Défi de noël : « Thème de l'enfance »

Défi de noël : « Thème concombre », à interpréter comme bon nous semble.

Défi de noël : « Citation secrète » : vous allez à la recherche d'une phrase ou dialogue déjà présent dans une fic d'un.e des participant.e.s et vous la reprenez et l'utilisez ainsi donc dans votre propre écrit. J'ai choisi des citations des fictions de Koyalau « Deviens un vrai lion » et « Regarde les étoiles dans le ciel ». Celles-ci seront en gras.

Personnages : Aiolia, Milo & Aiolos, Milo x Aiolia

Univers : Canon série origine

Genre : Famille, romance

Note de l'auteur : Je dédie cet OS à Koyalau qui garnit doucement mais sûrement le fandom de MilaAiolia, d'Aiobro tout fluffy (et triste aussi mais ça on n'y peut rien), et qui m'a fait un bel OS d'anniversaire. Merci à toi.

L'histoire est classée tout public, sauf pour la toute dernière partie classée 16+ à cause des allusions au sexe.

Bonne lecture.


Les petits cornichons

14 ans avant la bataille du Sanctuaire

Allongé dans son lit, Aiolos, chevalier d'or du Sagittaire, profitait de ses dernières minutes au calme.

– T'en as pris plus que moi.

– C'est même pas vrai d'abord. On a vingt céréales chacun.

– Tu sais pas compter, gros nul ! Bouh, t'es qu'un gros nul qui sait pas compter.

– T'es vraiment un bébé, Aiolia. Vraiment puéril. Haha, tu vois, j'ai plus de vocabulaire que toi.

– T'es qu'un con, Milo !

Quoi ? Quoi ? Quoi ?

En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, Aiolos se leva de son lit, déterminé à gronder son petit frère pour son langage grossier. Rah, Aiolos savait qu'il regretterait d'avoir accepté de prendre l'apprenti scorpion sous son aile, même pendant quelques jours.

Habituellement, le garçon de six ans s'entrainait avec son maitre sur l'île de Milos et résidait également là-bas. Il ne revenait au Sanctuaire que pour assister aux leçons théoriques qui avaient lieux trois fois par semaine, et qui permettaient aux plus jeunes apprentis d'apprendre à lire, écrire, compter, les enseignements de bases, puis des leçons sur la mythologie et l'astrologie données par le Grand Pope lui-même. Seulement, le chevalier du Scorpion en titre avait été envoyé en mission. Ne pouvant laisser un enfant si jeune se débrouiller, ne pouvant pas non plus le laisser aux dortoirs, il avait demandé à Aiolos s'il voulait bien veiller sur lui le temps de son absence.

Aiolos n'avait pas hésité, ravi de rendre service, tel le vaillant chevalier qu'il était. En plus, Milo et Aiolia se connaissaient bien puisqu'ils assistaient ensemble aux leçons théoriques. Ils avaient d'ores et déjà noué des bons liens d'amitié. Son petit frère semblait tellement content que son copain vienne vivre quelques jours avec eux.

Pour être ravi, il était ravi, mais Aiolos écopait de sacrés maux de crâne. Les deux garçons étaient bruyants et énergiques. Le coucher était un vrai calvaire, les repas aussi. Milo était adorable, mais tout aussi excité que ne l'était Aiolia au quotidien. Ces deux-là s'étaient assurément bien trouvés. Ils enchainaient les bêtises et Aiolos ne parvenait pas à les canaliser.

– Créon, dépêche-toi de rentrer, gémit le Sagittaire en s'engageant dans le couloir.

Les deux garçons qui se disputaient quelques minutes plus tôt semblaient rire maintenant. Décidément, leurs humeurs étaient bien changeantes, digne d'enfants de six ans après tout.

Le jeune chevalier vit alors son petit frère débouler dans le couloir en disant « pipi ». Aiolos se trouvant sur le chemin des toilettes, Aiolia escalada derechef le long de son corps, tel un chaton qui grimpe sur son maître, pour venir lui embrasser la joue.

– Bonjour grand frère, dit-il tout sourire avant de redescendre. Avec Milo, on t'a préparé le petit-déjeuner.

– Oh, c'est très gentil ça, répondit l'aîné en souriant, sa voix trahissant un peu son anxiété. Et c'est quoi ce vilain mot que j'ai entendu tout à l'heure ?

– Pardon, s'excusa le cadet en faisant un câlin serré au Sagittaire. Mais Milo, il est méchant des fois. Il m'a traité de bébé.

– Ce n'est pas une raison, Aiolia. Tu ne dois pas dire des gros mots, je te l'ai déjà dit. Et si Milo te traite de bébé, tu n'as qu'à répondre « c'est celui qui le dit qui l'est ».

– D'accord. Tu vas me punir ?

Aiolia le regardait d'un air coupable, et l'aîné savait déjà qu'il ne pouvait rester fâché contre lui trop longtemps. Il se pencha pour embrasser à son tour le crâne de son petit frère. Comme il pouvait aimer ce garçon, sa seule famille, son petit rayon de soleil.

– Non, pas cette fois, mais fais attention.

– Oui, répondit Aiolia encore penaud, index en bouche, tête basse.

– C'est bien, je suis fier de toi. Allez, va vite aux toilettes. Je vais prendre mon petit-déjeuner

A peine pénétra-t-il dans la cuisine d'une tornade bleu se jeta sur lui. A l'instar d'Aiolia, Milo se serra également contre sa taille, en demande de câlin. Aiolos avait d'abord été surpris de la proximité de l'apprenti scorpion, alors qu'il le connaissait à peine. Souvent en demande d'attention, Aiolos y avait répondu sans la moindre hésitation, rendant son propre petit frère jaloux de Milo eu départ.

Les premiers jours, la cohabitation entre les deux garçons avait été terrible. Le Sagittaire avait dû expliquer à Aiolia qu'il l'aimait toujours très fort, mais que Milo avait aussi droit à de l'attention.

« Et si on lui en donnait tous les deux, hein ? avait suggéré Aiolos face à la mine peu convaincue de son cadet. Comme ça, il sera deux fois plus heureux, et tu m'aiderais beaucoup. »

Enchanté à l'idée d'aider son aîné, Aiolia s'était pris au jeu et câlinait le jeune Milo à outrance. Surtout le soir, les deux garçons dormaient ensemble, collés l'un contre l'autre, après qu'Aiolos leur ait racontés une histoire. C'était son moment favori de la journée. Celui où ces deux adorables bambins se pelotonnaient contre lui, leurs yeux fixés sur le livre qu'il lisait. Très souvent, ils s'endormaient contre lui, et Aiolos les entourait affectueusement de ses bras.

Même s'ils lui donnaient des migraines, il adorait ces deux enfants.

– Milo, qu'est-ce que tu fais ? demanda Aiolos en voyant l'apprenti scorpion mettre un concombre par terre, juste devant l'entrée de la cuisine.

– Je tente une expérience scientifique.

Le Sagittaire ne comprit pas, du moins jusqu'à ce qu'Aiolia ne revienne des toilettes et ne sursaute violemment à la vue du légume déposé juste par terre. Ce n'était pas que de la simple surprise, il semblait réellement terrorisé et se jeta sur son aîné, larmoyant et tremblant.

– C'est donc vrai, les chats ont peur des concombres, s'extasia Milo. Attends un peu que je dise ça à Camus.

– Je te déteste Milo, chouinait Aiolia. Va-t'en, on veut plus de toi ici.

– Aiolia, enfin ! protesta Aiolos. C'était qu'une petite blague. Et ne me dis pas que tu as réellement peur des concombres.

– Tu le défends, grand frère. Tu l'aimes plus que moi, pleura plus fort Aiolia.

– Mais non !

– Bouh, le bébé, renchérit Milo.

– N'en rajoute pas Milo, gronda le Sagittaire qui ne parvenait pas à calmer et la frayeur, et l'anxiété démesurée de son cadet en larmes.

– Il n'avait qu'à pas me traiter de con.

– Mais c'est vrai, t'es qu'un con, Milo. Je te veux plus dans mon lit. Ce soir, tu dors dehors.

– Mais on est en décembre, je vais mourir de froid. Non, je veux pas, commença à pleurer à son tour l'apprenti scorpion.

– Hé, les enfants, calmez-vous.

– OUIIIIINNNNNN, hurlèrent en réponse les deux bambins, donnant encore plus de migraine au Sagittaire.


Au repas de midi, Aiolos servit une salade de concombre aux enfants. Milo la mangea avec appétit, tout fier de montrer qu'il mangeait bien ses légumes et qu'il deviendrait grand plus tard. Aiolos le félicita, le faisait rougir de plaisir, tandis qu'Aiolia ne toucha pas à son assiette, préférant se mettre les rondelles dans les yeux et faire le pitre.

– T'es vraiment puéril, Aiolia.

– Tu sais même pas ce que ça veut dire.

– Si, Camus me l'a dit. Ça veut que tu n'es qu'un gros bébé.

– C'est pas vrai !

– Ne recommencez pas, les garçons, gronda Aiolos. Aiolia, s'il-te-plait. Goute au moins.

– Non, j'aime pas ça. Et puis d'abord, il y a « con » dans le mot concombre, alors ça rend forcément bête.

– C'est toi qui es bête, Aiolia, répliqua Milo. Un jour, je te promets que je te ferais aimer les concombres.

– Ça n'arrivera jamais !

– Je te garantis que tu en mangeras.

– J'en mangerai le jour où tu mangeras de l'ail.

– Berk, c'est pas bon l'ail. Et après on sent mauvais de la bouche.

– Moi j'aime bien l'ail, surtout dans la purée de pomme de terre, répliqua l'apprenti lion tout fier. Hein, grand-frère ?

– Oui effectivement, et c'est excellement pour la santé.

– Mais c'est mauvais pour draguer parce qu'après on pue de la gueule !

– Milo ! le reprit Aiolos. Ton langage.

– Mais c'est mon maître qui me l'a dit.

– Il raconte que des bêtises. Je te parie que je peux draguer qui je veux même après avoir mangé de l'ail.

– Ah ouais ? Ben on verra bien qui est-ce qui drague le mieux. Le mangeur de concombre ou le mangeur d'ail.

– Euh les garçons, vous n'êtes pas un peu jeune pour penser à ce genre de chose… oh et puis laissez tomber. Je vais m'allonger un peu.

Blasé, Aiolos préféra encore s'offrir une petite sieste récupératrice, dans le noir pour faire passer la nouvelle migraine provoquée par les chamailleries des deux enfants. Il s'endormit rapidement, éreinté aussi par les durs entrainements imposés par le Sanctuaire le matin, pendant que les chenapans dont il avait la garde allaient en cours théoriques auprès du Grand Pope.

Plus tard, des coups frappés à la porte de ses appartements le réveillèrent. En se redressant, il remarqua que les deux enfants s'étaient postés de part et d'autre de lui. Ils dormaient et s'accrochaient à sa tunique, pouce en bouche pour Aiolia. Ah là là, le Sagittaire avait vraiment du mal à le défaire de cette manie.

Attendri par ces deux enfants aussi affectueux que turbulents, Aiolos les embrassa tous les deux sur le front avant de remonter la couverture sur eux et aller enfin répondre à son visiteur qui n'était autre que son ami Saga, venu l'informer d'une convocation urgente par le Grand Pope.


– Aiolia, je dois partir en mission, informa Aiolos à son jeune frère qui ne semblait pas comprendre.

– Tu pars faire des courses ? Je peux venir avec toi ? Et Milo aussi ? On fera pas de caprice, promis !

– Non Aiolia, je vais partir plusieurs jours avec Saga. On va rejoindre Créon, le maître de Milo. Sa mission est plus compliquée que prévu.

– Mais… tu reviens quand ?

– Je ne sais pas. Au plus vite, je te le promets.

– Mais… comment je vais faire tout seul ? Et avec Milo, on sait pas faire à manger.

Le jeune Lion commençait à avoir les larmes aux yeux. Aiolos n'avait obtenu son armure que depuis peu et c'était la première fois qu'il partait en mission. Il avait déjà parlé à son jeune frère de son rôle, mais Aiolia, du haut de ses six ans, ne semblait pas avoir réellement saisi le concept de mission.

– Le Grand Pope va vous garder au palais avec son disciple et d'autres apprentis de votre âge, d'autres aspirants aux armures d'or.

– Je veux pas dormir dans la même pièce que ce crâneur de Camus. En plus, le gros Carlos ronfle, et le bizarre Shaka qui dort assis fait flipper.

– Aiolia, s'il-te-plait…

– NON, je veux rester avec toi, grand-frère. S'il-te-plait, je serai sage. Je me disputerai plus avec Milo, et je mangerai mes concombres. S'il-te-plait, grand-frère, me laisse pas.

Aiolia pleurait. Aiolos le prit tendrement dans ses bras pour le rassurer, ému aux larmes lui aussi.

C'était une première également pour lui de s'éloigner quelques temps de son petit frère. Il avait toujours été là, chaque jour depuis sa naissance. Le déchirement était réciproque. C'était bien plus compliqué que ce qu'il avait imaginé de quitter ce jeune garçon qu'il élevait difficilement, ne lui rendait pas toujours la vie facile, mais qu'il aimait au-delà de tout. Ses câlins et ses caprices allaient diablement lui manquer.

– Tu vas faire quoi en mission ?

Me battre probablement

Ah NON, je veux pas, s'écria d'un coup le petit garçon.

Mais Aiolia…

Je veux pas parce que… tu vas mourir sinon… et ça je veux pas.

Cette fois, Aiolia pleurait bel et bien. Son aîné était désemparé. Comment le rassurer, sans non plus lui mentir qu'il mettait sa vie en danger à chaque mission ?

Aiolia, écoute-moi. Si un jour, ou même demain, je viendrai à mourir, lève les yeux au ciel et regarde les étoiles. Tu verras que je vais bien, et que je souris à l'idée de voir quel grand chevalier tu es devenu. Je serais toujours là pour veiller sr toi. On combattra ensemble quoi qu'il arrive.

– Je comprends pas, grand-frère, sanglotait l'enfant. Je veux pas que tu partes.

– Je ne suis jamais loin de toi, Aiolia.


– Aiolos est parti. Il t'a abandonné. Ça veut dire qu'il t'aime plus. C'est trop triste, dit sobrement Milo d'une voix faussement déprimée.

Aiolia, qui avait enfin arrêté de pleurer, reprit de plus belle. Il nicha sa tête dans ses genoux, sur le lit de la chambre qu'il allait partager avec d'autres enfants dans les prochains jours.

– Bravo Milo ! Il était enfin calme, je croyais que j'allais enfin pouvoir lire en paix, et tu le refais pleurer. Félicitation, t'es un as quand il s'agit d'égayer la vie des gens.

– Rah Camus, grogna Milo, je t'ai déjà dit de ne pas utiliser des mots que je ne connais pas. Arrête de faire ton intéressant, monsieur je-sais-tout.

– J'y suis pour rien si ton vocabulaire est limité. Je ne vais pas certainement pas m'abaisser à ton niveau, c'est mauvais pour mes performances intellectuelles. Tiens d'ailleurs, je vais aller à côté de Shaka. Lui au moins, il fait pas de bruit et il est pas aussi bête que vous deux.

– J'suis t'être bête mais toi t'es qu'un méchant, Camus. Beuuuuuh, tira la langue Milo lorsque le jeune français eut le dos tourné. Et Shaka, c'est rien qu'un feignasse qui reste assis toute la journée. C'est mon maître qui dit ça, que ceux qui restent assis sont rien que des feignasses. Bouuuuh, Camus, tu aimes un feignasse !

Mais Camus était déjà parti, laissant l'apprenti scorpion avec Aiolia toujours aussi recroquevillé sur lui-même, inconsolable depuis des heures, sa peluche lion serrée contre lui. Milo s'assit à ses côtés et passa amicalement un bras autour de ses épaules. Immédiatement, le châtain se pelotonna contre lui, en recherche de cette affection que lui donnait habituellement Aiolos. Milo lui caressa tendrement les cheveux. Il aimait bien lorsque Aiolos lui faisait ça. Ça faisait des guilis dans le dos, c'était trop bien.

Je te le dis rien qu'à toi, mais tu seras toujours mon ami, Lia. Je le montrerai pas forcément, mais je serais toujours là pour toi, chaton pleurnicheur.

En guise de réponse, Aiolia s'accrocha à la tunique de Milo.


– Bon alors, tu choisis qui ? demanda Milo.

– Huuuum…

Les deux garçons étaient assis en salle de classe et attendaient le début des cours théoriques de l'après-midi. La plupart des maîtres des apprentis étant en mission, les entrainements physiques étaient suspendus pour le moment, mais pas question de se rouler les pouces. C'était là une excellente opportunité pour remplir la tête de ces enfants et insister sur l'apprentissage de la lecture. Certains comme Aiolia ou Carlos avaient encore du mal.

– C'est pourtant si facile, se vantait régulièrement Camus.

– Non mais écoutez-le, le premier de la classe, le narguait Milo en retour.

Même si en vrai, Milo avait un petit faible pour Camus qu'il trouvait bien joli.

– Moi je drague Camus, et toi Aiolia ? Tu as le choix entre Shaka, Mû et Carlos.

– Je choisi Mû. Il est plus joli que Camus. On dirait presque une fille.

– Bon choix, c'est vrai qu'il est joli. Bon, on est d'accord ? On leur donne un rendez-vous et on doit les embrasser. Celui qui échoue donne son goûter à l'autre pendant une semaine.

– Mais je sais pas comment embrasser, moi.

– C'est comme lorsque Aiolos nous fait des bisous, sauf que c'est sur la bouche. C'est mon maître qui me l'a dit.

– Berk, mais c'est dégueu.

– T'es pas cap ? Tu resteras toujours un bébé si tu n'embrasses pas.

– Non, c'est pas vrai. Je vais le faire !

– On se retrouve après nos rendez-vous à la fontaine. Tu me diras comment c'était et je te dirais comment c'était.

– Je suis sûr que Camus va t'envoyer balader. Il est même pas sympa. Il en a que après Shaka.

– Personne ne me résiste, Aiolia. Je suis un futur Scorpion, et les scorpions, ils séduisent qui ils veulent. C'est mon maître qui me l'a dit.

– Peuh, n'importe quoi ! C'est moi qui vais gagner. Mû est un garçon trop gentil. Il dira jamais non.

A l'heure fixé du rendez-vous, Aiolia se rendit à la fontaine, l'air penaud, les mains dans les poches. Il y retrouva Milo dans le même état.

– Je t'interdis de te moquer, l'avertit l'apprenti scorpion.

– Je le ferai pas.

– Comme tu peux le voir, j'ai pas réussi à draguer Camus.

– Tu as fait quoi ?

– Je me suis assis à côté de lui et je lui ai demandé de m'apprendre des mots. Il a dit qu'il voulait pas perdre son temps et qu'il préférait aller avec Shaka, parce que lui, il est pas bête. Encore ce foutu blond ! Qu'est-ce qu'il a de plus que moi, hein ? Tu peux me le dire, Aiolia ?

– C'est sûr, il t'arrive pas à la cheville. Camus se croit intelligent, mais il a rien compris.

– Merci Aiolia, t'es un vrai ami, pleurnichait presque Milo qui se sentait humilié par celui sur lequel il avait jeté son dévolu. Et de ton côté ?

– Mû voulait pas. Il a dit que c'était Carlos son amoureux. Il parait que plus tard, il s'appellera Aldébaran, comme l'étoile principale de la constellation du Taureau. J'ai voulu insister mais il a dit qu'il allait se plaindre à son maitre pour « harcèlement sexuel ». J'ai pas compris mais ça avait l'air grave. Ça veut dire quoi ?

– Oh j'ai déjà entendu mon maitre recevoir des plaintes pour ça, mais j'ai pas bien compris ce que c'était non plus.

Aiolia vint s'asseoir aux côtés de son ami sur la fontaine et les deux enfants soupirèrent.

– Donc Camus, son amoureux c'est Shaka, et Mû c'est Carlos, conclut Milo.

– Il reste que nous deux qui avons personne. Personne ne veut devenir mon amoureux, et mon grand frère qui revient toujours pas… je veux qu'il revienne.

Cela faisait plus d'une semaine qu'Aiolos était parti. Même si je Grand Pope affirmait qu'il allait bien, Aiolia s'inquiétait atrocement et continuait de sangloter le soir, pouce en bouche, sa peluche lion contre son cœur, à prier Athéna pour le retour de son grand-frère.

– Moi aussi il me manque, dit Milo en passant son bras autour des épaules d'Aiolia. Hé chaton ?

– Hum ?

– Je peux pas remplacer Aiolos, mais si tu veux, je deviens ton amoureux. T'en dis quoi ?

– Quoi ?

– Puisque Mû a choisi le grand dadais, et que Camus préfère le feignasse, ben en fait, ils savent pas ce qu'ils ratent. On est les meilleurs, non ? Alors je veux que tu sois mon amoureux.

– Mais ça veut dire que je dois t'embrasser sur la bouche ?

– Seulement si tu veux.

– Pourquoi pas ? J'ai envie d'essayer.

Les deux enfants s'échangèrent un chaste petit bisous avant de s'éloigner en rougissant.

– Berk, j'aime vraiment pas ça, dit Aiolia écœuré. Les grand, ils font vraiment ça ?

– C'est ce qu'a dit mon maître. Mais ouais, c'est dégueu.

En vrai, les deux enfants avaient été plus troublés qu'ils ne voulaient bien l'admettre, mais ils étaient encore bien trop jeunes pour comprendre ces guilis ressentis dans leurs ventres.


– Quoi, c'est tout ce que tu as trouvé ? Aiolia, on va rien pouvoir lui acheter avec ça, protesta Milo en regardant les quelques pièces que lui montrait l'apprenti Lion.

– Mais je ne sais pas où Aiolos cache ses sous, et il me reste que ça de mon argent de poche.

Les deux garçons avaient appris le succès de la mission des chevaliers et leur retour prochain. Trop heureux de revoir enfin son grand-frère, Aiolia voulait lui faire un cadeau pour le féliciter d'avoir réussi sa première mission.

– Bon, allons faire un tour au marché. On trouvera peut-être un truc par trop cher.


– Ça fait seize, dit subitement Aiolia.

– Quoi seize ? s'interrogea Milo assis à ses côtés.

– Ça fait seize jours qu'Aiolos est parti.

– T'as vraiment compté ? Je savais même pas que tu savais compter jusque-là.

– T'es qu'un con, Milo.

– J'adore t'embêter, chaton.

Les deux enfants s'étaient postés dehors pour y réviser leurs leçons en attendant le retour des chevaliers de mission. Ils étaient impatients de donner leur petit cadeau à Aiolos.

– Il me manque, dit Aiolia.

– A moi aussi.

– Tu crois que notre cadeau lui plaira ?

– Quel cadeau ? demanda une voix derrière les deux garçons.

Ils se retournèrent vivement avant de se jeter ensemble sur le Sagittaire qui leur souriait. Son armure sur le dos, quelques blessures sur les bras et des pansements sur le visage, hormis cela, Aiolos semblait aller bien.

– Grand frère, grand frère, sanglotait Aiolia en se serrant sur son aîné. Tu es rentré ! Tu m'as manqué, ne me laisse plus jamais. Je t'aime grand-frère.

– Calme-toi, Aiolia.

– Aiolos, s'exclamait aussi Milo qui serrait également la taille du plus vieux. On s'est inquiété pour toi. Et comme promis, j'ai bien pris soin d'Aiolia.

– C'est vrai, Aiolia ? demanda Aiolos.

– Oui… Milo, il était toujours là pour sécher mes larmes. J'ai eu si peur, grand frère. Je veux plus que tu partes.

– Là, calme-toi petit-frère, dit tendrement le Sagittaire en étreignant son cadet. Tu vois que je vais bien, non ? Milo, merci beaucoup d'avoir veillé sur lui.

– A vos ordres, msieur ! C'était un plaisir, j'adore Aiolia.

– C'est rassurant de savoir qu'il a un ami comme toi.

– Et on a un cadeau pour toi, grand frère.

Les enfants tendirent une petite boite grossièrement emballée dans laquelle se trouvait simplement un long ruban rouge.

– Pardon, on avait pas beaucoup d'argent, alors on n'a trouvé que ça, s'excusa le jeune lion en baissant la tête.

– C'est parfait, les garçons. Je suis très touché que vous ayez songé à me faire un cadeau.

Immédiatement, le Sagittaire noua le ruban autour de son front, lui donnant une allure très classe et virile. Il ressemblait à véritable guerrier légendaire.

– On dit que chaque combattant doit se démarquer. Je suis sûr qu'il n'y en a pas deux comme moi qui porte un ruban comme celui-là. Ce sera mon symbole fort. Merci infiniment les garçons, vous avez bien choisi, les remercia Aiolos en les serrant une fois de plus contre lui.


13 ans avant la bataille du Sanctuaire

Les larmes de Milo coulaient abondement. Il n'arrivait pas à y croire. Ce n'était pas possible. Pas lui ! Pas Aiolos ! C'était impensable, complètement impensable.

Aiolos du Sagittaire était l'homme le plus gentil qu'il connaisse. Le grand-frère de son meilleur ami, le vaillant chevalier d'or, le modèle des apprentis, un traitre ? Et pire encore, un traitre mort ? Non, ce n'était pas possible.

Milo se souvenait encore de son séjour chez lui l'année précédente. Probablement les meilleurs moments de sa vie. Déjà parce qu'il pouvait rester avec Aiolia, mais aussi parce que l'affection que lui avait donnée Aiolos avait réchauffé son cœur d'enfant. Il s'était senti bien et intégré dans cette famille. Milo adorait Aiolos comme un grand frère.

Qui allait frotter tendrement sa tignasse maintenant ? Qui allait lui raconter des contes le soir ? Qui allait les border, lui et Aiolia, avant de déposer un baiser sur leur front et leur souhaiter une bonne nuit ?

Lorsque son maître l'avait informé d'une grave affaire au Sanctuaire, les obligeant à rentrer en vitesse au domaine sacré, Milo n'avait pensé qu'à la possibilité de loger encore quelques jours au neuvième temple. Ce fut le choc lorsqu'il apprit ce qu'il se passait vraiment. Le choc lorsqu'il croisa le jeune chevalier du Capricorne, Shura, son armure encore imprégnée du sang d'Aiolos. Le choc lorsqu'il croisa le visage dévasté d'Aiolia. Le choc lorsqu'il entendit les gardes et les apprentis cracher sur l'homme qu'ils admiraient encore hier.

Milo pleurait, recroquevillé sur lui-même dans le temple du Scorpion. Il n'était qu'un orphelin sans famille, sans attache, et pourtant il avait l'impression d'avoir perdu une personne chère. Aiolos était vraiment important pour lui. C'était comme s'il faisait le deuil d'un membre de sa famille. Heureusement, il lui restait Aiolia…

Aiolia, dans quel état devait-il être en ce moment ? Après tout, c'était lui le vrai frère d'Aiolos. C'était avec lui que l'apprenti Lion vivait au quotidien. Avec lui qu'il s'entrainait chaque jour. L'univers entier d'Aiolia venait littéralement de s'effondrer.

Milo se souvenait parfaitement combien son ami était triste lorsqu'Aiolos avait été envoyé plusieurs jours en mission. Quelle devait être sa souffrance maintenant que son grand frère était parti pour toujours, et qu'en plus il était devenu un paria, une ignominie ? Aiolia devait être une épave, à juste titre, et Milo se sentait le devoir de surmonter sa propre peine pour aller le soulager, ne serait-ce qu'un peu.

« Milo, je te confie Aiolia, lui avait dit Aiolos le jour où il était parti pour sa première mission. Vous avez le même âge, mais je sens que tu as les épaules plus solides. Aiolia est fort. Il deviendra, j'en suis sûr, un bien meilleur chevalier que je ne le suis. Mais il est très sensible, et c'est avec toi qu'il s'entend le mieux. Tu comptes beaucoup pour lui. Je suis vraiment content et rassuré qu'il ait un ami comme toi. »

Milo éclata de nouveau en sanglot, expulsant encore sa peine et sa douleur avant de s'essuyer les yeux.

– Je te le promets, Aiolos. Je veillerai toujours sur lui.


12 ans avant la bataille du Sanctuaire

Agé de huit ans, Aiolia, apprenti chevalier, aspirant à l'armure d'or du Lion, avançait dans la salle du trône, le regard fixe et déterminé. Il se présenta devant le Grand Pope et posa respectueusement un genou à terre.

– Vous m'avez fait appeler, Grand Pope ?

– Oui Aiolia, dit le patriarche d'une voix douce que peu lui connaissait, fait assez étrange en soit. Je voulais savoir comment tu allais.

– Je vais bien, merci de vous en soucier.

– J'ai cru comprendre que tu battais tous tes opposants dans l'arène, avec beaucoup de violence.

– N'est-ce pas la règle ? Je me dois d'être le plus fort, de hisser encore plus haut ma puissance afin de me montrer digne d'endosser Leo et enfin laver mon honneur.

– Je comprends le fardeau qui te pèse, Aiolia. Il n'est pas facile d'être le frère d'un traitre.

A ces mots, l'enfant se raidit. Il concevait encore mal que son grand-frère, ce chevalier exemplaire, ait pu trahir le Sanctuaire. Pourtant, les faits étaient là, et tout le monde se plaisait à le lui rappeler, à lui faire payer les fautes d'un autre.

Si au départ, Aiolia voulait encore croire en son aîné, trouver une raison à tout ça, il avait vite changé d'avis à force de subir les brimades et le harcèlement quotidien de ses pairs. Sa naïveté enfantine avait laissé place à un incontrôlable ressentiment.

Progressivement, son amour inexorable pour Aiolos changeait, se transformant en haine. Aiolia avait brûlé chaque souvenir de lui, prouvant ainsi à tous qu'il se détachait totalement de ce traitre et reniait tout lien avec lui. Aiolia n'était pas comme Aiolos. Lui ne trahirait jamais le Sanctuaire.

– Aiolos nous a causés beaucoup de torts, c'est vrai, dit le Grand Pope. Cependant Aiolia, je ne veux pas que tu l'oublies...

– Je m'efforce chaque jour de l'oublier, répondit hargneusement l'apprenti en coupant son supérieur.

Parler de son aîné lui était insupportable et déclenchait en lui une myriade d'émotions négatives, allant de la tristesse au dégout. Aiolia ne voulait plus, plus jamais entendre parler de lui.

– Et tout le Sanctuaire devrait faire de même, poursuivit le plus jeune. Cette erreur n'aurait même pas dû exister…

– Aiolia, je t'en prie, arrête, ordonna doucement le Pope.

– Pardonnez mon langage, Grand Pope, mais j'enrage lorsque je pense à lui. Imaginez-vous seulement ce que je subis par sa faute ?

– Je le sais, Aiolia, et je te sais également assez fort pour surmonter tout cela. Après tout, tu n'es pas n'importe qui.

Le patriarche, ou plutôt Saga, avait envie de dire qu'Aiolia était le frère d'un héros, mais cet aveu ne ferait que plonger l'apprenti dans une rage plus forte encore. Même s'il n'était encore qu'en apprentissage, les légendes disaient bien de se méfier des crocs du féroce Lion.

L'usurpateur se leva de son trône volé et se rapprocha de l'enfant. Il s'accroupit devant lui et posa une main sur son épaule.

– J'ai remarqué que tu remportais tous tes duels dans l'arène.

– Oui, la défaite ne fait pas partie de mon vocabulaire.

– C'est bien, tu es très fort. Je le sens dans ton aura encore immature. Les crocs du Lion sortiront bientôt. Ce jour-là, plus personne ne te vaincra, et Leo te reconnaîtra comme son porteur. Tu as eu un bon professeur.

– Je m'entraîne seul.

– Je sais, mais tu n'as pas tout appris tout seul, Aiolia.

L'apprenti ne répondit pas, préférant se taire pour ne pas laisser sa colère exploser une fois de plus.

– Ecoute Aiolia, ce qu'a fait Aiolos envers le Sanctuaire est impardonnable, certes. Cependant, je ne veux pas que tu oublies qu'il était un bon frère et bon maître. Il t'a élevé alors qu'il était très jeune. Il t'a donné de l'amour, et il t'a appris ce que tu dois savoir sur le cosmos et la puissance des chevaliers. Il a rempli son devoir de tuteur et de professeur. Crois-moi, j'en connais qui n'ont pas eu la même chance que toi.

En disant cela, Saga ne pouvait s'empêcher de penser à son jumeau disparu qu'il avait lâchement abandonné dans une prison mortelle au lieu d'essayer de comprendre son mal-être et l'aider. L'ancien gémeau avait tout foiré avec son propre frère. Un méfait de plus dans sa longue liste de péchés. Par Athéna, Kanon lui manquait atrocement. Avait-il survécu ? Il n'en savait rien. Son corps n'avait pas été retrouvé au Cap sounion, mais il ne sentait son essence cosmique nulle part.

Saga sortit de ses pensées mélancoliques pour reporter de nouveau son attention sur l'apprenti qui le regardait avec incrédulité, comme s'il venait de dire la pire ânerie du monde. Aiolia, le précieux petit-frère de son meilleur ami. Saga ne savait que trop bien combien Aiolos l'adorait. Lorsqu'ils partaient ensemble en mission loin du Sanctuaire, le Sagittaire ne cessait de parler de lui, tel un parent complètement gaga de son enfant. Et il regardait sans se lasser des photos du jeune lion qu'il emmenait partout. Son amour pour son cadet était sans limite et se respirait à des mètres autour de lui. Saga s'en voulait terriblement d'avoir fait exécuter cet homme au cœur pur, d'avoir privé ce jeune garçon de sa seule famille, et en plus d'avoir éveillé en lui une telle aigreur envers Aiolos. Comment Saga pouvait-il survivre alors qu'Aiolos était mort ? Y avait-il réellement une justice en ce monde ?

– Grand Pope ? s'interrogea Aiolia.

– Il n'y avait pas que du négatif. S'il-te-plait Aiolia, je ne te demande pas de l'excuser, mais de garder en toi le souvenir d'un frère aimant, pas celui d'un chevalier déchu, d'accord ? Ne l'oublie pas complètement, car il t'a apporté des choses qui te serviront toute ta vie. Je veux que tu regardes tes souvenirs heureux avec lui avec bienveillance, et non avec colère.

– Je ne sais pas, Grand Pope.

– Fais ce que tu veux de mes paroles. Médite-les le temps qu'il faudra. Le choix final t'appartient complètement. Maintenant, tu peux disposer.

– Grand Pope, s'inclina respectueusement l'apprenti en quittant la salle.

Lorsqu'il quitta la pièce, le Grand Pope ôta son masque, révélant un visage doux imprégné d'une grande tristesse.

– Je suis désolé, mon ami. C'est le moins que je puisse faire pour Aiolia, dit Saga les larmes aux yeux. Si seulement je pouvais mourir, si seulement l'autre me laissait mourir. Je regrette de n'avoir pu te sauver, Aiolos. Pardonne-moi. Moi aussi je t'aimais, je t'aimais éperdument.

Dans les escaliers, Aiolia n'avait pas quitté son air renfrogné, plus en colère même par les mots du Pope. Qu'est-ce qui lui prenait au patriarche ? Lui évoquer Aiolos dont il s'efforçait de se détacher était une torture pour lui.

Bien sûr qu'il se souvenait de son gentil grand-frère. Encore maintenant, il avait bien du mal à associer celui qui l'avait élevé au traitre du Sanctuaire. Pourtant, c'était bien la même personne. Depuis le début, Aiolia avait été berné et manipulé par Aiolos qui jouait les gentils grand frère pour endormir sa vigilance. Quel idiot il avait été ! Aiolia se sentait stupide, et il préférait penser qu'il avait toujours été seul plutôt qu'avec lui.

Lorsqu'il passa le temple du Sagittaire, il accéléra le pas, préférant ne pas s'attarder en ces lieux où il avait connu des moments heureux avec son ainé. Enfin, heureux ? Juste une illusion crée par ce sale traitre.

– Salut chaton, l'interpella une voix moqueuse lorsqu'il arriva au niveau des dortoirs des apprentis.

Milo était adossé à un mur. Il avait bien grandi depuis la dernière fois, et sa silhouette s'était indéniablement raffermie. Il avait huit ans comme lui mais en paraissait dix ou onze.

– Ne m'appelle pas comme ça, grogna Aiolia. On est plus des gamins.

– J'arrêterai le jour où tu deviendras un vrai lion. En attendant, t'es rien qu'un chaton qui siffle après ceux qui l'embêtent.

– T'as p't'être grandi mais tu es toujours aussi con, Milo.

Aiolos n'aimait pas lorsqu'il employait des mots vulgaires, mais Aiolia n'en avait plus rien à foutre maintenant.

– Pfff, je préfère même pas répondre à ce genre de provocation. Je te propose de régler ça à la loyale, demain dans l'arène. Les autres disent que tu les maraves. Ça sera pas si simple avec moi, tu sais.

– J'en attends pas moins de toi, sourit cette fois Aiolia, plutôt excité par ce duel. Enfin, je vais avoir l'impression de m'entrainer sérieusement. Au fait, depuis quand tu es là ?

– Depuis ce matin. Mon maître est parti en mission et donc me voilà. Tu n'arrives pas encore sentir les cosmos ?

– Oh ta gueule! J'ai pas un maître pour me guider, je te signale. Je me démerde tout seul.

Pas de référence à Aiolos qui lui avait enseigné les bases. Milo avait bien remarqué lui-aussi combien son ami avait changé depuis la dernière fois, notamment son visage qui avait perdu toute sa candeur propre à l'enfance, mais il se garda bien de faire la remarque. Aiolia vivait son deuil et ses épreuves à sa manière, et Milo serait juste un soutien.

– J'ai hâte de voir les résultats d'un gars qui s'entraine en roue libre alors, dit Milo en arborant le même sourire combattif que son ami. Si je gagne, tu mangeras des concombres.

– D'accord, et si c'est moi qui gagne, tu mangeras de l'ail.


1 mois après la bataille du Sanctuaire… 16+

Aiolia s'agenouilla devant la pierre tombale que l'on venait d'ériger dans le cimetière aux abords du Sanctuaire. Enfin il pouvait se recueillir, même si Aiolos n'était pas réellement là. Enfin il avait un endroit où il pouvait de nouveau parler à son frère, déposer des fleurs et des offrandes.

– Bonjour grand frère, tu vas bien ? C'est un peu bête de demander ça, rit le Lion. J'ai tellement de choses à te dire. Ça fait treize ans que j'attends de te parler. Je t'ai haï, je t'ai renié, j'ai craché sur ton souvenir. Puis j'ai regretté mes paroles et mon ressentiment envers toi en apprenant la vérité. Je suis passé par toutes les émotions avant de revenir à ma première. Je t'aime grand frère, je t'adore. Dans le fond, j'ai jamais pu oublier le grand frère que tu étais. Tu me manques, tu me manques depuis le jour où tu m'as quitté… ah ben voilà, je pleure, renifla le Lion. Milo va encore se moquer de moi. Tu sais, Milo et moi, on s'entend toujours très bien, trop bien même… oh là là, je rougis maintenant. Changeons de sujet. Tiens, regarde, je t'ai apporté des concombres à la crème au yahourt. Tu adorais ça, n'est-ce pas ? Bon, moi y a pas moyen, je déteste toujours ce légume. Milo a essayé toutes les combinaisons pour me faire aimer, mais rien à faire.

Aiolia sourit en pensant à son ami, qui était devenu bien plus que son ami.

Il reporta son attention sur la pierre tombale qu'il caressa du plat de sa main.

J'espère que tu es fier de moi, grand frère. Tu ne cesseras jamais d'être un modèle pour moi. Je t'aime, dit-il encore en s'approchant pour embrasser la pierre. Je dois y aller. A la prochaine fois.

Il rentra au huitième temple dans lequel il logeait depuis la fin des batailles, celui-ci ayant bien moins reçu de dégâts que le sien. Il croisa Milo qui le rejoignit dans la pièce principale, tout juste vêtu d'un peignoir.

– Salut chaton.

– Tu te lèves à peine ? Il est presque midi ! Après s'être fait battre par une bande de gamins en armure de bronze et après avoir combattu pour le mauvais camp, on pourrait au moins se montrer un peu plus responsable, tu ne crois pas ?

– T'es trop sérieux, Aiolia. Relax, notre Déesse est rentrée au Japon et s'occupe de soigner les gamins, alors on peut bien se permettre un peu de bon temps. Je t'avoue que j'ai très envie de profiter de cette liberté pour m'occuper de toi, dit le Scorpion en se rapprochant de son amant.

Aiolia le laissa s'approcher et embrassa chastement les lèvres de son petit-ami. Le contact ne l'écœurait plus comme lorsqu'il avait six ans. Est-ce que cela l'avait réellement écœuré d'ailleurs ? Milo et lui sortaient ensemble depuis trois ans, et le Lion avait comme la sensation qu'il l'avait toujours aimé et désiré.

– Tu vas bien, Milo ? voulut s'assurer le cinquième gardien.

– Comment ça ?

– Tu encaisses bien le coup ? On s'est fait manipuler en beauté. Beaucoup de nos compagnons sont morts, dont Camus avec qui tu t'entendais bien.

– Va plutôt dire ça à Shaka. Il passe son temps à méditer devant sa tombe. Il joue les impassibles, mais c'est bien lui le plus touché par la mort de notre glaçon national.

– Je ne parle pas de Shaka là, mais de toi.

– Ça va, Lia. Il fait continuer à vivre pour notre Déesse, pour porter l'espoir de ce monde. D'autres combats nous attendent, et penser à ça m'empêche de sombrer dans la mélancolie.

– Grand frère avait raison. Tu as des épaules bien plus solides que moi.

Aiolia sentait ses yeux s'embuer.

– Je regrette Milo. Je regrette tellement. Ma haine envers mon frère qui n'avait lieu d'être. Avoir laissé Saga me toucher de son illusion diabolique et ainsi blesser et ralentir Seiya. Avoir tué injustement Cassios. Avoir laissé les bronzes avancer seul au lieu de les accompagner, essayer de convaincre certains de nos confrères. J'aurais peut-être pu en sauver quelques-uns, comme Shura.

– Je croyais que tu détestais Shura. Après tout, c'est lui qui a mortellement blessé Aiolos.

– Shura n'a fait que son devoir, pensant servir la justice. Je ne peux pas lui en vouloir alors que j'ai moi-même haï et renié Aiolos durant des années. Shura était un fervent et honorable chevalier. Il ne méritait pas de mourir, pas plus que Camus.

– Camus a choisi de mourir pour enseigner l'ultime technique des glaces à Hyoga. C'est son choix. Franchement, il a jamais changé depuis l'époque où on avait six ans. Toujours à crâner et faire son idiot. Jusqu'au bout, il aura pris ses airs supérieurs.

– Milo...

– Chaton...

Les deux hommes s'étreignirent, en demande évidente de tendresse pour oublier les horreurs et erreurs passées.

– Il faut avancer maintenant. Je ne reculerai devant rien dorénavant, déclara Aiolia.

– Ah vraiment ? Tu es prêt à tout ?

– Oui.

– Même à manger des concombres ?

– Pour la millième fois Milo, je n'aime pas ça, soupira le Lion.

– Aujourd'hui, je t'en ai préparé un spécial. Impossible que tu refuses d'y goûter.

– J'aimerai bien voir ça.

– Et bien, juge par toi-même, dit Milo en ouvrant subitement son peignoir. T'en penses quoi ?

– Mais qu'est-ce que...

Entre ses jambes, Milo exhibait un magnifique phallus couleur vert concombre. Mais comment avaient-il réussi à le faire changer de couleur comme ça ?

– Alors, envie de goûter à ce concombre ? demanda le Scorpion d'un ton suave en remuant le bassin.

– Euuuuuuuh… non, trancha net Aiolia.

– Roh allez. Mon chaton, je l'ai fait exprès pour toi.

– Tu vas m'expliquer comme tu as réussi à… lui donner cette couleur ?

– Je l'ai imbibé de blanc d'œuf coloré avec du colorant.

– T'as pas peur que la couleur s'imprègne ? Non parce que là, non merci quoi.

– Hein ? Mais… mon chaton, tu vas pas me faire ça !

– Je n'aime pas les concombres, Milo. Alors remballe-moi ça.

– T'es toujours un bébé, Aiolia.

– C'est celui qui le dit qui l'est, d'abord ! répliqua Aiolia, se souvenant du vieux conseil de son frère.

Le Scorpion, dépité et scotché, sembla réfléchir un instant avant de se reprendre.

– Bon bon, d'accord, j'ai compris. Ton palais n'aime pas le concombre. Je n'essaierai plus jamais de t'en faire passer par la bouche… Mais par l'autre côté, c'est ok ?

Il y eu un blanc gênant avant qu'Aiolia ne lâche sa bombe.

– T'es qu'un con, Milo.

Il pouvait bien se montrer grossier maintenant qu'il était adulte.


Note de l'auteur : Merci d'avoir lu

J'avoue, après la blague du phallus concombre que Milo propose de passer par derrière plutôt que par devant (worst joke ever), je ne savais pas comment finir cet OS, avant de me souvenir de l'insulte que dit Aiolia à Milo depuis l'enfance.

L'histoire peut paraitre assez peu approfondie. J'ai juste écrit, écrit et écrit tout ce qui me passait par la tête, et en vrai, je me suis vachement faite plaisir avec cet OS. Je ne pensais pas que j'aurais le temps d'écrire la scène entre Aiolia et Saga (qui me tenait à cœur, pour montrer que par moment le good Saga reprenait le dessus, mais concrètement ne pouvait rien faire pour arrêter ce que l'autre avait engendré, alors il intervenait ainsi), et aussi la scène où Milo pleure la mort d'Aiolos.

J'avais vu un fanart du jeune Milo qui pleure mais avec un regard fier tout de même. Je me suis demandé qui pleurait Milo avant de penser à Aiolos. Ce pourquoi, en début de chapitre, j'insiste sur le fait que Milo est en demande affection que lui donne bien volontiers Aiolos. N'oublions pas que ce sont des enfants.

Sinon, j'aime l'idée que le maître de Milo lui apprend de la merde. Et j'aime aussi l'idée que le bandeau d'Aiolos est un cadeau de son petit frère.

Je voulais vraiment mettre en avant le ressentiment d'Aiolia lorsqu'il croit qu'Aiolos est un traitre, car c'est l'impression que j'ai eu la première fois que j'ai vu l'anime. Qu'il se souvient effectivement d'un frère fort, patient et aimant, mais juste après il dit « sale traitre ». J'imagine la douleur de Aiolia pris entre ces deux sentiments : son adoration pour son frère et sa haine envers le chevalier déchu qui lui cause bien des brimades et du harcèlement.

Lorsque Milo dit à Aiolia : « Aiolos est parti, il t'a abandonné, ça veut dire qu'il t'aime plus. C'est trop triste », c'est juste que j'imaginais Milo dire ça exactement comme le personnage « Tristesse » du film Vice-versa (et qui dit un truc similaire sur le père de Riley). Pour le coup, c'est sûr, c'est pas rassurant envers Aiolia, mais je rappelle que c'est des gosses et que les boulettes sont normales. Milo voulait faire de l'humour et a bien tout foiré.

Dans la première scène, Aiolia qui a peur du concombre est une petite référence à ces vidéos virales où l'on voit des chats sursauter à cause de concombre posé par terre. Même si l'explication scientifique dit que la peur du chat n'est pas la faute du concombre mais de l'effet surprise.

Je m'excuse si les dialogues de Milo et Aiolia enfants sont difficilement compréhensibles. Les phrases mal construites sont volontaires. Ce sont des mômes de 6 ans.

Comme vous pouvez le voir, on voit dans cet OS un semblant de Camus x Shaka et de Aldé x Mû (parce que Carlos est Aldé, vous l'avez bien compris) qui sont des ships qu'affectionnent Koyalau. Ptit clin d'œil du coup.

Je n'avais pas d'idée pour le titre, mais comme le concombre est un genre de cornichon… bah voilà quoi !