Bokuto savait que son coéquipier -et sex friend d'ailleurs- avait des TOC, comme se laver les mains trois fois, verrouiller la porte de son dortoir trois fois avant de partir, murmurer son nom trois fois avant de jouir… À bien y penser, Sakusa faisait toujours les choses par trois. Et Koutarou ne s'en souciait pas du tout, la plupart du temps, jusqu'à ce que le sujet soit évoqué dans la chambre à un moment donné.
«- C'est pour quoi faire ? demanda-t-il alors que Kiyoomi sortait un objet de sa boîte spéciale.
- C'est un anneau pénien. En gros, ilt'empêche de venir. Je veux l'utiliser sur toi. déclara l'homme aux cheveux noirs en grimpant sur le lit, à côté de l'autre.
- Mais pourquoi ?
- Hm, je veux voir à quel point je serai satisfait si je peux t'amener à ta limite trois fois avant de te permettre de jouir.»
Les voici, les fameuses trois fois. Celui aux cheveux gris fixa un instant le sextoy, pesant le pour et le contre. Cela avait l'air douloureux et pouvait probablement lui faire perdre la tête, mais en même temps… Sa curiosité était piquée. Il se sentait très excité et impatient, ses nerfs vibraient sous sa peau par anticipation. Ouais, il voulait le faire.
«- D'accord. murmura-t-il, les yeux se levant pour rencontrer ceux d'Omi.
- Bien.»
Ils sortirent tout ce dont ils avaient besoin, la couverture spéciale, la serviette propre, le lubrifiant, l'anneau fut mis sur Bokuto, les préservatifs sur la table de nuit… Tout allait bien, mais cela ne dura pas longtemps. Du moins, du point de vue de l'ancien ace de Fukurodani. Il se rendit vite compte que ça allait être une longue, longue, très longue session.
Sakusa avait déjà deux doigts enfouis profondément en lui, poussant volontairement près de sa prostate mais pas contre elle, et une main enroulée autour du sexe de son amant et du sien entre leurs corps en sueur. Les cuisses du numéro 12 brûlaient alors qu'elles le soutenaient en position assise au-dessus du bas du corps de son coéquipier. Ses mains griffaient le dos et les épaules de l'autre alors que son front reposait contre des boucles noires.
«- Je-je suis proche…» gémit celui à tête de hibou, sentant la pression familière qui tirait à l'intérieur de son bas-ventre.
Il pleura presque quand les doigts de Kiyoomi glissèrent hors de son trou et que la main recula de sa longueur qui suintait. Sa tête tomba contre une épaule pâle couverte de petits grains de beauté. Le propriétaire l'apaisa en caressant légèrement ses cuisses et en dessinant des cercles sur son dos tendu. Le mouvement lui donna des frissons, mais sa respiration ralentit malgré tout.
«- Quelle couleur ? s'enquit gentiment le numéro 15, chuchotant à son oreille.
- Vert, je vais bien maintenant.» répondit calmement son amant, levant la tête.
Le brun l'embrassa, le faisant sourire joyeusement. Il avait fallu longtemps à l'homme pour laisser tomber le masque pendant leurs activités, mais dans des moments comme celui-ci, Koutarou était reconnaissant de l'attente. Il pouvait pleinement apprécier chaque contact, chaque frottement des lèvres mouillées sur les siennes. Il se sentait bien ici.
Quand les doigts revinrent en lui, ils n'étaient plus seulement deux mais trois. Cette fois, Omi l'étirait méthodiquement, le préparant à recevoir son membre. La main était revenue sur sa propre érection palpitante, la joignant à celle de l'autre. Il savait que l'ancien ace d'Itachiyama avait quelque chose de tout à fait différent qu'avant dans son esprit lorsque ses doigts frôlèrent sa prostate. Bokuto sursauta et appuya avec ses hanches pour susciter à nouveau cette sensation, gémissant bruyamment. Sakusa le laissa faire, matchant même ses mouvements. Le rythme de la main de ce dernier s'accéléra et sa prise s'affermit. Il gémissait aussi, la bouche pressée contre le creux du cou de son coéquipier. Il se retenait de le mordre, sachant que l'homme aux cheveux gris n'était pas loin de s'arrêter à nouveau.
«- Omi, Omi, J-je…»
Le gémissement qui fut arraché de la gorge de son confrère ailier était rauque et brisé lorsque toute la stimulation disparut. Kiyoomi n'en était pas totalement sûr jusqu'à ce qu'il sente une larme atterrir sur ses abdos. Le joueur de volleyball le plus musclé qu'il connaissait pleurait à cause de lui et cela le faisait se sentir… Puissant. La poitrine de l'autre homme montait et descendait lourdement alors que des sanglots le secouaient.
«- Ta coul-
- Vert, vert, s'il te plaît, s'il te plaît, Kiyoomi…»
L'utilisation de son prénom complet fit ployer l'esprit de celui-ci. Il renversa Koutarou sur le dos, saisissant l'arrière de ses jambes et les plaçant sur ses propres épaules. Il attrapa rapidement le préservatif qu'il avait préparé, le déchira avec sa bouche et l'enfila. Il s'arrêta une seconde pour admirer le spectacle que lui offrait son amant. Sa virilité était enflée et plus dure que jamais, un rougissement s'étalait sur sa poitrine et grimpait le long de son cou et de la partie inférieure de son visage ainsi que sur le bout de ses oreilles. Sa main gauche couvrait ses yeux, permettant au brun de ne voir que ses lèvres rouges et gonflées entrouvertes. Son autre main agrippait la couverture, la tenant fermement alors que les jointures devenaient blanches. Sakusa écouta le halètement et quand cinq d'entre eux furent passés, il s'aligna à l'entrée de l'homme et poussa à l'intérieur jusqu'à sa base en une fois. L'air quitta les poumons de Bokuto alors qu'il s'étranglait sur un gémissement. Son coéquipier le percutait sans pitié, ne lui laissant pas le temps de reprendre son souffle. Il pouvait entendre les doux grognements que le joueur de volley-ball habituellement impassible laissait échapper, les gémissements aussi. Cela le rendait fou. Sa main quitta son visage et atterrit dans les cheveux d'Omi, les ongles s'enfonçant dans son cuir chevelu.
Quand ses jambes commencèrent à trembler, Kiyoomi s'immobilisa, à moitié hors du trou serré de son ami.
«- Non, non, non, ne t'arrête pas, pas maintenant !
- Trois fois, Bo. Tu as été un bon garçon, tu ne le penses pas aussi ?» souffla-t-il, supportant la douleur que les ongles de l'autre lui infligeaient.
Alors que ce dernier bégayait son plaidoyer, l'autre profita de son état pour retirer discrètement l'anneau pénien.
«- Oui, oui, je l'ai été ! C'est la troisième fois, s'il te plaît, s'il te pl-nnnnnnngh-»
Le mouvement soudain des hanches de Sakusa tira tout de suite l'orgasme hors de Koutarou. Il se répandit sur toute sa poitrine, une petite quantité atterrissant même sur son menton alors que sa tête était rejetée en arrière car ses yeux avaient roulé dans son crâne. Le brun le travailla au travers de son apogée, poursuivant son propre plaisir et le trouvant assez tôt lorsque l'homme aux cheveux gris pleura à nouveau son prénom complet, des larmes coulant sur ses joues rouges.
