Hey ! o/
Ça faisait longtemps. Désolée, je ne poste pas très régulièrement, mon emploi du temps est un peu… complexe en ce moment x)
Nouveau chapitre, nouvelle affaire, nouveaux personnages !
Prénoms cités dans ce chapitre :
Islande : Emil Steilsson
Danemark : Mathias Køhler
Norvège : Lukas Bondevik
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 2 : L'invitation
Dès que le professeur annonça la fin de son cours, Emil sauta sur ses pieds et déguerpit de l'amphithéâtre, ses affaires rangées à la va-vite. L'hégémonie américaine, c'était bien intéressant, mais voilà, certainement pas autant que la partie de World of Tanks avec ses amis virtuels qui l'attendait sur son ordinateur.
Aussitôt dans les transports, Emil enfila ses écouteurs et monta le volume de sa musique. Coupé du monde, voilà comment il aimait être. Puis, il se mit à tapoter à toute vitesse sur le clavier virtuel et composa son message.
« Je suis là dans 20 min. Tu seras là ? »
Il envoya et laissa par la suite son regard vagabondé par delà la fenêtre. Un nouvel arrêt : des tas de collégiens montèrent. Pas étonnant, il était 14h30, fin des cours. Mais qu'est-ce qu'ils étaient bruyants ! Emil grimaça et monta un peu plus le volume. Il ne put cependant s'empêcher d'observer du coin de l'œil tous ces jeunes norvégiens.
A chaque fois qu'il en voyait, il se souvenait toujours de son intégration dans le système norvégien. Lui, le petit Islandais. Un peu trop petit pour la moyenne du pays. Si blond qu'on aurait très bien pu qualifier ses cheveux de blancs. Renfermé de par son caractère mais aussi à cause de la langue. Emil ne baragouinait que quelques mots de norvégiens à l'époque. Alors, tout le monde s'était mis à lui parler en anglais. « Tu vois, il n'y a pas de soucis, on peut communiquer en anglais, nous autres sommes bilingues. » Cela n'avait fait qu'alimenter chez Emil une certaine amertume envers ses camarades de classe. Il ne voulait pas être chouchouté. Il n'en avait pas besoin. Il n'était plus un petit garçon. Quand bien même Lukas le voyait autrement….
Emil soupira. Il tressauta lorsque son portable vibra. Il ouvrit le message prestement.
« Le vieux veut pas me lâcher avant la fin du service… et la corvée de plonge. Désolé. »
L'expression du jeune homme s'assombrit. Il répondit :
« Pas grave. »
Il calla son menton dans la paume de sa main et observa le défilement d'enseignes, sans grande conviction. Surtout qu'il les connaissait par cœur, ces enseignes. Enfin, son arrêt. Il se faufila à travers la foule et se retrouva devant le parc. Il reçut alors un nouveau message.
« Au fait, le vieux tient absolument à te rencontrer. Il veut organiser un repas avec tout le monde. »
Emil haussa un sourcil.
« Tout le monde ? » demanda-t-il en s'engouffrant sur le chemin blanc bordé de massifs en fleur
La réponse tarda à venir.
« Moi, toi, lui, ma famille et la tienne. Là, il me tanne encore pour savoir combien il y aura de personnes… »
Emil tapota son menton avec son portable. Quelle invitation soudaine. C'est vrai qu'ils étaient toujours sortis ensemble en évitant le plus possible la maison de l'un ou l'autre. Aucun des deux n'aimait mélanger sa famille au reste.
« Quand ? »
Il venait de passer le portail de l'autre côté du parc et qui ramenait sur sa rue résidentielle quand il reçut une réponse.
« Lundi prochain, pour le déjeuner. »
Emil fit la moue. L'idée le tentait moyennement. Et il savait qu'il en allait de même pour son interlocuteur. Il savait aussi que s'il lui en avait finalement parlé c'est que le vieux devait vraiment être très insistant. Pour ne pas dire chiant.
« Je vais en parler à mon frère. »
Et la conversation s'acheva là.
Emil gravit les marches du perron quatre à quatre. Il avait quand même une partie qui l'attendait. En entrant, il perçut la mélodie rassurante du violon avec lequel son frère aîné s'entraînait toujours l'après-midi. C'était, pour Emil, un signe parmi d'autre qu'il était chez lui.
L'étudiant délaissa son sac sur la table basse de l'entrée et alla se chercher un casse-croûte dans la cuisine. Après toutes ces années, il pouvait enfin se sentir véritablement chez lui. Emil s'arrêta sur le pas de la porte. Enfin, presque. Il dévisagea un instant le nouveau colocataire, de la farine sur le nez, en train de fouetter avec une vitesse insoupçonnée une pâte crémeuse.
- Ah ! Salut Emil ! s'exclama Mathias en relevant la tête de son saladier
Deux semaines que le nouveau colocataire s'était installé et deux semaines qu'il se croyait déjà chez lui. Pourtant, à part les repas, rien n'avait vraiment changé depuis qu'il était là. Emil avait toujours un peu de mal à se faire à l'idée qu'il n'était plus seul. Seul avec son frère et sa console. Il en voulait toujours un peu à son frère d'avoir pris quelqu'un. Il ne lui dirait jamais, mais il ne voulait personne entre lui et son frère. En dehors de ça, l'avantage de Mathias était sans nul doute sa cuisine. Délicieuse. Pas autant que celle de Lukas évidemment, mais égal. Peut-être.
- Bonjour.
Emil s'obstinait à garder une certaine distance avec Mathias alors que celui-ci se montrait très amical, voire un peu trop. Sans gêne, il le tutoyait et le prenait pour un gamin. Chose qui irritait particulièrement Emil.
- Regarde, je t'ai préparé une tartelette avec un verre de lait, lui dit-il en lui désignant une petite assiette joliment présenté accompagné d'un verre et d'une petite cuillère
- Je ne suis pas un gosse, grommela Emil
Mais il alla récupérer son goûter comme un enfant bien sage. Il s'éclipsa par la suite sans un mot de remerciement pour rejoindre sa chambre. Son antre. Son repère. Il passa vite faite devant le salon pour rejoindre l'étage.
- « Bonjour grand frère » ! lança Lukas en faisant grincer les cordes de son instrument
Emil fit la moue. Non, il ne le dirait pas. Pas cette fois. Il était déjà à la moitié de l'escalier quand il sentit clairement son aîné passer la tête par l'entrebâillement de la porte.
- « Grand frère »…
- Laisse-moi tranquille… marmonna-t-il
- « Grand frère »…
Lukas s'avança vers son cadet, continuant son petit manège. Emil grimpa les marches plus rapidement, mais il ne le quittait pas d'une semelle.
- « Grand frère »…
Il venait de passer le palier de sa chambre, voisine de celle de Mathias.
- « Grand frère »…
Emil posa violemment l'assiette et le verre dont une petite goutte gicla en dehors pour venir lamentablement s'écraser sur le bureau.
- Grand frère, t'es lourd ! s'exclama-t-il soudain
Un instant de silence. La mine fermée de Lukas s'éclaira d'un petit sourire en coin satisfait. Il sourit d'autant plus que son frère mit un peu plus de temps que d'habitude à comprendre ce qui venait de se passer. Puis, Emil leva les yeux au ciel en s'affalant sur sa chaise de bureau. Il rejeta sa tête en arrière et plaqua une main lasse sur son visage.
Lukas lui ébouriffa tendrement les cheveux avec un visage pourtant de nouveau fermé.
- C'est bien, petit frère.
Et il repartit. Emil grommela encore dans la barbe qu'il n'avait pas et finit par allumer son ordinateur. Il goûta un morceau de la tartelette de Mathias. Savoureuse. Il ne savait pas comment, mais le nouveau avait rapidement su les goûts d'Emil. L'image de Lukas s'imposa dans son esprit. Quoique… il en avait une petite idée finalement.
Emil enfila son casque, régla son micro et désormais plus rien ne comptait que de prendre la base ennemie à l'aide de son char et de ses coéquipiers disséminés à travers le monde, comme lui, derrière un écran.
oOoOoOo
- Emil ! A table ! appela Mathias depuis le rez-de-chaussée
Dans les oreilles du jeune homme ne résonna qu'une explosion de char ennemi. Il félicita son coéquipier d'un rapide message vocal avant de se concentrer de nouveau.
Deux étages plus bas, dans la salle à manger, Lukas se balançait sur sa chaise, celle en bout de table, le regard rivé sur le plafond.
- J'ai faim… pourquoi mon assiette est-elle vide ?
Tous les soirs, depuis deux semaines, c'était le même cinéma. Depuis que Mathias s'était emparé de la cuisine et, de fait, des repas, Emil ne s'occupait plus de nourrir son grand frère. Fini le service café Fini la levée aux aurores pour le petit déjeuner de monsieur. Tout ça était maintenant à la charge du nouveau colocataire. Du coup, à part ses devoirs (et encore), Emil ne faisait plus grand-chose. Tous les soirs, donc, Lukas s'impatientait à table n'attendant que d'être servi, plaintes intempestives que Mathias supportait avec le sourire. S'il commençait à hausser le ton, c'était bien plus à cause de l'absence du cadet que la présence de l'aîné.
- Emil ! s'égosilla-t-il encore
Et comme d'habitude, Mathias dut monter les deux escaliers avant de débarquer dans la chambre d'Emil et lui ôter son casque qui le coupait du monde.
- Eh ! J'étais en pleine conversation.
Mathias se montrait très aimable avec les deux frères. Très chaleureux. Mais il savait avoir de l'autorité et, même s'il avait tiré un trait sur son passé, certaines habitudes étaient ancrées en lui autant que son code génétique.
- On mange, alors descend.
Emil fit la moue mais Mathias n'en dérogea pas. Le jeune homme se leva à contrecœur, éteignit l'écran et traîna le pas jusqu'à la salle à manger. En entrant, Lukas les fusilla du regard. Son petit frère l'ignora trop habitué à cette expression d'enfant pourri gâté qui voulait le culpabiliser de tout. Mathias, en revanche, leva les yeux au ciel et alla chercher le poulet rôti dans un soupir résigné. Il apprenait vite.
Après que le repas eut commencé, seul Mathias monologuait gaiement. Il tentait toujours de faire parler les deux frères mais ces deux-là ne répondaient qu'assez brièvement.
- Et alors, là, je lui fais « si tu réussis, je me fais bonne sœur » ! Ah ah ah !
- Tu fais quoi lundi, Lukas ?
- Vous m'écoutez ? J'ai pas fini mon histoire.
- Où veux-tu m'emmener ? Attends, laisse-moi deviner… tu cogites toujours sur une invitation pendant deux heures minimum. Mais tu as joué deux heures sans t'en préoccuper puisque tes jeux vidéo sont plus importants que tout. Tu as donc reçu l'invitation à la sortie des cours. A l'université, tu n'es lié avec personne. Tes seuls amis sont virtuels. A l'autre bout de la planète. Tu sors cependant souvent ces derniers temps. Qui peut donc oser te déloger de ta console ? Qui peut donc réussir un tel exploit ? Tu ne m'as jamais dit quoi, qui, où, quand, donc une relation amoureuse. Rencontré sur Internet. Ensemble depuis environs trois mois. Donc, oui, je veux bien rencontrer ton copain. Où et à quelle heure ?
- Eh ! Oh ! J'existe !
Emil fit la moue. Il n'aimait pas quand son frère lui démontrait qu'il savait tout, qu'il était inutile de lui cacher quoique ce soit.
- Chez son vieux, pour le déjeuner, répondit-il clairement sans l'ombre d'un marmonnement
- Mais volontiers !
A mesure que s'élargissait le sourire de Lukas, Emil devenait de plus en plus bougon.
Affaire à suivre…
Alooooors ? Qui pensez-vous que soit le copain d'Emil ? J'admets que ce n'est pas trop compliqué non plus… .
