Bien le bonjour, amis lecteurs !
Voici la suite de cette première affaire. Je ne dis pas que c'est très violent mais je tiens tout de même à vous prévenir que ce n'est pas la joie dans ce chapitre.
J'aimerais aussi m'excuser tout de suite pour le caractère de Norvège qui paraît un peu OOC (et c'est peut-être un peu le cas) mais comme je suis déjà loin, j'ai un peu la flemme de tout réécrire et je vous demanderais donc de m'excuser. Mais désormais, pour les chapitres que je suis en train de rédiger, je ferais attention promis !
Prénoms cités dans ce chapitre :
Danemark : Mathias Køhler
Finlande : Tino Väinämöinen
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 1 : Secrets d'otages
Lorsqu'on ôta le bandeau des yeux de Mathias, il n'eut pas tant de mal à voir qu'à retrouver ses autres sens. Alors qu'il reprenait peu à peu ses esprits, il aperçut la silhouette nonchalante d'un des hommes armés s'éloigner. Mathias fit un état des lieux : il était dans un vaste hangar où s'entassaient des boîtes en carton mais également de grandes caisses métalliques comme on en trouve sur les docks. Et il ne douta pas d'y être quand résonna brusquement la sirène d'un navire pas si lointain que ça. Par quelques embrasures de portes coulissantes, des filets de lumière se frayaient un chemin.
Mathias se remémora les derniers évènements. Comment avait-il pu se foutre dans un merdier pareil ? Sérieusement ? N'avait-il pas quitté sa patrie justement pour éviter ce genre de soucis ? Peut-être devrait-il déménager à nouveau… et dire qu'il venait à peine de poser sa valise.
L'homme avait allumé sa cigarette et avait pris un malin à plaisir à souffler la fumée sur le visage du plus petit des deux clients. Pendant ce temps, un des hommes armés avait immobilisé Mathias. Lequel n'avait même pas bronché. Puis, on leur avait passé des sacs en toile sur la tête et tous trois avait été guidé avec plus ou moins de délicatesse jusqu'à un van. L'homme à la cigarette était sorti de la maison, avait regardé ses hommes faire et avait finalement écrasé sa cigarette sur le perron, tout près du mégot de Mathias d'ailleurs. Il avait rajusté ses lunettes et soigneusement refermé la porte à clé. Ils étaient partis en emmenant les deux clients et Mathias. Par la suite, la banlieue pavillonnaire avait retrouvé son calme.
Mathias s'agita mais rien à faire ses poings et chevilles étaient liées par des cordes. C'était toujours mieux que son voisin, constata-t-il. Il s'agissait du grand homme aux cheveux blonds et qui arborait un regard éteint. Lui n'avait pas autant de chance. Non seulement il était bâillonné par un élastique en cuir qui lui meurtrissait les joues mais ses poignets ne disposaient d'aucune marge de manœuvre, bien visible pour ses ennemis et littéralement enchaînés par des liens métalliques. Ses mains étaient blanches, preuve que les chaînes ne lui laissaient aucun répit. D'autre part, si Mathias, lui, devait se contenter de la surface froide et rude du macadam, le grand homme avait été installé sur une chaise et retenu contre le dossier par d'autres chaînes, sans compter ses pieds également liées aux pieds de la chaise.
Qu'avait donc fait ce pauvre homme pour mériter pareil traitement ? se demandait Mathias en tentant, en vain, de trouver une position un peu plus confortable.
Mathias se pencha vers son voisin et lui glissa d'une voix conspiratrice, alors que la situation était loin de l'exiger :
- Tu sais, j'ai ton écharpe.
Ils étaient dans la même galère il pensait justifié de le tutoyer.
Le grand homme, par désespoir ou peut-être par dédain, ne cilla pas. Néanmoins, un de ses sourcils s'haussa.
- Oui, tu sais : celle que tu avais oubliée chez le détective.
Mathias ne reçut une fois de plus aucune réponse. En même temps, c'était comme demander à un muet de faire un discours. Mais comme il était bavard, il ne pouvait que meubler la conversation tout seul, incapable de se faire son soliloque dans sa tête.
- Je m'appelle Mathias. Je viens d'emménager à Oslo. Quelle galère quand même… Premier jour et paf ! déjà des emmerdes.
Mathias rit de sa propre situation. Le grand homme lui jeta un regard en coin, le dévisageant presque cette fois.
Des pas nonchalants claquant sur le bitume. Le cliquetis d'une arme. Un homme se découvrit face à eux, mâchonnant un chewing-gum surement.
- On se tait.
- Oh désolé, ne put s'empêcher de répondre Mathias
Le ton désinvolte et détaché de ce dernier parut moyennement plaire à l'homme qui chargea son arme tout en le toisant, pensant intimidé Mathias. C'était bien mal le connaître. Il esquissa un petit sourire en coin et décida de pousser plus loin la provocation.
- Je peux toujours demander une clope ? J'ai une petite envie.
L'homme s'avança, se voulant menaçant et imposa sa large carrure face à Mathias, assis à même le sol. Il releva son menton à l'aide de sa crosse.
- Joue pas au plus malin.
- Oh, ça ne risque pas. Je gagne à tous les coups.
- Hein ?
- T'es futé, toi, pas vrai ?
L'homme cracha sur le visage de Mathias et donna un léger coup sur la joue de son otage.
- J'ai dit : joue pas au plus malin avec moi. Tu nous sers à rien crétin, alors ferme-là si tu veux pas crever.
- Si je ne vous servais vraiment à rien, vous m'auriez déjà abattu.
- Rien ne m'empêche de le faire maintenant. Je m'ennuie.
Le grand homme avait suivi du coin de l'œil l'échange entre le geôlier et son prisonnier. Lorsque le canon de l'arme se présenta contre le front de Mathias, son regard s'anima d'une certaine inquiétude. Il détourna légèrement la tête. Son pied gauche voulut bouger. Peut-être espérait-il pouvoir intervenir.
Mathias regardait droit dans les yeux son geôlier. On ne tuait pas un homme si on n'était pas capable d'affronter son regard, même vide et dépossédé de toute vie. Mathias le savait. Et c'était notamment pour cette raison qu'il gardait un petit sourire en coin. Lui, le savait. Mais ce type, là, cet homme ne tuait pas. Cet homme menaçait. Il ne serait jamais capable d'appuyer sur la gâchette avec un regard reflétant sa conscience.
La détonation fit sursauter le grand homme enchaîné.
Et pas seulement lui. Mathias et son geôlier firent un bond. Aucun d'eux ne s'attendait à entendre un coup de feu à vrai dire. Les yeux du grand homme se fixèrent vers le fond du hangar, son visage se tordant dans une expression angoissée. Un autre coup de feu acheva de le stresser complètement. Il voulut bouger. Rien à faire. L'élastique en cuir étouffa ses paroles.
Puis, au détour de l'ombre d'une caisse métallique apparut la silhouette débonnaire et trapue de l'homme aux lunettes de soleil, qu'il portait toujours d'ailleurs. Il sortit un mouchoir d'une pochette et s'essuya les mains avec. En passant dans un filet de lumière, les deux otages purent apercevoir un rouge vermillon sur ce mouchoir. L'homme sur sa chaise s'agita, tenta de se lever, quitte à se courber totalement pour parvenir à avancer.
Le geôlier lui barra la route de son fusil et l'homme blond le toisa. Puis, le chef de la bande fit un signe de la main et leur gardien, en maugréant, abaissa son arme.
- Alors, alors, qu'avons-nous là ? Recule, ordonna son supérieur avant de s'adresser au voisin de Mathias, oh non, ne me regarde pas comme ça. Ce n'est jamais moi qui tire.
- Je peux savoir ce que je fous là moi ? demanda Mathias sans se préoccuper de la situation
Un silence lui répondit d'abord avant que l'homme aux lunettes de soleil ne s'agenouille à sa hauteur.
- Bon, écoute, toi : je ne veux pas de victime inutile. Alors soit tu la boucles et tu vivras, soit tu continues comme ça et je te ferais taire. A jamais.
- Ok, ok. Moi, je voulais juste savoir ce qu'il se passait. Et aussi savoir si vous aviez une clope.
Leur gardien était accro à son jouet et pointa une fois de plus son arme sur lui. Cependant, son patron ne l'entendait pas de cette oreille : il sortit une cigarette et la coinça entre les lèvres de Mathias, puis l'alluma. Ce dernier inspira une bouffée avant que le chef de bande ne lui prenne la cigarette et ne la garde pour lui. Il sortit un couteau suisse et coupa l'élastique du grand homme sanglé sur sa chaise. Il n'eut aucune réaction. Il ne pipa mot, se contentant de son regard.
- Ce qu'il se passe ? C'est très simple : cet homme que tu vois là dispose d'informations qui intéressent beaucoup sa patrie.
- Vous n'en voulez pas ?
L'homme souffla un nuage et haussa les épaules.
- Ils nous ont embauchés pour récupérer ses informations confidentielles. Elles ne nous servent à rien.
Il fit une petite pause afin d'installer son suspense.
- A moins de les revendre.
Il jeta son mégot à terre et l'écrasa avec sa talonnette.
- Mais j'en ai fini avec toi.
Il se pencha vers le grand homme, attrapa ses cheveux blonds qu'il tira en arrière. L'otage ne broncha pas, à peine esquissa-t-il une grimace.
- Cette fois, tu ne nous échapperas pas mon grand. Alors, sois un peu plus coopératif. Dis-nous où tu as caché les informations. Et tu pourras partir. Je l'ai dit : je ne fais pas de victime inutile.
- Tino ? baragouina le prisonnier, les muscles de sa bouche encore un peu engourdis
L'homme aux lunettes de soleil jura et rejeta violemment la tête son otage en arrière.
- Väinämöinen ? Tss. Ça ne te concerne pas.
- Je ne vous dirai rien.
Le chef passa une main sur son menton, faisant quelques pas. Juste derrière lui, son garde du corps était près à tirer. Plus que le grand homme, il tenait Mathias en joue. Celui-ci haussa les épaules et lui sourit : oh non ! il n'avait pas l'intention de s'échapper. L'histoire devenait intéressante ! Le chef claqua soudain des doigts.
Deux paires de talon claquèrent sur le macadam. Un frottement de tissu traînant sur le sol rugueux. Deux hommes armés sortirent de l'ombre, traînant avec eux un corps. Le chef leur désigna un bassin de lumière offert par une lucarne. On jeta sans ménagement le corps dedans. Mathias écarquilla les yeux.
L'autre client. L'autre client était étendu là dans ce petit carré de lumière, affaibli et à moitié inconscient. Ses poignets étaient meurtris, lacérés et enchaînés. Juste vêtu d'un marcel, de longues striures vives parcouraient son dos. Quant à son visage, il n'était reconnaissable que par ses cheveux blonds et ce sourire consolateur qu'il essayait de garder, malgré les blessures, les hématomes et les filets vermeils.
Le chef de bande appuya son escarpin noir fraîchement vernis sur le crâne de ce pauvre homme à terre.
- Quoique tu fasses, ton cher et tendre est à moi désormais. Et je compte bien m'en donner à cœur joie. Nous avons quelques comptes à régler tous les deux. Quant à toi, tu as le choix : soit tu nous dis où sont les informations et tu pars, soit tu restes muet et soit sûr qu'on te laissera pourrir sur cette chaise dans un endroit où personne ne pourra te trouver. Mais en tout cas, le destin de ce cher Väinämöinen est scellé. Plus la peine de t'en faire. Maintenant, si tu ne veux pas parler tout de suite et bien… je peux patienter ! Mais j'ai besoin de me distraire un peu quand même. Donc pendant que tu réfléchis, je vais continuer ce que j'étais en train de faire. D'accord ?
Il frappa un grand coup de pied sur le crâne de Tino lequel émit un gémissement sourd.
Mathias déglutit et observa du coin de l'œil la réaction du grand homme. Les dents serrées, tout comme ses poings, il ne fusillait plus du regard ses geôliers il les maudissait du plus profond de son âme. Mathias se tassa dans son coin. Ok, ce n'était plus un merdier dans lequel il était, c'était une pure folie.
Affaire à suivre…
