Hey tout le monde !

Je suis revenue pour vous hanter ! Mouahahahah ! Ahem… pardon. J'espère que vous allez tous bien et que vous profitez de vos vacances ! o/

Voici la suite de cette étrange affaire où Papa Yao a été sauvagement assommer à l'aide d'un wok alors qu'il avait invité Emil, Lukas et Mathias à déjeuner !

Prénoms cités dans ce chapitre :

Chine : Yao Wang

Hong-Kong : Jia Long Wang

Islande : Emil Steilsson

Danemark : Mathias Køhler

Norvège : Lukas Bondevik

Taïwan : Mei Wang

Japon : Kiku Honda

Corée du Sud : Yong Soo Im

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 2 : Accusations

Mathias restait bêtement planter sur le palier, l'étui à violon de Lukas dans les mains. A l'autre bout de la pièce, le détective, son frère et le petit ami de ce dernier restaient respectivement interdit, interloqué et soucieux. Yong Soo avait fini par s'épancher de tout son saoul, comme quoi certains reproches ne dataient pas d'hier, et Kiku toujours plus crispé demeurait silencieux. Seule Mei rompit l'immobilité de la scène en essorant le gant qu'elle appliquait soigneusement sur le front de son père.

Kiku inspira profondément et finit par déclarer, le plus froidement possible :

- Peut-être ai-je commis tant de fautes. Peut-être suis-je comme tu le prétends. Mais il me semble que tu n'es pas exempt de défauts. Ta jalousie te ronge.

- Je ne suis pas jaloux.

- Tu aurais aimé qu'il n'y ait personne entre lui et toi. Tu aurais aimé qu'il n'y ait jamais eu de complicité entre lui et moi, même si ça remonte à l'enfance.

- Non ! Tu te trompes ! C'est toi qui mens et qui joues les hypocrites de toute façon.

Kiku pinça les lèvres et Yong Soo continua ses récriminations. Une nouvelle fois. A chaque nouveau mot, il faisait un pas vers son frère. Il finit par attraper le col de sa chemise. Jia Long décida alors d'intervenir et s'interposa.

- Calmez-vous !

- Non, désolé, Long, je ne me calmerais pas. Toi non plus, tu n'es pas hors du coup. Vous avez tous une dent contre Yao. Tous !

Mei posa une main sur l'épaule de son oncle dans l'espoir de l'apaiser mais celui-ci se déroba et secoua la tête. Il paraissait désœuvré de faire partie d'une telle famille.

- Toi aussi, Mei, toi aussi.

- Quoi ? Moi ? Mais pourquoi ?

- Vous avez tous une bonne raison d'en vouloir à Yao. Assez pour vouloir l'assommer.

C'est alors que Lukas s'affala dans le fauteuil le plus proche et croisa prestement les jambes, avide d'en entendre plus. Son expression était accompagnée d'un petit sourire en coin. Voilà qui devenait intéressant. Tous les suspects auraient donc un mobile. Qui plus est, Lukas se délectait de voir un autre que lui jouer son rôle. C'était une parodie très drôle. Peu crédible, certes, mais distrayante. Lukas fit comme s'il n'avait pas aperçu le regard noir que lui avait lancé son cadet.

Yong Soo pointa un doigt accusateur en direction de Kiku.

- Je ne reviendrais pas sur ton cas, mais il est clair que tu es le suspect numéro un !

- Foutaise, murmura ce dernier

- Quant à toi, Long, tu l'appelles toujours le vieux, tu souffles toujours quand il te parle et tu n'attends qu'une chose : qu'il te lâche les baskets. Aujourd'hui, tu as cédé à sa demande et fait venir ton petit copain. Mais cela ne t'a jamais enchanté.

Puis, il se tourna vers Mei.

- Et toi aussi, Mei, tu le trouves trop présent, trop insistant. Pour toi, dès qu'il est avec toi, « tu te tapes la honte », comme tu dirais. C'est pour ça que tu as choisi un lycée à l'autre bout de la ville, hein ? Pour être sûre qu'il ne t'accompagne pas, que tes amies ne le voient pas. Et la semaine dernière, quand il s'est quand même ramené avec tous ses râmens pour ton club de pom-pom girl, vous vous êtes disputés pendant toute la soirée.

Mei répliqua aussitôt :

- Ce n'est pas parce qu'on se dispute avec lui, qu'on lui en veut pour certaines choses ou qu'il nous énerve, qu'on n'aime pas papa pour autant !

- Mei a raison, ajouta Long, tu ne peux pas nous accuser juste pour des broutilles pareilles.

- De plus, je le répète mais tu n'es pas mieux loti que nous, renchérit Kiku, il me semble qu'il t'a rejeté plus violemment que les autres fois, hier. Au point que tu es parti te réfugier dans ta chambre. « Pour travailler », nous as-tu dit par la suite.

Yong Soo soutint le regard de son frère aîné sans ciller. Quoique les joues légèrement empourprées. Le silence se fit plus pesant dans la pièce. Mei finit par baisser la tête. Jia Long détourna le regard. Mais aucun des deux frères de Yao ne décrocha l'un de l'autre.

Mathias, en bon samaritain des fauteurs de trouble, trouva le moment opportun pour se racler la gorge et se permettre un petit mot de son cru :

- Pour patienter, que diriez-vous d'un petit solo de violon ?

Personne ne prit sa remarque en compte. Lukas tendit la main et lui fit signe de venir lui déposer l'étui. Mathias eut un sourire carnassier. Il ouvrit malicieusement l'étui et plus il faisait glisser la fermeture, plus la mine de Lukas s'assombrissait. Il lui fit un geste un peu plus insistant mais Mathias prenait soin de bien déballer l'instrument. S'il avait été un dragon, de la fumée serait sorti des naseaux de Lukas, qui faisait désormais clairement la moue. Mathias empoigna le violon et toucha une corde. Lukas remua à sa place, les yeux écarquillés. Il prit l'archet et le déposa finalement sur le violon, prêt à faire une note. Lukas se leva d'un bond et alla arracher l'instrument des mains gauches et novices de Mathias. Lequel ne put s'empêcher de savourer sa victoire. Quand bien même on le fusillait du regard.

Lukas posa le violon contre son cou, releva l'archet, balaya la salle du regard. Toute l'assistance était concentrée, au mieux, sur ses pieds. Le détective rassembla dans son esprit toutes les pièces du puzzle. Et il se mit à jouer.

La petite famille asiatique fut d'abord un peu surprise et intriguée d'une telle intrusion sonore mais Emil leva les yeux au ciel, leur demandant ainsi de ne pas faire attention à son frère.

- Vos positions vous empêchent de voir la vérité. Je ne dirais pas que vous êtes stupides et je mettrai ça sur le compte de l'implication émotionnelle, mais… comment voulez-vous que Jia Long puisse être coupable ? Il a toujours été avec nous et je pense que les mains baladeuses de mon cher petit frère pourront témoigner de son entière innocence. Dans cette affaire tout du moins.

- Lu… Lukas ! s'insurgea Emil en piquant un fard tout autant que son petit ami qui détourna le regard

Mais le détective était parti et ne pensait plus à rien sinon au plaisir qu'il prenait à faire patienter son auditoire, à le faire mariner et être le seul à détenir la vérité. Il se demandait toujours pourquoi le commun des mortels ne pouvait être plus vif d'esprit. Il brandit son archet face à Kiku.

- Repas de famille avec quelques invités et pourtant, chemise boutonnée jusqu'en haut, cravate propre et resserrée, pantalon lisse. Son écriture est similaire à son apparence : serrée, tirée à quatre épingles, très conformiste, souple et élégante. Il n'a donc pas pu être l'auteur du message. Chemise blanche et pas une seule tache alors que Yao a des petits bouts de légumes dans les cheveux dû au coup de wok sur le crâne. Sans compter la sauce ! Elle a tout éclaboussé. Il en aurait eu sur la chemise. Ce n'est donc pas lui.

Yong Soo faisait la moue mais dut reconnaître la véracité et la logique imparable des dires de Lukas. Lequel joua quelques notes sur son violon. Un air empressé et enjoué. Le voilà dans son élément.

L'archet désigna sa nouvelle cible et fit de petits ronds dans les airs.

- Mei… adolescente enjouée, un peu trop dynamique, surement elle qui a failli faire renverser la sauce la première fois. Inconsciemment, si elle avait été l'auteur du crime…

- Du crime, tu y vas un peu fort, marmonna Emil

- … elle y aurait quand même fait attention. L'esprit nous oblige à nous attarder sur les détails qui nous ont marqué. Coquette, il y a la barrette dans les cheveux mais aussi ses ongles manucurés : une dispute pareille et surtout l'utilisation d'un wok les auraient forcément abîmés.

Yong Soo intervint.

- Tout ceci n'est pas très consistant. Je suis désolé mais je ne peux pas vous croire plus que ça. Peut-être que ce n'est pas Long, ni Kiku… mais votre démonstration pour Mei est un peu légère.

Lukas pinça les lèvres. Qui osait le défier dans son interprétation ? Il appuya une note aigüe sur son violon. Mathias fit la moue, les tympans légèrement dérangés.

- Mei ne peut pas être la coupable. Ses doigts sont parfaitement propres, ses cheveux également, son écriture ne peut être aussi grossière face à une féminité pareille. A tous les coups, si je regarde ses cours par exemple, je verrai que son écriture est petite et tassée. Comme sa manucure. La tendresse qui transparaît dans les gestes envers son père. Elle était bouleversée par la nouvelle et a failli tomber dans les pommes. Ses vêtements immaculés.

- Elle est passée par la salle de bain !

Lukas fit une fausse note et écarquilla les yeux.

- Et comment le sauriez-vous ?

- Ma chambre est à côté de la salle de bain du 1er, celle que Mei utilise.

- A-t-elle utilisée l'eau ?

- Que… Je ne sais plus !

Emil soupira et déclara à Jia Long en observant son frère et Yong Soo :

- Mauvais plan.

- Ouais, je sais. Mais le vieux arrêtait pas de me saouler avec cette histoire de repas.

- C'est pas ta faute. Faudra que je te montre la nouvelle équipe que je me suis payé sur World of Tanks.

- Ah ? Volontiers.

Ils se jetèrent un coup d'œil accompagné d'un petit sourire en coin et s'attrapèrent discrètement les mains.

Pendant ce temps, Mathias tentait d'arrêter Lukas et Yong Soo sur le point de se sauter à la gorge, chacun convaincu d'avoir raison. Le détective dégagea d'un coup d'épaule son colocataire et brandit son archet face à la figure du Coréen qui dut reculer de quelques pas.

- Pourquoi tenter de reporter la faute sur quelqu'un d'autre avec tant d'ardeur sinon pour s'assurer qu'on ne vous accusera pas ?

Yong Soo accusa le coup.

- Pardon ?!

Lukas eut un sourire en coin et releva le menton.

- Vous êtes le seul à ne pas reconnaître vos torts. Vous êtes le seul qui réagit violemment. Vous reportez la faute sur les autres et surement que vous reportez également vos torts sur la personne qui devrait les porter à votre place.

Le détective posa les yeux sur Yao. Yong Soo hoqueta de surprise et finit par croiser les bras.

- C'est n'importe quoi : jamais je ne ferais du mal à mon grand frère. Et jamais je ne lui aurais laissé un message pareil.

- Mais peut-être que le message n'était pas adressé à Yao. Peut-être était-il adressé à celui que vous vouliez accuser…

Yong Soo détourna le regard et siffla.


Affaire à suivre…