Comme ils avaient grandi ensemble, mais pas tout à fait proches -loin de là, en fait-, Daishou et Kuroo avaient toujours fait partie de la vie de l'autre. Qu'ils soient les éternels rivaux ou les amis devenus ennemis, la tension sexuelle jamais résolue entre eux devenait insupportable pour leurs amis respectifs. Kenma avait jadis lancé quelques mots durs à son meilleur ami, le qualifiant de «lâche qui ferait mieux de s'envoyer en l'air avant qu'il ne vienne à l'université, sinon il l'assassinerait en un clin d'œil».

Le fait était que Tetsurou savait qu'il était physiquement attiré par l'ancien capitaine de Nohebi, mais il était trop fier pour laisser son excitation l'emporter sur sa dignité. L'admettre au serpent signifierait une défaite.

D'un autre côté, Suguru souffrait du même traitement par Kuguri et faisait face à une rupture. Mika, sa douce et adorable ex-petite amie, lui avait un jour dit que c'était fini à cause de son désir plus qu'évident envers l'ancien bloqueur des chats. Elle ne pouvait pas être sérieuse. Lui ? Vouloir Tetsurou Kuroo dans son lit ? Nah, jamais, impossible.

Pas vrai ?

Pas vraiment, pensa Daishou en sentant une dent acérée s'enfoncer dans le côté de sa gorge, provoquant un gémissement embarrassant de sa part. La tête de Kuroo se redressa, un sourire amusé apparut sur ses lèvres.

«- C'était quoi ça ? demanda-t-il, arrogant.Tu ne peux pas garder ta bouche fermée ?

- Ferme-la, tête de coq.» grogna l'autre en réponse, ses yeux fixant furieusement ceux en face de lui.

Le sourire de Tetsurou s'élargit alors qu'il retournait à sa tâche, suçant et mordant la peau douce du cou de son ennemi. Ce dernier haleta quand une main frotta son aine encore vêtue. Une de ses propres mains qui courait sous la chemise de son partenaire détesté alla recouvrir sa bouche, honteux de lui-même, lorsque des doigts s'enroulèrent autour de son poignet. Son bras fut levé sans son consentement, épinglé à la porte derrière lui.

«- Je veux t'entendre pendant que je détruis tous tes murs.»

Ce n'était qu'un murmure contre son oreille mais cela lui envoya des frissons dans tout son corps. Il ne put retenir le faible gémissement qui le quitta alors que Kuroo remplaçait sa main par sa cuisse, la glissant entre les siennes tremblantes. Le frottement n'était pas suffisant et le brun ne semblait pas enclin à lui faire plaisir.

«- Tu vas juste me baiser contre ta porte d'entrée ou ? réussit-il à dire, content de sa voix calme.

- Comme si tu n'aimerais pas ça. se moqua l'autre sans manquer un battement. Tu es une salope pour ma bite, je suis sûr que tu aurais juste dit "s'il te plaît" si j'avais commencé ça dans l'ascenseur.»

Cela alla directement à la verge de Daishou, la faisant palpiter. Il était douloureusement dur maintenant, des supplications au bord des lèvres. Il savait qu'il n'avait pas besoin de les exprimer cependant, car dès que Tetsurou eut fini sa phrase, il le souleva du sol, les deux mains sous ses cuisses. Le vert enfouit son visage dans le creux du cou offert, submergé par la façon dont le membre de son partenaire était pressé contre la courbe de ses fesses. L'étudiant en marketing ricana, un grondement sourd du fond de sa gorge. C'était presque doux et aimant, mais cela se changea rapidement en un autre flot de mots sales lorsqu'ils atteignirent la chambre.

«- Pourquoi ai-je attendu si longtemps avant de t'amener ici ? Tu es si docile quand tu es excité. Si j'avais su qu'enfoncer ma bite dans ton trou t'aurait fait taire, je l'aurais fait il y a bien longtemps.»

Cette fois, le gémissement qui quitta la bouche de Suguru fut autorisé à le faire. À ce moment précis, il aurait fait n'importe quoi pour que Kuroo continue de parler et de le traiter ainsi. Il voulait que l'homme félin le déchire, couche par couche de peau, brise son corps en deux, arrache son cœur de sa cage thoracique.

Son dos heurta le matelas dans un doux bruit, les muscles tendus mais les membres mous. Il écarta ses jambes instantanément, tendant une main dans la direction de l'autre, l'invitant entre elles. Des doigts s'emparèrent des siens, glissèrent jusqu'à son poignet, le caressant lentement. Puis leurs doigts s'entremêlèrent et Tetsurou fut enfin proche de son être brûlant, apportant sa propre chaleur. Comment un homme pouvait-il agir si tendrement et parler vulgairement en même temps ?

«- Regarde toi. sourit-il, assis sur ses talons. C'est comme si tu pouvais mourir si tu n'étais pas touché, et par moi en plus. Tu ferais n'importe quoi pour ça, n'est-ce pas ?

- Kuroo… murmura l'autre, une demande silencieuse.

- Tetsurou. répondit fermement celui-ci.

- Tetsurou. répéta docilement Daishou, jetant toute sa fierté par la fenêtre.

- Bon garçon.»

Furent les derniers mots prononcés avant que des mains ne s'étendent vers ses vêtements et ne les lui ôtent en un temps record pour le laisser nu sous un regard affamé. Les yeux de Kuroo étaient lubriques, paupières lourdes, pupilles écarquillées. Cela donna au serpent une petite sensation de chaleur dans sa poitrine, sachant que c'était grâce à lui et à lui seul. L'homme avait peut-être une forte emprise sur ses réactions physiques, ses émotions et sa maîtrise de soi, mais la réciprocité était également vraie. Suguru se pliait peut-être à la volonté de Tetsurou, mais Tetsurou perdait également contre le pouvoir de Suguru.

«- Tu le veux tant que ça ? le taquina la tête de coq, observant sa tige érigée.

- N'agis p-pas comme si tu n'ét-tais pas dans le même é-état, connard. parvint à bégayer ce dernier en rougissant.

- Qu'est-ce qu'il se p-passe avec le bé-bégaiement, b-bouffon ? se moqua Kuroo, souriant en coin. Tu penses qu'il ne faudra que toi et ton comportement de traîné pour me faire bander

Soudain, Daishou n'en était plus si sûr. Il détourna les yeux, scrutant la pièce pour se distraire et distraire son esprit. Il y avait une table de chevet à sa droite, un mur rouge à sa gauche, rappel constant de leur rivalité et de son augmentation. Une armoire était contre le mur du fond, à côté de la porte. Une porte en bois, d'un beau noir vibrant. Une affiche du mondialement connu Kodzuken, un bureau avec une lampe, des feuilles de papier éparpillées sur le sol, même sous la chaise pivotante. Une moquette. Noire aussi. Un tapis blanc, avec un peu de poussière dessus.

Tetsurou regarda la confiance de son ennemi de longue date s'effondrer. Il fit une grimace, plein de regrets et mal à l'aise. Il ne pouvait pas laisser cette fausse idée prendre racine dans l'esprit de l'homme. Alors il se pencha, tirant les deux jambes de l'autre au-dessus de ses épaules sans rencontrer aucune résistance. Il s'allongea sur le ventre, faisant face aux bourses de celui aux cheveux verdâtres. Ses mains atterrirent des deux côtés des hanches de Suguru, les pouces séparant ses fesses et sans aucune hésitation, il enfouit son visage entre elles. Son nez frôla les testicules sensibles tandis que sa langue fournissait à l'entrée serrée un premier coup de langue expérimental. La forte inspiration qu'il entendit le fit lever la tête pour voir le visage de Daishou. Leurs yeux se rencontrèrent et se figèrent alors que Kuroo répétait son dernier mouvement avec un peu plus d'emphase. Les paupières de l'autre se fermèrent alors qu'un gémissement s'échappait de sa bouche.

«- Savoureux. ne put s'empêcher de commenter l'ancien capitaine des chats.

- S'il te plaît, Ku-Tetsurou, s'il te plaît…

- Ok bébé, on a attendu assez longtemps pour ça. Laisse-moi te faire crier ce soir.»

Était-ce un pleur brisé qui sortit du serpent? Absolument. Et Kuroo était déterminé à entendre de nouveau cela dès que possible. Il repoussa donc son appendice mouillé contre l'anneau, ravi de la façon dont Daishou se tortillait entre ses mains et ses bras. Il tourna autour, le taquina, l'imbiba méticuleusement et Suguru poussa ses hanches en arrière pour en avoir plus. Ses gémissements étaient étouffés par l'une de ses mains tandis que l'autre agrippait fermement le drap. Tetsurou délivrerait volontiers sa bouche de la pression mais il était un peu occupé en ce moment. Au lieu de cela, il plongea sa langue dans le trou rose. Il fut récompensé par un hoquet qui se transforma en un gémissement de son nom. Satisfait du désordre qu'il avait créé sur le visage de son rival, il se redressa. Il attendit patiemment que l'autre le regarde pour s'essuyer le menton avec sa manche.

«- J'espère que tu n'es pas trop fatigué car ce n'est que le début. Tu avais raison, je suis douloureusement dur.»

Il venait de terminer sa phrase lorsque le vert se déplaça devant lui, s'agenouillant. Le félin le regarda bouger, curieux. Sa ceinture fut défaite, sa fermeture éclair baissée. Les sourcils de Kuroo se haussèrent quand il comprit enfin ce qui se passait.

«- Tu veux quelque chose qui te bourre la bouche pour que tes beaux bruits ne la quittent pas ? s'enquit-il, la voix rauque.

- Je serais inquiet pour tes propres sons si j'étais toi. répondit Daishou sans même le regarder, glissant son pantalon et ses sous-vêtements en bas de ses jambes.

- Toujours plein de confiance, hein ?

- Je préférerai être plein de toi mais ça va devoir attendre pour le moment.»

L'homme aux cheveux noirs rejeta la tête en arrière quand un baiser alléchant fut pressé sur le côté de sa queue. Il pouvait sentir les lèvres s'étirer en un sourire moqueur contre sa peau. Il ne pouvait pas regarder en bas. Il ne pouvait tout simplement pas. S'il l'avait fait, il aurait été accueilli par la vue de Suguru penché devant lui, nu. Sa bouche était enroulée autour du bout de son entrejambe, le suçant de manière obscène. Ses fesses étaient un peu poussées en l'air et les muscles de son dos bougeaient à chaque mouvement qu'il faisait. Il avait une main à la base de la tige entre ses lèvres, l'autre servait à le stabiliser, posée contre une cuisse forte. Le serpent descendit sa tête, essayant de prendre toute la longueur à l'intérieur de sa bouche. En quelques pompes, il réussit. Tetsurou baigna dans la merveilleuse sensation, puis s'inquiéta pour l'homme et sa gorge maltraitée. Il referma ses doigts autour des courtes mèches de cheveux, tirant. Daishou émit un bruit d'appréciation qui se répercuta dans le corps de l'autre, provoquant des frissons le long de sa colonne vertébrale. Le brun se mordit fort la lèvre inférieure, un gémissement honteux menaçant de lui échapper. Ce dernier lui fut arraché lorsque son partenaire creusa ses joues et déglutit autour de lui.

«- Merde, tu sais vraiment comment utiliser ta bouche. Tu t'es sûrement entraîné avant. Combien de bites t'as pris comme ça ? souffla-t-il lorsque l'ancien joueur de Nohebi le relâcha dans un pop obscène.

Aucune réponse ne vint, mais cela passa inaperçu de Kuroo quand ses yeux se posèrent sur l'autre. Sa respiration se coinça dans sa gorge quand il réalisa que Suguru s'était stimulé tout ce temps. Ses mains bougèrent d'elles-mêmes, poussant l'homme aux cheveux verdâtres vers l'arrière jusqu'à ce que son dos soit à nouveau contre les draps. Comme un automate, il écarta les jambes pour que son ennemi voie clairement ce qu'il faisait.

«- S'il te plaît, Tetsurou… gémit-il, le rythme de ses trois doigts s'accélérant dangereusement.

- Une pute, c'est ce que tu es Daishou.» répliqua l'autre en dégageant la main de l'homme de son entrée.

Il enleva sa chemise et se débarrassa de ses vêtements inutiles. Puis, il tomba sur le corps tentant sur son lit. Leurs visages étaient à quelques centimètres mais aucun d'eux n'osait fermer la distance. Comme si c'était interdit. Des jambes longues et pâles s'enroulèrent autour de la taille de Kuroo, des talons s'enfonçant dans le bas de son dos. Il obéit à leur appel silencieux et son sexe frôla celui de l'autre. Daishou se tortilla à nouveau, ses mains venant jouer avec les cheveux en désordre du félin. Il était légèrement conscient de la prise de fer que ce dernier avait sur sa hanche droite, alors qu'il s'alignait avec son trou contracté. Il y eut un moment où tout s'arrêta. Il n'y avait rien d'autre qu'eux, se regardant dans les yeux. Même le frémissement des cuisses de Suguru disparut, de même pour le souffle irrégulier de Tetsurou.

Et il se pencha en avant. Peut-être que c'était pour distraire Daishou de l'étirement soudain et brûlant qui arrivait, peut-être que c'était pour une toute autre raison, plus intime et enfouie au plus profond de sa poitrine. Mais il l'embrassa, tendre et doux. Il savoura la façon dont ses lèvres humides s'ouvrirent pour laisser échapper un souffle surpris, il aima encore plus quand elles se refermèrent autour des siennes, lui retournant le baiser avec un besoin fébrile.

Était-ce le signe que ce ne serait pas juste une baise rapide faite de rage et de haine ? Probablement.

Kuroo choisit le moment où ils se séparèrent à cause du manque d'oxygène pour pousser son membre en avant d'un mouvement rapide, remplissant complètement Suguru. Ce dernier sursauta, diverses insultes sur le bout de sa langue qui furent à nouveau avalées par les lèvres de Tetsurou.

«- Putain, tu es si serré. jura-t-il, luttant pour rester immobile et donner à l'autre le temps de s'adapter.

- Bouge, mon Dieu, s'il te plaît, bouge-»

Le noiraud s'exécuta joyeusement, reculant puis re-rentrant lentement. Il laissa sa tête tomber contre le cou sous lui, respirant profondément pour capter la faible odeur du parfum de son partenaire. Il accéléra progressivement, étouffant ses propres gémissements en suçant et mordant la peau fine. Les ongles de Daishou lui griffèrent bientôt le dos, mêlant douleur et plaisir.

«- P-putain, Tetsu-

- Shhh, je sais. Tu as l'impression que c'est trop et pas assez en même temps, hein ? répondit ce dernier, s'étouffant presque avec ses mots.

- Tetsu, Tetsu, Tetsu… marmonna le serpent en tremblant.

- Qu'est-ce qu'il y a bébé ?

- S'il te plaît, s'il t- plus vite, va- va plus vite, s'il te plaaaaît…»

Non seulement il alla plus vite, mais il alla même plus fort et plus profond, frappant finalement la prostate de Suguru sur le point. L'homme aux cheveux verdâtres ne s'y attendait pas, ses jambes étaient maintenant poussées vers sa poitrine et il avait une vue parfaite sur le visage en sueur et le torse musclé de Kuroo. Sa frange collait à son front tandis que d'épaisses gouttelettes coulaient le long de son cou et de ses pectoraux toniques. Il n'eut pas le temps de voir ses yeux rouler dans son crâne, car lorsque l'érection de l'homme rencontra son point faible, il ferma les yeux et cambra le dos. Le cri qu'il poussa ferait l'objet de beaucoup de taquineries plus tard, mais pour l'instant, il alla directement au manche palpitant de Tetsurou.

«- Ouais, juste comme ça ? Tu prends ton pied ? grogna-t-il, son rythme devenant erratique.

- Oui ! Oh mon dieu, oui ! Tetsu, je-je ne durerai pas…

- Super, moi non plus.»

Et juste au bon moment, Daishou vint sur son ventre et une partie atterrit sur ses cuisses. Il exhala des morceaux du nom de son amant, babillant de manière incohérente.

«- Regarde ce que tu as fait.» grogna le brun, trempant son index dans le liquide blanc.

Il se pencha sur l'homme tremblant et porta son doigt à ses lèvres. Suguru ouvrit ses yeux étourdis, son corps tremblant toujours de son orgasme alors que l'autre n'avait pas encore arrêté de le marteler. Il regarda droit dans les iris sombres au-dessus de lui et prit le doigt sale dans sa bouche. Cette fois, il aperçut l'expression de Kuroo alors que son propre orgasme explosait et un faible grognement de son prénom résonna dans la pièce.

L'ancien capitaine des chats s'effondra sur lui, le faisant souffler alors que l'air était expulsé de ses poumons par le poids inattendu.

«- Bouge, abruti ! Tu m'écrases !

- C'est comme ça que tu remercies le meilleur coup de ta vie ? répondit l'autre sans bouger d'un pouce.

- Je- tu n'es pas -audacieux de ta part d'assumer-… bégaya le serpent en rougissant profusément.

- Nan nan, tu criais mon nom il y a quelques secondes. Tu as perdu toute ta crédibilité.

- Comme si tu étais mieux. bouda Daishou, mais continua de caresser la peau nue au-dessus de lui.

- Je n'ai jamais dit ça et je ne le ferai jamais.»

Ils tombèrent dans un silence confortable après cela, se blottissant l'un contre l'autre malgré leur viscosité. Ils s'endormirent quelques minutes plus tard, toujours dans la même position. Les questions recevraient une réponse le matin, il était maintenant temps de se reposer.