Bonjour mes petites sardines en sucre !
(non, pas la peine de me questionner sur mon état mental…)
Je me rends compte que j'oublie de plus en plus souvent de poster, ce qui fait que le week-end passe et je m'en souviens juste à la dernière minute. Ça ne doit pas forcément être très pratique pour vous. Je m'en excuse OTL
Bon ! C'est pas tout ça mais voici l'avant-dernier chapitre de cette affaire !
Prénoms cités dans ce chapitre :
Chine : Yao Wang
Hong-Kong : Jia Long Wang
Islande : Emil Steilsson
Danemark : Mathias Køhler
Norvège : Lukas Bondevik
Taïwan : Mei Wang
Japon : Kiku Honda
Corée du Sud : Yong Soo Im
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 2 : Déroute
Yong Soo s'installa dans un fauteuil et continua de nier son implication dans l'affaire. Lukas le jugeait de haut, non pas par rapport à sa culpabilité mais par rapport aux doutes que le Coréen avait sur la démonstration du brillant détective. C'était un outrage. Et c'était bien la première fois qu'il avait autant de mal à rester calme.
Jia Long avait fini par se détacher d'Emil pour faire du thé avec Mei. Mais alors que le frère et la sœur s'élançait en dehors du salon, Lukas se détourna brusquement de sa cible et brandit son archet dans leur direction.
- Halte là ! N'allez pas dans la cuisine. Je ne veux pas que vous chambouliez la scène de crime…
- Arrête de dire « crime », marmonna Emil
-… et j'aimerais que tous les suspects restent dans la pièce jusqu'à ce que le mystère soit officiellement et définitivement éclairci.
- Je croyais que nous n'étions plus suspects, déclara Kiku
Lukas balaya l'air de sa main. Ce n'était qu'un terme, une dénomination, rien de plus. Il se tourna de nouveau vers Yong Soo.
- En revanche, vous et moi, j'aimerais que nous allions jeter un coup d'œil dans votre chambre.
Yong Soo fronça les sourcils, mais se leva.
- Soit.
- Vous autres, restez là.
Tout le monde observa Lukas et Yong Soo quitter la pièce. Puis, une certaine tension accumulée par les deux hommes s'ôta de leurs épaules. Emil soupira et s'excusa au nom de son frère :
- Je suis désolé qu'il réagisse ainsi. Il faut toujours qu'il dramatise…
- Non, ne t'inquiète pas, le rassura Kiku, il y a certaines choses en cette maison… qui avait besoin d'être évacué.
Mathias s'installa dans le fauteuil qu'occupait jusqu'à alors le meilleur détective d'Oslo. Il se gratta le menton pensivement.
- Pourtant, à table, vous n'alliez pas l'air de mal vous entendre.
Kiku alla se poster contre la fenêtre. Il sortit son téléphone portable et consulta ses messages. Mei se fit porte-parole de ses oncles :
- Disons que depuis leur enfance, il existe une certaine animosité entre eux… Papa n'en fait jamais mention surtout que pour lui, il aime autant chacun de ses frères. Mais pour mes oncles, la différence est bien réelle. Yong Soo est arrivé bien après et surtout… d'un père différent. Kiku aussi, mais c'était dans le cadre d'un remariage, alors que… alors que Yong Soo…
- Mei, intervint Jia Long, tu n'es peut-être pas obligée de parler de tout ça devant…
Il s'interrompit. Restait à savoir si le plus gênant était de raconter ça devant des étrangers tels que Mathias et Emil, ou devant leur oncle, un des principaux concernés. Mais ce dernier était bien discret et n'avait pas cillé en entendant parler de son passé.
oOoOoOo
Dans l'escalier, Yong Soo ne put s'empêcher de continuer à clamer son innocence.
- Vous savez que je suis innocent pas vrai ?
- Non. Je sais que vous êtes fortement potentiellement coupable.
- Vous savez, vous jouez les détectives, mais je n'ai jamais entendu parler de vous. Qui me dit que vous n'être pas le plus grand baratineur d'Oslo plutôt ?
- Pas besoin d'entendre parler de moi. Je n'ai pas besoin que les autres aient des informations sur moi.
Yon Soo leva les yeux au ciel. Pour lui, Lukas Bondevik était un personnage absurde. L'image d'un détective illusoire qui voulait bien se faire voir.
Ils arrivèrent dans la chambre de Yong Soo qui se trouvait au bout du couloir sur la gauche, juste avant la salle de bain. C'était une petite chambre. Avec un lit qui se qualifiait de double mais qui ne représentait en réalité qu'une place et demi. Pas de table de chevet, juste un bout du bureau accolé au lit où reposait une lampe entouré de bric-à-brac. Des photos. Un ordinateur. Des livres. Une penderie couverte d'un miroir, et débordante de vêtements. Une toute petite table à dessin avec des brouillons entassés dessus. Des crayons de couleur, de l'aquarelle, des pots d'eau sale. Le sol, fut-il en plancher, en lino, en moquette ou autre, était absolument invisible, enterré sous des tapis, des vêtements, du tissu, des catalogues, etc. Sur les murs, des affiches de défilés, des pubs de maquillage, de coiffure, de haute-couture. La fenêtre, au-dessus du lit, était recouverte d'une petite voilette rouge qui tamisait la lumière dans la chambre.
Lukas s'arrêta sur chaque détail de la pièce, et une moue se dessina sur son visage. Yon Soo le prit mal et crut qu'il le jugeait. Le Coréen croisa les bras et rehaussa le menton.
- Je suis fashion designer.
- Je ne suis pas stupide. J'ai bien vu.
- Et alors quoi ? Qu'est-ce que vous voulez savoir de plus ?
Lukas ne prit pas la peine de le lui dire. Il fit un pas dans la chambre et même un pas sur le lit. Oui, les chaussures sur le lit. Ce qui arracha un air outré à Yong Soo, même s'il lui arrivait également de sauter dessus chaussé juste pour faire venir l'inspiration. Lukas tira la voilette, ouvrit la fenêtre et jeta un œil à l'extérieur. Une faible vue sur la cour extérieure. Vue sur les toits les plus bas, la ventilation du restaurant. Lukas grinça des dents.
Il sauta hors de la chambre, sans même prendre le temps de refermer la fenêtre, marmonnant des paroles incompréhensibles, mais visiblement perturbé. Il ne prêta aucunement attention aux récriminations de Yong Soo et se rendit dans la salle de bain.
Claire, nette. Les murs carrelés de blanc ou recouvert de papier peint aux énormes et abominables roses délavées. L'émail de la baignoire propre mais craquelé à certains endroits. Sèche. Une panière à linge en osier, pleine à craquer. Un tapis de bain vert à pois bleu, d'un goût immonde. Sec. Des étagères où s'entassaient produits de bains, de beauté, de rasage, de coiffure et autres. Un miroir pharmacie propre. Le lavabo un peu plus sale avec quelques mèches de cheveux par endroit. Cheveux longs : Mei utilise bien cette salle de bain. Mais sec. Sec. Sec ! Sec ! Le lavabo était sec !
Lukas fit un pas en arrière comme soudain effrayé par la réalité. Ce n'était pas possible. Pas possible. Le lavabo était sec. Comment ? Il dévisageait avec une telle horreur ce pauvre lavabo que Yong Soo en vint à faire un commentaire satirique :
- Et ben ! Vous n'avez jamais vu de lavabo de votre vie, monsieur le grand détective ?
- Il est sec ! hurla presque Lukas, il est sec…
- Oui et alors ?
Cette réplique eut un effet apaisant sur Lukas. Aussi étrange cela puisse-t-il paraître, de savoir son entourage dans l'ignorance lui faisait du bien. Il aimait à détenir les clés. Et justement, Yong Soo venait de lui prouver qu'une fois de plus, il était bien plus vif d'esprit que la normale. C'est pourquoi il répondit d'une voix parfaitement calme, le visage de nouveau fermé comme à son habitude :
- Réfléchissez un minimum. Si Mei avait assommé son père, elle aurait été se laver les mains, salies par le gras du wok et éclaboussées par la sauce, mais le lavabo est sec. Elle n'a donc pas utilisé l'eau de la salle de bain. Donc ce n'est pas elle.
- Je croyais que c'était moi, votre parfait coupable ?
- Vous avez un côté beaucoup trop frivole et artistique pour avoir une écriture aussi grossière…
- Donc je suis innocent ?
Lukas ne répondit rien et gravit les marches qui menaient à l'autre étage.
- Eh ! Qu'est-ce que vous faites ? Vous n'êtes pas chez vous, tout de même.
- La chambre de votre frère, Kiku.
Yong Soo rechigna mais finit par la lui montrer.
Lukas fit un pas dans la pièce. Mur blanc, quelques estampes accrochées au mur, un bureau soigneusement rangé. Une bibliothèque de mangas et de romans, de DVDs et de jeux vidéo, décorée de quelques figurines, un plancher sans un grain de poussière, un lit bien bordé, recouvert d'un dessus de lit simple, discret mais élégant, un patère avec le strict nécessaire (pyjama, chemise de chambre), une table basse ornée d'un bonsaï. Chaque chose à sa place au millimètre près. Des couleurs sobres mais belles. Tout dans la finesse et la sobriété la plus pure.
Le détective secoua la tête. Non, non, non ! C'était impossible. Ce ne pouvait pas être lui. Mais alors qui ? Qui ? Il ne restait personne ! Personne qui ait pu venir dans la cuisine lorsque le père de Jia Long était seul dans la cuisine. Il n'y avait pas d'entrée possible sauf pour ceux qui se trouvaient déjà dans la maison. Mais Lukas les avait tous écarté. Tous ! Personne ! Ce ne pouvait être personne de tous les suspects qu'il avait. Comment avait-on pu assommer Yao Wang ? Comment, bon sang ?
Les neurones de Lukas tournaient à plein régime. Il grinçait des dents, mais quelque part au fond de lui, il trouvait ça plus existant que jamais. Enfin un peu d'action ! Certes, embêter son frère sur ses petits secrets, tel son petit ami, était très divertissant, mais ça n'avait qu'un temps. Et les petites cellules grises de Lukas avaient besoin de bouger. Le détective dévala les deux escaliers, avalant les marches quatre à quatre.
Les autres dans le salon n'avaient pas échangé un mot. Ils virent à peine passer Lukas mais entendirent clairement Yong Soo le poursuivre.
- Où est-ce que vous allez ? Non, mais, attendez !
Sans concertation tout le monde décida de les suivre. C'est pourquoi quelques minutes après, la famille de Jia Long, celui-là-même, Emil, Mathias et Lukas se retrouvèrent dans la cuisine, à l'exception de Yao, bien évidemment.
Pour Lukas, il n'y avait personne d'autre que lui dans la pièce. Il ignora totalement la présence des autres qui pourtant le dévisageaient, tous un peu déconcertés.
- Il me manque une pièce… souffla-t-il
- Tu veux ton violon ? demanda –presque- innocemment Mathias, ne résistant pas à l'envie de se mettre en avant
Mais Lukas l'ignora. Le détective refit le tour de la cuisine dans ses moindres détails.
- Euh… peut-être pouvons-nous simplement attendre que Yao se réveille et nous raconte ce qu'il s'est passé, proposa Kiku
Emil secoua la tête.
- Laissez tomber. Même si nous pouvons nous contenter de cette solution, mon frère ne le supporterait pas. Laissez-le s'agiter dans son coin. Ça lui passera.
Emil observa Lukas arpenter la pièce tout en baragouinant dans son coin. Son frère… il lui faisait presque honte parfois. Il jeta un coup d'œil à Mathias. Ce dernier avait pris la décision de suivre Lukas dans son enquête et tâtait le terrain lui aussi. Mais d'une main beaucoup moins experte. Aux yeux d'Emil, il avait d'ailleurs plus l'air ridicule qu'autre chose. Bon, ok : celui qui lui faisait le plus honte, c'était sans nul doute le nouveau colocataire.
Mathias souleva un torchon qui baignait dans la sauce piquante épaisse.
- Ouh… quel gâchis pour une si bonne sauce. En tout cas, ça, c'est bon pour le lavage.
- Crétin, marmonna Lukas
Le détective testait de nouveau chaque entrée, vérifiait chaque issue. Il avait forcément loupé quelque chose. Devant la buanderie, il s'arrêta net. Ses yeux s'écarquillèrent. Il fit brusquement volte-face et s'avança vers Mathias.
- Quoi ? Quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?... tu veux ton violon finalement ?
- Si tu n'étais pas un crétin fini, je dirais qu'il se cache une once d'intelligence dans ton crâne.
- Hein ?
Mais déjà Lukas ne faisait plus attention à Mathias. Il pointa un doigt vers la buanderie, inspira profondément et déclara théâtralement :
- La clé de l'affaire… c'est la machine à laver !
Affaire à suivre…
