Date : 23 décembre 2020

Personnages : Aspros x Sage, Aspros x Deutéros, pour Miss Silver K

Univers : Canon The lost Canvas

Genre : Angst, romance ?, lemon twincest léger, 18+


Péché de solitude

Sept ans avant la guerre sainte

Sage sortit des thermes la boule au ventre. Jamais il ne s'était senti aussi sale après avoir pris un bain. Mais qu'est-ce qu'il venait de se passer ? Qu'avait-il fait ? Lui, le patriarche de ce domaine sacré, le vétéran de la dernière guerre sainte, l'ancien chevalier d'or du Cancer, un homme de plus de deux cents ans. Deux siècles ! Cet homme-là venait de se taper un gamin de vingt ans. Mais comment a-t-il pu laisser une telle chose se produire ?

La chaleur, ça devait être la faute de la chaleur des thermes. Il ne voyait pas d'autre explication à son comportement déplacé. La chaleur et la solitude. Oui, Sage se sentait très souvent seul. Son bien-aimé frère jumeau vivait loin et était très occupé avec la formation de Shion, son disciple prometteur. Son propre élève Manigoldo, âgé de dix-huit ans maintenant, n'était plus sous sa tutelle depuis deux ans puisqu'il avait obtenu l'armure du Cancer. Si seulement Athéna s'était déjà réincarnée. Instruire sa Déesse l'occuperait, égayerait sa vie qu'il trouvait bien longue et vide. Tellement vide qu'il ressentait le besoin de la remplir avec un jeunot de vingt piges, dans tous les sens du terme.

Sage tremblait. Le froid après son bain s'immisçait en lui. Un drap vint se poser sur les épaules du vieil homme encore nu, ainsi que deux lèvres dans sa nuque. Un violent frisson le parcourut. Son corps qu'il croyait frigide depuis des décennies réagissait. Non, ce n'était pas possible, pas encore. C'était une erreur, un grossière erreur de sa part. Ça ne devait pas se reproduire.

– Arrête Aspros.

– Allons, Grand pope, nous n'avons rien fait de mal.

– Ne m'appelle pas par mon titre dans cette situation.

– Alors comment dois-je vous appeler lorsque nous sommes ensemble comme en ce moment ?

– Apelle-moi Sage... Non, attends, ce qui vient de se passer ne se reproduira plus.

– Votre corps ne semble pas de cet avis, dit malicieusement le gémeau en descendant sa main sur le ventre de son supérieur.

– Arrête, stop, le repoussa Sage. Aspros, c'est mal, je ne veux pas abuser de toi.

– Sage, j'ai vingt ans. Je suis consentant, et je vous aime.

– Non, tu ne m'aimes pas.

– Si, je vous aime, je vous admire, vous êtes mon modèle. Réalisez-vous ? Vous êtes le dirigeant de ce domaine, vous avez déjà vécu une guerre sainte et vous avez survécu. Qui ne serait pas en admiration devant votre personne ?

– Cesse de parler comme si tu savais tout, jeune homme. Lorsque je revois les cadavres de mes anciens compagnons qui voulaient vivre, j'aime autant te dire qu'on se sent coupable d'avoir survécu.

– Vivre est difficile, et sachez que je comprends très bien votre sentiment. Vous apportez tant au territoire de la Déesse Athéna, à tous les apprentis, et à moi-même. Vous m'avez tant inspiré et encouragé pendant mon apprentissage et dans mes débuts. Je n'en serais pas là sans vous. Je veux vous rendre la pareille, je veux prendre soin de vous. S'il-vous-plait. S'il-te-plait, Sage. Laisse-moi faire partie de ta vie, laisse-moi t'aider à te décharger de ce fardeau que tu portes tous les jours. Laisse-moi t'apporter un peu de bien-être. Je ne demande pas que tu m'aimes en retour. Non bien sûr, je me doute que tu ne dois pas t'intéresser à un gamin comme moi.

– Ce n'est pas ça Aspros. Bien sûr que j'ai de l'affection pour toi...

Le vétéran ne put finir sa phrase, sa bouche était déjà assaillie par celle du chevalier. Il devait le repousser, mais il ne pouvait pas. Par Athéna, serait-il devenu si faible avec les années ?

Sa vieille enveloppe charnelle le portait non sans souffrance. Ses articulations n'étaient plus aussi souples que dans ses jeunes années. Sa vue qui lui jouait des tours, et bien d'autres choses encore qu'impliquait sa survie après la dernière guerre sainte, sur ordre de sa Déesse. Très souvent, Sage regrettait d'avoir survécu. Diriger le domaine sacré, gérer les conflits internes, préparer la prochaine guerre sainte étaient une série de tâches lourdes à porter en étant seul aux commandes, sans le moindre assistant.

S'occuper de Manigoldo, cet enfant brisé par la mort, l'aider à s'élever, faire exploser sa vie et son univers intérieur avait été une des meilleures expériences de sa longue existence. Dormir avec ce gamin qui s'accrochait à lui comme si sa vie en dépendait avait inéluctablement chassé sa morosité qui s'était installée d'année en année. Mais maintenant, Manigoldo n'avait plus besoin de lui. Il était un adulte et un chevalier d'or et il se plaisait même à dire qu'il était content de ne plus avoir à supporter ses sermons. Ah, quel chenapan ! Il restait encore le gamin espiègle d'autrefois. Aspros n'avait que deux ans de plus que lui, et pourtant il dégageait autre chose. Toute l'innocence de son enfance avait disparu au profit de grandes ambitions, et il n'hésitait pas utiliser des méthodes malsaines pour y arriver.

Sage le savait, il n'était pas non plus né de la dernière pluie. Il savait que l'ingénieux Aspros l'attirait dans un piège. Le vide laissé par l'indépendance Manigoldo l'avait sévèrement endommagé, et Aspros s'était sans scrupule inséré dans cette faille. Sage le savait, mais c'était tellement bon, tellement agréable d'avoir quelqu'un pour prendre soin de lui, quelqu'un d'aussi attirant qui plus est. Sage succombait. Où était le mal ? Il n'était qu'un homme après tout.

Mais pourquoi aujourd'hui ? Le patriarche avait admirablement résisté à l'épreuve du temps. Alors pourquoi succombait-il maintenant à ce jeunot qui ne s'intéressait pas à lui mais plutôt à sa position ? Sage n'était pas stupide, et il savait observer. Aspros prisait sa place depuis bien des années. Pourquoi s'intéresser de la sorte à un vieillard tel que lui sinon ?

– Tu sais, Aspros. Ma décision quant à mon successeur se fera de façon neutre, l'avertit le patriarche.

– Pourquoi parles-tu de ça ? Tu ne prends pas encore ta retraite ? Tu dois être là pour le retour d'Athéna. Quand je vois ce que tu as fait avec Manigoldo, personne n'est mieux qualifié que toi pour prendre en charge notre Déesse et l'instruire à son devoir.

– Cesse les flatteries, maintenant.

– Tu es un homme comme nous tous, Sage, et tu as besoin de reconnaissance et d'amour. Si personne ne t'en donne à ta juste valeur, alors moi je le ferai. Je t'aime Sage. S'il-te-plait, ne me repousse pas.

Il était fort ce jeune démon, ce vil tentateur qui maintenant comblait sa clavicule de baisers légers et remontait le long de sa mâchoire, tandis que sa main frottait son ventre et descendait plus bas encore. Quel génie tactile. Aspros était incroyablement doué, et très attirant bien sûr.

Dans sa jeunesse, Sage avait un faible pour les hommes vaillant, dominant, rassurant. Lui le timide cadet d'Hakurei aimait se sentir en sécurité dans des bras fiables. Il avait d'ailleurs entretenu une relation avec le valeureux Aeras du Sagittaire. Oh, il n'y avait pas de sentiments entre eux. Ils avaient bien autre chose à penser en période de crise. Mais ils avaient du sexe passionné. Sage s'était complètement laissé choyer par son ancien confrère, comme aujourd'hui avec Aspros. Il n'avait pas tellement changé en deux siècles.

– Aspros, soupira Sage.

– Je t'en prie, laisse-moi te combler, chuchota Aspros à son oreille avant de lécher le lobe du bout de sa langue.

– Aaaaaah… Pas ici.

– Tu as raison, tu mérites la meilleure des couches. Viens.

Il le porta dans ses bras jusqu'à la chambre, le soulevant comme une jeune mariée se faisant amener dans le lit conjugal par son nouvel époux. Existait-il pire humiliation pour lui ? Pourtant, Sage se laissa faire. A peine posé sur son lit, Aspros retira le drap qui le recouvrait, dévoilant sa nudité et son excitation. Aspros sourit à son effet, un sourire mutin et délétère. Il se fichait complètement de lui. Il le savait, pourtant ce fut Sage qui tendit les bras pour l'inciter à le rejoindre.


Plus tard dans la nuit, allongés nus l'un à côté de l'autre, Aspros frottait tendrement le dos de son amant, massant les lombaires mis à mal par le trône et le siège de son bureau, et toutes ces années à porter seul son fardeau. Sage n'était qu'un homme, et parfois il en avait effectivement plein le dos. Cela faisait une éternité que personne ne s'était occupé de lui comme ça. Il avait complètement succombé à Aspros qui maintenant embrassait une de ses épaules, le faisant encore frissonner.

– Je vais partir.

– Tu ne restes pas ? demanda Sage.

– J'aimerai tant, mon amour. Mais je reste le chevalier des Gémeaux et je me dois de garder mon temple. Et puis, je ne veux pas que ta réputation en pâtisse si une de tes cancanières de servantes me surprend au lit avec toi. Je m'en voudrais tellement de ternir ton image que j'en serai capable de me suicider.

En entendant ces mots, Sage se retourna vivement pour venir embrasser son jeune amant.

– Je ne veux jamais t'entendre parler de la sorte, Aspros. Tu as une grande destinée, et ce serait un tel gâchis de mourir comme ça alors que tu es si jeune et brillant.

– Entendre ça de toi me rend heureux, dit le Gémeau en lui retournant un autre baiser. Je te jure que je ne te décevrai pas.

Il se leva et se rhabilla avant de partir du palais, laissant le patriarche anéanti dans ses draps. Mais qu'est-ce qui était en train de penser ? Que tous les Dieux de l'Olympe le blâment. Comment Sage pouvait-il penser, ne serait-ce qu'un instant, qu'Aspros s'intéressait réellement à lui ?


Aspros pénétra son temple en ricanant. Il se moquait purement et simplement de ce nigaud de Manigoldo qu'il venait de croiser dans la maison du Cancer et qui prenait ses grands airs dans son armure doré. Si ce pauvre niais savait qu'il venait de baiser son maître.

L'air se rafraichissait. Il faisait de plus en plus froid en ce mois de décembre. Bientôt arriverait les fêtes de Noël. Aspros devrait trouver un cadeau pour Sage et ainsi lui prouver encore son attachement. Ou plutôt lui faire davantage croire qu'il avait réellement des sentiments pour lui.

Ah, c'était bien moins désagréable que ce qu'il avait imaginé. Le vieux pope restait un bel homme très bien conservé. Il pourrait prendre goût à ses parties de jambes à l'air avec lui. Mais rien ne serait plus jouissif que ses ébats avec la personne qui dormait actuellement dans son lit. Juste observer la ligne parfaite de ses muscles, ce corps musclé, tonique, et surtout JEUNE, réveillait encore son excitation. Comment résister à l'éphèbe à la peau bronzée qui partageait sa couche depuis cinq ans ?

Aspros se dénuda une nouvelle fois et s'allongea près de son véritable amant, celui qui était si cher à son cœur, celui qu'il aimait véritablement et qui se réveilla en l'entendant bouger à côté de lui. Depuis toujours, son frère jumeau avait le sommeil léger. Rien de plus normal pour lui qui avait vécu dans des conditions déplorables durant toute son enfance et restait constamment sur ses gardes. Dès qu'il avait investi le temple des Gémeaux, Aspros avait discrètement fait venir son frère dans sa demeure, lui offrant un bien meilleur confort de vie. Deutéros lui était reconnaissant, il l'était surement. Sans lui, il dormirait encore dans la saleté et le froid, probablement qu'il serait mort depuis longtemps s'il n'avait pas été là. Deutéros avait besoin de lui, et Aspros l'aimait tellement, son petit frère. C'était pour lui qu'il charmait un vieux croupi de solitude, pour se donner plus de chance de devenir Grand Pope et enfin afficher Deutéros en pleine lumière, à ses côtés.

– Aspros… dit la voix ensommeillée de Deutéros.

– Chut, rendors-toi.

– Tu rentres tard.

– J'étais occupé au palais, avec le Grand Pope.

– Aspros, tu ne fais rien de répréhensible j'espère ?

– Tu es jaloux, mon cher frère ? demanda sournoisement l'aîné en embrassant les joues de son jumeau.

– Je suis inquiet. Tu agis étrangement, grand frère. Je ne veux pas que tu fasses quelque chose d'insensé.

Comme avec Sage, Aspros fit taire son jumeau en l'embrassant, se penchant davantage pour s'appuyer sur lui.

– Tout ce que je fais, je le fais pour notre rêve. Fais-moi confiance, Deutéros, et surtout retiens bien qu'il n'y a que moi qui t'aime.

– Je t'aime aussi Aspros, mais…

– Alors ne pose pas de question et embrasse-moi.

L'aîné se déplaça pour s'allonger complètement sur son jumeau et l'embrasser directement avec ardeur. Il ondula son bassin, faisant frotter leurs virilités l'une contre l'autre jusqu'à les monter au garde à vous. Deutéros gémit et suivit le mouvement malgré les suspicions qu'il portait toujours envers Aspros. Son frère savait diablement bien s'y prendre pour l'exciter, et lui répondait toujours à ses attentions, quand bien même il venait de le réveiller au beau milieu de la nuit.

Le cadet ne souhaitait pas contrarier le porteur de l'armure des Gémeaux. Aspros savait se montrer convaincant, et lorsqu'il désirait quelque chose, même une relation sexuelle, peu importe le moment, il l'obtenait toujours. Manipulateur dans l'âme. Deutéros le savait, mais il l'aimait. Ô par Athéna, qu'est-ce qu'il pouvait l'aimer, et qu'est-ce qu'Aspros était doué pour lui procurer du plaisir.

– Je vais prendre soin de toi, Deutéros, dit lubriquement Aspros en disparaissant sous le drap.

– Aaaaaaaaah, gémit le plus jeune lorsqu'il sentit la bouche de son frère prendre son sexe en bouche.

– Tu es tout crispé, Deutéros. Détends-toi, apprécie. Tu vois que je te fais du bien. Tu vois que je t'aime.

– Aaaah... je t'aime aussi mais...

– Pas de mais, le coupa l'aîné. Tais-toi et apprécie.

Les soupirs s'élevèrent eu même rythme que les coups de langue, et cela devint pire lorsque la main d'Aspros entra aussi en action, pompant le membre déjà bien gâté jusqu'à la libération. Vidé, Deutéros n'eut pas le temps de respirer qu'il sentait déjà un doigt tournoyer autour de son intimité.

– Tu veux faire ça jusqu'au bout ? demanda le cadet.

– Evidemment, y a pas de raison que tu sois le seul à avoir ton feu d'artifice. Je te veux, Deutéros, et je vais te prendre. Pas d'inconvénients ?

Pour tout réponse, Deutéros repoussa complètement les draps, jeta son pantalon par terre d'un mouvement de jambe et releva ses genoux au niveau de sa poitrine, ouvrant l'accès à son frère qui sourit de plus belle.

– J'aime quand tu prends des initiatives comme ça. Tu sais exactement ce qu'il faut faire pour me faire plaisir, Deutéros. Je ne pouvais pas rêver d'un meilleur amant que toi. Je t'aime, tu sais.

Aspros se pencha pour l'embrasser avec ardeur, langue contre langue, les faisant tous les deux saliver. Son érection se frottait le long de la raie de son amant, le faisait se crisper et s'impatienter.

– Dépêche-toi, grogna Deutéros.

– J'aime quand c'est toi qui demandes. Mais mon cher frère, pas question de te prendre sans la moindre préparation, lui dit l'ainé en tendant trois doigts que Deutéros lécha avidement. Humecte-les bien, je vais rentrer les trois de suite. Je t'avoue, je suis assez tendu et pressé, mais je ne veux pas te faire du mal. Je t'aime Deutéros, tu es tout pour moi.

Aspros lui disait ces deux mots bien trop souvent pour que ça paraisse naturel ou sincère, mais Deutéros le croyait. Il n'avait que son frère et personne d'autre dans sa vie. Qu'est-ce qu'il allait devenir s'il perdait l'amour d'Aspros, lui qui n'était qu'une ombre ? Aspros avait changé depuis l'enfance, mais on changeait tous, non ? Et puis, il n'était pas si mauvais non plus, il ne fallait rien exagérer.

Deutéros faisait son possible pour ignorer l'odeur pestilentiel imprégné sur la peau de son jumeau.

Toujours, Aspros le pénétrait avec douceur après l'avoir longuement préparé. Deutéros n'en sentait pas la moindre douleur, c'était même très agréable de s'unir avec lui, ne faire plus qu'un comme de véritables jumeaux. Leurs deux corps unis remuaient et dansaient ensemble au rythme de leur soupirs. Les "je t'aime" et les noms s'élevèrent dans la chambre, leur offrant une musique qui s'accordait parfaitement à leur ballet érotique. Leurs corps s'emboitaient à la perfection, leurs doigts s'entremêlaient et leurs bouches se trouvèrent encore pour s'embrasser avec passion, même après qu'Aspros ait atteint l'orgasme.

– Je t'aime, petit frère.

– Je t'aime grand-frère.

Son jumeau calé contre lui, Aspros caressait la chevelure de Deutéros semblable à la sienne, sentant les bras de son jumeau enserrer sa taille. Son petit frère avait indéniablement besoin de lui. Aspros était prêt à tout pour lui.

– Au fait, Deutéros. C'est bientôt Noël. Qu'est-ce qui te ferait plaisir ?

– Que tu arrêtes tes manigances.

– Ce n'est pas un cadeau ça.

– Aspros, tu as toutes les qualités pour devenir Grand Pope. Tu es intelligent, tu es gentil, tu es fort. Tu n'as pas besoin d'en faire trop.

– Ne t'occupe pas de ça. Apprécie mes cajoleries, instruis-toi et entraîne-toi pour devenir le chevalier des Gémeaux à ma place. Ah, je sais, je vais acheter une bonne pièce de bœuf et nous ferons un festin. Ça te va ?

– Oui, ça me va, abdiqua Deutéros.

– Je t'aime petit frère. Rien n'est trop beau pour toi, dit Aspros en avec entrain en resserrant son étreinte.

– Je t'aime aussi, grand frère, répondit le cadet en écho, mais sans la même vigueur.

Plus tard dans la nuit, alors qu'Aspros dormait, Deutéros se leva et descendit au sous-sol aménagé en chambre. C'était sa cachette dans sa journée, suffisamment profonde pour que personne ne puisse l'entendre. Là, il tomba à genoux et pleura tout son saoul. Il n'arrivait pas à croire qu'Aspros soit tombé si bas.

Ce double qu'il admirait tant autrefois, si gentil, si juste. Cet amant extraordinaire, prévenant, adroit, soucieux de lui donner du plaisir. Deutéros adorait Aspros, de toute son existence. Il lui donnerait tout. Sa vie, son corps, son âme, justement parce qu'il croyait en lui, du moins jusqu'à aujourd'hui. Leur rapport avait eu un goût différent.

Deutéros n'était pas stupide. Il avait bien compris, reconnu cette odeur de sperme et de sueur qui émanait d'Aspros. Séduire le Pope, coucher avec lui, mais jusqu'où irait encore sa démesurée ambition. Deutéros était déçu, mais surtout trahi par la seule personne qu'il aimait en ce monde.

Il aimait éperdument Aspros, mais son attitude le dégoutait.

Les fêtes de Noël s'annonçaient morose cette année.


Note de l'auteur : Merci d'avoir lu

Encore pardon Silver. Je n'arrive pas à écrire un Deuspros doux dans le canon de l'histoire, justement à cause de ce que devient Aspros. J'ai vraiment trop de peine à écrire un Deutéros qui se fourvoie, essaie de se convaincre lui-même qu'il n'y a pas de gros problème avec Aspros, par amour pour lui, alors qu'il voit très bien ce qu'il en ait réellement.

Et j'aime tellement Sage aussi, je suis triste de ce qui lui arrive ici.