Daichi se rendit aux bains après le troisième jour du camp d'entraînement à Tokyo. Il était fatigué et ne prêtait guère attention à son environnement. C'était donc vraiment une surprise de trouver quelqu'un déjà dans l'eau. Il n'avait pas vu les vêtements de Kuroo dans le vestiaire et sursauta légèrement quand il fut accueilli par un salut grave où le sourire narquois était clairement audible. Il tourna la tête vers le capitaine de Nekoma et soupira. S'il s'était attendu à un bain calme et relaxant, il était foutu maintenant.

«- Le petit capitaine des corbeaux devient timide ? Viens là, je ne mordrai pas à moins que tu ne me le demandes. le taquina Tetsurou, son sourire ne faisant que s'agrandir.

- Si tu le dis.» marmonna Sawamura, les joues roses brillantes dans la chaleur de l'endroit.

Il devint rouge vif lorsqu'il réalisa que son compagnon du moment n'allait pas tourner la tête pour qu'il puisse laisser tomber sa serviette. Il attendit encore quelques secondes, espérant que l'autre comprendrait son embarras.

«- Allez mec, là-dessous, il ne se trouve rien dont je ne sois pas conscient. Je promets que je ne materai pas trop longtemps.» ajouta la tête de coq, faisant un clin d'œil sensuel au plus petit.

Ses deux bras étaient posés sur les rebords de la grande baignoire, laissant ses muscles définis à admirer. Daichi n'osa pas regarder vers le bas, effrayé que le chat dragueur prenne cela comme une marque d'intérêt. Non pas qu'il ne l'était pas ! Non, il admettrait sans hésitation à quiconque que Kuroo Tetsurou était putain de magnifique, sexy même, mais pas au principal intéressé. Ce dernier détourna finalement les yeux, permettant à son ami -s'ils pouvaient se considérer ainsi- d'enfin entrer dans l'eau.

La vapeur était dense et ne permettait pas vraiment à chaque homme de voir clairement sous l'eau, mais les gouttelettes glissant le long de la poitrine du chef de Nekoma étaient distinctement visibles. Le souffle de Sawamura resta coincé dans sa gorge et il déglutit sans discrétion. Merde, il était si attirant cet enfoiré...

«- T'aimes ce que tu vois ? sourit Kuroo, se rapprochant.

- Je ne vois pa-as de quoi tu p-parles. balbutia l'autre, ne bougeant pas du tout.

- Oya ? Qu'est-ce qu'il se passe avec ce bégaiement, Daichi ? Est-ce que je te mets mal à l'aise ?»

Très, pensa le chef des corbeaux. Aucun mot ne sortit de sa bouche alors qu'une main glissait sur sa cuisse, le garçon aux cheveux en désordre suffisamment près pour qu'il puisse sentir son souffle chaud sur sa peau humide.

Lorsqu'il ne rencontra aucune résistance, Tetsurou remonta lentement le long de la chair. Ses yeux étaient rivés dans ceux du garçon aux cheveux courts. Il chercha un consentement qui se présenta sous la forme d'un petit signe de tête, son sourire tournant rapidement espiègle. Ses doigts atterrirent finalement sur un membre à moitié dur, faisant haleter son propriétaire. Tout son corps vint capturer celui qui se trouvait devant lui en une prise serrée. Ses lèvres frôlèrent leurs jumelles, ne se touchant pas complètement mais suffisamment pour que les deux garçons respirent dans la bouche de l'autre.

«- K-Kuroo… gémit Sawamura quand la main commença à le masturber rapidement.

- Chut, je suis là, ça va.» répondit ce dernier calmement, analysant chaque réaction avec des yeux perçants.

Le chat regarda la tête de son amant tomber en arrière, exposant son cou. Il se pencha, embrassant la peau sensible, alternant avec des morsures douces, léchant et suçant. Les bruits qu'il gagnait au cours de ce processus, associé au mouvement de son poignet, étaient délicieux à entendre. Il se retenait de se frotter contre la cuisse entre ses jambes. Sa main libre tenait la hanche de Daichi, laissant probablement des bleus sous ses doigts puissants. Ce dernier gémit et trembla, le plaisir le libérant de toutes ses contraintes mentales.

«- Oh mon Dieu, Daichi, regarde-toi…» grogna Tetsurou, se permettant enfin de glisser contre les muscles tentateurs sous lui.

Le bruit d'une bouteille de shampoing qui tombait interrompit le moment, faisant sursauter violemment les deux hommes excités. Ils tournèrent tous les deux la tête vers la source du son et trouvèrent Asahi debout près de l'entrée, les yeux écarquillés et la bouche ouverte.

«- Je-je vais chercher de l'eau bénite pour mes yeux...» murmura-t-il avant de sortir de la pièce, le visage livide et les pas lents.

Les capitaines le regardèrent dans un silence de mort alors qu'il disparaissait derrière les rideaux, puis ils se jetèrent un coup d'œil avant d'éclater de rire.

«- Il est tellement traumatisé maintenant, mec ! s'exclama Kuroo, des larmes apparaissant au coin de ses yeux.

- Tu n'imagines pas à quel point. Il ne me regardera plus jamais dans les yeux… gloussa Daichi avant de se taire quand il sentit la prise sur sa hanche se resserrer.

- Hmmm, où en étions-nous déjà ?»