Bonjour les gens !
Entre deux journées de forte chaleur (dans mon coin en tout cas XD), je vous offre un petit oasis de fraîcheur avec ce chapitre ! Chapitre qui achève cette première affaire !
Prénoms cités dans ce chapitre :
Danemark : Mathias Køhler
Finlande : Tino Väinämöinen
Suède : Berwald Oxenstierna
Islande : Emil Steilsson
Norvège : Lukas Bondevik
Sealand : Peter
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 1 : Passés
Emil était arrivé juste à temps. A peine étaient-ils rentrés qu'il s'était jeté sur sa console et avait commencé à jouer. Il avait pris soin dans la minute de cacher la seconde manette.
Car, bien évidemment, cela aurait été trop beau, ils n'étaient pas rentrés seulement lui et son frère. Tino et Berwald, les deux clients, voulaient des explications et Lukas n'avait pas du tout protesté lorsqu'ils étaient montés dans la voiture des deux frères avec Peter. Puis, avec Lukas et Emil, la voiture avait été remplie.
- Et moi ?! s'était indigné Mathias
- Prends le bus, avait placidement répondu Lukas en faisant signe à Emil de démarrer, lequel ne se fit pas prier.
Et Mathias était bêtement resté planté là, consterné.
Lukas arriva peu de temps après son petit frère et s'affala dans son fauteuil. Les autres montaient les marches de l'escalier qui craquaient à cause de l'âge de la bâtisse. Alors qu'ils passaient timidement le seuil de la porte, il leur fit signe de s'avancer et de s'asseoir. Puis, il attrapa son violon posé à côté et gratta les cordes.
- Où avez-vous trouvé ces documents ? demanda de but en blanc Berwald froidement
- Je ne les ai pas trouvés.
- S'il vous plaît, ne vous fichez pas de moi. Vous débarquez avec mon fils encore disparu il y a quelques heures, et des documents ultra secrets, et vous ne les auriez pas trouvés?
- Berwald, je croyais que…
Tino poursuivit sa question par le regard. Son compagnon baissa les yeux. Tino fronça les sourcils. Peter observait tour à tour ses parents, intrigué. Emil était concentré dans sa partie.
- Je devais bien leur remettre quelque chose, à ces gentilshommes. Non ?
Berwald serra les dents.
- Comment auraient-ils pu être satisfaits sinon ? Comment auraient-ils pu vous laisser tranquille ? Après tout, ces documents n'existent pas. Mais ça, ces ignares ne l'auraient jamais compris.
- Vous avez raison, dut reconnaître Berwald, mais alors… qu'étaient ces documents ?
Lukas prit son archet, fit de petits cercles et désigna son frère avec.
- Posez-lui la question.
Le regard de Tino et Berwald se posèrent sur le jeune homme, qui ne se déconcentra pas pour autant. Il répondit simplement, placidement :
- La liste des récriminations que j'avais à faire contre mon frère.
Les clients écarquillèrent les yeux et s'interrogèrent du regard.
- Mais…
Lukas souffla et interrompit Berwald :
- Il voyait à moitié, il avait à peine conscience de lui-même. Comment voulez-vous qu'il ait eu le temps de tout lire ? Il a vu les armoiries, une signature, un nom. C'est tout ce qu'il lui fallait.
Soudain, la porte claqua et on grimpa les marches quatre à quatre. Mathias débarqua, rouge de part la course mais aussi à cause des traces de sangs qui figuraient encore.
- Super sympa ! s'écria-t-il après une bouffée d'air
- Mon café.
- Eh ! J'ai le temps d'arriver, oui ?
Lukas fit la moue et fit grincer une corde aigüe à l'aide de son archet. Mathias grimaça.
- Ok, ok. J'y vais. Je sais même pas où c'est la cuisine, d'abord…
- Au bout du couloir en bas, lui répondit Emil
- Merci beaucoup, grommela le dernier arrivé
Tino attendit que le nouveau résident se soit éloigné pour se décider à demander :
- Comment avez-vous retrouvé Peter ?
- Disons que nous n'étions pas des inconnus.
- Que voulez-vous dire ?
Lukas leur offrit un sourire innocent, se leva et se mit à jouer avec passion un air de violon enjoué. Peu de temps après, Mathias revint avec la tasse de café désiré. Lukas s'en empara aussitôt et rejoignit une fois de plus son fauteuil, alors que le nouveau résident s'apprêtait enfin à poser ses fesses quelque part. Il dut se contenter de la vieille chaise en osier.
- Bon… qu'est-ce que c'était que tout ce foutoir ? demanda-t-il finalement, curieux
Le détective jeta un œil à ses clients. Ils baissèrent les yeux. Ils avaient parfaitement compris que cet individu savait tout.
- Voilà huit ans que chacun d'eux fuit sa patrie. Pour l'un, la Finlande. Pour l'autre, la Suède.
- Eh ! J'ai pas envie qu'on me déballe leur vie, je veux juste…
Il aperçut le regard noir de Lukas
- Je vous en prie. Poursuivez.
- L'un était tireur d'élite, un sniper hors pair, qu'on appelait autre fois « valkoinen varjo », autrement dit, « l'ombre blanche »…
Tino fut surpris de son parfait accent finnois. Mathias était perplexe.
- Hum… ça me dit quelque chose. Ah ! Si ! C'est pas ce terroriste de la guerre de Tchétchénie… en 1999… avec un groupe, ils ont causé des problèmes aux deux camps. Mais l'ombre blanche c'est démarqué par ses attaques ciblées, parfaites, sans bavure.
Tino s'enfonça dans le sofa et perdit toute couleur. Puis, Mathias comprit.
- C'était vous ?!
- Mes parents étaient géologue et sismographe. Ils ont voulu aller étudier le sol de Tchétchénie. Pendant la guerre. Ils ne sont jamais revenus…
Tino n'ajouta rien de plus et se contenta de détourner le regard. Lukas posa sa tasse de café.
- Seulement, l'ombre blanche appartenait à l'armée finlandaise. A l'élite. Au contre-espionnage. Ah ! Et quel malheur lorsque vos supérieurs ont découvert que vous aviez délibérément utilisé vos talents à leur insu. Vous avez rendu votre badge, démissionnez bien sagement et vous êtes parti. Mais où ? Il fallait s'éloigner de la Russie… sait-on jamais : les rumeurs, ça circulent si vite. Alors, vous êtes partis en Suède. Et là, la Couronne a bien voulu vous recruter. Eux, ils n'en avaient rien à faire de votre passé, vous ne leur apparteniez pas. Mais votre histoire s'arrête là pour le moment car tout s'est très bien passé ensuite. Jusqu'à ce que…
Lukas s'amusait avec son archet. Il décrivit des arabesques dans les airs, jubilant face à son public pendu à ses lèvres. Puis, il pointa lentement son instrument vers l'autre client, un sourire malsain sur le visage.
- C'était en 2005, si je ne me trompe. Vous étiez un ébéniste de renom, acquérant toujours plus de notoriété. On parlait de vous dans les journaux. Et la fatalité a voulu qu'une éminence du gouvernement s'intéresse à vous. Votre perte ! Mon dieu, comme c'est ironique ! La rançon de la gloire, qu'on appellerait ça, non ? Le Ministre du Commerce vous commande tout un mobilier en bois massif. Et il se trouve qu'un jour, Monsieur le Ministre vous laisse dans son bureau prendre des dimensions tandis qu'il s'absente. Et là ! Oh ! Bien malgré vous, mais vous avez lu un document. Un document qui attestait d'un détournement de fond depuis la caisse de l'état. Ouh ! Quelle vilaine affaire. Vous avez pris les documents avec vous. Par réflexe. Vous avez longtemps pensé à ce que vous deviez en faire. Tss ! Vous êtes trop honnête.
- Rah ! Non mais accélère, crétin ! s'énerva soudain Emil devant sa console
Tout le monde lui jeta un coup d'œil interloqué, tandis que Lukas avalait une gorgée de café. Puis, il reprit :
- Et vous avez décidé de les détruire. Vous n'aviez pas le courage d'affronter une telle chose. Alors, vous y avez mis fin. Mais le destin s'est joué de vous. Ah ! Le destin ! Quelle formidable machination que le destin ! Le Ministre a envoyé un agent spécial pour vous éliminer. Vous en saviez trop. Et cet agent, mais oui, mais oui !
Lukas jeta un regard enthousiaste à Mathias qui se tortillait sur sa chaise comme un enfant, avide d'entendre la suite de l'histoire. Un éclair de génie lui traversa l'esprit.
- Oh non ! C'est pas vrai ! C'était l'ombre blanche !
Lukas retrouva un air fermé.
- Oui. L'ombre blanche. Mais elle n'a pas pu. Parce que l'ombre blanche, aussi mièvre et niais cela soit-il…
Berwald pinça les lèvres, offusqué.
- L'ombre blanche est tombée amoureuse. Deux âmes perdues à jamais... Alala… Ils ont alors fui tous les deux. Où ? En Norvège. Bien évidemment. Ici, à Oslo. Ils ont décidé de recommencer une nouvelle vie à deux et, pour marquer le coup, ils ont adopté un petit garçon.
- Ah ! C'était moi ! C'était moi ! s'écria Peter, gai comme un pinçon d'être enfin cité
- Fin de l'histoire.
Mathias se redressa sur son siège.
- Comment ça, « fin de l'histoire » ? Mais c'était qui ces types là-bas ?
Lukas rejeta la tête et soupira, profondément agacé.
- L'ancien groupe de terroristes de notre cher ami ici présent. Parce que bien évidemment, tout en démissionnant, monsieur a voulu se laver de la culpabilité qui le rongeait et il a donné leurs noms. Le gouvernement suédois a ensuite profité d'eux pour conclure un marché avec. Ce n'est pas si compliqué tout de même !
Un silence s'installa ensuite, seulement interrompu par les touches de la manette d'Emil et ses grommèlements intempestifs. Puis, Peter lâcha enfin :
- Ouah ! Mes parents sont trop puissants !
- Hum… Peter, intervint Tino, tu n'en parles à personne.
- Pas de soucis, papa !
- Vraiment à personne, insista Berwald
Il plongea son regard dans celui de son fils et apparemment celui-ci était assez convaincant car Peter répondit en tremblant :
- Promis… juré… je le répèterai pas papa. C'est promis.
Lukas acheva sa tasse de café. Emil cria victoire tout d'un coup. Et Mathias s'appuya sur le dossier de sa chaise : emménagement réussi !
Affaire à suivre…
A bientôt pour la deuxième affaire de Lukas, accompagné d'Emil et Mathias !
