Date : 19 décembre 2020

Personnages : Milo x Camus + Ice family pour Hatsukoi-san

Univers : Canon série origine (se passe 4 ans avant la bataille du Sanctuaire)

Genre : Romance, famille

Note de l'auteur : La Ice family intègre habituellement Camus + Isaak + Hyoga, mais j'y intègre personnellement le Seigneur Cristal en plus, personnage propre à l'anime. Je n'aime pas briser le lien maître-élève entre Camus et ses deux disciples, mais j'ai beaucoup apprécié ce personnage que j'imagine seconder Camus, le remplacer lorsqu'il doit rentrer au Sanctuaire, et surtout protéger la région et aider ses habitants. On ne connait pas son âge, certaines théories disent que c'est un chevalier à la retraite, donc je garde cette théorie qui me parait bien.

Bonne lecture


Noël polaire illuminé

Sibérie orientale, 24 décembre, 16h

Isaak leva les yeux de son cahier pour regarder en direction du Seigneur Cristal. Comme chaque jour de noël, leur maitre Camus les laissait aux bons soins de son ami pour se rendre au Sanctuaire. Le Grand Pope quémandait la présence de ses chevaliers d'or pour le buffet de noël. Mais Isaak n'était pas dupe. Il savait très bien que son maître se rendait là-bas avant tout pour y retrouver son petit-ami. Un certain Milo, qu'il ne connaissait que de nom mais qu'il n'aimait pas parce qu'il s'accaparait leur tuteur, à lui et Hyoga, un peu trop souvent à son goût.

Pendant ses absences, Camus confiait ses deux disciples au Seigneur Cristal, un ancien chevalier à la retraite qui consacrait désormais sa vie à aider la population locale de Sibérie, souvent mise à mal par le climat rugueux. Isaak et Hyoga l'aimaient bien. Plus souple sur les horaires et plus patient que Camus dans les explications, il connaissait également les techniques de glace et le secret du cosmos que les deux enfants de dix ans commençaient enfin à développer après presque trois ans d'entrainement.

Cristal était gentil et bon cuisiner, mais il n'empêche tout de même que les deux apprentis préféraient leur maître qui s'occupait d'eux la plupart du temps, de façon sévère mais juste. Camus se préoccupait vraiment de leur besoin de sommeil, de leur nutrition, de leur apprentissage autant théorique que pratique. Des muscles développés et une tête bien pleine feront d'eux de bons chevaliers comme l'était Camus, leur modèle. Les deux garçons l'admiraient tellement. Et puis, il n'était pas aussi rigide qu'il semblait l'être. Le chevalier du Verseau leur frottait la tête dans leur sommeil. Isaak adorait ça et faisait semblant de dormir pour ne pas interrompre cette caresse. A plusieurs reprises, il avait eu des élans d'affection envers eux, notamment envers Hyoga qui, semblait-il, n'avait pas fait le deuil de sa mère.

Isaak plissa les yeux pour mieux voir ce qui se passait en cuisine, interpelant le blond à ses côtés qui ne comprenait pas son manège.

– Qu'est-ce qu'il y a, Isaak ? demanda Hyoga.

– Crois-en mon intuition, il y a quelque chose de louche.

– Quoi ?

– Tu as vu les courses du Seigneur Cristal ? Du poisson ! Et en grande quantité en plus. Sauf exception, on ne mange jamais de protéines animales le soir.

– C'est le soir de noël, lui rappela Hyoga en haussant les épaules. Peut-être qu'il nous prévoit un repas amélioré pour l'occasion.

– Mais on ne fait jamais le réveillon de noël. Tu le sais aussi bien que moi. On attend le vingt-cinq et le retour de maître Camus pour s'offrir un festin. Notre maître le dit souvent. Trop de repas copieux alourdissent le système mécanique et cognitif, rappela le finlandais en imitant le timbre sérieux de leur tuteur. Et puis tu as vu la quantité ? Clairement on ne pourra pas manger tout ça à trois.

– Où tu veux en venir, Isaak ?

– Peut-être que père-noël va venir nous rendre visite cette année.

– Tu crois encore à ça ? soupira Hyoga en levant les yeux au ciel.

– Mais non ! Je voulais dire qu'on aura peut-être une belle surprise cette année. Tu crois que maître Camus va venir passer le réveillon avec nous ?

– Ça ne risque pas, il est au Sanctuaire. Si ça se trouve, il ne rentrera même pas demain, et donc le Seigneur Cristal prévoit son repas de fête ce soir au lieu de demain.

– Hyoga, arrête d'être défaitiste. C'est noël, non ? Alors souris un peu et crois aux miracles.

– Il y a longtemps que je ne crois plus aux miracles, dit l'enfant blond avec morosité.

Le souvenir de sa mère sombrant avec le bateau l'envahit et il se retint de verser quelques larmes. A cette époque, malgré toutes ses prières, aucun miracle ne l'avait sauvée. Hyoga avait désormais bien du mal à croire en une quelconque féérie.

– Oh mais c'est pas vrai ! Tu recommences avec ta mine tristounette. Pas de ça la nuit de noël. Tu vas voir, dit le finlandais en se jetant sur Hyoga pour le chatouiller.

– Aaaaaah hahahaha. Nooooon, Isaaaaak. Pitiééééé.

– Un chevalier ne demande pas pitié.

– Hé les garçons, les interrompit le seigneur Cristal. Qu'est-ce que c'est que ce chahut ? Vous avez fini vos devoirs ?

– Je me fais un devoir de rendre le sourire à Hyoga, répondit Isaak qui riait aussi fort que le blond toujours chatouillé.

– Au secouuuuuurs hahahahaha.

La bonne ambiance revint, même si les deux enfants seraient encore plus heureux de partager cette joie des fêtes avec leur maître. Ils espéraient au moins que Camus passait du bon temps avec son petit-ami, ce fameux Milo.


Athènes, Grèce, 24 décembre, 15h

Camus et Milo sortirent ensemble d'un magasin, les bras chargés de cadeaux ayant été préalablement emballés par les bénévoles de la Croix rouge en échange d'un maigre don. Les rues de la capitale grecque affluaient de monde en cette veille de noël, et Milo profita de la cohue générale pour prendre la main du chevalier du Verseau et déposer un chaste baiser sur sa tempe, s'attirant le regard désapprobateur de son partenaire.

– Milo, qu'est-ce que je t'ai dit et répété sur les marques d'affection en public ?

– Et moi je répète aussi que je ne fais rien de mal.

Soupir du français. Milo, son confrère et amant, était indiscutablement têtu.

– Tu m'as manqué Camus, ajouta Milo en poursuivant ses baisers de plus en plus appuyés sur le visage stoïque de son confrère. Je ne t'ai pas vu de depuis des semaines.

– Tu exagères, j'étais là pour son anniversaire.

– C'était il y a un mois et demi. On s'est pas vu depuis sept longues semaines. Sept ! Et tu oses dire que j'exagère ? Camus, est-ce que je t'ai déjà dit combien je t'aimais ? Tu as envie de réentendre mon monologue… mmmmh

– Chut, lui intima Camus qui venait de bâillonner la bouche de son ami avec sa main. Viens, on rentre au Sanctuaire.

Il lui prit la main pour l'emmener rapidement dans une ruelle désertée. De là, ils purent utiliser leurs pouvoirs pour revenir au pied des marches du domaine sacré.


Sibérie orientale, 24 décembre, 19h

Cristal fuyait de manière très voyante le regard inquisiteur que lui lançait Isaak.

– C'est pour ce soir le poisson ?

– Il semblerait.

– On attend de la visite ?

– Je ne crois pas.

– Pourquoi on prépare à manger pour six ?

– J'ai faim aujourd'hui, répondit toujours aussi concisément Cristal.

– Ne devrait-on pas partager avec des gens ? C'est égoïste de garder tout ça pour nous, non ?

– C'est vrai, mais j'ai vraiment très faim ce soir.

– Comme par hasard le soir du réveillon de noël, insista Isaak qui voulait avoir le dernier mot.

– Et oui, il y a des jours comme ça. Isaak, finis d'éplucher les patates, Hyoga a déjà presque fini avec les carottes.

– Ne changez pas de sujet, moi je dis que vous nous cachez quelque chose. Pas vrai Hyoga ?

– Peut-être, répondit nonchalamment le japonais-russe, tout occupé qu'il était à préparer correctement les légumes.

– Je sais que j'ai raison. Même si vous avez dîtes avoir exceptionnellement l'appétit d'un grizzly, nous ne sommes quand même que trois, dont un enfant et un poussin qui ne mange rien.

– Hé, protesta Hyoga. C'est moi le poussin ?

– Bah oui, avec ta ptite tête blonde.

– Ce que je mange me suffit. Toi Isaak, si tu manges trop, tu vas ressembler à un phoque.

– Un mot de plus Hyoga, et je te pique les yeux avec mon oignon.

– Tu veux te battre, défia l'oisillon jaune, carotte en avant en guise d'arme.

– Du calme les garçons. Isaak ! Hyoga ! Ça suffit ! gronda Cristal sans une once d'autorité.

Au moins il réchappait aux questions indiscrètes d'Isaak. Ce gamin était futé, mais Cristal n'avait pas l'intention de gâcher la surprise.


Sanctuaire, Maison du Bélier, Grèce, 24 décembre, 16h

Ses bras et ses jambes enroulés autour de Camus, Milo soupira de bien-être. Les étreintes avec son homme lui avaient tellement manqué. A chacune de ses retrouvailles avec le Verseau, il avait l'impression de l'aimer toujours plus.

– Mû va nous tuer, commenta simplement Camus.

– On t'a déjà dit que t'étais un vrai tue-l'amour, Camus, grogna Milo. Pourquoi tu parles subitement de ce traitre de Mû qui ne répond jamais aux invitations du Grand Pope ?

– Je ne sais pas, peut-être parce qu'on vient de faire l'amour dans son temple.

– Son temple ? Il n'y fout jamais les pieds !

– C'est une question de principe, Milo, répliqua le magicien de glace en caressant les cheveux de son amant.

– Mais il en saura rien. Stresse pas.

– Je ne stresse pas.

– Je n'aurais jamais patienté jusqu'au huitième temple. Celui là est inoccupé alors où est le mal ? J'avais trop envie de toi, Camus – ton plus doucereux de Milo qui tendit ses lèvres en demande d'un baiser que lui accorda volontiers le Verseau.

– Moi aussi tu m'as manqué, Milo.

– Tu devrais passer plus souvent.

– J'ai des responsabilités en Sibérie.

– T'as bien un pote qui s'occupe des petiots, non ?

– Cristal a aussi à faire. Et d'ailleurs, on devrait les rejoindre, non ?

– Mais c'est que quatre heures de l'après-midi. Je veux encore profiter de toi.

– Le décalage horaire, Milo, signala Camus en levant les yeux au ciel. C'est déjà huit du soir là-bas.

– Il fait froid ?

– Non, on se croirait sur une île tropicale, répondit sarcastiquement le onzième gardien.

– Ok j'ai compris. Je vais voir s'il y a des vêtements chauds par ici.


Sibérie orientale, 24 décembre, 20h

– Isaak, tu veux bien aller ouvrir ? ordonna Cristal qui surveillait la cuisson du poisson.

– D'accord, d'accord, soupira le finlandais. Je suppose qu'on vient encore nous taxer. Les gens pourraient mieux anticiper leurs provisions.

– C'est bien de partager, non ? demanda Hyoga.

Le blond se souvenait de ces rudes hivers où sa mère donnait un peu de sa soupe au poulet et légumes aux voisins d'en bas qui étaient dans le besoin et ne pouvaient pas s'acheter de la viande. Nouveau piquement des yeux. Hyoga essuya ses larmes naissantes pour ne pas qu'Isaak se moque encore de lui et le traite de bébé. Mais pourtant, même après trois ans, le souvenir de sa mère était toujours aussi vif, et sa mort qu'il revoyait encore et encore dans ses rêves était un déchirement. Son maître Camus calmait certes ses pleurs en lui offrant du chocolat chaud, mais il avait également des paroles froides et tranchantes comme quoi il devait laisser le passé derrière lui. Mais comment faire ? Le souvenir de sa maman était certes douloureux mais essentiel pour lui. Il préférait s'en rappeler en souffrant que l'oublier.

Hyoga serra dans sa main le rosaire dissimulé dans ses vêtements lorsqu'une qu'une exclamation de joie le sortit de ses pensées nostalgiques. Isaak venait juste de se jeter sur leur visiteur.

– Maître Camus, vous êtes là. J'en étais sûr, je suis trop content.

– Isaak, un peu de tenue ! le somma le chevalier d'or, non sans un sourire doux, sa main posée sur la tête de l'enfant.

– Vous êtes venus avec une momie ? demanda l'enfant en remarquant la personne derrière Camus, ensevelie sous une couche impressionnante de vêtements.

– Tu sais ce qu'elle te dit, la momie ? grogna Milo qui grelottait tout de même.

– Isaak ! gronda le Verseau. Sois plus poli avec mon ami.

– Je précise que je suis bien plus que son ami, ne put s'empêcher d'ajouter le Scorpion.

– Milo, tu vas pas t'y mettre aussi. Viens, on rentre. Je vais te présenter.

Lorsque Milo se débarrassa de ses nombreux apparats, Hyoga, qui était resté en retrait, lisant tranquillement sur le canapé, fut subjugué par ce nouvel arrivant. Il se dégageait de lui quelque chose de terriblement captivant et il ne pouvait détacher son regard. Se sentant observé, Milo sourit au second enfant avant de s'approcher. Lui au moins ne semblait pas hostile, contrairement au dénommé Isaak qui était toujours accroché à son maître et lui tira la langue lorsqu'il eut le dos tourné.

– Salut ptit blond. Milo du Scorpion. Tu t'en souviendras ? Attends, je vais te l'écrire pour que tu n'oublies pas.

Milo repéra un stylo posé par là et commença à dédicacer le livre que Hyoga était en train de lire.

– Milo ! l'arrêta Camus. N'écris pas dans les livres. Ça va pas, non !

– C'est pour que le gamin ne m'oublie pas. Oh, et puis il aura qu'à dire que c'est une dédicace de l'auteur. Un certain… Strougatski ? En quoi est-ce si différent de Scorpio Milo ?

– Par pitié, ne commence pas à te donner en spectacle devant mes disciples, supplia presque Camus. Je vois que la table est mise. Viens, on va voir si Cristal a besoin d'aide. Tu sais qu'on ne doit pas traîner.

– Vous ne restez pas avec nous ce soir ? demanda Isaak, la mine attristée.

– Je regrette, mais nous devons impérativement assister au buffet de noël du Grand Pope. Il y a quatre heures de décalage horaire. On doit partir d'ici à vingt-trois heures au plus tard. Mais on reviendra demain.

– Moi qui avait espéré que vous passeriez la nuit de noël avec nous cette année. Vous êtes notre plus beau cadeau.

Pour toute réponse à cette touchante déclaration, Camus caressa un peu les cheveux d'Isaak qui n'avait pas sorti ses bras de sa taille. Parmi ses deux disciples, Isaak était celui qui était le plus proche de lui. Il l'avait sur les bras depuis plus longtemps que Hyoga et il s'en était occupé seul pendant un an avant l'arrivée du blond. Par ailleurs, Hyoga s'était toujours montré plus distant, enlisé dans un deuil qu'il ne parvenait pas à faire et devant lequel Camus se sentait complètement impuissant. Il avait lu des ouvrages sur le sujet, mais aucune méthode ne semblait fonctionner sur Hyoga. Il n'y avait plus qu'à espérer que le temps fasse son effet.


Sibérie orientale, 24 décembre, 22h

– Comment tu as rencontré maître Camus ?

– Je suis un ange descendu du ciel pour l'aimer.

– Comment tu as fait pour séduire maître Camus ?

– Je lui ai donné la moitié de ma barre chocolatée au gouter.

– Comment tu as obtenu l'armure du Scorpion ?

– J'ai fait un croche-patte à mon maître.

– Est-ce qu'il fait froid dans les étoiles d'où tu viens ?

– Moins froid que dans ce pays en tout cas.

– Milo, tonna la voix courroucée de Camus. Arrête de raconter des bêtises à Hyoga.

– C'est lui qui demande. Je me dois d'instruire ce blondin, dit Milo en frottant la tête du jeune russe. Je crois que je lui plais. Attention Camus, la concurrence est rude.

Camus leva les yeux au ciel tandis qu'Isaak continuait de fusiller Milo du regard. Définitivement, il n'aimait ce blanc-bec. Tout dans son comportement n'avait rien à voir avec son digne maître, élégant et érudit, qui parlait toujours intelligemment et ne racontait jamais des salades. En deux heures, Isaak avait eu le temps de dépeindre un tableau peu glorieux de son partenaire de vie. Mais définitivement, qu'est-ce que Camus lui trouvait, hein ? Et pareil pour Hyoga qui ne regardait que lui, pendu à ses lèvres. D'abord timide, le blond s'était peu à peu ouvert à leur invité qui était on ne peut plus engageant et sympathique au premier abord. Une tactique de kidnappeur d'enfant ça. Isaak n'était pas dupe, mais Hyoga se faisait avoir en beauté.

– Camus, c'est l'heure, l'informa Cristal.

– Oui, on doit y aller.

– Quoi ? Mais vous avez dit que vous ne partiriez qu'à onze heures, protesta Isaak. Ce n'est pas l'heure, maître Camus. Restez encore un peu avec nous.

– Isaak, dit Camus.

– Oui ? tête baissée du finlandais déçu.

– Va mettre ton manteau et tes bottes. Nous sortons. Toi aussi Hyoga.

– Je suis obligé de venir ? demanda Milo en grimaçant.

– Oui. Va t'habiller toi aussi, Milo.

Regard penaud du Scorpion et d'incompréhension des enfants. Cristal fut le seul à rester chez lui, débarrassant la table et leur sommant d'être prudent.

A l'extérieur, il avait cessé de neiger, mais le froid était mordant et la nuit noire. Camus et Milo tenaient une lampe d'une main, et chacun d'eux avaient pris la main d'un des enfants pour ne pas les perdre. Naturellement, Isaak s'était jeté sur son maître, ne souhaitant nullement toucher l'autre chevalier, ce qui ne dérangea pas du tout Hyoga, bien au contraire.

– Ta main est chaude, dit tout bas Hyoga à Milo.

– C'est parce que je suis un Scorpion bouillonnant, sourit Milo de toute ses dents.

– Elle me rappelle celle de ma maman.

– Hé, j'ai pas des mains de bonne femme moi. J'suis un mec, un vrai !

– Milo ! l'interrompit Camus. Avance, je ne veux pas qu'on s'attarde.

– Mais c'est vrai…

– On avance ! ordonna plus sèchement le Verseau.

– Où est-ce qu'on va ? demanda Isaak.

– On a une petite surprise à vous montrer.

Camus tourna vers Milo un visage froid en signe d'avertissement. Maintenant, il avait intérêt à la boucler. Il aimerait autant que possible éviter le sujet sensible de la mère de Hyoga le soir de noël. Peut-être qu'il aurait dû le prévenir. Quoiqu'il en soit, il devrait lui parler pour qu'il ne refasse pas la même erreur.

Ils marchèrent une bonne vingtaine de minutes en soutenant les enfants fatigués de leur journée.

– On arrive les garçons. Fermez les yeux, dit Camus.

– Mais on va tomber.

– Raaaah, faut toujours que les mômes se plaignent de tout de nos jours. Allez, viens là toi.

Milo attrapa Hyoga sans crier gare, le calant sur son épaule. Le blond s'accrocha aux boucles bleues du Scorpion et cacha son visage dans sa touffe.

– Et ne morve pas dans mes cheveux, microbe.

Camus fit de même avec Isaak en le prenant dans ses bras. Il l'incita à réfugier son visage dans son épaule pour cacher ses yeux. Les deux garçons avaient beau avoir déjà dix ans, ils restaient encore bien petits par rapport aux deux chevaliers qui dépassaient le mètre quatre-vingt.

Encore vingt minutes de marche supplémentaire et Camus leur permit enfin d'ouvrir les yeux. De la fine neige semblable à de la poussière, brillante comme des diamants, avait commencé à tomber.

L'obscurité nocturne avait en partie disparu. Dans le ciel noir s'étendait des lumières étincelantes. Les garçons et même Milo ne purent s'empêcher d'émettre un « ouah » admiratif. Milo, qui avait toujours vécu en Grèce, n'avait jamais été témoin d'un tel phénomène. Ni Isaak et Hyoga, pourtant issus de contrées nordiques, n'avaient eu l'opportunité d'assister à la magnificence d'une aurore boréale. Des lumières verdoyantes sublimaient le ciel de Sibérie, subjuguant ses spectateurs.

– C'est magnifique, commenta finalement Hyoga.

– Vous savez ce que c'est, les garçons ? demanda Camus.

– Oui, c'est une aurore polaire, autrement appelle aurore boréale, répondit Isaak tout fier de connaître la réponse à la question de son maître. Comme tout ce qui régit notre Terre, l'atmosphère terrestre est aussi faite d'atome et ce sont eux qui sont responsables de ces couleurs.

– Ecoutez-le le premier la classe ! nargua Milo d'un ton moqueur.

– Milo ! gronda Camus. Tu n'as pas bientôt fini de chambrer mes disciples ? C'est très bien Isaak. Hyoga, quelque chose à ajouter sur les aurores boréales ?

– Elles ne se manifestent que dans l'hémisphère nord. Dans l'hémisphère sud, on parle d'aurore australe. L'un ou l'autre, ces phénomènes se produisent dans les régions proches des pôles magnétiques.

– Et bien… long sifflement admiratif du Scorpion. Ils connaissent bien leurs leçons les cannetons. Vous en savez plus que moi.

– Tu devrais lire de temps en temps, Milo.

– Moi ? Bouquiner ? ricana le Scorpion, faisant encore une fois lever les yeux au ciel du Verseau.

– Regardez les garçons, reprit Camus en ignorant son compagnon qui de toute façon ne pouvait pas s'empêcher de tout commenter, à quoi vous fait penser la forme des lumières ?

– On dirait un oiseau… commença Isaak en plissant les yeux.

– C'est un cygne !

– Tout à fait Hyoga. La constellation du Cygne est propre à cette région et elle est porteuse d'espoir d'une vie plus facile. Les gens d'ici la regardent comme une issue à cette terre gelée.

– Comment ça ?

– C'est un mythe qui dit que la constellation du Cygne représente des ailes déployées au-dessus d'une rivière d'étoiles. Les ailes reposent sur deux roches, formant un pont au-dessus de cette rivière, et reliant deux mondes. La terre gelée de Sibérie et l'extérieur, où le climat est plus doux et moins rugueux.

– Si la vie est si dure ici, pourquoi est-ce que les gens restent ? Pourquoi ils ne se servent pas du cygne pour franchir le pont vers une vie plus douce ? demanda Hyoga.

– C'est un mythe, ptit gars, ajouta Milo. Ce pont n'existe que dans l'esprit des gens. L'espoir ne permet pas de partir, il permet juste de rêver. Pour partir, il faut se bouger le c…

– Les gens restent parce qu'ils aiment cette terre, s'empressa d'expliquer Camus pour couper Milo qui était sur le point de dire un mot déplacé devant des enfants. Le monde extérieur est certes plus facile à vivre, mais les gens d'ailleurs ont-ils la chance d'assister à ça ? - grand mouvement du bras pour désigner le paysage lumineux - Ces aurores boréales, cette poussière de diamant qui tombe du ciel, ce paysage d'exception n'est-il pas aussi enviable que n'importe où ailleurs ?

– Si, maître Camus, dirent en cœur les deux enfants qui sentaient leurs paupières s'alourdir et resserrèrent leurs bras autour de l'adulte qui les portait.

– Il n'empêche que je préfère le soleil et la chaleur, marmonna Milo qui commençait à grelotter à force de faire le pied de grue.

Sentant qu'il était en train de prendre son crâne pour un oreiller, Milo fit descendre Hyoga de sur son épaule pour la caler contre sa hanche. Immédiatement, la petite tête blonde se posa sur sa poitrine.

– Isaak, Hyoga, reprit Camus. Vous êtes en concurrence pour l'amure de bronze du Cygne. Un jour, l'un de vous représentera cet espoir envers les habitants de cette région. Isaak, tu viens de Finlande, Hyoga du Japon. Quelque soit votre terre d'origine, vous ne devrez jamais oublier cette région et vous faire un devoir de revenir pour la défendre.

– Je croyais que les chevaliers protégeaient la Terre entière, dit Isaak.

– Oui, mais le Cygne a la particularité de veiller sur cette terre abandonnée de tous, qu'on dit n'être qu'un désert de glace sans intérêt. Regardez autour de vous, est-ce que vous pensez vraiment qu'elle mérite d'être négligée ? Les gens d'ici le savent et c'est pour continuer à la faire vivre qu'ils restent, même si la vie y est dure.

– Glaglaglaglaglagla… je crois que j'aime quand même mieux la Grèce, grelottait complètement Milo maintenant. Camus, on va être en retard.

Tandis que Milo commençait à gesticuler sur place dans l'espoir de se réchauffer, les deux garçons étaient pendus aux lèvres de leur maître. Camus avait une voix grave, calme et reposante. Ils adoraient lorsqu'il racontait des histoires. Leur tuteur était un puit de connaissance et les enfants qu'ils étaient croyaient naïvement qu'il savait tout sur tout. Dans ces moments-là, Hyoga ne pensait plus à sa mère, mais plutôt au fait que sa vie n'était pas si mal avec son maître, son meilleur ami, le seigneur Cristal, et même Milo qu'il trouvait amusant. Il n'avait pas tellement l'intention de revêtir l'armure du Cygne. Isaak était meilleur que lui de toute façon, mais il comptait bien acquérir suffisamment de force pour retrouver le corps de sa mère et lui offrir des funérailles dignes d'elle, cette étoile disparue qui devait veiller sur lui, tout comme le cygne veillait sur la Sibérie.

– Hyoga, viens, dit Camus en tendant son bras libre vers le blond.

Les deux disciples se retrouvèrent chacun pendu sur une hanche de leur maître, leur tête sur ses épaules, offrant un charmant tableau familial. Milo profita d'être libéré pour faire quelques flexions et se frictionner. C'était bien beau ici, certes, mais il ne viendrait pas y vivre. Ça jamais !

Et ils comptaient rester plantés là encore longtemps ? Parce que le temps de ramener les morpions chez eux, ils seraient assurément en retard au banquet et ils allaient rater le discours du Grand Pope. Même si en vrai, il s'en fichait. Milo ne l'écoutait jamais, mais il ne voulait pas avoir d'emmerde !

– La Terre est belle, n'est-ce pas les garçons ? – hochement affirmatif d'Isaak et Hyoga – Si je vous forme, c'est parce que je sens en vous la capacité de la protéger aux côtés de la Déesse Athéna. N'oubliez jamais que servir notre Déesse et la défendre est notre devoir absolu en tant que chevalier. Et je suis fier de vous, vous êtes de bons disciples, travailleurs et talentueux. Vous ferez de bons gardiens de la Terre.

Les petits bras se resserrèrent autour du Verseau, et les yeux des enfants brillèrent d'émotion aux paroles de leur maître habituellement avare en compliment.

– Elle est où la Déesse Athéna ? demanda Hyoga.

– Au Sanctuaire, bien protégée dans son palais au-dessus de la chambre du Grand Pope. Même moi je n'ai jamais eu l'occasion de la rencontrer. Mais lorsque vous la verrez, vous serez subjugués par son aura.

Hyoga se garda bien de dire que l'aura de l'héritière Kido l'avait toujours intrigué. Sans doute une fausse impression. Après tout, il ne l'avait pas connue longtemps. Il s'était probablement trompé. Et puis, cette peste ne pouvait certainement pas être une Déesse protectrice de la Terre.

– Glaglaglaglaglagla…

– Milo, arrête de sautiller comme ça. Si tu brises la glace, tu tomberas dans l'eau glaciale, l'avertit Camus.

– Quoi ? paniqua subitement le Scorpion en se figeant.

– Maître, il y a au moins un mètre de glace, fit remarquer Isaak. Même s'il semble peser lourd et qu'il a mangé le triple de nous ce soir, y a quand même peu de chance qu'il passe à travers.

– Chut, c'est pour le faire marcher, chuchota le français.

– J't'ai entendu, grommela Milo. Et c'est quoi ces sous-entendus. Je suis pas gros !

– On croirait entendre Obélix.

Isaak et Hyoga éclatèrent de rire tandis que Milo fit la moue.

– Je ne pensais pas que tu connaîtrais cette référence.

– Je lis de tout, cher ami. Même des bandes dessinées, surtout si ça vient de mes racines.

– Maître, où se trouve l'armure du Cygne ? demanda Hyoga.

– Va savoir. Son ancien propriétaire l'a cachée quelque part par ici. Lorsque le moment viendra, elle appellera son nouveau porteur et vous saurez la trouver.

– Et c'était qui son ancien porteur ? questionna cette fois Isaak.

– Qui sait ?

– Je suis sûr que vous savez.

– On rentre maintenant. Milo, tu reprends Hyoga ?

– Vous nous cachez quelque chose, maître, insista le finlandais.

– Vous pouvez vous endormir si vous voulez. On vous ramène chez Cristal.

– Répondez-moiiiiii.

Au bout de quinze minutes, le têtu Isaak abandonna enfin et se laissa aller sur l'épaule de son maître. Hyoga, lui, s'était déjà endormi, un de ses poings serrant les vêtements de Milo et l'autre tenant un objet dissimulé sous ses vêtements.

– J'ai cru qu'il s'arrêterait jamais. Je vais en avoir des acouphènes. Camus, comment tu fais pour le supporter ?

– Il est curieux. Je trouve que c'est une qualité.

– En vrai, tu sais qui c'est l'ancien Cygnus, toi ?

– Peut-être, peut-être pas.

– Allez, j'irai pas le répéter. J'suis pas comme toi.

– Tu me traites de rapporteur ?

– Quand on avait six ans, tu es allé dire au Grand Pope que c'était Aiolia et moi qui avions volé toutes les craies de la salle de classe pour faire des marelles.

– Et c'était vrai.

– Mais c'est bien ce que je disais, t'es qu'un rapporteur.

– A cause de vous, on ne pouvait plus étudier correctement.

– Tu ne penses qu'à t'instruire, c'est usant.

– Oui, et j'ai même appris beaucoup de choses en lisant la collection de romans érotiques de mon maître.

– De quoi ? Quelle collection ? Des histoires gays ?

– Oh, de tout. Gays, lesbien, hétéro.

– Où se trouve cette merveille ?

– Dans mon isba.

– On passe la nuit là-bas ? s'excita Milo.

– Et le banquet au Sanctuaire.

– On l'a loupé, Camus. Il est onze heures passé et le temps d'arriver chez Cristal, c'est définitivement foutu pour cette année. Et pour une fois, c'est pas ma faute ! C'est toi qui faisais la leçon à tes disciples.

– Il n'empêche que je suis content de vous avoir montré ça.

– Ok, j'avoue, ça valait le coup de se geler les burnes.

– Chut Milo. Et s'ils t'entendent ?

– Camus, c'est pas des bébés. Tu m'as bien dit qu'ils avaient dix ans.

– Ils en auront onze en début d'année.

– La puberté arrive, mon cher. T'as prévu ça dans tes cours ?

– Mais bien sûr. Anatomie génitale des deux sexes au programme l'année prochaine.

– Besoin d'un partenaire pour une démonstration ?

– MILO !

– Chut, tu vas les réveiller, l'avertit le Scorpion en élargissant son sourire narquois.

– Souvent, tu me désespères, Milo, chuchota hargneusement le français. Heureusement que je n'ai pas à te supporter toute l'année.

Il y eu un lourd silence de plusieurs secondes. Camus sut qu'il avait abordé un sujet sensible. Lui qui ne revenait que très rarement au Sanctuaire, il savait que Milo se languissait de lui. A l'inverse aussi, son indiscipliné et bouillonnant Scorpion lui manquait atrocement. Ils se connaissaient depuis l'enfance, s'aimaient depuis deux ans, s'étaient offert l'un à l'autre depuis un an, mais leurs rencontres restaient bien trop rares et courtes à leur goût.

Camus adorait Milo, mais il était également très attaché à ses disciples qu'il considérait comme ses petits frères, voire même ses enfants. Il avait bien remarqué combien Isaak l'adulait. Le petit finlandais qui ferait n'importe quoi pour qu'il soit fier de lui était touchant. Et Camus aimerait tellement aider Hyoga à surmonter son deuil. Il craignait que le souvenir douloureux de sa mère ne soit un frein à son évolution. Hyoga était attachant aussi, et les deux enfants s'entendaient très bien pour son plus grand bonheur. Il n'y avait pas vraiment de rivalité entre eux. Au contraire même, ils s'entraidaient, même si au final, un seul d'entre eux hériterait de l'armure du Cygne. A ce jour, Isaak semblait être celui qui avait le plus de chance de l'endosser, mais la vie était surprenante par moment. Le destin jouait de drôle de tours.

– Combien de temps encore tu dois les former ? demanda Milo tout bas.

– A moins trois ans.

– Cristal ne peut pas prendre la relève ?

– C'est à moi qu'on a confié cette mission, Milo. Cristal ne fait que m'assister.

– Tu me manques, Camus.

Camus mit la lampe qu'il tenait dans son autre main, celle du bras qui tenait Isaak endormi, et il se saisit de celle de Milo pour la placer au même endroit.

– On n'y voit plus rien, dit Milo.

– Laisse les étoiles nous guider, dit Camus en prenant la main désormais libre du Scorpion. Je t'aime Milo. Merci d'être venu jusqu'ici aujourd'hui. Ça compte beaucoup pour moi.

Milo ne répondit pas mais entremêla ses doigts avec ceux de son amour. Comme Camus n'aimait pas les marques d'affection en public, il profitait de l'obscurité de ce désert de glace, bien différente de l'agitation du Sanctuaire et d'Athènes.


Sibérie orientale, 25 décembre, 0h30

Camus frotta la tête des deux garçons endormis, bien au chaud dans leurs lits, avant de rejoindre Milo et Cristal dans la pièce principale. Le grec observait la décoration de l'isba, notamment l'ensemble de bibelots en cristal dans la vitrine que le propriétaire avait lui-même fabriqués. Cristal n'était d'ailleurs pas son vrai nom. Mais devant l'impossibilité à prononcer le nom russe de cet homme au Sanctuaire, même pour Camus, tout le monde avait commencé à le surnommer Cristal et c'était resté.

– Vous rentez au Sanctuaire ? Il est déjà tard.

– En effet, on est en retard. Il faudra se faufiler discrètement, dit Camus.

– Tu sais que moi et la discrétion, ça fait deux, spécifia Milo.

– T'as vraiment pas envie d'y aller.

– Pas après ce que tu viens de me dire, sourit grandement le Scorpion.

– J'aurais dû me taire.

– Camus, j'ai entretenu ton poêle pendant ton absence. Il devrait faire bon chez toi.

– Merci Cristal. Heureusement que tu es là. Bon, je suppose qu'une remontrance du Grand Pope ne nous tuera pas.

– Tout à fait.

– N'en rajoute pas, Milo. Viens, dit Camus en le tirant vers la sortie.

– Hé attends, mon manteau…

– J'habite à cent mètres. Tu n'as qu'à sprinter.

– Mais je vais glisser.

– C'est toi qui voulais rester, je te rappelle.

– Je me demande vraiment qui est le plus canaille dans notre couple. J'ai des trucs à apprendre de toi.

– Je suis content que tu le réalises, sourit le Verseau. Cristal ?

– Oui ?

– Veille sur les petits. Tu n'auras qu'à les envoyer chez moi demain matin pour qu'ils ouvrent leurs cadeaux. Et tiens, ça c'est pour toi, dit-il en tendant un petit baluchon.

– Il ne fallait pas, Camus.

– Et moi ? Et moi ? sautilla Milo.

– T'as passé l'âge de recevoir des cadeaux.

– Et Cristal alors ? Il est plus vieux que nous.

– Cristal nous a offerts un délicieux repas de réveillon. Il le mérite.

– Pas juste. Moi qui aie acheté un jeu pour les gamins pour qu'ils puissent s'amuser. Parce que toi tu ne leurs offres que des livres.

– J'ai accepté uniquement parce que le Jeu de l'oie se joue rapidement. Et arrête de bouder, tu es un chevalier d'or, nom de nom ! Bonsoir Cristal, salua Camus en poussant son compagnon dehors.

Milo courut, d'abord dans la mauvaise direction, et tomba plusieurs fois avant de se précipiter dans l'isba de Camus et faire un câlin au poêle, puis il se dégagea tout aussi vite en criant de douleur.

– CHAUD ! chouina Milo.

– T'en as d'autres des idées stupides comme ça ?

– Je suis un enfant du soleil, moi. Je n'aime pas le froid. Espèce de sadique. Tu aurais pu me laisser prendre mon manteau.

– Viens, dit doucement Camus en se mettant torse nu. Rien ne vaut la chaleur humaine, non ?

Milo ne se le fit pas dire deux fois. Il retira également son haut et se colla au buste de son homme, l'embrassant passionnément sur le canapé. L'isba n'était éclairée que par la flamme du poêle, donnant une ambiance intime des plus agréable. Impatient de profiter encore de son amant, Milo allongea Camus sur le tapis au sol, sans défaire ses lèvres des siennes.

– Quel impatient tu fais, dit Camus quand il se libéra enfin. Je croyais que la collection secrète de mon maître devait t'inspirer.

– C'est toi qui m'inspires, Camus. Je t'aime.

– Je t'aime moi aussi, Milo. Et comme c'est noël, j'ai envie de t'offrir un cadeau à toi aussi, susurra le maître des glaces en se redressant pour se mettre en position assise. Laisse-moi te montrer ce que j'ai appris de mes lectures éros. Tu risques de pas t'en remettre.

Immédiatement, Camus joignit les gestes à la parole, allongeant Milo sur le dos et commençant à faire glisser son pantalon.

Milo déglutit. Par Athéna, ce qu'il pouvait aimer cet homme plein de surprise. Peut-être qu'il envisagerait quelques petits séjours en Sibérie pour le retrouver plus souvent.


Chez lui, Cristal déballa le balluchon que lui avait donné Camus et y trouva un magnifique cygne en cristal, probablement fait par Camus lui-même. Cette œuvre d'art viendrait compléter sa collection et sera placée au milieu des autres oiseaux majestueux qu'il avait confectionnés.

En le soulevant, Cristal put y lire dessous des mots gravés en français, la langue maternelle de Camus qu'il savait parler.

« Joyeux noël Cygnus

Puisses-tu continuer d'être la passerelle entre ces enfants et leurs destinées,

Et de veiller sur ces magnifiques terres glacées.

Ton ami Aquarius »

Cristal sourit, un peu ému tout de même. Il savait qu'il ne pourrait pas cacher sa vraie identité au légendaire Verseau. Cela faisait plus de dix ans qu'il avait rendu son armure de bronze à ces terres. Cygnus attendait son nouveau porteur, ensevelie dans un de ces murs de glace éternelle. Que ce soit Hyoga ou Isaak, il était content de faire un peu partie de la formation de ces deux garçons.


Note de l'auteur : Merci d'avoir lu

Le mythe que donne Camus sur la constellation du Cygne vient du manga The lost Canvas. Je trouve ce passage brouillon et lourd à lire. J'espère qu'il ne vous a pas essoufflés.

J'aurais aimé que Isaak et Hyoga soient plus jeune dans cet OS. Plutôt dans les 8 ans, mais comme j'écris un Camilo qui ont des rapport intimes, je ne voulais pas trop les rajeunir eux non plus. Ah, les âges dans Saint Seiya…