Note d'auteur :

Cet OS est le fruit de ma participation au concours d'Alrescha, "[Tous] Coincés", organisé sur le forum HPF jusqu'au 2 mai 2020.

Il s'agit d'un PWP (Porn Without Plot ou Plot ? What Plot ?), une histoire (pratiquement) sans scénario où la scène de sexe occupe une place prépondérante. Ce qui signifie naturellement que cette histoire est classée en rating M et fortement déconseillée aux lecteurs mineurs, donc à vos risques et périls si vous choisissez de continuer à lire. Les personnages doivent être majeurs selon la législation sorcière et consentants bien évidemment. Les contraintes du concours sont les suivantes :

- Les personnages ne peuvent pas sortir de l'endroit où ils sont (lieu au choix de l'auteur). Parce que dehors c'est l'apocalypse, parce qu'ils sont blessés, ensorcelés...

- S'ils sont deux, les personnages doivent parler de ce qu'ils feront lorsqu'ils sortiront.

- Si le personnage est seul, ses projets doivent être évoqués.

- En couple ou non, amis ou non, c'est vous qui décidez !

- Vous pouvez choisir vos OCs si vous en avez.

- Vous pouvez écrire un slash (relation entre deux personnages de même sexe).

- Vous pouvez écrire sur un plaisir solitaire.

- Votre texte devra compter un minimum de 500 mots.


Avertissement :

Cet OS s'inscrit dans l'intrigue de ma fanfiction Projet Phoenix, le couple évoqué ici figurant parmi les personnages les plus "importants" de cette histoire, en tout cas à mes yeux. Comme je suis en train de réécrire intégralement cette fanfiction, j'avais envie d'explorer et d'approfondir leur relation.

Pour les besoins du concours (et parce que j'adopte ici uniquement le point de vue d'un des deux personnages, ce qui m'oblige à faire doublement attention), je me suis efforcée de rester consensuelle pour ne pas choquer mon public : on a donc ici deux personnages amoureux, en apparence. Mais j'aime autant dire que leur relation n'est ni romantique ni saine. Je crois que certains passages de cet OS le laisseront assez entendre, car je n'ai pas voulu les effacer malgré tout. Enfin, peut-être y a-t-il parmi vous des lecteurs qui ont lu ma fanfiction par curiosité et savent à peu près de quoi je veux parler. Je préfère être honnête avec vous parce que, quand viendra le moment de la republier (si j'arrive à terminer la réécriture déjà), je risque de prendre moins de précautions pour les besoins de mon intrigue. Mais c'est aussi en grande partie pour cette raison que je me lance dans une réécriture : pour remanier complètement l'intrigue et reprendre ces éléments avec beaucoup plus de pincettes que j'ai pu le faire auparavant.

Cet OS peut bien sûr être lu indépendamment de la fanfiction. Ce qui signifie que vous n'avez pas besoin de vous farcir un pavé pour y comprendre quelque chose (d'ailleurs je ne vous le recommande pas : non seulement je réécris tout ça mais en plus, l'histoire n'est même pas finie... Je la laisse quand même pour les lecteurs qui l'ont appréciée).

J'arrête là mon blabla et je vous souhaite une bonne lecture !


Le silence qui imprégnait les couloirs de Poudlard, la nuit, était impressionnant. En temps ordinaire, ils étaient toujours grouillants d'activité. Sauf qu'on n'était pas en temps ordinaire. C'est tout juste si on entendait le grincement des portes ou des armures : depuis quelques mois à présent, Poudlard semblait avoir retenu son souffle. Le moindre bruit produit par inadvertance pouvait présager du pire ; et si les journées étaient continuellement tendues, les nuits étaient encore plus étouffantes.

La porte d'une salle de classe était ouverte : il s'en échappait un faible rai de lumière. Blaise sut que c'était à lui que ce signal était adressé, même s'il aurait bien voulu gronder sa compagne pour son imprudence. Mais il ne s'en soucia pas longtemps : tout ce qu'il voulait, à ce moment, c'était sentir sa chaleur, sa peau contre la sienne. Sa présence, tout simplement.

Il entra. Une autre baguette était posée sur la table, projetant elle aussi une petite lumière à son extrémité. Nulle trace de sa propriétaire mais il sentait, aussi sûrement que le froid sur sa peau, sa présence.

Il appela :

« Daphné ?

- Je suis là. »

Il entendit des pas feutrés qui accouraient vers lui. L'instant d'après, elle approchait sa main de son visage, lui effleurant la joue. Il admira un bref instant la pâleur de sa peau, qui apparaissait lunaire dans la lueur vive, et il entrelaça ses doigts aux siens.

« Tu n'as pas eu de problème en venant ? lui demanda t-elle.

- J'ai failli tomber nez à nez avec McGonagall, grommela t-il. Elle n'arrête pas de fureter dans tous les coins, ces temps-ci. La présence des Mangemorts doit la rendre nerveuse. Quelle idiote. Il lui suffirait juste de prêter allégeance pour être tranquille.

- Blaise… » murmura Daphné, en accrochant ses doigts dans son uniforme d'étudiant.

Elle n'aimait pas quand il médisait sur un de leurs professeurs.

« Je dis la vérité, Daphné. McGonagall devient gâteuse, comme Dumbledore avant elle. Il était temps que le Seigneur des Ténèbres remette un peu d'ordre dans l'organisation de Poudlard.

- Tu crois ? Tu crois que les choses s'arrangeront comme ça ? »

Le voyant froncer les sourcils, elle développa sa pensée :

« J'ai peur, Blaise. Je ne suis pas contre le Seigneur des Ténèbres moi non plus, mais… J'ai peur, malgré tout. Poudlard est devenu une prison pour nous. On ne peut même pas sortir de là parce que c'est encore l'endroit où on est le plus à l'abri, ont dit mes parents ! Mais ils ne voient pas ce qui se passe, ici. Depuis que Rogue est directeur et que nous avons les Carrow, j'ai l'impression que n'importe qui pourrait saisir la moindre occasion pour trahir les autres. Mes propres amies pourraient se retourner contre moi, ma sœur me dénoncer… Je ne sais plus à qui me fier. J'ai l'impression que mon univers entier va s'effondrer d'un instant à l'autre.

- Tu n'as rien à craindre, Daphné, je suis là… » murmura t-il, en l'enlaçant et en lui embrassant le front.

Il laissa un instant ses lèvres posées au-dessus de ses sourcils, puis il descendit au niveau du nez, s'égara sur les joues et arriva jusqu'aux lèvres qu'il captura vivement, dégageant des mèches de ses cheveux blonds, sa main cherchant déjà à déboutonner sa robe. Daphné répondit à son tour, presque désespérément, s'activant elle aussi à le débarrasser de ses vêtements.

« J'étais en manque de toi toute la journée, » lui avoua t-il, en la soulevant pour la poser sur une table.

Il appuya ses lèvres sur les siennes tout en faisant glisser sa robe de sorcière jusqu'à sa taille, la laissant en simple chemise blanche, frissonnante dans la fraîcheur de cette salle de classe. Tant qu'il avait encore un peu de présence d'esprit, il dirigea sa baguette vers la porte et enclencha la serrure d'un geste, pour qu'ils ne soient pas dérangés au milieu de leur occupation. Daphné ne s'aperçut de rien. Elle avait noué ses bras autour de son cou et l'embrassait éperdument, se plaquant contre lui et savourant le contact de leurs deux corps étroitement liés. Il finit par abandonner sa baguette sur la table et plongea sa tête dans son cou, baisant et goûtant sa peau parfumée. Elle bascula sous son poids et poussa un petit cri de surprise, accrochant instinctivement ses doigts à ses épaules. Sa chevelure dénouée retombait comme de l'or liquide sur le bois rêche et poussiéreux. Il la caressa avec délicatesse : elle était si douce sous ses doigts. Il ramena une fois encore ses mèches en arrière pour dégager son visage. A ce moment-là, tandis qu'il caressait ses joues, il sentit l'humidité sous ses doigts.

En levant la tête, il vit qu'elle pleurait doucement.

« Qu'est-ce qu'il y a, ma Daphné ?

- R… Rien, je t'assure. Je ne sais même pas pourquoi je pleure. »

Il sourit, caressa sa joue, rapprocha son visage du sien.

« Tu es sous pression, ces temps derniers, ma chérie. Je peux comprendre. Je vais tout faire pour te redonner le sourire. Allez, fais-moi ton plus beau sourire. »

Elle se força à étirer les lèvres et il eut une moue satisfaite.

« Tu es si belle, Daphné, » lui chuchota-t-il. Elle répondit par un rire grêle.

Il se hissa sur la table à son tour et se remit à l'embrasser voracement. Il passa en même temps une main sous sa jupe et avec l'autre acheva de lui retirer sa chemise entièrement déboutonnée, caressant ce qui s'offrait à lui. Il s'attarda sur ses seins parfaitement dessinés, admira les ravissants mamelons dressés et se pencha pour les embrasser, tour à tour. Elle pencha la tête en arrière en soupirant, caressant ses cheveux et pressant légèrement sa tête contre sa poitrine. Il en profita pour mordiller un de ses mamelons. Elle grogna et, en guise de revanche, elle enfonça ses ongles dans ses omoplates et le griffa lentement. Elle noua, après s'être débarrassé de ses chaussures, ses jambes autour de sa taille et parut chercher à le presser entre ses cuisses. Mais évidemment, elle manquait de force et ne réussit qu'à lui tirer un sourire malicieux tandis qu'il remontait le long de sa poitrine jusqu'à sa jugulaire, où il s'appliqua à sucer et mordre la peau douce et crémeuse. Elle gémit de nouveau.

Il adorait ces moments où ils luttaient ensemble jusqu'à la délivrance, où l'univers n'existait plus, où ils étaient ensemble, juste tous les deux.

A son signal, Daphné entreprit de faire tomber ses propres cape et chemise à terre, le laissant torse nu. Elle se pressa tout contre lui et lui embrassa la tempe tout en rapprochant, semblant de rien, ses hanches des siennes. Il savait très bien ce qu'elle voulait, mais il ne comptait pas lui faire ce plaisir tout de suite : il avait envie de faire durer encore un peu ce moment.

Il mordit plus durement sa jugulaire et elle cria son nom. L'espace d'un instant, il perdit le contrôle et voulut la faire s'allonger sur la table. Elle tomba sans effort, ses longs cheveux formant comme des rayons solaires autour de son crâne. Sa bouche remonta le long de son cou, puis de sa mâchoire jusqu'à ses lèvres dont il s'empara avidement. Pendant ce temps, il s'appliqua à faire glisser ses bas le long de ses jambes, ses mains caressant ses cuisses et s'aventurant à l'intérieur pour pincer ce qui pouvait l'être. Elle haleta, fit un geste pour l'arrêter, renonça finalement. Elle se contenta seulement de faire descendre son pantalon à ses pieds, impatiente de s'offrir à lui. Bas et pantalon se mêlèrent sur le sol. Blaise les fit glisser loin de lui pour ne pas se prendre les pieds dedans. Comme les mains de Daphné s'attardaient dangereusement autour de son entrejambe, il s'en empara et les fit remonter jusqu'à son torse où il les posa, les tenant fermement. Daphné sembla un peu revenir à elle. Le rose sur ses joues d'albâtre lui donnait des allures de poupée ravissante.

« Que va-t-il arriver après, Blaise ? » demanda-t-elle, dans un souffle.

Il fronça les sourcils d'incompréhension. Il n'était pas vraiment habitué à la voir si préoccupée. D'ordinaire, elle préférait se consacrer tout entière à son activité et hâter les choses. Cette fois-ci, elle prit son temps et posa sa tête contre sa clavicule. Un long frisson d'excitation le saisit, et il la pressa très fort contre lui, caressant son dos nu.

« Après… On ne sait pas ce que l'avenir nous réserve. On verra comment après sera fait, mais pour le moment, mieux vaut profiter de l'instant présent.

- Je veux dire, que se passera t-il si la face du monde magique change ? Aurons-nous encore des repères ? Je ne sais pas où la politique du Seigneur des Ténèbres va nous mener. Ma famille s'en inquiète et je me suis tracassée avec ça toute la journée…

- Je vois, murmura t-il. Le Seigneur des Ténèbres fait ça pour notre bien à tous, tu n'as pas à t'en faire. Nous aurons une vie meilleure, sans les Moldus pour nous polluer l'existence, voilà tout. Nous serons… enfin libres. Plus oppressés comme avant.

- Tu penses vraiment que cela résoudra tout ? grinça t-elle, pour elle-même.

- Je te demande pardon ? »

Elle releva la tête vers son visage, ses grands yeux verts brillant encore de larmes.

« Je n'en peux plus, tout simplement. Je n'en peux plus de toujours devoir faire face à un avenir incertain. Je veux simplement avoir une vie heureuse, pouvoir vivre comme je l'entends. Mais c'est toujours trop demander.

- Je t'assure que bientôt, tu n'auras plus de raison de t'en faire. L'oppression disparaîtra, et tu seras enfin heureuse. »

Il ne savait en réalité plus que dire, mais ses paroles semblaient avoir un effet apaisant sur Daphné qui l'étreignit avec force. En ce moment même, elle était comme lui : elle voulait simplement avoir un contact, ressentir la chaleur humaine quelque part, quelqu'un qui pouvait lui en procurer. Quelqu'un qui la comprenait, qui assouvissait ses désirs.

« Qu'allons-nous devenir après tout ça ? » chuchota-t-elle.

Il savait ce qu'elle demandait. Ils s'aventuraient en terrain dangereux. Ce n'était pas ce qu'il voulait. Tout aurait dû rentrer dans l'ordre après ça, pour lui en tout cas : il n'avait jamais eu l'intention de se lier avec qui que ce soit. Ils avaient décidé au départ, d'un commun accord, de s'engager dans cette relation par jeu. Leur intention n'avait jamais été de faire durer cette histoire. Il pensait qu'elle l'aurait compris. Ils ne s'étaient trouvés que parce qu'ils avaient besoin l'un de l'autre, dans ces circonstances dramatiques. Lorsque tout serait fini, ils devraient se séparer. C'était inévitable puisqu'ils ne pouvaient pas finir ensemble : Daphné était une fille de bonne famille, promise à un autre sorcier de sang pur et lui, Blaise, le fils d'une parvenue aussi crainte que respectée par ses pairs. Il ne serait jamais rien d'autre que le petit chien d'un aristocrate dans le genre de Drago Malefoy.

Mais il était arrivé ce qu'ils n'avaient pas prévu : Daphné était tombée amoureuse de lui. Sans doute la pire ou la meilleure chose qui pouvait lui arriver, elle ne pouvait savoir. Et Blaise lui-même doutait pour la première fois, car il avait peut-être bien envie, finalement, d'être avec elle.

Daphné sentit son trouble. Jusqu'ici, elle s'était efforcée de se contenir. Mais c'était trop : ses larmes se remirent à couler, une goutte après l'autre. Il les observa attentivement, à mi-chemin entre trouble, fascination et répulsion. C'était lui qui provoquait ça ? Il resserra son emprise sur elle et les embrassa. Elles redoublèrent.

« Je n'arrive pas à savoir ce que tu ressens, geignit-elle. Est-ce que tu veux être avec moi, Blaise ? Est-ce que tu veux qu'on fuie ensemble ? Je suis prête à tout laisser tomber, tu sais, pour toi. Je te l'ai déjà dit ! Mais j'ai l'impression de ne pas arriver à te saisir. Je me dis que quand tout sera terminé, tu vas t'évaporer, partir pour toujours… Réponds-moi, Blaise, je t'en supplie. Dis-moi quelque chose, n'importe quoi, dis-moi au moins si tu veux être avec moi parce que moi, je ne suis plus certaine de vouloir être avec quelqu'un d'autre. »

En la pressant un peu plus fort contre lui, Blaise sentait en même temps son cœur cogner sourdement. Il était à peine capable de réaliser ce que tout cela signifiait.

« On restera ensemble, Daphné, promit-il. Je ne laisserai personne se mettre entre toi et moi. On va survivre à cette guerre et on va se marier. On va être heureux ensemble. Tu seras plus heureuse avec moi qu'avec un autre, je te le jure ! »

Elle renifla, enfouissant sa tête dans son épaule, la parsemant en même temps de petits baisers. C'était la première fois qu'ils étaient amenés à le faire dans ces conditions. Les fois précédentes se déroulaient toujours dans l'insouciance : ils évitaient de penser au lendemain. Mais Daphné n'en pouvait plus. Elle voulait franchir un pas supplémentaire dans leur relation. Elle voulait qu'ils arrêtent de jouer à faire semblant. Il l'entendit chuchoter quelque chose, tout bas, assez bas pour que, dans le feu de l'action, il soit incapable de l'entendre. Mais il comprit cependant le sens de ces trois petits mots et sentit l'électricité le parcourir lorsqu'ils l'atteignirent de plein fouet.

Sans qu'elle y prenne garde, la main de Blaise était lentement descendue à l'intérieur de ses cuisses et avait glissé dans sa culotte, effleurant son sexe et exerçant une légère pression sur son clitoris. Elle tressaillit et écarquilla les yeux. Elle semblait toujours égarée quand il commençait les préliminaires – parce que c'était toujours lui qui prenait l'initiative jusqu'alors. Elle ferma les yeux et se mordit la lèvre inférieure quand il commença de lents mouvements circulaires avec son pouce et index. Ses ongles s'enfoncèrent dans son dos et sa respiration s'accéléra. Les yeux de Blaise scintillèrent. Il l'embrassa encore et elle lui répondit avec ardeur tandis qu'il continuait ses caresses, faisant glisser sa culotte pour amplifier ses mouvements. Daphné haletait. Sa bouche s'égara dans le cou de son amant et le mordit. Il grogna et enfonça d'un coup deux de ses doigts en elle.

Daphné cria et se colla à lui de plus belle, avide de le sentir, ne souhaitant plus rien d'autre que fusionner avec lui. Elle ressentit en même temps le besoin de lui rendre la pareille : elle s'empara de son slip et le fit glisser d'un coup sec sur ses cuisses. De sa main libre, il s'empressa de s'en débarrasser tandis qu'elle prenait sa verge entre ses doigts et la caressait maladroitement, mais vigoureusement. Ce fut au tour de Blaise de gémir et il accéléra les mouvements de ses doigts.

Pendant les instants de félicité totale qui suivirent, ils s'oublièrent et perdirent même la conscience du lieu où ils se trouvaient. Jusqu'à ce que, s'apercevant que les bruits qu'ils faisaient pouvaient les faire repérer, Blaise revînt un peu à lui et craignît qu'un professeur venant patrouiller par ici les surprenne. Mais le plaisir qu'ils ressentaient tous deux eut vite raison de son inquiétude ; il admira la rougeur qui colorait les joues de Daphné, sa chevelure sauvage et désordonnée, ses yeux mi-clos, brillants de plaisir et sa petite bouche entrouverte d'où s'échappaient des soupirs. Cette vision l'excita, et plus encore la perspective d'être pris sur le fait. Il renonça à l'idée de lancer un sortilège de silence pour isoler la pièce.

Il ralentit le mouvement de ses doigts et finir par les retirer. Daphné poussa un râle de protestation mais il la fit taire d'un baiser tout en prenant la main qui caressait son membre avec ardeur pour la poser sur le côté. Il prit tout son temps, s'emparant de ses hanches pour la positionner face à lui. Il chercha son regard et y plongea, voyant toute l'impatience qui agitait la jeune fille, consciente de ce qui était sur le point de se produire. Cela s'était produit tellement de fois qu'elle s'était entièrement rôdée à l'exercice. Chacun s'attela à caresser le corps de son partenaire, la chaleur leur monta progressivement à la tête, leurs deux souffles se précipitèrent. Enfin, sans s'arrêter une fois de la regarder dans les yeux, Blaise accentua la pression de ses doigts sur ses hanches et la pénétra. Il sentit le corps de Daphné se crisper tandis qu'elle s'habituait à sa présence en elle.

« Blaise… » murmura-t-elle, mais elle se tut quand il commença à balancer ses hanches d'avant en arrière et ferma les yeux en poussant des soupirs erratiques. Ses jambes enroulées autour de lui le serrèrent encore plus fort et elle colla complètement son corps au sien, pour ne faire qu'un avec lui.

« Blaise ! » répétait-elle, le volume de sa voix augmentant un peu plus à chacun de ses coups de reins. Il la contemplait et savourait de la voir perdre la tête tandis qu'il s'appliquait à lui donner du plaisir, essayant de rester maître de lui pour garder le plein contrôle sur la situation.

Pendant quelques secondes, elle rouvrit ses yeux verts et les plongea dans ceux, si sombres, de son amant. Il crut y lire la culpabilité qu'elle ressentait en permanence depuis qu'elle s'était lancée dans ce jeu avec lui, en lutte avec le désir charnel qu'il avait suscité en elle. Elle murmura encore ces quelques petits mots qui provoquèrent en lui la même décharge qu'un peu plus tôt. En réponse, il enfonça ses doigts dans la peau de ses fesses.

« Tu es à moi, » chuchota-t-il avec une possessivité féroce.

Le regard de Daphné se voila et elle referma ses paupières, s'abandonnant entièrement. Il accéléra le rythme. La table branlait sous ses secousses. Le vacarme qu'ils faisaient aurait suffi à attirer une personne passant à quelques mètres d'ici. Daphné criait des mots sans suite, l'incitant à aller encore plus vite, perdant complètement pied à mesure que son plaisir augmentait. Elle lâcha un dernier râle libérateur au moment où elle atteignit la jouissance. Il n'attendait que ce signal pour se laisser aller à son tour et le tressaillement qui accompagna sa délivrance parcourut son corps entier, le laissant tétanisé un bref instant. Puis il s'abandonna sur elle, embrassant son visage et ses épaules en sueur pendant qu'elle lui caressait la nuque et le dos, son regard resplendissant de félicité. Le silence retomba. Ils restèrent ainsi, ne pensant à rien d'autre qu'à leurs deux corps moites collés l'un à l'autre, profitant de cette bulle dans laquelle ils s'étaient enfermés pour échapper à leurs angoisses.

C'était la guerre au-dehors, et l'atmosphère était pesante ; à cause de cela, ils avaient décidé de jouer à un jeu, un jeu stupide qui les avait livrés l'un à autre. Tout ça parce que, incapables de se regarder en face et de s'avouer à eux-mêmes leurs faiblesses, ils avaient cherché à l'annihiler chez l'autre, croyant trouver là une compensation. C'était ça ou se déchirer intérieurement.

Ce jeu – car c'était supposé n'être que cela, un jeu –, tout sauf innocent, ne devait être au départ qu'un passe-temps. Sauf que, à force de le faire durer, ils s'étaient retrouvés pris au piège de leurs sentiments. Blaise ne l'avait pas prévu. Habituellement, cela l'aurait contrarié : il aimait contrôler, jusqu'à ses émotions. Son corps s'était déréglé et ne lui répondait plus comme il aurait voulu. Cependant, comme une intuition, il avait l'impression qu'il fallait laisser faire, observer ce qui allait ressortir de tout cela et agir en conséquence. Voir si ce jeu allait dessiner la promesse d'un avenir radieux ou, au contraire, les détruire tous les deux.


Une question me taraude : qu'en avez-vous pensé ? N'hésitez bien sûr pas à me laisser vos avis !

Je ne suis pas trop habituée aux lemon et aux PWP, j'ai donc fait de mon mieux et j'espère que ça vous a plu. Je suis malgré tout contente de m'être prêtée à l'exercice : m'étant remise à écrire seulement depuis la fin de l'année dernière (j'ai eu une looongue pause entre 2017 et 2019), rien que le fait de publier un OS est un bel exploit pour moi. J'espère que d'autres histoires suivront. Pour ce qui est de la reprise de PP, je ne peux pas fournir de date pour le moment, mais j'ai bon espoir de réussir en-fin à en venir à bout (on parle d'un projet que j'ai commencé en 2012, pour vous donner une idée de son importance à mes yeux...). Il faut juste que je me mette un coup de pied au derrière parce que j'ai un baobab dans la main...

Je remercie Alrescha pour l'organisation de ce concours et Elyon pour sa relecture attentive. Et maintenant, chers lecteurs, la parole est à vous !