'émotion et l'agacement.
Drôle de mélange, se dit-il inutilement et aussi visiblement incapable d'être totalement concentré sur le monologue de son BFF.
— Est-ce que c'est à cause d'Allison ? Parce que si c'est ça, je ferais des efforts, Stiles. Et tu le sais, je veux dire. Merde, je l'aime. Vraiment, d'accord ? Je l'aime. Mais toi et moi, bon sang. C'est plus, mec. Alors si c'est à cause d'elle...
— Scott, pour l'amour de Dieu, vas-tu l'a fermer trente secondes que je puisse en placer une ?
Bon sang, comment Scott faisait pour être à la fois, tellement dans le vrai et aussi complètement à côté de la plaque, était un total mystère pour le Protecteur. Le fait qu'il se rende compte qu'il l'avait totalement délaissé pour Allison, lui fit bien et mal en même temps. Parce que cela rendait les choses plus réelles encore. Là où tout n'avait toujours été que Scott&Stiles depuis presque toujours, les choses avaient depuis évolué. Depuis cette fameuse virée dans les bois de Beacon Hills, depuis Laura Hale, depuis Derek et son psychopathe d'oncle, depuis la morsure de la bête qui s'avérait en fait être un loup-garou, depuis la première pleine lune de Scott. Ils avaient trouvé des alliés, des amis, des ennemis, des types qui en voulaient à leur peau, des types qui se changeaient en lézard meurtrier, plus de loup-garous... Leurs duo était devenu une meute, une meute dans laquelle il n'avait jamais vraiment eut sa place, du fait de son statut d'humain. Scott et lui, réalisa-t-il, n'existaient plus, depuis bien des mois.
C'est le moment, fit une petite voix dans sa tête. Stiles savait. Il savait que c'était quelque chose qu'il aurait dû faire déjà douze jours auparavant. Une boule obstrua sa gorge alors qu'il inspirait comme pour se donner du courage.
— Stiles, t'es encore là mon pote ? demanda timidement le jeune loup.
Et bon sang, le Protecteur savait que son visage devait être un exact reflet du sien. Douleur, l'éternelle incompréhension, hésitation. Il avait même probablement son air de chien battu sur sa bouille de travers.
— Ouais, dit-il inutilement.
Scott le savait, après tout. N'avait-il pas une super ouïe ? Il douta un instant qu'il puisse y arriver. L'éloigner pour sa sécurité, pour sa vie, pour tout. Il était un fichu loup-garou, n'est-ce pas ? Il entendrait la douleur dans sa voix, le mensonge.
— Non, fit Eurydice et ses mains furent bientôt partout sur le visage de son jeune élève. Non, répéta-t-elle encore, parce que tu ne mentiras pas. Tu ne peux plus être là-bas avec eux. Pas si tu veux les sauver. Les héros sont toujours solitaires, enfant. »
Et Stiles voulu nier. Il voulu citer Batman et Robin, Arrow et Spartan, Clark et Loïs, bon sang, n'importe qui, du moment qu'il puisse garder son Bro avec lui. Il se savait girouette, bien-sûr. Un instant il prétendait la folie pour l'éloigner un peu, l'instant d'après il était prêt à le supplier de ne pas s'inquiéter, de simplement passer chez lui après les cours, histoire qu'il lui botte les fesses sur Mortal Kombat, autour d'une pizza et de sodas fraîchement achetés.
Fais-le, répétait la Dryade. Pour lui, pour eux, pour toi. C'est comme un vieux pansement que l'on arrache. Ça va piquer et faire mal au début et, ça ira mieux après, promit-elle.
L'humain voulait vraiment la croire. Il le voulait de tout cœur, parce qu'à cet instant, il se détesta du plus profond de son être.
« — Scott, dit-il après de longues minutes qui lui parurent être des heures.
Il entendit l'adolescent presque couiner derrière la ligne et un sourire douloureux peignit ses lèvres pâles.
— Je ne peux plus faire ça.
Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq, commença-t-il à compter bêtement: une habitude. Six. Sept. Huit. Neuf. Dix.
— ... Quoi ?
Alors il balança tout ce qu'il avait, comme un uppercut, comme une tornade, comme un ouragan. Il dit :
— Je ne peux plus continuer. Les loup-garous, le surnaturel, les morts. Je ne peux plus, Scott. Pas un jour ne passe sans que je revois tous ces morts lorsque je ferme les yeux, pas un jour ne passe sans que je sois persuadé qu'un type tout de crocs et de griffe débarquera pour m'arracher le cœur, ou celui de mon père. Mon père, Scott. Je ne peux pas faire ça, pas à lui. Il n'a plus que moi, bon sang. Ma mère est morte Scott, et il n'a plus que moi et, ces histoires de meurtres non-résolus sont en train de le flinguer sévère.
— Stiles...
— Laisse moi finir ! Merde, Scotty. Il a recommencé à boire, d'accord ? Ses supérieurs sont sur son dos, le FBI envisage d'ouvrir une enquête et de le remercier. Ça ne peux pas arriver, je ne peux pas laisser ça arriver. C'est mon père et il n'a plus que moi et nous sommes humains. On ne guérit pas miraculeusement après une fracture ou des tirs, qu'ils soient d'armes à feu ou de flèches. Des putains de flèches, Scott ! Il y a des types dehors, armés de fusils, de balles en argent et de putain d'arbalètes ! Combien de fois on va devoir passer à côté de la mort, pour qu'elle finisse par nous emporter ? Combien de fois on va devoir se faire botter les fesses pour qu'on comprenne qu'on ne suffit pas ? Comment tu y fais face, à cela, hein ?
— Ensemble, Stiles. On y fait face ensemble, s'il te plaît ne fais pas ça...
— Ça quoi, Scott ? Mettre la vie de mon père avant la mienne ? Avant la tienne ? Nous mettre en sécurité avant que ces foutus métamorphes ne nous bouffent tout cru ?
— Me laisse. Me laisse pas, Stiles. Je ne peux pas faire ça sans toi, bon sang. T'es celui qui sauve mes fesses à chaque fois. À chaque foutues fois, Stiles !
Merde, fit Stiles en fermant douloureusement les yeux. Merde. Merde. Merde.
— Alors j'imagine que tu vas devoir apprendre à sauver tes propres fesses, Scott. Parce que c'est terminé.
— Stiles...
— Non, Scott. Terminé. Toi et ta bande de monstre de foire, je ne veux plus en entendre parler, qu'il lui dit.
Ce fut froid et haineux, méchant et vicieux. L'humain savait exactement où frapper pour blesser. Parce que c'était ça, quand on connaissait quelqu'un si bien qu'on ne pouvait passer à côté de ses peurs. Il inspira, une fois de plus. Une dernière. Il maîtrisa le tremblement de sa voix, de ses mains, de tout.
— Je ne vais pas attendre que mon meilleur ami me tue, pour voir que tout ça c'est de la folie.
— Jamais je ne...
— Tu l'as déjà fait, Scott, c'est là tout le problème. Tu as essayé de me tuer, plus d'une fois. Parce que tu ne contrôles pas le monstre en toi. Et ce monstre un jour, finira par ressortir et tuer tout ceux qui te sont cher.
— Ce n'est pas...
— Vrai ? On sait tous deux que si. Combien de temps avant que ce soit quelqu'un qui t'es proche ? Ta mère ? Allison ?
— Je ne leur ferais jamais...
— De mal. Ouais, je sais, Scotty. J'ai déjà entendu ça quelque part.
— Stiles.., supplia encore le mexicain et il ne devait pas être seul car le jeune Stilinski pu entendre comme un écho, des voix chuchotés, notamment un: Quel connard ! venant très probablement d'un Isaac fous de rage. Un fin sourire naquit aux lèvres du jeune homme. Ils y arriveraient sans lui, ils n'avaient pas vraiment le choix. Scott n'était pas si bête qu'il voulait bien le faire croire, Isaac pas si dur et Derek pas si... Derek. À eux trois, ils tiendraient bien dix-sept pauvres jours, n'est-ce pas ?
Après, se dit-il, après il irait ramper s'il le faut, pour retrouver les grâces de son meilleur ami. En attendant.. Il échangea un regard avec Eurydice dont les lèvres ne tardèrent pas à bouger silencieusement, sa voix se répercutant dans sa tête:
Comme un vieux pansement.
Il acquiesça simplement.
— Ne cherche pas à me recontacter, que ce soit par message ou nul part ailleurs, dit-il tandis qu'un couinement-sanglot résonnait à son oreille. Bye McCall. »
Il le fallait, fit plus tard la jolie Dryade en resserrant ses doigts de lierre contre l'épaule de son jeune apprenti.
Elle ne haussa pas la voix à proprement parler, comprenant le besoin de silence du jeune homme. Elle dut s'attendre d'ailleurs, à ce qu'il se mette à pleurer lui aussi. Ou au moins qu'il se mette à crier, frapper quelque chose, quelqu'un. Elle s'était attendu à toutes les réactions possible, hormis celle-ci. Stiles avait calmement glissé son cellulaire dans la poche arrière de son jean. Il était silencieux et dur et avec surprise, Eurydice remarqua que son aura avait comme changé. Plus froide, plus dure, encore. Plus calme. C'était douleur et amertume mais aussi obstination et force. Colère.
« — Qu'est-ce que tu attends ? demanda-t-il peu après, tandis qu'il redressait la tête pour fixer la créature de ses pupilles chocolatées.
Et elle la vit. La résolution du gamin. Elle le vit qui avait repris du poil de la bête, comme par magie. Comme si couper les liens avait été la seule chose à faire pour lui permettre d'évoluer. Pour lui tendre l'accès vers la magie de Gaïa. Il n'y avait plus ces ombres, ce bruit, ces interférences entre lui et l'autre côté du monde. C'était comme retirer le bouchon d'une baignoire. La tête légèrement inclinée sur le côté, Eurydice offrit un léger sourire à l'humain.
— Oh et bien, plus rien je suppose, dit-elle tranquillement.
L'instant d'après, Stiles vit une liane épaisse et épineuse sortir du sol même et fondre vers lui. Il n'y réfléchit pas à deux fois lorsqu'il posa un genoux au sol. Pas plus que lorsqu'il apposa la paume de sa main sur l'herbe humide, ni même lorsqu'il la leva soudainement vers le ciel, comme s'il venait d'arracher une mauvaise herbe ou... un mur de terre se vit ériger entre lui et la liane probablement mortelle... invoquer une barrière de protection depuis le sol. Elle n'était pas haute, ni même bien solide, puisqu'elle ne tarda pas à s'écrouler sous l'assaut d'Eurydice, mais c'était déjà beaucoup plus que tout ce qu'il était parvenu à faire jusqu'à maintenant. Toujours mieux qu'une pauvre fleur grandissant dans le creux de sa main.
La liane s'acharna sur les derniers morceaux de ce mur bâti à la va-vite.
— Je te trouve bien dur, avec ces pauvres fleurs, enfant, dit-elle lorsque la liane manqua de perforer le bras du jeune Protecteur.
Stiles grogna un peu, pour la forme, et fit un léger bond en arrière pour éviter une pluie d'épine.
— Ce n'est pas comme si je pouvais botter les fesses de Deucalion avec une foutue pâquerette, glissa-t-il, amer.
Seul le rire de la femme-fait-de-fleurs-et-de-feuille, lui répondit. Et, sans savoir pourquoi, le jeune Stilinski su qu'il aurait dû la fermer. Là, juste devant lui, Eurydice tendit la paume de sa main vers le ciel. Hypnotisé, il vit un petit quelque chose grouiller, bouger, gigoter. Il vit ce truc se tendre vers le ciel, brun et fin, tandis que sa créatrice posait genoux au sol. Elle écarta ses mains, déposant la brindille grandissante dans l'herbe et, aussitôt, ce que Stiles devina être des racines, s'enfoncèrent dans le sol en profondeur. La suite le laisse bouche bée. Il vit la brindille grandir, grossir, s'élargir. Il vit le tronc se former, les feuilles devenir vertes, la vie prendre possession de tout... ça. C'était comme mater un documentaire sur la croissance d'un arbre en version accélérée. Quarante secondes et il avait un arbre à hauteur de hanche juste devant lui. Une minute et trente-trois secondes et, cet arbre faisait sa taille. Il fit un pas en arrière, compta deux minutes dix et dut lever la tête pour espérer apercevoir la cime de cet arbre. Trois minutes et il semblait déjà si haut que Stiles su qu'une chute depuis la première branche lui aurait brisé la nuque aussi sec. Cinq et ce chêne paraissait être le maître de cet forêt tant il était grand et gros et magnifique et royal et tout ce que vous vouliez, putain. Encore un peu et, le tronc sembla se déplier sur lui même, comme une balançoire que l'on aurait tortillée sur elle-même avant de la laisser tourner et tourner et tourner pour démêler ses cordes. Il y avait maintenant comme un creux en son sein même, un creux tapissé de mousse et de feuilles et de fleurs. Comme un nid. Comme une maison. C'était confort et chaud et été et cocon et Stiles eut une subite envie stupide et irrationnelle de chialer.
Putain, réalisa-t-il doucement. Je crée la putain de vie.
Et Eurydice éclata de rire.
— Si tu savais ! Se moqua-t-elle.
Pourtant l'adolescent n'eut pas même le temps de poser la moindre question. Au loin, une sonnerie retentit et ses yeux s'agrandirent soudainement.
— Merde, dit-il encore.
Ça devenait franchement récurrent, à la longue.
— Je dois...
— Y aller. Je sais. Va, Enfant. Mais n'oublie pas de me revenir.
L'humain ricana doucement.
— Oublier, hein ? Je risque d'avoir du mal après ça. »
¹ Work In Progress - Travail en cours/progression.
² People for the Ethical Treatment of Animals, bien-sûr.
³ Team Free Will - Équipe du Libre Arbitre, je vous laisse trouver la référence. (a)
