Date : 14 décembre 2020
Personnages : Kardia x Dégel, pour Cat-a-combe
Univers : Canon The lost Canvas
Genre : Romance
Note de l'auteur : Dans le manga, Kardia et Dégel ont tous les deux 22 ans. Dans cette histoire, ils en ont 15. Je voulais faire en sorte qu'Athéna ne soit pas encore au Sanctuaire (et elle y est arrivée 5 ans avant la guerre sainte)
Septième sens
Sept ans avant la guerre Sainte
Dégel augmenta encore l'intensité de son cosmos. La fièvre de Kardia était vraiment rebelle cette fois. Son ami serrait les dents, ravalait sa douleur, mais Dégel savait qu'il souffrait. Il devait le refroidir au plus vite.
– Allez, redescends. Redescends.
Ça ne marchait pas. Dégel était obligé de maintenir son pouvoir en permanence, et il s'épuisait. Cela faisait un an qu'il soignait régulièrement l'impétueux Scorpion, mais cette crise-là était plus intense que les autres. Et elle n'était pas spontanée en plus. Non, Kardia s'était démerdé pour se mettre lui-même dans cet état. Franchement, non mais franchement, était-il suicidaire ou complètement stupide ?
– Manger un plat épicé avec ta maladie. Tu es inconscient Kardia, complètement inconscient.
– Je vis… ou je meurs. Mais pas question… de me priver, articula difficilement le malade.
– Ferme-là, merde ! éructait Dégel dépassé par le comportement du Scorpion. Tu m'impliques dans tes conneries. Je suis là à essayer de te soigner alors que je pourrais lire tranquillement dans mon temple.
– Je te retiens pas, Dégel.
– Je vais pas te laisser crever, enflure ! Tu vas pas mourir avant la guerre sainte, non ? On a même pas encore rencontré Athéna.
– Ah oui, ça serait dommage, répliqua Kardia goguenard.
– Bordel Kardia ! Tu es un chevalier d'or. Tu fais partie de l'élite de la chevalerie. On aura besoin de toi au front, alors évite de mourir comme un con avant le début des combats. Sérieusement, tu tiens vraiment à mourir à cause d'un curry ? Mais où est donc ta dignité ?
– Je... gniiiiiii... je t'emmerde Dégel, gémit Kardia, le souffle court.
– Mais moi aussi, mon pauvre ami. J'ai juste envie de te gifler, là. Mais c'est pas le moment. Je te laisserais pas mourir. Allez, tiens le coup, reste avec moi. Kardia, n'abandonne pas la vie, n'abandonne pas la Terre. Ne m'abandonne pas, merde !
Ce n'était pas tellement dans les habitudes de Dégel de se montrer si vulgaire, mais la situation le dépassait. Il était à la fois en colère et terriblement anxieux.
– Kardia ? Kardia !
Le scorpion ne répondait plus. Sa vigilance venait de flancher. Paniqué, Dégel le secoua, le pinça pour le faire réagir. Il gémissait, très bien, il était encore réactif mais il devait faire baisser cette fièvre au plus vite. Il augmenta encore son cosmos, givrant à peine la chambre du huitième temple.
Dégel avait obtenu l'armure du Verseau il y a deux ans, quand bien même il n'ait pas encore réussi à atteindre le légendaire septième sens. La plupart des chevaliers d'or y parvenaient pendant leur épreuve ou au cours de leur première mission, mais Dégel, lui, n'y arrivait toujours pas. Concrètement, il était un chevalier d'or sans la puissance que requiert son niveau. Il connaissait les arcanes du Verseau, mais n'importe quel chevalier des glaces en serait capable. La puissance de ces attaques dépendait du niveau de froid qu'il pouvait produire, pas de l'attaque en elle-même. Le Verseau était censé frôler le zéro absolu, or il en était encore très loin. Cela inquiétait d'ailleurs le Grand Pope qui lui demandait souvent où il en était. Même Kardia maitrisait la puissance de son cosmos, tandis que Dégel avait clairement un retard par rapport aux autres ors.
Son incompétence allait peut-être coûter la vie de son ami. Si seulement son maître était encore là, mais Dégel était actuellement le seul chevalier des glaces du Sanctuaire.
Kardia avait mangé l'un des pains au curry d'Asmita il y a une heure environ. C'était trop tard pour le faire vomir. Seulement, tant que ces satanées épices se trouvaient dans son système digestif, le chauffant de l'intérieur, il serait en danger.
– Kardia, non, je t'en supplie. Tiens le coup, tu peux pas mourir comme ça. Tu vas pas me laisser, mon ami. S'il-te-plait, je t'en prie Kardia. Ne meurs pas.
Dégel était un chevalier loyal et impliqué dans son rôle de gardien de la Terre. Il ne remettait pas en doute ses convictions, mais parmi les mortels, il avait quelques personnes chères à son cœur capable de chambouler son mental. C'était le cas de ses amis Unity et Séraphine de Blue Graad, mais également du brûlant Kardia, l'impétueux Scorpion d'or.
Son confrère était pourtant son total opposé. En toute logique, ils n'auraient jamais dû s'entendre. Sa vitalité débordante, son toupet agaçant, son répondant, sa rage de vivre, tout l'inverse du calme et réfléchi Dégel qui aimait la lecture. Tous deux possédaient des modes de vie bien différents, mais le Verseau n'en était pas moins admiratif de la force de caractère de Kardia, faisant de lui un guerrier exemplaire, bien qu'un peu trop impatient et criard sur les bords.
Pourtant, à cet instant, le loquace et énergique Kardia était devenu muet, inerte, rendant Dégel mort d'inquiétude. Il avait du mal à se concentrer et son cosmos faiblissait.
– Allez, insistait-il. Refroidis. Allez Kardia, bats-toi, tu en es capable.
Qu'est-ce qu'il devrait faire ? Dégel n'arrêtait pas de se poser cette question. Sans s'en rendre compte, il avait commencé à pleurer. Ce n'était pas son genre de se laisser aller, mais il ne pouvait rester indifférent. Kardia était son ami le plus proche au sanctuaire. Lui le bouquineur associable, le plus froid des chevaliers. La présence même de Kardia dans sa vie réchauffait son monde et ce n'était pas désagréable, loin de là.
Sous ses mains, Dégel sentait le cœur du Scorpion. Alors qu'il palpitait à une vitesse folle, il commença à ralentir. Pourtant, son corps était toujours aussi bouillant. Ce n'était pas bon signe, pas bon signe du tout. Les larmes de Dégel redoublèrent. Il était en train de le perdre. Kardia allait mourir parce qu'il n'était pas fichu de produire un froid suffisamment puissant. C'était sans espoir.
Les larmes silencieuses devinrent des sanglots. Kardia ne pouvait pas mourir. Pas encore, pas comme ça, pas sans lui. Il devait le refroidir coûte que coûte.
Le cosmos était lié aux émotions, mais même avec la peur au ventre, l'angoisse de perdre son ami, Dégel n'arrivait pas à enflammer son essence. Parfois, Kardia le traitait de sans-cœur, c'était peut-être vrai en fait. Les mots rudes de son ami ne l'avaient jamais affecté, mais il regrettait aujourd'hui de ne pas s'être montré plus sympathique avec lui, plus proche, peut-être même plus tactile.
Il arrivait souvent à Kardia de lui prendre spontanément la main, sauter sur lui, passer ses bras autour de sa taille par derrière, l'enlacer, le chatouiller, déposer un baiser sur sa joue, tresser ses cheveux, s'asseoir sur ses jambes pendant qu'il lisait tranquillement dans son fauteuil, s'allonger à côté de lui dans son lit pendant qu'il dormait, souffler dans son oreille. Vraiment aucune gêne, rien n'arrêtait Kardia.
Dégel souriait à travers ses larmes au souvenir du toupet du Scorpion. Qu'importe le nombre de fois qu'il l'avait chassé plus ou moins brutalement, il revenait toujours aussi ambitieux, taquin, cajoleur, et Dégel avait fini par abandonner, se laissant faire. Il accueillait les câlins de Kardia tout comme ces vibrations dans son ventre, ces frissons dans son dos, ces palpitations dans sa poitrine, et aussi, il avait honte de l'admettre, cette tension dans son entrejambe. C'était déroutant et agréable. Il n'arrivait pas à savoir s'il appréciait ces sensations. Lui, le solitaire Verseau, l'homme de glace, l'érudit, comprenait très bien la nature de ces réactions, mais il refusait de l'accepter complètement. Il était un chevalier d'Athéna, garant de la paix et la justice sur Terre. Il devait penser à autrui et non à lui-même. Et donc, cela faisait des mois qu'il refoulait ce sentiment qui l'envahissait.
Dégel savait, tout en rejetant l'idée, qu'il était tombé amoureux de Kardia, et son amour était en train de mourir.
Cette fois-ci, Dégel pleura vraiment. Non, il ne voulait pas que Kardia meure. Il éprouvait indiscutablement plus que de l'amitié pour lui, un attachement hors du commun. C'était différent qu'avec Unity, qu'avec Athéna qu'il ne connaissait pas encore mais idolâtrait déjà, qu'avec n'importe quelle personne.
– Je te promets de ne plus jamais me plaindre de toi. Et tu pourras regarder les livres de mon temple si tu y fais attention… mais qu'est-ce que je raconte encore ? On s'en fout des bouquins, c'est toi qui es important, Kardia. Tiens bon, je vais te soigner.
Dégel se concentra de nouveau. Malgré la fatigue, il inspira et recommença à focaliser son pouvoir dans ses mains. Il ne devait pas abandonner, pas lui, il ne le supporterait pas.
– Je jure de ne plus récuser mes sentiments pour toi. Kardia, écoute-moi, je t'aime. Tu m'entends ? Je t'aime, je ne veux pas te perdre. Tu ne peux pas mourir maintenant que j'accepte mes sentiments. La guerre sainte approche, mais avant qu'elle n'éclate, il faut qu'on vive tous les deux. Kardia, réponds-moi, fais-moi un signe, n'importe quoi, je t'en supplie.
La poitrine du scorpion se soulevait à peine, signalant une respiration quasi-inexistante. C'était la fin et bientôt son cœur s'arrêterait. Non, ce n'était pas possible. Dégel renifla puis éclata de nouveau en sanglot.
– KARDIA ! Ne me quitte pas. Je t'aime. Reste avec moi. Je ferais ce que tu voudras, mais j'en t'en prie, JE T'EN PRIE, répétait Dégel paniqué, tu dois vivre. Kardia, je t'en supplie. Vis. Vis. VIS !
Son cosmos s'intensifia brutalement, propageant son aura doré tout autour de son corps. En un rien de temps, le temple du Scorpion se transforma en une vraie patinoire. Tout gela, excepté l'armure d'or du Scorpion. Des stalactites apparurent jusqu'à l'extérieur. Les fenêtres et autres verres éclatèrent sous la pression du changement brutal de température. Même les larmes de Dégel gelèrent dès qu'elles sortaient de ses yeux. De la neige tomba juste au-dessus du temple, et un courant glacial se répandit jusqu'aux maisons alentour. De son temple où il frissonna subitement, Sisyphe sourit. Enfin il y était arrivé.
Dégel venait d'atteindre le septième sens.
Il réussit à le maintenir pendant une minute entière avant la chute brutale de son essence. Etourdi par son exploit, il chuta en avant et tomba en travers du lit de Kardia, s'affalant sur une partie du corps du Scorpion qui reprenait doucement contenance. Ses bras entourèrent son sauveur et il bougea le corps de Dégel pour mieux le positionner sur lui. Habituellement, son très cher Verseau s'empressait de casser leur embarrassante position, mais pas cette fois. Dégel n'avait plus l'énergie de bouger, il ne le souhaitait même pas. Pour le plus grand bonheur de Kardia, il répondit même à son étreinte, serrant ses bras autour des épaules du malade.
– T'as réussi, dit Kardia qui reprenait son souffle. Je savais que tu réussirais. Et tu as accompli un exploit. Ça valait coup de manger ce pain au curry.
– Ta gueule, Kardia ! reniflait encore Dégel. J'ai eu la peur de ma vie.
– Ton niveau de vocabulaire a chuté, se moqua un peu le scorpion en caressant les cheveux de son soignant.
– C'est de ta faute, triple buse. Tu me mets hors de moi. T'es pire que le lait sur le feu, on peut pas te laisser seul sans que tu ne fasses quelque chose de stupide.
– Alors tu n'as qu'à toujours rester avec moi.
Kardia ponctua sa phrase d'un baiser sur la tempe de Dégel, lequel resserra davantage son étreinte. Une jolie rougeur avait envahi ses pommettes. Même s'il ne niait pas la petite euphorie que lui procurait ce contact, il n'en était pas moins embarrassé.
– J'ai adoré ta déclaration enflammée, dit Kardia, même si c'est très ironique de dire ça.
– Tu m'as entendu ?
– Je n'avais pas perdu connaissance, mais je n'avais plus la force de bouger un sourcil.
– Ah… sans commentaire.
– A vrai dire, je préfèrerai t'embrasser, dit franchement le soigné avant de ricaner. Hmpf, je suppose qu'il faut pas exagérer non plus.
Contre tout attente, Dégel releva la tête, souleva celle de Kardia avec sa main pour déposer doucement ses lèvres sur les siennes. Le Scorpion écarquilla les yeux, surpris d'un tel geste de la part de l'homme dont il était immédiatement tombé amoureux.
Il ne s'était pas demandé ni pourquoi, ni comment. Kardia vivait pleinement sa vie sans se poser de question, en accueillant volontiers chacune de ses émotions. Mais il n'était pas suicidaire au point d'embrasser spontanément son amour sans savoir ce qu'il en était de son côté. Kardia avait donc tout mis en œuvre pour faire passer le message au Verseau, et enfin il répondait à son affection. C'était le plus beau jour de sa courte vie, à moins qu'il ne soit mort et déjà au paradis.
– J'étais sincère, dit tout bas Dégel quand il se sépara de lui. Je t'aime Kardia.
– Je t'aime depuis le premier jour, Dégel.
– Alors embrasse-moi, idiot, sourit le Verseau, et ne refais plus jamais peur comme ça.
Sage sourit, satisfait du compte-rendu que venait de lui donner Kardia.
– Ça a donc fonctionné. Dégel a enfin réussi à s'éveiller au septième sens.
– Plus que ça, Grand Pope. Je dois dire que ça valait vraiment le coup de manger un pain au curry. En plus, c'était trop bon.
– Tout ceci faisait partie de notre plan pour inciter Dégel à utiliser son pouvoir en temps de crise. Mais désormais, Kardia du Scorpion, je t'interdis formellement de toucher à la moindre épice.
– Fichtre, bouda le Scorpion.
– Tu peux disposer. Va donc retrouver ton cher et tendre.
– Décidément, rien ne vous échappe, sourit Kardia impressionné du sens de l'observation du patriarche.
– J'ai été jeune et amoureux moi aussi, répondit Sage au souvenir de son aimé depuis longtemps disparu.
Kardia espérait que Dégel ne découvre jamais que l'idée de manger des épices était juste une épreuve pour le pousser à atteindre l'ultime cosmos. Kardia avait bien failli y laisser sa vie, mais comme tout, il ne regrettait rien. Et de toute façon, il avait toujours fait confiance à son ami et maintenant amoureux.
Plusieurs mois plus tard, Scorpion et Verseau fêtaient leur premier noël de couple. Les deux chevaliers continuaient de s'aimer tendrement, mais leur relation restait encore totalement platonique. Kardia voulait aller plus loin. Il craignait toujours que sa vie ne soit fauchée trop tôt, avant de pouvoir vivre une quelconque expérience sexuelle. Mais pour le moment, Dégel ne montrait aucun désir à pousser leur relation plus loin. Ça ne pouvait plus durer. Kardia venait d'avoir seize ans, il voulait passer à l'action avec l'homme de sa vie.
Et ça tombait bien car c'était noël, et Kardia ne savait pas du tout quoi lui offrir, sinon son corps. Quand il posait la question, Dégel répondait toujours la même chose. Des livres. Oui, mais lesquels, il en possédait déjà tellement. Et puis, ça n'avait rien de romantique. Kardia avait donc pris sa décision. Il s'était enroulé un long nœud autour de son corps et attendit, étendu lascivement sur son lit, que Dégel le rejoigne dans son temple, impatient de voir sa réaction.
Le Verseau resta bouche bée devant le spectacle à la fois affriolant et dérangeant de son compagnon.
– Joyeux noël mon amour, chantonna Kardia en tendant les bras pour inciter Dégel à le rejoindre sur le lit.
– K… Kardia, mais enfin, rougit le Verseau. Habille-toi, tu vas attraper froid.
– C'est tout ce que tu trouves à dire, rit le Scorpion, surtout dans mon cas.
– S'il-te-plait Kardia, insista Dégel en détournant les yeux cette fois, ce n'est pas drôle.
Kardia soupira avant de se relever et enrouler un drap autour de lui. Il se rapprocha de son compagnon, passa ses bras autour de sa taille et se serra contre lui, posant sa tête son épaule. Leurs poitrines collées, le Scorpion remarqua immédiatement les palpitations de Dégel, mais surtout l'excitation naissante contre sa cuisse.
– Je ne te fais pas envie ? le titilla Kardia en léchant l'oreille de Dégel.
– Huuum, gémit le Verseau. C'est pas ça, Kardia. Mais… haaaa… j'ai peur.
– Tu as peur d'avoir mal ? C'est normal, mon amour. Mais tu sais, on n'est pas obligé d'aller jusqu'au bout la première fois. On peut faire les choses doucement.
– Non, j'ai peur pour toi.
– Comment ça ?
– Kardia, l'excitation sexuelle provoque des réactions en chaîne dans le corps, dont un important réchauffement. Je ne veux pas qu'il t'arrive malheur avec ton cœur.
Kardia resta interdit, coi pendant plusieurs secondes avant de rire nerveusement, sa tête dans sa main, visiblement las.
– Dégel, franchement, tu crois que ça va m'arrêter ?
– Te connaissant, non. Mais comprends-moi, s'il t'arrive quelque chose, je ne me le pardonnerai jamais. Je n'y survivrai pas.
– N'y a-t'il pas de plus belle mort que de clampser dans un orgasme ?
– Ce n'est pas drôle, Kardia.
Pour tout réponse, Kardia embrassa amoureusement Dégel tout en prenant sa main pour la poser sur sa poitrine.
– Tu es mon pilier, Dégel. Sans toi, je serais déjà mort il y a longtemps. Et si tu n'es pas convaincu, sache que ça fait longtemps que tu me chauffes et me donne la trique.
– Charmant, commenta avec amertume le maître des glaces.
– Flatteur tu veux dire, rétorqua Kardia en lui offrant son sourire le plus charmeur. Et moi alors, je ne te fais rien ?
– Hum… si… j'ai très envie de toi aussi.
– Tu es timide, c'est mignon.
– La ferme, Kardia ! soupira le chevalier des glaces.
Un autre baiser et une caresse dans le dos du Verseau suffirent à calmer immédiatement sa contrariété. C'est que Kardia commençait à bien connaître les points faibles de son prince des glaces.
– Je ne crains rien avec toi, dit-il contre les lèvres de Dégel. Si mon cœur s'emballe trop, tu sais quoi faire, n'est-ce pas ? Le fait que l'homme que j'aime maîtrise les techniques de glaces n'est probablement pas une coïncidence. Nous étions destinés à être ensemble.
– Tu es bien romantique aujourd'hui.
– Probablement parce que c'est noël.
– Joyeux noël Kardia.
– Joyeux noël Dégel. Le premier noël de notre vie de couple.
– Puissions-nous en vivre d'autres encore.
– Puissions-nous nous aimer encore et encore jusqu'à la fin.
– Je n'en doute pas Kardia. Je t'aime.
– Moi aussi, je t'aime Dégel.
Ils resserrèrent leur étreinte pour s'embrasser une nouvelle fois. Ce fut Dégel qui amplifia le baiser, ouvrant sa bouche pour partager sa langue avec celle de Kardia.
– Kardia, souffle-t'il, fais-moi tien.
– Bien sûr, mon amour.
De ce signal, tout se décanta. Durant la nuit sainte, les deux hommes s'unirent pour la première fois, certainement pas la dernière.
Au petit matin, jour de noël, les deux chevaliers se réveillèrent nus l'un contre l'autre. Dégel essaya de se lever, n'aimant pas trainer le lit. Il avait soif, besoin de se soulager, et il ne serait pas contre prendre un copieux petit-déjeuner après la nuit torride qu'il venait de passer avec Kardia. Mais c'était sans compter sur son amant qui le retenait fermement par la taille.
– Reste encore un peu, mon amour. C'est noël, on peut s'autoriser à lambiner un peu, non ? Même le Grand Pope a demandé à ce que personne ne s'entraîne aujourd'hui.
– Je sais. Même le consciencieux El cid ne doit pas affuter sa lame sur la plage.
– Je crois qu'un certain Sagittaire est en train de la lui polir.
– Bordel Kardia, rit malgré lui le Verseau au double sens de son compagnon.
– Bah quoi, ils ont raison. Nous aussi on s'est bien lâché cette nuit. C'était magique. Je suppose que je peux mourir maintenant.
– Bordel Kardia ! répéta Dégel mais sur un ton bien différent cette fois, poussant sans ménagement le Scorpion par terre. Merci d'avoir gâché l'ambiance.
– Aaaargh, gémit le huitième gardien. Je meurs.
– Et tu continues en plus. Puisque c'est comme ça, je rentre chez moi.
– Dégel. Non, attends, je déconnais. Mon amour, reste là.
Kardia apprendra à ses dépens que parler de sa supposée mort était un sujet des plus sensible avec Dégel.
