Coucou tout le monde !
J'espère que cette histoire vous plaît malgré mon faible potentiel à écrire des policiers… OTL
Je réponds ici à la question de Sacaly Amroma (même si je t'ai déjà répondu par mp mais pourquoi ne pas en faire profiter le monde o/) : l'histoire se déroule de nos jours sans vraiment avoir de date précise. En revanche, géographiquement parlant, tout existe (merci Google maps XD).
Prénoms cités dans ce chapitre (je me rends compte que si vous lisez cette liste, vous connaîtrez d'avance les persos du chapitre… hum bon ou pas bon ?) :
Norvège : Lukas Bondevik
Islande : Emil Steilsson
Sealand : Peter
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 1 : Deux coups d'avance
Lukas reposa son énième tasse de café vide. Il attrapa son ordinateur portable et commença à parcourir les différents articles laissés en plan auparavant. Il les lut avec intérêt même s'il était un peu difficile de déceler chez cet individu une marque quelconque de ce genre. Passionné, il ne l'était pas. Intéressé, plus que jamais. Internet regorgeait de pages et de pages rédigées avec soin, avec acharnement, avec envie, avec rapidité, avec confusion, avec erreur. Il y en avait tant que, quand bien même certaines pouvaient raconter la même chose, elles étaient toutes différentes, chacune avec son propre point de vue. Et c'était exactement ce que Lukas appréciait particulièrement. Croiser les sources. Trouver la vérité derrière tous ces on-dit. Il esquissa un maigre sourire.
Emil revenait de sa douche, une serviette sur les épaules avec le bout de laquelle il ébouriffa ses cheveux presque blancs avant de s'affaler dans le canapé. Il dévisagea un instant son frère aîné et finit par le délaisser pour quelque chose d'autrement plus intéressant : sa PS3. Très vite, il fut absorber par son jeu vidéo et bientôt plus rien n'eut d'importance. En apparence du moins.
- Tu n'es vraiment pas décidé à m'expliquer ?
Lukas eut un –très- léger sursaut. Il ne l'avouerait jamais, bien entendu et, au fond de lui, son orgueil fut ravi de savoir son cadet tout à son jeu vidéo. Aussitôt, il se reprit.
- Je te l'ai déjà dit, Emil : la capacité de concentration en marche est telle qu'elle obstrue les autres perceptions. Préviens-moi la prochaine fois avant de me parler.
Emil affirma vaguement, tant parce qu'il était plongé dans un combat passionnant que parce que c'était la énième fois que son frère le lui reprochait. Au début, il l'écoutait consciencieusement. A la deuxième fois, le flegme dont Emil pouvait parfois faire preuve avait posé ses valises. Il n'écoutait plus que d'une oreille distraite les reproches de son aîné.
- Alors ? reprit-il, toujours dans l'attente de sa réponse
- Tu veux que je t'explique pourquoi nous avons un colocataire ou pourquoi celui-là ?
- Tu l'as choisi ?
- Evidemment, répondit Lukas en levant les yeux au ciel, dans sa voix perçant une touche d'agacement, je ne laisse pas n'importe quoi rentrer dans cette maison.
- N'importe qui.
- C'est pareil.
- Je croyais que tu ne voulais plus personne justement.
Lukas se leva et se plaça devant le téléviseur, observant le personnage de son frère attaquer son ennemi d'un coup de genou dans le menton. Emil ne voyait rien, mais il jouait toujours. Ce jeu, il le connaissait par cœur. On aurait pu éteindre l'écran et le son que ça n'aurait rien changer. Tout ce qui importait, c'était l'enchaînement des touches. Rien d'autre. Alors que son frère soit devant… il n'en avait rien à faire. Il fixait le dos de Lukas sans vraiment le voir, ses doigts s'agitant dans une harmonisation parfaite.
- Connais-tu la règle primordiale aux échecs ?
- J'aime pas les échecs.
- Si on ne devait connaître que ce qu'on aimait… marmonna Lukas
Il fit brusquement volte-face et s'avança d'un pas vers son frère, lequel haussa un sourcil interrogateur. Un point qu'il détestait chez son aîné : la dramatisation. Lukas aimait faire attendre son monde il aimait le manipuler, les installer sur les planches d'une scène imaginaire et les plongées dans les rebondissements les plus improbables dont seul lui avec les clés. Et ça, ça fatiguait Emil.
Lukas s'agenouilla devant son cadet et posa ses mains sur ses genoux.
- Toujours avoir un coup d'avance. En l'occurrence, j'en ai deux.
Comme Emil ne réagissait pas, ou tout du moins n'avait semble-t-il rien à dire, Lukas se releva et s'approcha de son échiquier. Il poursuivit :
- Une bien sombre affaire. Comprendre est une chose et j'en suis parfaitement capable. Je n'ai fait que bouger les pions.
Il attrapa le fou et le plaça entre deux rois.
- Mais pour régler véritablement l'affaire… il me fallait des bras.
Emil eut un léger rictus tandis que Lukas contemplait le fou avec un sourire énigmatique. Puis, il donna dedans une pichenette et le pion tomba à la renverse. Luka ne lui prêta pas plus d'attention et déjà il s'affala sur le canapé aux côtés de son frère. Emil, toujours sans décrocher de son écran, demanda :
- Quelle affaire ?
- Ah ah ! Tu verras.
Lukas jeta un coup d'œil à sa montre.
- Si mes calculs sont bons, et il est très peu probable qu'ils ne le soient pas, ta réponse arrive dans… 5… 4… 3… 2… 1…
On sonna à la porte
Aussitôt, Lukas sauta hors du canapé et sautilla comme un enfant le soir de Noël jusqu'à la porte d'entrée. Emil détourna la tête. Son frère guilleret, c'est un frère sur une grosse affaire. TRES grosse. Il délaissa complètement son jeu vidéo et alla voir. Appuyé sur la rambarde, il observa son frère ouvrir et s'écrier avec une joie jouée à la perfection.
- Peter ! Je suis tellement heureux de te voir ! Entre, entre donc.
- Oh, Lukas soit un peu plus mature tu veux : l'heure est très grave.
Emil fronça les sourcils. C'était quoi, cet espèce de petit rejeton blond qui foulait le sol de sa maison ? Son antre fraternel ? Deux inconnus dans la même journée, c'était un peu trop à son goût. Et ce petit, là, tellement petit qu'il pourrait l'aplatir avec sa chaussure, il était bien familier avec son frère.
- J'ai des bonbons, glissa malicieusement Lukas
Les yeux de Peter explosèrent tant il avait d'étoiles dans les yeux
- Oh ! J'en veux, j'en veux !
Lukas poussa le garçon à l'intérieur de la maison et referma la porte derrière lui. Il perdit tout sourire aussitôt qu'elle eut claqué. Il avisa Emil qui descendait quelques marches, prêt à défendre le territoire de son maître comme un bon chien de garde.
- Prépare un café et deux chocolats chauds, s'il te plaît, Emil.
- Tout de suite, grinça des dents le cadet
Quelques minutes après, lorsqu'Emil remonta avec un plateau chargé de trois tasses fumantes, il découvrit Lukas étendu dans son fauteuil, comme d'habitude, et l'inquisiteur miniature dans le canapé, la manette de PS3 sous les doigts.
- Et donc après, expliquait Peter tout en jouant, comme tu me l'avais conseillé, je suis allé me cacher devant la maison pour pouvoir les espionner…
Emil posa brusquement le plateau sur la table basse. Il se força à sourire.
- Viens boire tant que c'est chaud, gamin, ne put-il s'empêcher de rajouter
- Merci, c'est gentil, mais tu sais, je ne suis pas un gamin. Je suis grand, j'ai 13 ans !
- Mais oui, mais oui. C'est super.
Dès que Peter délaissa la console, Emil se jeta presque dessus, éteignit tout et prit soin de tout ranger sous le meuble télé, bien loin de petites mains fouineuses. Puis, il servit à son frère sa tasse de café, celui-ci tendant la main comme un assisté, ne désirant rien faire de lui-même. Trop flemmard diront les autres Lukas préférait y voir là une énergie cérébrale trop importante pour pouvoir se servir des autres muscles. Emil était de l'avis des autres. Puis, il capta ce que Peter venait de dire. Il fusilla son frère du regard : voilà qu'il recommençait ses magouilles.
- Tu l'as… conseillé ?
- Je te l'ai dit : j'ai deux coups d'avance. Continue Peter, je t'en prie.
- Papa et papa sont rentrés. Papa avait l'air un peu triste et papa essayait de le consoler… je me suis senti un peu coupable, mais il le fallait. Après tout, je suis assez grand pour me débrouiller. Il fallait bien qu'ils le comprennent.
Il était évident que dans la tête de Peter, « papa » et « papa » était aussi distinct que « melon » et « soda ». Personne n'arrivait jamais à comprendre de quel père il s'agissait et pourtant ! pour Peter c'était clair comme de l'eau de source ! Et comme il essayait de convaincre tout le monde à la moindre remarque, plus personne ne prenait la peine de lui demander de qui il parlait.
- Et puis après… j'ai attendu. Une voiture s'est garée et j'ai vu trois hommes en sortir. Ils ont sonné à la porte. Quand papa a ouvert, il était tellement surpris qu'il n'a pas réagi tout de suite. Du coup, ça a laissé le temps aux trois hommes de rentrer chez nous. Ils ont refermé la porte et puis plus rien.
Peter était tout de même fier de la façon dont il avait raconté son histoire. Si bien qu'il laissa planer le suspense et avala une grande gorgée de chocolat chaud qui lui fit une moustache.
- Tu n'as rien d'autre à dire, Peter ? demanda Lukas en faisant resurgir son sourire énigmatique
- Si, si ! Après, j'ai attendu une heure, comme tu me l'as dis, et le bus est arrivé. Un homme en rouge et noir est descendu et a toqué à notre porte. Il l'a même défoncé et est entré de force ! Si je le retrouve, je lui parlerais du pays !
Emil ne put s'empêcher d'esquisser un sourire moqueur.
- Et quand il a disparu dans la maison, je suis parti te voir pour te raconter tout ça.
- C'est bien, Peter, c'est bien.
Lukas posa sa tasse de café vide sur le plateau et se leva pour aller s'accouder à la fenêtre. Emil dévisagea l'intrus.
- Mais… tu n'es pas inquiet pour tes parents ?
- Oh non ! Papa, il pourrait tuer un homme en plein cœur à cinq kilomètres ! Minimum !
- Bien évidemment… se moqua à demi voix Emil avant d'avaler une gorgée de chocolat chaud
Alors que Lukas s'était semble-t-il détaché de la conversation, il fit soudain volte-face et rejoignit à grand pas la porte, la mine fermée comme lorsque son entourage ne se limitait pas à lui et Emil. Peter sauta sur ses deux pieds et partit à sa suite. Le frère du détective restait intrigué par cette affaire et haussa un sourcil lorsque son aîné dévala les escaliers avec une légèreté qu'il ne lui connaissait pas. Ce mystère n'était pas une simple énigme. Il était un casse-tête chinois qui avait semble-t-il obséder son frère, lequel était ravi de pouvoir reconstituer son puzzle. Son passe-temps.
Quand bien même Emil ne voulait pas trop s'immiscer dans les affaires de Lukas, il essayait de comprendre. Il n'était pas aussi vif d'esprit que lui, certes, mais faisait tout de même preuve d'une logique implacable. Son frère ne résolvait pas à proprement parler il plaçait des pions qui le feraient pour lui. Lukas était guilleret : il atteignait son but. Par quel miracle ?
Un étranger trop extraverti. Un couple dont l'un était attentionné, l'autre précis. Une fugue d'un enfant un peu trop sûr de lui, un moustique qu'Emil aurait bien écrasé. Une écharpe laissée là par hasard. Par hasard ?
Emil posa sa tasse et rejoignit son frère dans l'entrée en train de passer son par-dessus gris. Peter était déjà dehors, courant à travers la rue déserte dans un quelconque jeu qu'Emil ne désirait certainement pas connaître. Tandis qu'il enfilait son écharpe, il glissa à son frère :
- Tu étais vraiment obligé de lui piquer son écharpe ?
Lukas esquissa un sourire et sortit en rajustant toujours plus haut le col de son manteau.
- C'était vraiment nécessaire ?
Emil referma à clé la porte d'entrée derrière lui. Sur les marches du perron, Lukas observait le soleil couchant, une main en visière.
- Tu verras.
- Lukas !
- « Grand frère. »
Emil le toisa et descendit les marches en boudant.
Affaire à suivre…
Je pense que je vais garder ce rythme de publier le week-end et le mercredi. Ça vous conviendrait ?
