Akaashi n'avait jamais dit à quiconque qu'il aimait garder le contrôle, encore moins qu'il aimait être celui qui faisait souffrir son partenaire de la manière la plus délicieuse qui soit. Alors, quand Tetsurou Kuroo, vingt-cinq ans et un sourire stupide constamment sur son visage, lui demanda ce qu'il devait faire pour commencer le BDSM, il faillit s'étouffer avec sa bière.
Ils étaient dans le salon du plus jeune, la tête de coq était passée un soir. Keiji, aussi poli qu'il était -et pas du tout parce qu'il avait le moindre petit faible pour lui- avait proposé à son ami de rester la nuit, au moins pour manger quelque chose. Et les voilà maintenant, une pizza à moitié mangée sur la table basse, chacun d'eux ayant des chips et un verre à la main pendant qu'ils étaient étalés sur le canapé. La télévision diffusait un film X-Men et Kuroo avait parlé calmement, les yeux ne quittant pas l'écran.
L'ancien passeur de Fukurodani se redressa et toussa plusieurs fois dans sa main.
«- Étranglement ? Intéressant, merci de ta réponse mec. rit l'étudiant en marketing, tendant la main pour aider l'autre.
- Qu-quoi ? Pourquoi ? Je veux dire- comment ? bégaya ce dernier, rouge de la tête aux pieds.
- Oh allez, Keiji. Ce n'est pas si difficile à savoir. Tu sembles toujours aussi calme et serein. J'ai pensé qu'il devait y avoir un moment où tu lâchais prise. J'en ai conclu que c'était pendant le sexe et à en juger par ta réaction, j'avais raison.» sourit la tête de coq, d'un air suffisant.
La main qu'il utilisait pour frotter le dos de son ami cessa de bouger et resta là, chaude et ferme contre le tissu du t-shirt d'Akaashi, presque tentante. Le propriétaire de l'endroit se remit de son état et jeta un coup d'œil à l'autre. Il y eut un changement dans son humeur et son compagnon ne tarda pas à le remarquer.
«- Keiji ?» appela-t-il, habitué d'inquiétude et d'un sentiment de peur étrange.
Malgré son comportement cool, Tetsurou déglutit quand ses yeux en croisèrent des plus sombres. Il sentit un frisson courir le long de sa colonne vertébrale et la chair de poule envahit la peau de ses bras. Ce qui ne resta pas inaperçu de l'ancien passeur. Il se retourna pour faire face à la tête de coq sur le canapé. Il attrapa le poignet qui tombait de son dos dans le mouvement et le tira soudainement, rapprochant l'ancien capitaine de Nekoma de son propre être.
«- Tu es sûr de vouloir en savoir plus, Kuroo-san ?» demanda le plus jeune dans un murmure, la voix basse et avec un soupçon de danger.
La bouche de l'autre était ouverte, les yeux écarquillés et figés. Il se sentit hocher la tête, incapable de dire un seul mot. Akaashi eut un petit sourire et se leva, entraînant son ami dans le mouvement. Ils marchèrent en silence jusqu'à la chambre et seulement une fois qu'il fut entré, l'homme aux cheveux en désordre commença à paniquer. Que faisait-il ?
«- Si tu veux arrêter, tu peux. Je ne ferai rien que tu ne veux pas que je fasse. dit Keiji, la voix calme.
- O-okay. balbutia l'autre homme, les mots le rassurant. D'accord, je suis toujours pour.
- Bien. J'utilise le système des feux de signalisation. Vert, tu vas bien. Jaune, ralentis. Et rouge, arrête. Compris ?
- Oui, je sais ce que c'est, je n'ai pas douze ans Keiji ! ricana la tête de coq.
- C'est maître pour toi maintenant. Et tu n'es pas autorisé à parler.»
Au lieu de se sentir un peu mal à l'aise ou de rire de ces mots, Kuroo le prit vraiment au sérieux, étonné de la façon dont son corps réagissait à cela. Que ce soit le regard de son ami ou la façon dont sa voix était grave et pleine d'autorité, il ne le savait pas mais son excitation le frappa comme un coup de poing au visage. Son entrejambe était déjà à moitié dur. Il fit ce qu'on lui avait dit, hésitant à propos de son boxeur et lança un regard interrogateur dans la direction de son maître. Ce dernier haussa juste un sourcil, comme si son partenaire était stupide. Avec un petit haussement d'épaules, Tetsurou ôta son dernier morceau de tissu. Il n'avait pas honte de son corps et se tenait fièrement au milieu de la chambre d'Akaashi, attendant un autre ordre. Ce dernier s'était assis sur la chaise de son bureau et faisait face à son «esclave», s'il pouvait l'appeler ainsi. Il étudia chaque centimètre de son corps, laissant échapper un son appréciateur.
«- Va sur le lit.» commanda-t-il sans bouger.
Il attendit que l'homme obéisse, lorgnant la courbe de ses fesses. Ses yeux se tournèrent vers le visage de l'autre lorsque celui-ci s'assit sur les draps.
«- Ouvre le tiroir. Il y a des… jouets. Choisis-en un, prends le lubrifiant et amuse-toi.
- Vraiment-
- Tais-toi. Tu ne veux pas m'énerverlà maintenant, crois-moi là-dessus.» claqua-t-il quand Kuroo ouvrit la bouche pour plaisanter sur ce qu'il lui demandait.
Il regarda la tête de coq fermer sa bouche rapidement, se conformant instantanément aux ordres. Keiji était un peu abasourdi. Il avait toujours pensé que son senpai était dominant au lit, qu'il ne se soumettrait jamais à personne. Apparemment, il avait tort. L'ancien élève de Nekoma était obéissant, docile et facile. Après avoir fouillé dans sa table de chevet pendant un petit laps de temps, il en sortit un vibromasseur, violet foncé et rigide. C'était un jouet complexe, avec un anneau pénien attaché à la forme du gode. Une télécommande servait à réguler la vibration à la fois de la bague et de la partie insérable. Son partenaire l'observait, curieux alors qu'il le manipulait. Akaashi sourit pour lui-même.
«- Tu peux l'essayer, si tu veux.» dit-il, encourageant l'homme.
Tetsurou répondit presque verbalement mais réussit à garder le silence. Il fouilla à nouveau dans le tiroir pour prendre le lubrifiant. Il fronça les sourcils, se tournant vers le dominant, une question silencieuse dans les yeux.
«- Dis-moi.
- Dois-je juste le prendre comme ça ou… me préparer ?»
Il rougissait maintenant, étonnamment. Keiji trouvait cela étrangement attachant. Il lui permit de faire tout ce qu'il voulait. L'homme aux cheveux en désordre hocha la tête et s'allongea sur le lit, la tête sur l'oreiller et les genoux pliés. Il jeta la télécommande du jouet à son propriétaire. Puis il saisit le lubrifiant et en versa sur ses doigts, le réchauffant. Après cela, il en versa un peu plus sur sa longueur douloureusement dure, sifflant à la sensation de froid. Rapidement, il commença à se caresser, lâchant un soupir et fermant les yeux. Son autre main se dirigea vers son trou et il massa son anneau de chair avec un doigt. Quand il le glissa à l'intérieur, il contracta légèrement la mâchoire mais se détendit peu de temps après. Il essayait de garder le silence, se sentant un peu gêné par les bruits qu'il pouvait faire.
«- Je veux t'entendre.» demanda le propriétaire des lieux, son souffle s'accélérant.
Comme si le corps de Kuroo attendait inconsciemment la permission, à la seconde où l'ordre arriva à son cerveau, les gémissements qu'il essayait de contenir tombèrent de ses lèvres. Ses yeux s'ouvrirent brusquement et il regarda son partenaire en ajoutant un autre doigt. Les yeux d'Akaashi voyageaient tout le long de son corps et il se mordait la lèvre inférieure. Tetsurou gémit et commença à repousser ses hanches sur ses doigts, glissant son sexe dans sa main. Il ciselait ses doigts, les étendant dans toutes les directions. Il en glissa un troisième et ses yeux roulèrent dans son crâne quand il les frotta accidentellement contre sa prostate. Il se masturba rapidement, gémissant bruyamment.
«- Stop.»
Un seul mot qui rendit l'étudiant en marketing immobile. Il se figea, les doigts toujours enfouis profondément en lui et sa main serrant son membre. Sa tête retomba sur l'oreiller et il expira bruyamment, faisant de son mieux pour ne pas bouger un seul muscle. Ses yeux étaient fermés et il transpirait. Il avait chaud. Il avait presque oublié qu'il n'était pas seul.
Keiji, pour sa part, était rouge et en sueur aussi. Il était toujours entièrement habillé mais le renflement de son pantalon était évident. Il avait agrippé le siège de sa chaise si fort que ses phalanges devenaient blanches. Il s'amusait. Il resta silencieux pendant un moment, torturant son soumis qui attendait de se faire plaisir.
«- Tu peux prendre le jouet maintenant.»
Kuroo ne tarda pas à se soumettre. Il grimaça quand il dut retirer ses doigts de son orifice, mais se rétablit en un battement de cil. Il attrapa à nouveau le lubrifiant et en versa une quantité généreuse sur le côté insérable de l'objet violet. Après cela, il glissa l'anneau pénien sur son sexe et s'empala sur l'autre partie dans un mouvement agile. Il grogna, grave et animal, ses hanches sautant d'elles-mêmes. Une de ses mains vint jouer avec un téton tandis que l'autre revenait à son entre-jambe.
«- Les mains au-dessus de la tête.» ordonna Akaashi, un sourire narquois affiché sur ses lèvres rouges.
Tetsurou laissa échapper un geignement qui se transforma rapidement en gémissement lorsque le dominant appuya sur un bouton de la télécommande. L'anneau bourdonnait autour de la base de son manche, envoyant des secousses dans tout son corps. La deuxième partie se mit à vibrer aussi, juste contre sa prostate. Il y eut à nouveau des cliquetis et le rythme des vibrations monta des deux côtés. La tête de coq agrippait fortement les barreaux de la tête de lit, sa tête penchée sur le côté alors qu'il se mordait les lèvres. Un sanglot lui échappa tout de même, malgré sa détermination à ne pas faire de bruit.
«- Ta couleur, Kuroo-san. demanda son partenaire, un peu inquiet.
- Qu-quoi ?» demanda l'autre, les oreilles bourdonnantes.
Il y eut le bruit de quelqu'un qui se levait et des pas approchants. Puis le côté du lit s'abaissa sous un poids et une main caressa la joue de Kuroo. Il ouvrit ses yeux en larmes et regarda à l'intérieur de ceux bleus sombres et pleins de désir.
«- Quelle est ta couleur ? répéta doucement Keiji, le rythme de l'appareil inséré dans son soumis diminuant.
- V-vert, maître. S'il vous plaît, s'il vous plaît, j'ai besoin d- venir, j'ai besoin de… j'ai besoin de…»
Le propriétaire de l'endroit était stupéfait. Son ami avait été si rapide à tomber dans le subspace, ses yeux un peu vitreux et son corps obéissant. C'était comme si ce n'était pas sa première fois… Il resta là, à côté de lui, pendant qu'il appuyait sur les boutons pour augmenter à nouveau le rythme du vibrateur. Le plaisir du soumis fut rapide à monter car il s'était préparé plus ou moins méticuleusement. Mais il ne put pas venir à cause de l'anneau en silicone. Il suppliait, pleurait et gémissait pour que son maître le libère. Akaashi n'était pas satisfait alors il le poussa un peu plus, l'edgeant pendant dix bonnes minutes. Lorsque le phallus de Tetsurou prit une couleur violacée et laissa couler constamment du pré-sperme, il pensa à accepter de le laisser venir. Il regarda le visage de son partenaire. Il était foutu. Il avait de la bave sur tout le menton, des larmes coulant sur ses joues et de la sueur recouvrant la majeure partie de son corps. Son estomac était taché de liquide blanc et ses orteils se recourbaient. Ses cuisses l'avaient abandonné et ses jambes étaient maintenant écartées sur les draps, tremblant violemment.
«- Tu-tu peux enlever l'anneau. déclara Keiji, la bouche sèche.
- Je ne peux pas- s'il vous plaît, je ne peux pas !» supplia Kuroo, sanglotant douloureusement.
L'autre homme prit une profonde inspiration, laissa la télécommande sur la table de nuit. Puis, il regarda le membre dur de son soumis et le toucha avec précaution, gagnant un gémissement rauque de son propriétaire. Il le souleva, le déplaça jusqu'à ce qu'il puisse enlever la bague et le fit alors. Il ne put résister mais donna quelques caresses fermes au manche dans sa main, faisant venir son ami.
Le plus âgé jouit, le corps se cambrant et tremblant. Sa bouche était ouverte dans un cri silencieux et quand il descendit de son état, son corps était secoué de spasmes. Il s'effondra sur le lit, vidé de toute son énergie. Il voyait des étoiles blanches et ne serait pas surpris s'il s'était évanoui à un moment donné. Une main apaisait sa cuisse en dessinant des cercles dessus, doucement. Lorsqu'il ouvrit les yeux, il fut accueilli par un Akaashi souriant.
«- Tu es de retour. dit-il.
- Ouais… C'était-c'était… bégaya-t-il, cherchant ses mots.
- Je sais, je sais. La prochaine fois, on pourra essayer l'étranglement si cela t'intéresse. pouffa le plus jeune.
- La prochaine fois, oui.» sourit joyeusement Tetsurou.
