Date : 21 décembre 2020

Personnages : Hadès & Zeus, pour Arthygold

Univers : Post-Hadès résurrection

Genre : Famille, réflexion

Note de l'auteur : Une entrée un peu différente puisque Zeus n'existe pas réellement dans Saint Seiya, il est juste cité. Son portrait se fait selon ce qu'on peut lire de lui dans la mythologie.

Petit rappel de Mythologie. Hypnos, Dieu du sommeil, endort Zeus à deux reprises sur demande d'Héra. Zeus voulut le jeter du haut de l'Olympe pour cet outrage, mais Nyx s'interposa pour défendre son fiston. Qu'est-ce que j'aime cette image du calme et calculateur Hypnos caché derrière sa môman.

Bonne lecture


Ouvrir son cœur

Du plus loin qu'il s'en souvienne, et ça ne datait assurément pas de la dernière pluie, Hadès n'avait pas le souvenir que son petit frère Zeus arbore un rictus si incrédule, limite mécontent. Pas même lorsqu'il était venu le voir dans sa salle du trône pour lui suggérer une « sortie entre frères ».

– C'était ça ton idée ? grogna le roi de l'Olympe, son aura faisant scintiller les lumières de la brasserie dans laquelle ils se trouvaient.

– J'ai fait en sorte de trouver un compromis, répondit simplement Hadès.

– Tu me rappelles pourquoi j'ai accepté ce rendez-vous au juste ?

– Ça, c'est à toi de me le dire, Zeus.

– Bon alors, tu me rappelles pourquoi tu m'as proposé ça ? T'es tombé sur la tête en te relevant de son cercueil, Dès ?

– Je voulais juste passer du temps avec toi.

– Chez les humains ?

– Dans un lieu neutre, sans qu'aucun autre Dieu en soit là à nous épier.

– Mais chez les humains ! sembla insister Zeus, faisant encore scintiller les lampes.

– Messieurs, les interpella une serveuse tout sourire, heureuse comme une gagnante de loterie de servir ces deux magnifiques clients. Avez-vous fait votre choix ?

– Hydromel, lâcha le Dieu de la foudre en regardant vers le mur pour ne pas croiser les yeux de l'humaine.

– Deux chocolats viennois, commanda alors Hadès. Et soyez généreux avec la crème fouettée. Je paierais un supplément.

Zeus retourna enfin la tête vers son aîné lorsque la serveuse fut suffisamment éloignée.

Le Roi de L'Olympe était indéniablement le plus beau des enfants de Cronos et Rhéa. Une longue chevelure blonde d'or et des yeux aussi bleus et purs que ceux d'Hadès, un visage sans le moindre défaut, lumineux et attirant, habituellement souriant, mais pas cette fois. C'était plutôt Hadès qui arborait un rictus ravi. Contrairement à son cadet, il semblait content d'être là.

– Tu vas voir, c'est bon.

– T'as l'air de t'y connaitre.

– Je m'intéresse au mode de vie des humains depuis la paix. J'ai fait pas mal de voyage avec Poséidon.

– Et bien tu aurais dû venir ici avec lui, et nous, on aurait pu se voir sur l'Olympe.

– Je t'ai expliqué que je ne veux pas prendre le risque de croiser Déméter qui ne me porte pas dans son cœur. Et puis, je me sens jugé là-haut, expliqua Hadès. J'aime autant éviter. Et toi, si tu avais accepté de venir à Elysion...

– Et tomber sur ce sale fourbe d'Hypnos ! Non merci, pas envie de me faire endormir encore une fois.

– Zeus, pendant combien de temps tu vas ressasser ça ? soupira l'aîné. Hypnos te craint, il ne serait certainement pas venu te serrer la main.

– Que ce Dieu inférieur ne vienne pas me toucher. J'aime encore mieux la compagnie des humains qu'une vermine de son espèce. J'espère qu'il y a du bon gibier dans cette ville. Où est-ce que tu m'as dit qu'on était déjà ?

– A Bruxelles, en Belgique. Et tu n'es pas là pour conter fleurette. Aujourd'hui, tu es avec moi. Pas question de flirter.

– Belgique ? Belgique ? Attends que je me souvienne... mais attends, c'est un tout ptit pays ! Franchement Dès, tu aurais pu choisir mieux.

– Ah là là, je reconnais bien mon exigeant petit frère, dit Hadès amusé de la mauvaise foi totale de son cadet. Tu sais, on n'est quand même pas dans un bled avec trois vaches et deux paysans. La Belgique, c'est p't'être pas la Russie, mais c'est pas non plus le Vatican. Je te jute que ça vaut le détour. J'ai eu un petit coup de cœur pour cette ville.

La serveuse leur ramena leur commande. Hadès la gratifia d'un large sourire en lui donnant un généreux pourboire. Elle rougit fortement puis inscrit une série de numéro à l'arrière de la note à régler avant de repartir s'occuper d'autres clients, un peu trop précipitamment pour que ça soit naturel.

Hadès rit un peu de son mélange d'innocence et d'audace. Décidément, depuis que sa nièce Athéna l'avait exorcisé de la haine qui rongeait son cœur, il se plaisait à découvrir et observer les humains de cette époque moderne.

– Elle te plait ? grimaça Zeus.

– Je crois que c'est moi qui lui plais.

– Tu veux te la faire ?

– Zeus, pourquoi tu prends ce ton ?

– Tu viens de me dire de ne pas me chercher une nouvelle maitresse, mais toi tu ne te gènes pas pour courtiser de la donzelle. Décide-toi, Hadès. On flirte oui ou non ?

– Zeus, qu'est-ce que j'ai dit ? sourit le roi des Enfers en prenant une main du blond. Aujourd'hui, on passe du temps tous les deux, entre frères, et avec personne d'autre. Ça me fait vraiment plaisir de passer du temps avec toi. C'est pour ça que je t'ai invité. La serveuse m'a juste amusée. Mais rassure-toi, je n'ai pas l'intention de faire un pas vers cette...

Hadès prit le papier où le numéro de téléphone avait été griffonné avec le nom de l'employée.

– Je n'ai pas l'intention de recontacter cette fameuse Arthy. Mais je vais garder ses coordonnées. On sait jamais, ça pourrait intéresser Eaque. Violate lui a mis un râteau parce qu'elle préfère les femmes, et depuis il déprime et passe son temps à se lamenter chez ses frères. Minos et Rhadamanthe n'en peuvent plus. Ils sont venus se plaindre et exiger qu'on donne à leur petit des vacances forcées pour qu'il puisse se changer les idées.

– L'armée de bras cassés, ricana Zeus. Tu te trimballes des gamins, Dès. Pas étonnant que ma fille t'ait mis ta raclée à chaque guerre sainte. Oh, mais tu vas arrêter de sourire comme un bienheureux ! Je t'insulte là, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué. Tu te crois au-dessus de ça, c'est ça ? Tu m'énerves à toujours prendre tes airs supérieurs. Dois-je te rappeler ta place ? Je suis peut-être ton cadet, mais c'est moi qui vous domine tous.

– Zeus, calme-toi s'il-te-plait, temporisa Hadès sans se départir de son sourire. Pourquoi tu t'énerves ? Je ne te prends pas de haut. Je suis juste heureux d'être là avec toi. On est pas les rois de l'Olympe et des Enfers là, on est juste deux frères qui passent du temps ensemble.

– Mais ma parole, t'as consommé quoi avant de venir ? T'as pris des pilules ? Celles que prenait Déméter à l'époque où Perséphone venait vivre avec toi ?

– S'il-te-plait, Zeus.

Le ton d'Hadès était passé de chaleureux à suppliant. Sa main, qui tenait toujours celle de Zeus, bougea pour entrelacer leurs doigts. Le cadet n'essaya pas de les délier. Il n'était pas en colère, mais il était loin d'être joyeux aussi. Son beau visage neutre n'exprimait rien. Ni regret, ni arrogance, ni joie, ni animosité. Zeus, le puissant roi de l'Olympe, semblait une coquille vide.

Hadès s'attrista de ce constat mais n'en laissa rien paraitre. Il se souvenait de son petit frère, encore jeune prince, si fier d'avoir sauvé sa fratrie de leur père Cronos. Le Zeus de ses souvenirs était curieux, compatissant, radieux, avec ce sourire qui ferait succomber n'importe qui. Hommes, femmes, Dieux, nymphes, mortels, son charme allait de pair avec sa personnalité lumineuse. Où était passé ce jovial blondinet, si adorable et plein de vie ? Le Zeus devant lui semblait las, ennuyé par tout, surtout par son immortalité.

Rien d'étonnant à ce qu'on s'ennuie au bout de quelques milliers d'années. La raison des guerres de Dieux se résumait en un mot : divertissement. Mais chaque Dieu de l'Olympe s'était engagé à maintenir une paix durable entre eux, et pour le moment, aucune autre divinité issue d'une autre mythologie ne venait semer la zizanie.

Zeus languissait, mais Hadès sentait qu'il n'y avait pas que ça. L'état de son petit frère l'inquiétait, et ils étaient aussi là pour qu'il puisse comprendre.

– Relax, t'es sous tension. Tu vas exploser et je n'ai pas très envie que ta foudre abîme cette belle ville.

– J'ai toutes les nymphes que je veux pour me faire des massages. Alors non, je ne suis pas sous tension. Elles me dorlotent, elles me câlinent, elles me font du bien aussi, si tu vois ce que je veux dire. – sourire narquois du plus jeune – J'ai tout ce dont j'ai besoin sur l'Olympe, alors j'ai pas besoin d'un frère qui a subitement été touché par la grâce et qui vienne se manifester pour "passer du temps avec moi". Dés, sache que je suis venu juste parce que tu as insisté. Et parce que j'ai rien d'autres à faire de toute façon.

– Tu t'ennuies bel et bien ?

– Après plus de mille ans, j'ai eu le temps de faire le tour de mon palais doré. Et d'essayer tout ce qui passe, homme et femme, en essayant de me cacher d'Héra bien sûr. Quelle garce celle-là ! Je ne la supporte plus.

– T'es sous tension, Zeus.

– Je te dis que non !

Hadès soupira intérieurement. Il connaissait bien son petit frère, le plus têtu et hargneux d'entre eux. Cette obstination lui avait permis de gagner bien des batailles, mais elle le poursuivait jusque dans sa vie privée.

Hadès avait passé ces derniers siècles dans des cycles de réincarnation et de guerre. Lorsqu'il avait décidé de remonter en Olympe pour saluer sa famille et remercier son cadet d'avoir donné la vie à une fille merveilleuse et forte comme Athéna, l'état du maître des lieux l'avait marqué. Zeus, Dieu de la foudre, semblait complètement éteint. Son instinct de grand frère s'était alors mis en route. C'était aussi pour lui une forme de repentir que d'être soucieux de son entourage.

Il devait savoir ce qu'il n'allait pas avec Zeus. Lassitude ? Mauvaise expérience ? Solitude malgré qu'il soit entouré ? Responsabilité trop dure à porter ? Peut-être un peu tout à la fois.

Hadès ne supportait pas de voir son jeune frère tellement abattu. Et visiblement, personne ne semblait avoir remarqué son état presque alarmant. Zeus cachait sa morosité derrière un masque d'arrogance. Son entourage, ses serviteurs, son épouse, ses maitresses, ses enfants, tous ne le voyaient que comme le puissant et l'invisible Dieu de l'Olympe. Hadès, de son point de vue, ne voyait plus qu'un petit frère ayant perdu le rayonnement qui le caractérisait autrefois, toute la fraicheur de ses jeunes années disparue.

La preuve ultime. Zeus avait accepté cette « sortie entre frère ». Hadès n'avait pas mis longtemps à le convaincre de lever ses fesses de son trône. Même s'il râlait, il était venu. L'ancien Zeus aurait juste ri de cette initiative saugrenue et il lui aurait ordonné de ne plus se présenter devant lui avant un long moment.

– Bois ton chocolat, la chantilly fond, l'incita Hadès en lui lâchant la main à contre-cœur.

– Y a intérêt à ce que ce soit bon, ton truc. Et si je digère mal, tu me donneras ton Dieu du sommeil pendant une journée pour que je le torture à ma guise.

– Laisse Hypnos tranquille, sinon tu t'expliqueras seul devant une Nyx surprotectrice.

– Pff, fifils à maman, pesta Zeus en prenant sa cuillère.


Zeus raclait et raclait encore la moindre petite goutte de sa tasse de chocolat désormais vide, ses yeux bleu azur pétillant d'une lueur qu'Hadès n'avait plus vu depuis longtemps. Amusé, il intercepta la petite serveuse pour lui demander de leur servir deux autres chocolats viennois.

– Alors, ça te plait finalement.

– Mouais... c'est pas mal, répondit le cadet en essayant de paraître peu convaincu.

– Tu sais Zeus, tu n'es pas obligé de mentir avec moi.

– Qu'est-ce que tu racontes ? Je ne mens pas.

– Ce qui me chagrine le plus, c'est que cette image de roi de l'Olympe a complètement empiété sur ton vrai toi.

– Forcément, je suis le roi de l'Olympe. Il n'y a pas d'autre moi.

– Le Zeus de mes souvenirs était différent.

– Et j'étais comment ?

– Un bel homme extravagant, souriant, engageant, téméraire, curieux, un peu fleur bleue aussi.

– Pff, tu parles de nos jeunes années. On évolue avec le temps, Dès.

– Je me souviens aussi d'un jeune souverain optimiste, un tantinet arrogant, mais quoi de plus normal pour celui qui mit fin au règne du terrible Cronos.

– Ah ça, soupira Zeus en faisant un geste de la main, comme s'il s'agissait d'une anecdote sans importante.

– Tu nous as tous sauvés, Zeus.

– Rappelle ça aux autres, surtout à Héra qui ne cesse de me cracher son mépris et organiserait presque des mutineries pour me destituer. Ma propre femme et même les autres ne retiennent de moi que mes quelques relations adultères.

– Oui, je vois, rit jaune Hadès.

Tous savaient qu'il n'y avait pas eu que "quelques" tromperies, mais bien une sacrée floppée, si bien que tout le monde avait arrêté de compter les maitresses, pire encore les héritiers de Zeus. Et ça, c'était sans parler de ses conquêtes masculines moins connues mais tout aussi réelles. S'il voulait être parfaitement objectif, Héra avait toute ses raisons d'être en colère après son mari, mais pas après son roi.

– Hadès, tu n'es pas différent des autres. Tu ne sais ce qu'il en incombe de régner sur l'Olympe. J'ai bâti ce paradis de mes mains, mais un rien peut le faire basculer. Conquérir le monde, conquérir des femmes, tout ça est là pour leur montrer à tous que c'est moi leur roi. Un gage de puissance si tu préfères. Seulement, Héra ne semble pas le comprendre.

Zeus tomba sa tête entre ses mains, semblant fatigué de tout ça.

– J'ai donné à Héra l'amour qu'elle voulait, les enfants qu'elle désirait, un palais majestueux, la place sur le trône à mes côtés, mais tout ce qu'elle voit, c'est mes trahisons. Je lui ai déjà expliquée la raison de mes adultères, elle ne veut rien entendre. Elle est persuadée que je me moque juste d'elle. Je fais ce que je peux pour lui faire plaisir pourtant.

Hadès ne répondit rien, laissant Zeus s'expliquer sur ses actes et sur le poids des responsabilités qu'il portait depuis une éternité.

– Tu penses que je suis un mauvais mari, Dès ? Pfff, comme si tu allais prendre mon parti, souffla Zeus avant même qu'Hadès ne réponde. Toi, tu n'as jamais trompé ta femme. Et tu n'as besoin de rien prouver à tes hommes pour qu'ils te suivent.

– Je ne suis pas contre toi, Zeus, pas plus que je ne suis avec toi. Je ne suis pas là pour juger tes choix. Je ne suis pas là pour dire si tu es un bon ou un mauvais mari, un puissant ou un faible roi. Je suis là pour passer du temps avec mon petit frère. Le soutenir, l'écouter, lui changer les idées car je sens qu'il n'est pas au mieux de sa forme. Et j'ai raison visiblement. T'as l'air au bout du rouleau.

– Tu es bien altruiste, ironisa Zeus. Tu honores assez mal ta réputation de seigneur des ténèbres.

– Je suis le roi des Enfers, un domaine sous-terrestre obligatoire dans l'équilibre du monde, pas un tyran ténébreux... enfin, du moins je n'en suis plus un. J'ai été touché par la grâce comme tu l'as si bien dit, se souvint l'aîné en touchant sa poitrine, là où se situait la seule cicatrice de son corps, la marque du sceptre d'Athéna.

– Et bien tant mieux pour pour toi, maugréa Zeus.

– Je devrais d'ailleurs t'en remercier.

– C'est pas moi qui ai exorcisé tes démons.

– Non, mais c'est ta fille. Donc indirectement, c'est grâce à toi qui a donné naissance à une déesse incroyablement forte et bonne. Et tu sais quoi ?

Hadès repris la main de son frère dans la sienne.

– Je trouve qu'Athéna ressemble beaucoup à son père.

– Tais-toi, Hadès.

– Zeus, c'est quand exactement la dernière fois que tu as reçu des éloges ?

– Des éloges, j'en reçois tous les jours, dit sarcastiquement le plus jeune en balayant l'atmosphère de sa main. Les nymphes adorent me faire la cour pour que je les emmène au lit, leur accorde des faveurs, leur offre des cadeaux ou que sais-je encore. Je croule sous les compliments, Dès. T'inquiète donc pas pour moi.

– Je parlais de vrais éloges, Zeus. De la gentillesse pure, celle qui est sincère, qui te touche, qui est GRATUITE.

– Je crois qu'Athéna a un peu trop forcé sur la dose d'amour quand elle t'a transpercé. Tu t'entends, Dès ? Ce genre de bienveillance n'existe pas, voyons. Sauf peut-être d'Athéna. Mais bon, ma ptite a bien des choses à faire sur Terre plutôt que de rendre visite à son vieux libidineux de père.

– Zeus, tu te trompes Je me soucie réellement de toi.

– Je ne te crois pas, nia le Dieu de la foudre en se dégageant de la poigne de son aîné. Dès, si on arrêtait toute cette mascarade. Allez, dis-moi maintenant la vraie raison de cette sortie ?

Zeus, coudes sur la table, avait croisé ses mains devant son visage et posé son menton sur ses doigts entrelacés. Ses yeux pétillants avaient disparu. Son masque d'impassibilité était de retour. Il attendait une réponse immédiate.

– Je veux passer du temps avec toi, petit frère. Je veux me faire pardonner ces milliers d'années où ma haine envers l'humanité m'a fait m'éloigner de ma famille, en particulier de mes deux frères. Je veux qu'on se côtoie comme des frères le feraient. Je ne veux rien en échange, Zeus, je te le promets. Je t'aime. Je n'ai rien sur moi pour te prouver que je suis sincère. Je te demande juste de me croire, de me faire confiance, de t'appuyer sur moi si tu ressens trop de pression sur ton trône. On est une famille, Zeus, pas juste des rois. On ne doit pas se faire la guerre, on doit s'entraider.

Zeus ne disait rien. Il écoutait simplement, le visage limpide, déserté de toute émotion. Hadès espérait parvenir à le toucher, que ses paroles fassent leur bout de chemin et finissent par l'atteindre. Peut-être pas aujourd'hui, mais plus tard. Zeus devait savoir, intégrer l'idée qu'il pouvait compter sur son aîné.

Le Dieu des Enfers tendit ses mains pour reprendre encore celles de son cadet qui se laissa faire.

– Si on se faisait régulièrement des sorties comme aujourd'hui ? Tu verras, la Terre que défend ta fille est belle, et les humains ne sont pas si mauvais. C'est en les côtoyant qu'on apprend à les connaitre, et j'ai découvert de belles surprises, comme ces chocolats viennois par exemple.

– Ça j'avoue, c'est une belle découverte, sourit enfin Zeus.

– Et bien tu vois. Et je suis sûr qu'on peut trouver d'autres choses délicieuses dans cette ville. Je crois qu'il y a des marchés gourmands à cette période de l'année. On devrait y aller ensuite.

– C'est où ?

– Je sais pas exactement, mais on pourra toujours deman...

Toc toc toc toc

Hadès fut interrompu par des coups frappés au carreau de la brasserie. Les deux Dieux tournèrent la tête comme les autres clients.

– Hé ho, Seigneur Hadès. Coucou. C'est vous ? C'est bien vous, hein ?

Dire qu'ils sortaient dans une grande ville et qu'ils étaient encore capable de tomber sur des spectres. Quel drôle de hasard ! Et bonjour la discrétion surtout ! Est-ce qu'ils étaient au courant qu'ils beuglaient le nom d'une divinité à voix haute, l'air de rien ?

– C'est qui ces guignols ? s'interrogea Zeus surpris. Tu les connais, Dès ?

– Oui, ils sont de chez moi, sourit Hadès en faisant signe eux deux spectres de les rejoindre.

Un homme aux cheveux argentés suivi d'un autre aux cheveux roses pénétrèrent la brasserie, gais comme des pinsons, excités au possible et en se tenant la main. Ils attitraient clairement l'attention avec les couleurs flashy de leurs tignasses, mais surtout leurs enthousiasmes débordants. Zeus eut même un mouvement de recul lorsqu'ils arrivèrent à leur niveau.

– Quel drôle de hasard de vous trouver ici, Seigneur Hadès, dit l'homme aux cheveux argentés avant de saluer poliment le Dieu blond. Oh, bonjour monsieur. Nous n'allons pas vous ennuyer si vous êtes accompagné.

Est-ce que ces deux humains ne l'avaient pas reconnu, lui, le Dieu des Dieux ?

– Qu'est-ce que vous faîtes ici, Sylphide et Valentine ? demanda Hadès.

– C'est notre jour de repos, et je voulais montrer à Val ma ville natale au moment des fêtes.

– Tu es belge, Sylphide ?

– Oui, et fier de l'être.

– J'avoue, ça vaut le détour, commenta à son tour la Harpie.

– Seigneur Hadès, puisque vous êtes là, vous devez absolument aller voir le marché de la Sainte Catherine. Ou celui de la grande place, ou les deux. Et le palais de la bourse bien sûr. Croyez-moi, vous n'allez pas en revenir.

– Je prends note.

– Nous, on va à la patinoire si le cœur vous en dit. Oh, d'ailleurs on doit se dépêcher, le temps passe trop vite.

– Chaque moment avec toi passe trop vite, mon amour, renchérit Val.

Les deux spectres s'échangèrent un bref baiser avant de sortir tout aussi rapidement qu'ils étaient entrés, laissant les autres clients et les divinités abasourdis, en particulier Zeus.

– Je rêve où ils ne m'ont pas calculé ? semblait offusqué le Dieu blond.

– Sois pas vexé, ils t'ont jamais vu avant. Comment ils pourraient savoir ?

– Mais mon cosmos, enfin ! C'est des spectres, non ? Il sont bien capables de sentir mon aura divine, non ?

– Je crois qu'ils avaient la tête ailleurs, sourit Hadès amusé. Ils avaient l'air bien content de passer du temps ensemble ces deux-là. Si on faisait pareil, Zeus ?

– Je te préviens, je saute pas partout comme ces deux benêts.

– Surement pas, je n'aimerai pas te perdre dans la foule. On y va ? proposé Hadès en tendant à la main à son cadet.

Zeus l'accepta, sans se départir de son rictus boudeur. Hadès l'aida à remettre son manteau et il lui prit le bras pour l'emmener à l'extérieur, non sans un dernier sourire courtois à la gentille serveuse.

– Y a du monde, commenta Zeus en renforçant sa poigne sur le bras de son frère. Trop d'humains.

– Tiens-toi bien à moi. Je ne te lâcherai pas Zeus.

Les yeux bleus d'eau des deux frères se croisèrent.

– Je ne te lâcherai plus jamais, petit-frère.


Peu de temps après cette sortie, Hadès fut étonné de voir débarquer son jeune frère Zeus à Giudecca.

– Et bien, c'est grand chez toi. On s'y perd, dit tranquillement Zeus comme s'il avait été invité.

– Euh… bonjour. Qu'est-ce que tu fais là ?

– Ben quoi ? C'est pas toi qui disais qu'on devrait passer du temps entre frères ?

– Si mais je ne m'attendais pas à te voir venir ici.

Pour sûr que ce lieu sombre et lugubre semblait bien indigne de l'aura lumineuse du Dieu de la foudre.

– Ton Dieu du sommeil n'est pas là ?

– Non, il est à Elysion.

– Tant mieux, je me garde bien de voir sa tronche. Y a une cuisine dans ton palais ?

– Oui, bien sûr, répondit Hadès toujours aussi effaré.

– Très bien. Allez viens, on va faire des gâteaux.

– Des gâteaux ?

– J'ai amené ce qu'il faut.

Hadès n'y comprenait rien. Mais qu'est-ce qui était en train de se passer ? Où était passé le frère méfiant et las de la dernière fois ? Bon, Zeus ne respirait certes pas la joie de vivre, mais son comportement était incompréhensif.

– Tout va bien, Zeus ? s'inquiétait l'aîné.

– Y avait tellement de monde l'autre jour sur Terre qu'on a rien pu acheter. Mais y a un gâteau qui m'a bien plu et j'ai eu envie de le refaire.

– Je peux demander à mes cuisiniers de te le préparer.

– Tu veux pas faire de la pâtisserie avec moi, c'est ça ? sembla s'agacer le Dieu blond.

– Non… enfin si. Mais je ne savais pas que tu aimais bien ça.

– C'est la première fois, haussa les épaules Zeus. Si les humains peuvent le faire, y a pas de raison que j'y arrive pas.

Hadès se garda bien de dire que tout ce qui touchait au domaine culinaire n'était pas si simple que ça. Zeus semblait vraiment décidé et il n'allait pas refuser une initiative venant de son petit frère. Au contraire, même, il était bien content.

Hadès sourit et mena son cadet jusqu'aux cuisines plus qu'équipées de Giudecca. Il demanda aux cuisiniers de quitter les lieux. C'était des âmes défuntes d'anciens professionnels de renommé, toujours aussi efficaces et créatifs même dans la mort.

– Alors, tu veux faire quoi ?

– Cette maison en gâteau qu'on a vu dans une vitrine.

– Tu veux t'attaquer direct à une maison en pain d'épices !

– Ça te dérange ?

– Non, mais habituellement, on commence plutôt par faire des gâteaux au yahourt quand on débute.

– Pfff, Dès, tu sais qui je suis ? soupira Zeus en levant les yeux au ciel. Il n'y a aucun défi trop compliqué pour moi. Hermès est allé m'acheter ce qu'il faut et il m'a dégoté une recette pour faire les murs et le glaçage royal. Ça n'a pas l'air compliqué. Et pas question que je fasse un taudis ! On va faire mon palais sur l'Olympe.

– Rien que ça.

– T'avais autre chose de prévu ?

Hadès sourit et vint embrasser la joue de son frère, étonnant ce dernier.

– J'annulerai tout pour passer du temps avec toi, petit frère. Et puis je suis le roi ici, donc je fais un peu ce que je veux.

– Encore heureux. En me promenant à travers tes prisons, j'ai pu remarquer que tes spectres étaient bien élevés. Tous se sont inclinés devant moi, même les deux zouaves qu'on a croisés sur Terre. D'ailleurs j'ai interrompu leur séance de bécotage. Si tu avais vu la tête qu'ils tiraient. Visiblement, ils ont bien reconnu mon aura cette fois, ils ne savaient pas où se mettre. Après s'être embrassé la bouche, ils ont embrassé le sol tellement ils s'inclinaient. C'était hilarant.

– Personne ici ne va te manquer de respect ici, Zeus, pas même les Dieux jumeaux…

– Eux, je veux pas le voir, trancha Zeus d'un ton qui ne laissait pas de place à la discussion.

Surtout le blond.

– Je sais, je sais, sourit Hadès. J'ai compris que tu n'appréciais pas Hypnos. Rassure-toi, ils ne viennent jamais aux Enfers sauf si je leur ordonne, et c'est à contre-cœur en plus.

– S'ils se tiennent loin de moi, j'envisagerai peut-être de venir te rendre visite de temps en temps puisque tu ne veux pas monter sur l'Olympe.

– Vraiment ? se réjouit le Dieu des Enfers. Tu es toujours le bienvenu ici, Zeus. Et au fait, tu as croisé tes fils ?

– Les juges ? Oui, j'ai vu Minos au premier tribunal. Il est aussi beau que l'était sa mère Europe. Je la revois un peu à travers lui. Rhadamanthe tient plus de moi, moins bellâtre mais bien musclé, et plus grand aussi, bon sang.

– Rhadamanthe ne lésine pas sur l'entrainement.

– T'as pas envie de lui chercher des noises. Enfin, pour un humain, parce que moi je l'écrase comme je veux, le blondin. Et Eaque, il avait pas l'air si déprimé que ça. Il cueillait des fleurs en chantonnant à la deuxième prison.

– Ah oui, il va mieux, le renseigna Hadès. La petite serveuse de Bruxelles lui a plu.

– Hmph, je suppose que c'est bien. Bon allez, on le fait ce gâteau ?

Quelque chose avait changé. Quelque chose avait indéniablement changé chez Zeus.

Hadès ne pouvait s'empêcher de sourire. Des moments comme celui-là, il en avait rêvé depuis la paix. Son frère et lui en train de pâtisser et se chambrer, oubliant presque leur statut de divinité. Il ne manquerait plus que Poséidon pour compléter leur tableau familial.

– Tiens bien les murs, Dès, le temps que le glaçage fige.

– Mets-y la dose, Zeus, ça tiendra jamais sinon. Qu'est-ce qui t'a pris de voir aussi gros pour ta première fois ?

– Contente-toi de tenir et tais-toi. Je me concentre.

Ils se disputèrent la décoration faite avec de la pâte à sucre, des bonbons et autres mets comestibles, des accessoires en plastique, ainsi que du glaçage royal coloré pour faire des dessins sur le palais.

– Franchement Zeus, avoue-le, tu sais pas dessiner, le charia Hadès tout sourire.

– Roh ça va hein ! Je peux apprendre en un rien de temps si je le veux. Oh, et puis tu m'énerves. Je vais décorer mon bonhomme en pain d'épice.

En plus du palais qui semblait sur le point de s'effondrer au moindre effleurage, les deux déités avaient également confectionné des bonhommes avec le reste de leur pâte. Zeus fit le sien blond avec des yeux bleus, à son image, avant de le placer juste devant l'édifice flageolant. Hadès faisait de même avec un autre bonhomme.

– Tu vois, Dès, tu n'avais pas l'air de vraiment réaliser la pression que je porte sur depuis des siècles en tant que roi de l'Olympe. J'ai bâti ce royaume de mes mains, comme ce gâteau. Vu comme ça, on dirait un somptueux palais sans le moindre défaut, et pourtant…

De son doigt, Zeus poussa légèrement leur construction s'effondra complètement, éparpillant les biscuits sur la table et par terre sous le regard estomaqué d'Hadès.

– Un rien suffit à le faire s'effondrer. Je n'ai pas le temps de relâcher la pression. Les olympiens sont de plus en plus durs à gérer. N'importe qui attend de saisir la chance de me destituer et détruire mon paradis. Si je suis si intransigeant, si je tiens à garder cette image de puissance et de pouvoir, c'est parce que l'équilibre que j'ai mis en place est bancal. Tous croient que c'est si simple de gérer tous ces Dieux capricieux, jaloux, orgueilleux. Si je tombe, Dès, une grande guerre des Dieux éclatera pour le pouvoir, et ça pourrait être bel et bien être la fin du monde cette fois. Rien à voir avec tes petites guerres saintes entre toi, Poséidon et Athéna. Tous les olympiens iront de leurs sournoiseries pour prendre le dessus, et les autres, comme Nyx, Eris, Erèbe, Ether, Héméra, voire même Chaos voudront mettre leur grain de sel. Sans parler des Dieux des autres mythologies. J'ai déjà eu des déconvenues avec Osiris ou Susanô. Ma fille Athéna est la seule Déesse protectrice de la Terre. Elle est certes puissante et ses chevaliers aussi, mais seule face à tous, elle n'a aucune chance. Tu m'entends ? AUCUNE. Parfois, j'ai envie de tous les enfermer au Tartare avec notre père, mais l'équilibre serait rompu. Nous avons besoin de tous ces rouspéteurs, sinon la terre souffrirait. Mais je vis en me sentant en permanence menacé, même par ma femme et mes enfants.

Hadès écoutait, muet, estomaqué des révélations de son cadet. L'Olympe qui semblait un véritable paradis n'était en fait qu'une vaste illusion, un lieu où la menace pesait en permanence sur leur souverain, où la moindre faille déclencherait une guerre fratricide, parenticide, infanticide. Un conflit fatal pour le monde.

– Ça a toujours été comme ça ? demanda Hadès.

– Non, pas au début. A la chute de Chronos, tout le monde était content. Mais l'éternité, ça donne des idées à certains, et d'autres suivent, par ennui ou arrogance. Mais tu ne peux pas être au courant, puisque ça fait des milliers d'années que tu joues à la guéguerre avec ma fille.

– Zeus… je suis désolé.

Voilà la raison pour laquelle Zeus accordait finalement si peu de crédit à sa victoire contre Cronos. Passé l'allégresse d'être libérés de ce tyran, tous se retournaient finalement contre leur sauveur. Un scénario identique à bien des guerres humaines. Les Dieux qui se pensaient supérieurs n'étaient finalement pas si différents.

– T'y es pour rien, le rassura Zeus d'un geste de la main.

– Je comprends mieux pourquoi tu sembles si éteint.

– J'avoue, des fois, j'ai envie de tout abandonner. De sauter de L'Olympe, me poster en haut d'une montagne et les regarder se quereller pour ce trône qui est plus un fardeau qu'une bénédiction.

– Qui d'autre est au courant de ça ? Tu n'as pas un allié, une personne de confiance, ne serait-ce qu'un seul sur l'Olympe ?

– J'ai un allié, oui, mais pas sur L'Olympe.

– Ah oui ? C'est déjà bien. Tu ne dois pas garder ça pour toi seul. Qui est-ce ?

Zeus s'essuya les mains et vint spontanément enlacer son grand frère, lequel se raidit, surpris pour la énième fois aujourd'hui.

– A ton avis, qui d'autre à part toi ?

– Zeus…

– J'ai passé ces derniers jours à réfléchir à tes mots. Je suis épuisé, Dès. Je n'en peux plus, et juste quand je me sens sur le point de lâcher prise, tu arrives et tu me chantes tes mots d'amour fraternels. Je n'ai pas voulu y croire parce que je ne fais confiance à personne. Mais bon, je reconnais que j'ai passé un bon moment sur Terre. Ces chocolats viennois étaient bons, tes mots touchants, la serveuse mignonette, et même les deux benêts de spectres étaient amusants. J'ai VRAIMENT passé un bon moment. Ça n'était plus arrivé depuis une éternité.

– Tant mieux, je suis content si j'ai pu te détendre un peu.

– J'ai repensé à nos jeunes années avant que tu ne descendes ici. Ta douceur et ta patience m'ont toujours impressionné. Je crois bien que tu étais mon frère préféré. J'étais assez retourné lorsque tu as perdu la raison, mais je ne pouvais même pas me permettre de t'aider. C'est pour ça que j'ai chargé ma fille la plus vaillante de te combattre. Ça a pris du temps, mais je suis bien content que tu sois redevenu normal.

– Pardon, pardon de ne pas avoir été là pendant si longtemps, s'excusa Hadès, la voix étranglée en rendant son étreinte.

– Bah, je me suis bien débrouillé jusqu'à maintenant. Ils me craignent là-haut, c'est pour ça que je gouverne encore. Je suis à la fois adulé et craint.

– C'est triste.

– C'est comme ça. Parfois, j'envie les humains, leurs vies limitées, et leurs problèmes qui disparaissent en mourant. Surtout que les Enfers semblent assez paisibles en fait.

– Disons qu'on a fait quelques aménagements de peine depuis la paix. Avant, c'était plus funeste comme lieu.

Les deux déités continuaient de s'étreindre sans lâcher prise. Hadès sentit son cadet se détendre entre ses bras. Sa tête se posa même sur son épaule et ses yeux s'étaient fermés.

– Tu es fatigué ?

– Mmmh.

– Tu veux t'allonger un peu dans ma chambre ?

– Pourquoi pas.

– Tu veux qu'Hypnos vienne t'aider à t'endormir ? demanda ironiquement Hadès en riant de sa propre blague.

– Si j'étais pas si épuisé, je ferai tomber la foudre sur toi, grand frère, marmonna le Dieu blond.

Le Dieu des Enfers sentit une tension dans sa poitrine, et cette fois ce n'était pas la cicatrice du sceptre d'Athéna qui pulsait. Quand était-ce la dernière fois que Zeus l'avait appelé « grand frère » ? Ils s'étaient perdus de vu pendant des siècles et des siècles, sombrant chacun de leurs côtés.

– Tout va bien aller, petit frère. Je suis là, nous sommes ensemble. Je t'aime. Merci de m'avoir fait confiance. Merci de m'avoir ouvert ton cœur. Je ne t'abandonnerai jamais.

Zeus marmonna en réponse, déjà à moitié endormi sur son épaule. Hadès le coucha sur son lit et vint s'installer à ses côtés. Il l'embrassa sur son front avant de fermer les yeux lui-aussi.

– Et joyeux noël, comme dirait les humains, murmura Zeus apaisé.