Oikawa regardait l'ex-crevette de Karasuno tandis que ce dernier riait bruyamment. Le bar était bondé et le nombre de verres vides sur leur table -essentiellement ceux d'Hinata- pouvait probablement expliquer l'éclat du roux. Le grand roi se sentit sourire doucement à la vue devant lui, les néons projetant de belles lumières sur le visage de son compagnon. Il devait rentrer en Argentine le lendemain et il admettrait volontiers qu'il s'était amusé au Brésil. Surtout, il était très surpris et heureux d'avoir rencontré une personne qu'il connaissait ici.

«- T'aime ce que tu vois, Grand Roi ?»

La tête de celui-ci se redressa au ton dragueur que la mandarine humaine avait employé. Il avait laissé leurs amis de la nuit à leur conversation et souriait maintenant à Tooru, ses yeux scintillant malicieusement. Tout ce que l'homme aux cheveux marron pouvait faire était de le regarder, perplexe, bouche bée et yeux écarquillés.

«- Où est passé ton comportement naturellement cool, Oikawa-san ? Je pensais qu'avec toutes tes fangirls et fanboys, tu serais habitué à ça. continua Shouyou, envoyant un clin d'œil au visiteur.

- Euh, je… eh bien, euh…»

Oikawa ne pouvait pas se ressaisir. Ses joues s'assombrissaient furieusement et pas grâce à l'alcool qu'il avait avalé au cours de la soirée.

«- Pourquoi on ne retournerait pas à ta chambre d'hôtel et on verra si tu t'en es remis d'ici là ?

- Qu-quoi ?

- Tu m'as entendu.»

Il ne devrait pas. Il ne devrait vraiment pas car il semblait que l'homme -le garçon ? Il était assez perdu là-dessus- était évidemment ivre, mais il le voulait. Il voulait avoir Hinata Shouyou sous lui, gémissant et peut-être pleurant alors qu'il le martelait durement encore et encore, il le voulait et même plus-

«- Je ne suis pas trop ivre, si c'est ce qui te fait hésiter. Je pourrais facilement te dire le score du match que Seijoh a perdu contre Karasuno. dit sérieusement le roux, les sourcils froncés.

- D'accord, très bien, pas besoin de me rappeler Chibi-chan ! rit Tooru et il se leva ensuite, offrant une main au joueur de beach-volley.

Ils marchèrent l'un à côté de l'autre jusqu'à l'hôtel de l'ancien capitaine, discutant ensemble comme s'ils allaient simplement regarder un film ou jouer à un jeu de société. Sauf qu'ils couraient pratiquement tous les deux, des frissons d'anticipation secouant leurs corps. Heureusement pour eux, ils arrivèrent assez rapidement.

Oikawa eut seulement le temps de fermer la porte avant qu'Hinata ne presse ses lèvres sur les siennes avec empressement. L'homme retourna le baiser avec autant de ferveur que l'autre, le dos contre la porte. Il ne pouvait s'empêcher de remarquer que le roux était obligé de se mettre sur la pointe des pieds pour atteindre sa bouche, trouvant cela attachant.

«- Dépêche-toi , je te veux en moi. gémit Shouyou entre de petits baisers, tirant sur le t-shirt de l'autre.

- Est-ce -un baiser- vraiment ce que tu-un autre- veux, Shouyou ? exhala l'ex-passeur de Seijoh, déjà haletant.

- Oui, oui, s'il te plaît ! Oika-hmpf !»

Soulevant l'ex-petit corbeau en lui attrapant les fesses et en le poussant à se mettre à son niveau, Tooru le fit taire en l'embrassant brutalement, langue et dents incluses. Il se fraya un chemin à travers la petite pièce et le laissa tomber sur son lit, ne s'éloignant pas une seconde.

Hinata joua avec le bas du t-shirt du châtain, le pressant de l'enlever. Ce dernier obéit joyeusement et le passa au-dessus de sa tête, révélant ses abdos toniques et ses pectoraux définis. Le roux eut rictus et regarda la peau nue, la frôlant avec ses doigts moites. Oikawa ricana, grave et haletant, avant de déshabiller le garçon sous lui. Il ne perdit pas de temps et baissa son pantalon et son boxer en même temps. Il revint sur le lit et se pencha sur le corbeau nu, l'embrassant doucement au début et approfondissant le baiser peu de temps après. Sa langue envahit la caverne humide, léchant le palais et explorant l'espace. Shouyou gémit et pressa la sienne à plat contre celle de l'intrus. Un frisson secoua tout son corps quand l'érection encore vêtue de l'homme au-dessus de lui effleura la sienne. Tooru comprit l'allusion et abaissa ses hanches, les faisant rouler doucement. Le baiser se rompit lorsque le plus petit rejeta la tête en arrière. Il haletait fortement maintenant, sa poitrine se soulevant et retombant rapidement.

«- O-Oikawa… réussit-il à appeler entre de petits gémissements.

- Hm ? Qu'est-ce qu'il y a, Chibi-chan ? s'amusa l'autre, mordillant le cou exposé le tentant.

- Plus vite s'il te plaît, je veux-je veux…

- Dis-le, ne sois pas timide maintenant. Tu es littéralement nu sous moi.»

Un rire échappa à l'homme aux cheveux marron lorsqu'une main frappa son bras. Il regarda, attendri, le joueur de beach-volley bouder et tourner la tête dans l'autre sens. Un petit hoquet sortit de la bouche de ce dernier et il regarda rapidement son amant lorsque des lèvres douces et humides s'enroulèrent autour du bout de son pénis. L'autre lui fit un clin d'œil alors qu'il prenait son manche plus profondément dans sa bouche et commençait à bouger la tête. Le bras d'Hinata monta à ses yeux, les couvrant alors qu'il mordait sa lèvre inférieure. Les sons humides résonnant dans l'air aggravèrent la rougeur qui se propageait de ses joues à sa poitrine. Il jura à voix basse lorsque son membre frappa le fond de la gorge d'Oikawa. Ce dernier avala autour de lui et sans avertissement, un liquide salé jaillit dans sa bouche alors que l'autre se tendait et gémissait bruyamment.

«- Délicieux. plaisanta l'ancien capitaine de Seijoh en se redressant, s'essuyant la bouche du dos de la main.

- Je-je suis désolé, je ne l'ai pas senti venir. expliqua timidement le garçon.

- Pourquoi tu n'essaies pas de te faire pardonner alors ?»

L'air sauvage sur le visage de Tooru fit taire le roux. Il déglutit visiblement et hocha la tête, s'asseyant pour pousser son partenaire à se débarrasser de ses vêtements restants. Quand il aperçut l'érection de l'autre, il se lécha les lèvres avec impatience.

«- À quatre pattes exigea le plus âgé, se caressant un peu.

Shouyou obéit avec un faible gémissement. Il cambra le dos, poussant le bas de son corps vers le haut, et laissa sa tête reposer sur ses avant-bras contre le matelas. Il jeta un coup d'œil au-dessus de son épaule pour voir le regard appréciateur sur le visage de son compagnon. Il remua ses fesses en l'air, souriant d'un air narquois.

«- Tu comptes faire quelque chose contre le vide que je ressens en ce moment ? Ou tu vas juste regarder et te toucher ?»

Une fessée le secoua et il sentit des larmes lui monter aux yeux. Soudain, Oikawa se pencha sur lui, une main caressant le bas de son dos et la peau maltraitée. Alors qu'il mettait sa bouche juste à côté de l'oreille du roux, son pouce commença à masser les abords de son trou, glissant un peu à l'intérieur et en ressortant facilement.

«- Tu es un gamin capricieux, Shouyou… Mais j'aime penser que si je te donne ce que tu veux, ce dont tu as besoin, tu vas enfin te taire. Ou encore mieux, tu pourrais simplement crier mon nom encore et encore, me demandant d'aller plus loin, plus vite, plus fort. Tu ferais ça pour moi ?»

Pendant qu'il parlait, il avait tendu la main entre les jambes du plus jeune et le caressait lentement. Le garçon poussait en arrière contre son pouce et en avant dans sa prise. Tooru lâcha le manche dur et attrapa son sac à côté de son lit, il fouilla rapidement dedans pour trouver le lubrifiant et un préservatif et une fois qu'il eut réussi, il versa une quantité généreuse de liquide épais sur le trou serré du roux, le faisant frissonner. Il retira son pouce et frotta son majeur, son annulaire et son index dedans, les enduisant le plus possible. Après cela, il commença à étirer l'entrée du garçon, ramenant sa main libre à la virilité délaissée. Il obtint un très long gémissement dans le processus, seul son index plongeant dans le trou humide et étroit. Bientôt, Hinata en demanda plus. Oikawa regarda son visage tourné sur le côté pour lui permettre de respirer confortablement. Le garçon avait les lèvres entrouvertes et sa langue en dépassait presque. Il bavait légèrement sur l'oreiller et ses paupières étaient pratiquement fermées. Cette vue fit palpiter l'entrejambe du châtain. Il ajouta un deuxième doigt, se mordant fortement la lèvre pour se retenir de la lui mettre déjà. Il ne voulait pas blesser le soi-disant ninja. Il le masturbait lentement, sentant que la mandarine humaine était déjà proche pour la deuxième fois.

«- Plus, Oikawa-san, s'il te plaît, s'il te plaît, j'ai besoin-j'ai besoin de te sentir…

- Tout ce que tu veux, crevette. Tu es si gourmand, qui l'aurait pensé ?»

Le dirty talk fit son effet et alors que le plus âgé glissait rapidement un autre doigt à l'intérieur, il sentit l'anneau se resserrer autour d'eux. Des gémissements bruyants pouvaient être entendus dans la pièce et l'atmosphère devenait encore plus chaude et vaporeuse qu'avant, le garçon devant lui roulant des hanches d'avant en arrière presque frénétiquement. Tooru était en train de perdre la raison et sa patience en passant, alors il fit des mouvements de ciseaux avec ses doigts, grognant doucement et de la sueur se formant sur son front. Il eut une pulsion soudaine et donna une autre fessée à la fesse ronde devant lui. Alors que Shouyou sursautait et poussait un cri aigu, le joueur d'Argentine s'arrêta et demanda s'il allait bien. Un sanglot lui répondit, alors il caressa la chair meurtrie et apaisa la douleur avec une expression inquiète sur le visage.

«- Bouge, s'il te plaît, Grand Roi, bouge ! hoqueta l'ex-corbeau, le regardant au-dessus de son épaule.

- M-mais, ça va ? bégaya l'autre quand il vit le petit sourire sur les lèvres de son partenaire et entendit le surnom glorifiant.

- Je n'ai ja-amais été aussi bien, ne t-te retiens pas.» dit-il avec des larmes coulant sur ses joues rouges.

Cela étonna le brun et fit tressaillir son sexe intouché. Il avait vraiment besoin d'accélérer et rapidement. Alors il le fit. Il recommença à préparer l'autre, tout en le faisant avec méthode et application. Quand il eut fini, le garçon tremblait et criait de plaisir. Ce n'était pas suffisant pour le faire jouir une seconde fois car son amant avait évité sa prostate à chaque fois, mais cela devenait trop et pas assez en même temps. Son cerveau était en bouillie. Une main forte glissa sur son abdomen et le souleva rapidement, puis le mit sur le dos. Par automatisme, il écarta largement les jambes et les plia. Il accueillit Oikawa entre elles, remarquant le préservatif déjà en place. Il tendit la main en avant et amena l'homme au-dessus de lui. Ils partagèrent un baiser passionné qui se brisa exactement comme le dernier, Hinata rejetant sa tête en arrière alors que quelque chose de plus grand cette fois faisait son chemin entre ses murs.

Dire que le plus âgé percuta et ruina le roux était honnêtement un euphémisme. À la cinquième ou à la sixième poussée, le pauvre -ou heureux, ça dépend de quel côté vous êtes- garçon criait son plaisir haut et fort, un mélange du nom de son compagnon et des jurons. L'autre léchait sa gorge, embrassait la peau sensible et la suçait. Il la mordit même, car il semblait que le plus petit aimait un peu de douleur pendant l'acte. Lorsque des membres tremblants se resserrèrent autour de sa taille, il souleva l'orange et se rassit sur ses talons. Ils étaient en position assise, alors que Tooru maintenait Shouyou avec un bras autour du dos et une main agrippée à son cou. Ce dernier rebondissait à chaque mouvement de l'autre. Sous cet angle, sa prostate jusqu'alors épargnée était constamment frappée. Il sanglotait, criant maintenant.

«- Je-je suis proche, Oik-Tooru, je suis si proche ! Ne t'arrête pas !

- Je n'en avais pas l'intention.» grogna celui-ci, son prénom jouant en boucle dans son esprit avec la façon dont l'autre l'avait gémi.

Et effectivement, quelques secondes plus tard, Hinata vint. Oikawa jura à voix basse alors qu'il abaissait le roux essoufflé sur le lit. Des larmes coulaient sur ses joues alors que son partenaire avait du mal à arrêter de s'enfoncer en lui, mais quand il réussit enfin à se retenir, il entendit une faible protestation.

«- Non, non, continue, je vais bien. murmura l'ancien corbeau murmura d'une voix rauque.

- Tu pleures. Je peux finir moi-mê-»

L'ancien élève d'Aoba Johsai fut arrêté par un gémissement grave quittant ses propres lèvres. L'habitant du Brésil s'aidait avec ses jambes pour repousser l'autre en lui. À ce moment, Tooru s'était dit mentalement «que tout ça aille se faire foutre» et avait exactement fait ce qu'il pensait. Shouyou le ramena à ses lèvres à nouveau, l'embrassant avec humidité alors qu'il sanglotait toujours abondamment. Le bruit de son hoquet excita l'homme aux cheveux marron encore plus qu'il ne le pensait possible.

«- Putain, tu es si étroit Shouyou… grogna-t-il, essoufflé.

- Tooru, Tooru chantonna le garçon susmentionné, comme un mantra.

Il se tut, sa bouche grande ouverte encore une fois, ses sourcils froncés dans une expression nouée de plaisir. Son corps entier était si tendu et son entrée si serrée… Oikawa pensa qu'il ne s'en sortirait pas vivant.

«- Tu viens juste d'avoir… un orgasme sec ?» s'étrangla-t-il, les yeux écarquillés.

Hinata se détendit soudainement, inspirant profondément puis sanglotant encore plus fort qu'avant. La vue et ce qui venait de se passer poussèrent l'autre homme à son apogée et ce fut à son tour de venir. Il se renversa à l'intérieur du préservatif, fermant les yeux. Son rythme ralentit et passa de frénétique à ne même pas bouger un muscle. Quand il cessa finalement complètement, il poussa un profond soupir et ouvrit les yeux.

Shouyou avait une expression satisfaite sur son visage, même s'il semblait épuisé. Il grimaça un peu quand Tooru sortit de lui. Ce dernier se laissa tomber de l'autre côté de son lit et laissa échapper un petit rire, rapidement imité par son compagnon.

«- Merde, Chibi-chan, je n'aurais jamais pensé que tu avais ça en toi !

- Merci, je suppose.» ricana-t-il avant de faire un clin d'œil à l'autre.

Oikawa se leva après s'être remis de leurs activités et alla chercher un verre d'eau pour lui et pour l'ex-feinteur fatigué. Il revint avec également une serviette humide et chaude pour les nettoyer tous les deux. Le roux le remercia et lui fit de la place pour se recoucher. Au moment où leurs têtes touchèrent les oreillers, ils s'endormirent profondément.