Présentation
Titre : Tu seras ma femme
Disclaimer : rien ne m'appartient, sauf cette histoire et le personnage d'Alexa.
Bêta : Sakhina (encore merci pour ton temps et ton travail)
Bonne lecture à tous, anciens comme nouveaux, et n'hésitez pas à laisser une trace de votre passage à l'aide des reviews. Quand on écrit, il n'y a que ce moyen de savoir ce que ressentent nos lecteurs !
Remerciements
Merci à tous ceux qui ont marqué ma fic en favori ou à suivre. Merci à Lyrialoli pour sa gentille review d'encouragement ! Ainsi qu'à Guest pour la même chose *-*
RAR anonymes.
Guest : ravie de te retrouver sur ce travail de réécriture, j'espère que ce nouveau chapitre continuera de te plaire ! :) au plaisir de te lire et promis, pas de pression ( ou le moins possible :p )
CHAPITRE 2 : Des vacances, enfin !
- Sirius ! Sirius ! Allez debout ! .USSSS !
Sirius se réveilla, de fait. Il ne sût pas réellement ce qu'il l'avait tiré du sommeil. Sans doute la douce voix de son réveil matin qui avait pour nom James Potter, quoique l'option jet de coussin, dont il était équipé, avait sans doute une part de responsabilité dans l'affaire.
Une semaine. Cela faisait une semaine que Sirius avait délaissé père, mère et frère pour une famille sinon de sang au moins de cœur dans un foyer baignant dans une chaleur que la demeure Black ne pouvait même pas envisager.
Et depuis, chaque jour, James le réveillait, plus ou moins doucement. Ce lève-tôt confrontait ce lève-tard à sa flemmardise. Et ce matin c'était pire car l'impatience du garçon était amplifiée par le fait que ce matin, sa mère…
- A fait des pancakes, allez Sirius, debout !
Il capitula rapidement, n'ayant que trop senti sa couette délivrer ses pieds pour les offrir aux mains sadiques et chatouilleuses de son meilleur ami.
- Il est quelle heure, d'abord ? demanda Sirius en s'étirant avant de se frotter les yeux.
- Dix heures
Sirius fit les yeux ronds à son ami qui se rectifia en gloussant :
- Enfin, tout comme, neuf heures trente.
Un sourire naquit sur les lèvres de Sirius. Evidemment, James Potter ne se réveillait jamais au-delà.
Mais au vu des occupations certainement oisives au pire, au mieux divertissantes qui l'attendaient, Sirius se leva sans broncher. Ce n'était pas comme si un précepteur l'attendait pour le rouer de coups et d'humiliations.
Non, depuis une semaine, Sirius découvrait la joie de véritables vacances dans une famille normale.
Il lança un sortilège sur son lit et celui-ci se fit tout seul. Hors de question de faire quoi que ce soit qui puisse faire honte à la famille qui l'accueillait. Sirius était un autre jeune homme ici. Parfait, poli, serviable. Son père en aurait fait une syncope devant ce changement d'attitude. Mais cela ne gênait pas Sirius. Ici, il n'avait pas à se forcer. Il se savait aimé pour lui, simplement pour lui-même et cela lui donnait envie de donner le meilleur de lui.
- Je vais à la salle de bain, indiqua Sirius qui reçut une grimace de James.
- Fais vite, lui dit-il, je descends déjà à la cuisine !
Naturellement, ces estomacs sur pattes se faisaient concurrence. Et pour les pancakes de Madame Potter, quiconque se damnerait !
Quelques minutes après, Sirius descendait les marches qui menaient au salon de la famille Potter. Il trouva James occupé à réunir des pancakes dans la cuisine ouverte adjacente, et salua avec politesse les parents de son meilleur ami.
- Bonjour Monsieur et Madame Potter !
- Enfin, dit Euphemia en s'approchant de lui, on te le dit à chaque vacance, pas de vouvoiement, et appelle-nous par nos prénoms !
Fleamont acquiesça doucement aux mots de sa femme, avant de saluer Sirius d'un mouvement de tête et repartir dans la lecture de son journal du matin.
C'était une belle journée qui commençait. L'air s'emplissait d'une douce chaleur qui ne ferait que grimper et le soleil, qui frappait la terrasse, l'enveloppait dans un parfum d'été à nul autre pareil.
Les pieds nus, Sirius se laissa guider par James jusqu'à la terrasse. Le garçon posa sur la table une assiette pleine à ras bord de pancakes, et tandis qu'il allait pour revenir à la cuisine, sa mère lui cria :
- Laisse mon chéri, je m'en occupe !
James n'eut pas le temps de grommeler pour la forme au surnom affectueux devant son ami, qu'elle ajouta :
- Café pour tous les deux ?
- Oui maman et prends du lait pour Sirius s'il te plaît ! Ha et du jus de citrouille aussi, deux verres !
Sirius était gêné, bien qu'il eût l'habitude. Il savait que dans cette famille, ce genre de scène était commune, banale, et qu'il en était de même pour tellement d'autres familles. C'était juste dans la sienne que ça dysfonctionnait, pourquoi, comment ? Il avait depuis bien longtemps arrêter de se poser ces questions sans réponse !
- Voilà, les garçons, Euphemia apporta grâce à sa baguette qu'elle tenait droite dans sa main un plateau qui flottait derrière elle. Il se déposa sur la table en douceur et elle frotta ses mains sur son tablier.
Sirius l'étudia, portant une robe blanche aux motifs fleuris par-dessus celui-ci avec encore un peu de farine dessus, un tablier coloré, une coupe de cheveux qui les laissait libres tombant sur ses épaules, un maquillage léger mettant simplement un peu plus en avant ses beaux yeux marrons…. L'antithèse de ce que pouvait être sa génitrice.
Un instant, il rêva que les rôles soient échangés. Puis il s'en voulut car dans ce fantasme, c'était James qui serait mal-aimé, humilié, maltraité, et ça il ne le supportait pas, même que ce ne fût que le temps d'une rêvasserie.
- Mange, Patmol !
James vint le sortir de ses pensées et Sirius secoua la tête. Ces vacances, il les avait bien méritées. Ses cuisses, ses épaules s'en rappelaient encore. Ce fichu précepteur n'avait pas relâché la pression sur lui. Et des doubles journées en sa compagnie avaient entraîné aussi double ration d'humiliation et de coups. Non, Sirius avait définitivement le droit à ces petits moments de bonheur, quand bien même, il fallait les vivre dans une autre famille.
- On fait quoi, aujourd'hui ? lui demanda son meilleur ami, au bout d'un moment, au bout du troisième pancake pour être exact.
- Je ne sais pas, répondit Sirius, tu as une idée ?
- Prévoyez ce que vous voulez, mais on vous abandonne ce soir les garçons, Euphémia et moi sommes invités ce soir, leur indiqua Fleamont depuis le salon, la baie vitrée grande ouverte laissant entrer le bruit des conversations de la terrasse.
James se retourna vers son père :
- Vous allez chez qui ?
Sirius s'efforça de ne pas trop remarquer que lui n'aurait jamais parlé ainsi à son père. Combien de jours de cachot cela lui aurait-il coûté ? Non ! Il n'allait pas gâcher cette belle journée par de sinistres pensées.
- Un couple d'amis du travail à ton père, indiqua Euphemia, on s'est dit qu'on n'allait pas vous infliger ça, vous avez sans doute mieux à faire qu'écouter des vieux jacasser toute une soirée.
Elle termina sa phrase par un petit éclat de rire cristallin qui fit sursauter dans son cœur Sirius. Avait-il déjà entendu son père ou sa mère rire ? Il ne savait pas si c'était les menaces de son père, s'il avait juste trop mûri, ou les conséquences des humiliations qu'il vivait chez lui, mais la fissure entre ces deux mondes qu'il côtoyait lui sautait particulièrement aux yeux toute cette semaine-là.
- Ok, on vous dira si jamais on sort ! répondit James en se resservant un pancake, et toi, James revint sur lui en levant une fourchette menaçante, mange, tu n'en as dévoré que deux Sirius !
Sirius le regarda et finalement se resservit. Il devait arrêter de penser à toutes ces différences, mais c'était difficile. Ce sentiment de frustration, ces vacances de fumée qui cachait son véritable monde dans lequel il serait enfermé…
- Alors, du coup, faut qu'on se décide ! James revint à la charge.
Ils avaient débarrassé leur assiette et se prélassaient sur les fauteuils près de la piscine que ses parents avaient conjuré spécialement pour l'été.
- On a reçu nos lettres de fournitures scolaires, releva Cornedrue, attirant l'attention de Sirius, on devrait songer à fixer une date pour aller sur le chemin de traverse.
- C'est effectivement à prévoir, on a encore quelques jours, tes parents viendraient ?
Chaque année, il posait la même question, chaque année, depuis leur troisième année, James répondait que non, mais relevait que par contre :
- On pourrait inviter Rémus et Peter ?
- Bonne idée ! Sirius avait déjà oublié son père et son mépris concernant ses fréquentations. Tu crois que tes parents seraient d'accord qu'ils viennent passer une nuit ou deux ici ?
- Bien sûr ! s'exclama James, de toute façon c'est ce que j'allais te proposer.
Sirius était au paradis. Ses amis étaient sa famille. Rien ne pourrait lui faire plus plaisir que de passer du temps près d'eux. Au diable ce que pouvait bien penser son père. Sirius se disait parfois que même Orion Black ne devait pas être assez bien pour Orion Black de toute manière.
- Le dernier à l'eau est un hippogriffe mouillé !
Et sans crier gare, Sirius se jeta dans la piscine, éclaboussant James au passage qui rapidement le rejoignit.
L'enfance est de ces moments d'innocence où l'adulte en devenir n'a pas à penser à ces soucis trop lourds pour une tête d'enfant. Libre, insouciant et innocent. Tels étaient les mots qui domineraient ce séjour chez les Potter. Voilà pourquoi Sirius aimait tant y être. Parce qu'ici, il avait le droit d'être lui, dans ses défauts et qualités.
Au bout de ce qu'il leur sembla n'être qu'un instant, Euphemia s'approcha de la piscine.
- Vous n'avez pas faim ? Il est presque treize heures, les garçons.
Ils se regardèrent mutuellement. Entre éclaboussures, jeux de ballons, apnée et tout ce qui peut composer des jeux entre amis dans une piscine, ils n'avaient pas vu le temps passer.
Euphemia déposa alors un plateau contenant salade et sandwichs et lança un sort de maintien au frais dessus.
- Ta mère est géniale, fit Sirius en sortant de la piscine, quatre bièraubeurres, rien que pour nous, et je sais qu'il y en a encore au frigo…
Il en décapsula une première qu'il tendit à James et s'en ouvrit une autre pour lui qu'il bût directement au goulot.
- Ces vacances, il s'installa les pieds trempant dans l'eau, assis à même le sol, elles sont vraiment formidables.
- Je te crois, commenta James en imitant sa position, les yeux lorgnant un peu trop sur les épaules de Sirius, tu ne m'as pas dit pourquoi tu as mis autant de temps à me dire si tu pourrais venir ou pas, Sirius et quand je vois tes épaules…
- Me reluque pas, tu n'es pas mon genre, commenta Sirius qui voulait se donner l'air nonchalant.
Il savait qu'il avait encore une marque ou deux, peut-être un peu plus s'il était honnête, visibles. Il savait que ça ne servait à rien non plus de les cacher. Les parents de James et lui-même étaient un peu trop au courant de ce qu'il vivait au sein de sa propre famille. Euphemia s'était contentée de disposer sur son lit un kit de potions diverses, comme chaque année, et le regardait avec insistance les premiers jours pour déceler toute trace de trauma. Elle s'attelait ensuite à faire passer à son fils et à son ami les meilleures vacances de leur vie.
- Un précepteur, je te l'ai dit, James, dans mon courrier, il marquait chaque morceau de phrase par une gorgée de bièraubeurre, et de la même cuvée que mon père, niveau coups de bâton, il s'y connaît le salaud !
James l'étudia. Ses traits étaient à la fois tristes et encourageants. Sirius parlait rarement de tout ça. C'était un tabou officieux entre eux. De toute façon en parler n'y changerait pas grand-chose. Il n'était pas à proprement parler un enfant battu, maltraité, juste un enfant trop vivant et têtu au sein d'une famille trop conservatrice…
- Tu veux manger un bout ? proposa James après avoir laissé le silence régner un moment, interrompu par le bruit blanc de l'eau de la piscine.
- Bien sûr
Sirius se releva, la salade de riz était simple, mais chaque chose qu'il mangeait ici avait un goût si vivant que ça en faisait un plat exceptionnel, bien loin du raffinement fade qu'on servait chez les Blacks quotidiennement.
- On leur propose de se voir quand alors ? Demain, après-demain ? interrogea James
- Voyons déjà tes parents quand ça les dérange le moins, James, répondit Sirius
- Ho, là-dessus, je sais déjà ce qu'ils vont me répondre… rigola James
Ils s'étaient séchés et revenaient dans le salon pour profiter un peu de la fraicheur qu'il offrait, le soleil tapant de toutes ses forces à l'extérieur.
Tandis que Sirius ramenait les restes du repas à la cuisine, James consulta ses parents. Et Sirius pût entendre la réponse d'Euphemia, qui comme l'avait pressenti James, les informa que leurs amis pouvaient bien les rejoindre quand ils voudraient, que ça ne les dérangeait pas.
Fier de lui, James décocha un clin d'œil avant de s'affaler dans un fauteuil.
- Merci maman, on leur écrira en ce sens du coup dans l'après-midi ?
Il jeta un œil à Sirius, affalé à son tour, prêt à se laisser aller à somnoler, mais qui acquiesça tout de même.
- J'imagine que vous allez en profiter pour aller chercher vos affaires scolaires sur le chemin de traverse ? demande Fleamont
- C'était l'idée, affirma James
- On te donnera une bourse alors, Fleamont chéri, partons un peu plus tôt chercher un peu de monnaie à Gringotts pour les garçons, tu veux ?
- Oh pas besoin pour moi, Madame, intervint Sirius qui se sentit soudain bien réveillé et gêné.
- Euphemia, le corrigea la mère
Sirius s'excusa et reprit :
- J'ai ce qu'il faut, mon père m'a laissé un peu d'argent pour les fournitures
- Et assez pour un ou deux petits suppléments ? Un petit quelque chose qui te ferait plaisir ? releva Fleamont en le sondant
Sirius baissa les yeux. Il ne voulait pas leur mentir, mais il ne voulait pas, encore, qu'ils dépensent de l'argent pour lui.
- Ne t'en fais pas, le rassura Euphemia, tu es comme un fils pour nous, ce n'est pas quelques gallions de plus ou de moins !
Ces mots firent tressaillir le cœur de Sirius qui se confondit en remerciements.
Ils étaient attablés à la terrasse de Florian Fortarôme. Chacun des quatre Maraudeurs avaient commandé la plus grosse coupe de glaces de la carte, chacun ayant personnalisé simplement la sienne en fonction de ses parfums préférés. Et le choix chez le glacier était vaste, des goûts les plus moldus aux plus sorciers, de vanille à citrouille, en passant par chocogrenouille, nougat et bièraubeurre.
Nos quatre compères étaient heureux de profiter de la chaleur naissante de la fin de matinée, les jambes étendues sous la table, tous côte à côté, à lézarder comme des princes.
- On passe acheter nos livres après, alors ? demanda Rémus
- Non, on a dit les livres à la fin, Lunard, rectifia James, d'abord le magasin de farces et attrapes, je veux voir leurs nouveautés !
- Et le magasin de Quidditch ne l'oublions pas, releva Sirius en agitant sa cuillère dégoulinante de crème glacée à la citrouille et de caramel fondant !
- Peter, un endroit en particulier ?
Le jeune homme fit non de la tête, trop occupé à regarder quoi déguster de ce qu'il y avait dans sa coupe, et opta pour un morceau de brownie moelleux.
Ils avaient convenu qu'une énorme glace faisait très bien office de déjeuner et c'est donc naturellement qu'ils avaient quitté la demeure de James vers onze heures ce matin-là. La chaleur n'était pas encore écrasante, et quand le soleil serait à son zénith, eux seraient dans la fraicheur des différents magasins.
- Me faut des plumes et des nouveaux encriers, s'exclama au bout d'un moment Sirius
- Patmol… souffla Rémus, le ton rieur, il nous faut TOUS des plumes et des encriers, d'ailleurs je propose qu'on commence par ça !
Après avoir dégusté et réglé leur repas glacé et sucré de midi, les quatre amis commencèrent à faire leurs différentes emplettes.
Ils avaient eu la présence d'esprit, la veille, installée sur la terrasse, offerts à fraîcheur qu'offrait le crépuscule de réunir leurs listes pour n'en faire qu'une seule et voir ainsi les similitudes et différences de fournitures. Rémus était celui qui avait le plus de livres à acheter, Peter le moins, du fait de leur options. James avait du matériel en plus à réunir pour ses cours d'études des moldus, et Sirius voulait absolument profiter pour racheter de quoi s'occuper le soir, livres et matériel de Quidditch étaient en haut sur la liste. La bourse pleine que les parents de James lui avaient donnée pourrait servir un peu à ça, quoiqu'il comptait bien leur rendre l'argent qu'il resterait.
Peter et Rémus avaient rejoint leurs amis la veille en début d'après-midi. Les parents de James les avaient accueillis avec le même entrain que pour Sirius et ils avaient organisé le soir un barbecue auquel tous avaient participé avec joie.
Ça avait été une bonne soirée, couronnée par un bain de minuit dans la piscine. Les garçons n'étaient allés se coucher que vers deux heures du matin, et pour s'ouvrir ce matin, leurs yeux auraient bien eu besoin d'allumettes. Mais ils avaient préféré venir tôt, histoire de profiter de leur journée sans se presser et certainement piquer un somme au bord de la piscine en rentrant dans l'après-midi.
Ils trainèrent si longtemps au goût de Rémus dans le magasin de farces et attrapes que n'y tenant plus les abandonna, la liste de leurs achats en mains, tant pis, il achèterait sans eux leurs livres pour Poudlard.
Une heure plus tard ils se retrouvèrent tous pour aller flâner dans le magasin de Quidditch. S'il y avait bien un endroit qui mettait d'accord tous les Maraudeurs c'était bien celui-là, d'autant plus que deux d'entre eux faisaient partie de l'équipe de Gryffondor.
Alors que Sirius lorgnait sur une huile pour balai, soixante gallions annonçait la fichue étiquette et que sa bourse, alourdie par le don des parents de James, pour cent cinquante gallions, n'en contenait maintenant plus que cinquante et qu'il avait bien pour intention de les rendre à Euphemia et Fleamont, James saisit deux flacons sous les yeux de son ami.
- Qu'est-ce-que tu fais ? souffla-t-il
- Tu en veux un et moi aussi, je nous les prends, répondit James d'un ton sans réplique.
C'était sans compter sur Sirius :
- C'est hors de question ! Je ne peux pas la payer !
- Qui te l'a demandé ?
- Mais non ! Sirius tenta d'arracher des mains de James le flacon, mais le jeune homme tenait bon.
- Arrête tes bêtises, il me reste largement assez d'argent, et ça me fait plaisir ! Ce qu'il te reste dans ta bourse de toute façon, mes parents ne voudront pas que tu leurs rendes. Garde le pour acheter des friandises dans le train !
James lui lança un sourire victorieux et Sirius dût capituler…
Vingt minutes après, quand James eût fini de passer à la caisse, il mit le flacon dans les mains de Sirius en lui interdisant du regard de dire quelque chose.
- J'allais juste dire merci, bougonna Sirius en réponse
- Ça va, rigola James, ça mon cœur pourra le supporter !
Les garçons quittèrent ensemble la boutique, et alors qu'ils se dirigeaient vers l'entrée du chemin de traverse pour emprunter l'une des cheminées pour partir, Peter leur proposa de boire un dernier verre.
C'est ainsi qu'ils terminèrent leur journée shopping, comme ils l'avaient commencé. Un milkshake dans les mains chacun. Les discussions allaient bon train, comme quatre amis heureux de se retrouver. Mais cette bonne ambiance ne dura pas.
Une ombre s'approcha de leur table.
- Bonjour Sirius
La voix féminine était minaudante, et Sirius leva avec appréhension le visage vers elle.
- Alors, tu ne dis pas bonjour à ta cousine préférée ?
Bellatrix Lestrange, bras dessus dessous avec le jeune homme que Sirius avait vu à la soirée chez Cygnus les toisait de son habituel regard méchant.
- C'est quelle race de chien, ça ? demanda-t-elle en montrant du doigt Peter, à moins que ce ne soit un elfe de maison ? Ton père m'a dit que tu en avais un pour ami.
Furieux, Sirius se leva, un regard de feu, les poings posés sur la table, sous les yeux mi-choqués mi peinés de ses amis. Ils connaissaient Bellatrix, ils savaient aussi que généralement, c'était plus souvent Sirius qui faisait les frais de sa méchanceté. Ils n'ignoraient pas non plus qu'en insultant ses amis, c'était surtout lui qu'elle cherchait à blesser. Encore.
- Qu'est-ce-que tu fous ici, Bellatrix ? siffla Sirius
- Oh, Tom et moi on avait envie de se promener un peu, de prendre l'air. Elle jouait avec l'une de ses mèches de cheveux de manière agaçante. Je ne voulais évidemment pas te déranger, mais pour qui serais-je passée si j'avais croisé mon cousin sans le saluer ? Mais apparemment on dérange. On s'en va alors ! Je ne manquerai pas de saluer ton père pour toi, finit-elle sournoisement.
Sirius eut le cœur qui manqua un battement. Une scène très précise lui revint soudainement en mémoire, claire comme de l'eau de roche.
« Et dis-moi, les deux autres là, son ton se fit dédaigneux, que tu dis être tes amis, seront-ils chez Les Potter ? - Non père, répondit-il la voix nouée, ils ne seront pas là. »
- Bellatrix, ne dis rien à mon père, ne lui dis pas que tu m'as vu ! sa voix, malgré lui, prit un léger accent
Elle éclata de ce rire froid qui lui était si particulier
- On a peur de papa, gloussa-t-elle, la voix vrillant dans des tons frôlant la folie.
- Bellatrix, s'il te plaît !
Sirius sentait que sa voix était nouée. Il avait peur parce qu'au-delà de ce mensonge, c'était les terribles promesses que son père lui avait faites qui lui revenaient en mémoire !
- Quand je vais lui rapporter la pâleur de ton visage, je suis sûre qu'il sera ravi.
- Qu'est-ce qu'il se passe ici ? l'un des vendeurs du glacier sortit sur la terrasse, attiré par les éclats de voix.
Il étudia une seconde la scène avant d'arriver, les mains sur les hanches :
- Soit vous vous asseyez et consommez, dit l'homme en direction du jeune couple, soit vous arrêtez d'ennuyer ma clientèle.
Bellatrix leva le nez, fièrement, :
- Bien, de toute façon, nous y allions, au revoir, cousin, à bientôt peut-être, termina-t-elle avant de se blottir contre son espèce de petit ami en gloussant !
- Tout va bien, les enfants ? s'inquiéta le marchand, quand il se fût assuré que la semeuse de trouble était partie.
- Oui, oui Monsieur, répondit James, juste une vieille connaissance, pardon d'avoir attiré l'attention.
- Foi de Merlin, vous ne sembliez pas y être pour grand-chose ! Finissez votre milkshake tranquillement, bonne après-midi !
Et il retourna dans l'échoppe, Sirius, encore debout, fût tiré par la manche par James et il fulmina tout en se rasseyant. Peter était encore blanc comme un linge.
- J'ai l'air d'un elfe de maison ? bredouilla-t-il, l'estomac soudainement noué pour envisager de finir son milkshake.
- Mais non, pas du tout, le rassura Rémus tandis que James agitait sa tête de gauche à droite.
- N'écoute pas cette mégère, fit soudainement Sirius, humilier est égal à respirer pour cette garce, elle ne vit que de ça. Oublie-les, elle et sa remarque.
Le peu de temps qu'ils passèrent encore chez le glacier fût emprunt de tension. Sirius ne descendait pas en colère et les questions que lui posèrent ses amis concernant les dires de sa cousine n'aidaient pas à le détendre. Au bout d'un moment, il finit par craquer et avouer le mensonge qu'il avait dû faire à son père, et aussitôt se justifia :
- Je n'ai pas honte de vous, moi, vous comprenez, c'est que mon père et ses idées tordues… personne n'est assez bien pour lui. Il ne voit que le sang et le nom. Alors forcément, pour lui, vous n'êtes pas dans le haut du tableau.
Les autres ne répondirent pas, ils savaient très bien ce que vivait Sirius, ces stéréotypes qu'il combattait, cette pression contre laquelle il luttait. A leurs yeux, leur ami forçait l'admiration. Peter avoua qu'il n'aurait jamais survécu dans une telle famille, Rémus confia sa peine que l'un de ses meilleurs amis doive vivre cela, quant à James, il proposa simplement aux autres de regagner sa maison.
Au bord de la piscine, dans un foyer doux, tout appellerait à l'apaisement. Il veilla toutefois à garder sa main derrière l'épaule de Sirius tout le trajet qu'ils durent faire pour gagner les cheminées du chemin de traverse.
C'est vers les coups de seize heures qu'ils regagnèrent le foyer Potter. Exténués de leurs emplettes, et Sirius encore énervé et frustré de sa rencontre. Son père exigerait-il qu'il rentre passer la fin des vacances chez lui si sa tante bavait ? Il ne le supporterait pas.
Mais la joie et la douceur était communicative, il fût trainé dans la piscine et s'il n'avait pas cœur à s'amuser au début, en entendant même le rire de Peter qui semblait déjà avoir oublié l'incident au chemin de traverse, Sirius se laissa aller.
La mère de James leur apporta de l'eau fraîche et une citronnade et ils profitèrent ensemble, sans revenir sur l'incident jusqu'à ce que le soleil étende sur eux un rideau de ténèbres.
C'est à ce moment-là que Fleamont les appela pour dîner. Ils n'avaient pas vraiment faim, gavés de sucre toute la journée, ça faisait aussi partie du charme des vacances. Vacances qui ne seraient pas avortées, ne cessait d'espérer Sirius.
Il se coucha une boule au ventre, priant pour ne pas recevoir le lendemain une lettre exigeant son retour immédiat. Il avait encore droit à quatre jours puis il retrouverait Poudlard, il voulait vivre ces jours-là, libre.
Voilà pour ce deuxième chapitre, j'espère vous voir nombreux sur ce chapitre, j'attends vos réactions et critiques en review ! Portez vous bien et à bientôt !
LessaWatberg !
