Bonjour tout le monde ! Et bonne rentrée aux collégiens/lycéens/autres !

Voici enfin la conclusion de cette deuxième affaire ! \o/

Prénoms cités dans ce chapitre :

Chine : Yao Wang

Hong-Kong : Jia Long Wang

Islande : Emil Steilsson

Danemark : Mathias Køhler

Norvège : Lukas Bondevik

Taïwan : Mei Wang

Japon : Kiku Honda

Corée du Sud : Yong Soo Im

Bonne lecture !


Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz

Affaire 2 : Le secret de la buanderie

Le silence était de mise. A dire vrai, personne ne savait vraiment comment réagir. Emil hésitait entre lever les yeux au ciel ou hausser un sourcil. Il opta pour un coup d'œil vers les autres.

- La… la machine à laver ? ne put s'empêcher de répéter naïvement Mei

Lukas savourait le suspens qu'il avait installé. Il replia tout doucement son doigt. Puis, d'un pas assuré mais d'une démarche volontairement lente, il passa entre les témoins de l'affaire et se rendit au salon. Personne ne s'opposa à lui.

Mathias, le dernier dans la cuisine, restait planté dans la pièce, les yeux comme deux ronds de flancs. Il se gratta finalement le crâne, observa un bref instant la machine à laver et le chiffre digital clignotant, comme quoi la machine était terminée, avant de rejoindre les autres.

Le détective s'installa et prit son archet, alias son jouet favori. Si au début tout le monde demeura debout, perplexes, ils finirent par prendre l'initiative de s'asseoir. Ils patientèrent. Pour une explication qui apparemment n'était pas prête de venir. Jia Long se racla la gorge.

- Euh… alors ? Qu'est-ce que vous entendiez par la machine à laver ?

- Le mobile… il me manque le mobile.

Lukas se leva et orchestra de son archet le ballet imaginaire des informations qu'il avait rassemblées.

- Wang Yao : père de famille, deux enfants. Expatrié de longue date mais qui garde un fort accent. Costume traditionnel. Cuisine traditionnel. Couleurs, ameublement, ambiance : tradition, tradition, tradition. Donc valeurs morales chinoises traditionnelles. Elevé dans les années 70 vraisemblablement : rigueur, respect, détermination. Personne honnête, avenante. Les facture sur la desserte : datées d'il y a trois jours, déjà remplie, signée, prête à être renvoyées. Donc pas de dette, pas d'huissier, pas de créancier. Il aurait déjà fait appel à la police. Gestion d'un restaurant familial : sens des responsabilités, des priorités, organisé. Attachement en Norvège : son restaurant, ses frères, ses enfants… il lâche le restaurant… mais jamais, il ne le ferait… il n'a que ça. Que ça. Ses enfants : ses précieux. Les ramens au lycée, désir de rencontrer le petit ami de son fils : père aimant. Ses frères : trop importants à ses yeux, ses égaux. Il les héberge sous son toit, leur laisse l'aménagement de leurs chambres. Il ne veut pas être séparé de sa famille. Ne veut pas perdre le restaurant non plus : a conscience de la réalité des choses. Menaces ?

Lukas se dirigea de nouveau vers la cuisine. Les autres, peu à peu de plus en plus avides de connaître le fin mot de l'histoire, le suivirent. Sur le lieu du « crime », comme le détective se plaisait à l'appeler, ce dernier agita son archet en tout sens.

- Cuisine de restaurant, pratique, doit donner à l'extérieur, donc ce mur. Près des fourneaux, des plans de travail pour plus de rapidité, donc…

Lukas ouvrit avec théâtralité un placard. Quatre poubelles s'alignèrent sagement sous les grands éviers en inox.

- Bingo.

Le détective se pencha vers les poubelles sans les ouvrir. Tout le monde le suivit du regard et se pencha également inconsciemment. Mathias manqua même de se casser bêtement la figure, voulant se plier plus encore, afin de voir ce que voyait Lukas.

- Jeté en toute hâte. Précision d'ordinaire… c'est cette poubelle.

Il désigna un couvercle mal fermé, un bout de déchet blanc dépassant, contrairement aux autres qui étaient bien clos, sans que rien ne s'échappe. Lukas esquissa un sourire et souleva le chapeau de la poubelle. Elle révéla un papier froissé dont Lukas s'empara.

Prenant plaisir à faire patienter son public, il déplia la feuille, la lissa et la parcourut des yeux une première fois. Il jeta un coup d'œil à l'assistance avant de la relire une seconde fois. Puis, il la glissa dans sa poche. Il sourit. Enfin, il reprenait l'entier contrôle de la chose.

Il avisa la famille de Jia Long, Mathias, son petit frère adoré, la cuisine, le salon, la buanderie et déclara :

- Nous allons procéder à une petite expérience.

- Hein ? s'écria Yong Soo, et quand allons-nous enfin savoir ce qui s'est passé ? Donnez-nous une réponse claire, monsieur le grand détective !

- Je ne voudrais pas me montrer impoli, intervint Kiku, mais je suis pour le moins d'accord avec mon cadet. Ne serait-il pas préférable que vous nous révéliez une bonne fois pour toute la clé du mystère ?

- Surtout qu'on ne voit toujours pas où vous voulez en venir avec votre histoire de machine à laver, ajouta Mei.

- Nous allons procéder à une petite expérience, répéta sans expression Lukas, allez devant la buanderie.

Alors que tout le monde s'exécutait bon gré mal gré, le détective attrapa par la cravate Mathias, qui avait fait un pas en avant. Ce dernier manqua de s'étrangler.

- Toi, tu me suis.

Pour une fois, Mathias se contenta d'un haussement de sourcil. Lukas l'entraîna dans l'arrière-cour et dut ouvrir la porte qui y menait en faisant deux tours complets de la clé. Il lui expliqua ce qu'il allait devoir faire et lui montra le signal qui lui donnerait le départ. Une fois le plan assimilé, Lukas retourna dans la cuisine. Il s'adressa au petit groupe qu'il avait devant lui.

- Bien ! La première question n'est pas qui ni comment on attaqué Yao, mais comment et quand on est entré. Il y a cinq issues dans cette pièce. La porte de service du restaurant, mais l'entrée est fermée, donc impossible. La porte de l'arrière-cour, fermée à double-tour, je viens de l'ouvrir, donc impossible. Une porte qui donne dans le couloir, lui-même bien en vue du salon, le plancher grinçant, donc impossible. Une arche qui donne sur la salle à manger et sur le salon, ouverture continue, là où nous nous trouvions, donc impossible. Ne reste que la buanderie. Impossible penserons les simples d'esprits. Mais c'est en fait tout à fait possible.

Emil eut la pensée qu'un instant son frère avait fait partie de ces « simples d'esprits » : son aîné n'avait-il donc aucune honnêteté ?

Lukas s'avança dans le local et présenta la machine à laver. Présentation digne d'une publicité.

- Le chiffre digital clignote sur zéro donc elle était en marche il y a peu encore. Dernière tâche d'une machine à laver : l'essorage. Le tambour va tellement vite que c'est une véritable cacophonie. La machine elle-même en tremble. La première fois que j'ai fait mon tour : il restait cinq minutes exactement. L'agression a eut lieu environs cinq minutes auparavant. Ce qui correspond au moment de l'essorage. Maintenant, l'emplacement : sous le velux.

Lukas éteignit la machine pour la remettre en marche sur l'essorage uniquement. Puis, il retourna dans la cuisine et fit signe à Mathias d'un claquement de doigt. Celui-ci leva le pouce et disparut de leur champ de vision.

Le tambour de la machine s'était mis en marche et tournait à plein régime. Tout comme les neurones de la famille de Jia Long qui tentait de comprendre. Emil, lui, avait abandonné depuis qu'il avait commencé à vivre avec son frère. Bientôt, Mathias apparut dans l'encadrement du velux. Il souleva la fenêtre à l'aide d'un pied-de-biche, surement trouvé dans l'arrière cour. Le velux s'ouvrit tout seul. Puis, le jeune homme se glissa à l'intérieur, atterrit comme un rien sur la machine à laver. Et impossible de l'avoir entendu. Le tambour en pleine action amoindrissait considérablement les bruits alentours, si bien que même à cette distance, les pieds de Mathias rencontrant la machine à laver avait difficilement été identifiable. La famille dispatchée dans la maison au moment de l'agression n'avait rien pu entendre.

- Ça alors… ne put que souffler Yong Soo

- Que ça ne te permette pas de trouver un moyen de faire le mur, Mei, prévint tout de suite Kiku

Mei écarquilla les yeux, surprise qu'on lui fasse cette remarque. Ou tout du moins, laissait-elle paraître la surprise.

- Ok, intervint à son tour Jia Long en se frottant le menton d'un doigt songeur, donc l'agresseur est entré de cette façon… mais comment a-t-il su ? Que la machine tournait…

Lukas sourit. Mathias referma le velux, arrêta la machine à laver.

- L'agresseur est entré par là, cette fois. Mais auparavant, il avait tout bonnement frappé à la porte. Ton père a juste ouvert, peu désireux de faire entrer quelqu'un qui le harcelait depuis un certain temps.

Jia Long fronça les sourcils. A ce moment là, Lukas extirpa avec un air satisfait la feuille de papier qu'il avait retrouvé dans la poubelle. Il la déplia et la posa sur la table. Tous se penchèrent dessus.

- Proposition de rachat du restaurant, certainement pas la première fois pour qu'on en vienne à frapper Yao. Mais il devait rester vivant pour signer le contrat. Si on l'avait simplement tué, vous auriez hérité de la propriété et ce n'est pas ce que l'agresseur voulait. Il voulait faire signer ce papier, mais Yao n'a pas voulu. Il a jeté le papier et a très gentiment dit au revoir à son futur agresseur. Celui-ci avait au moins pu entendre que la machine à laver était en marche. Il a fait croire qu'il partait, est finalement passé par le velux comme Mathias l'a fait, avant de venir assommer Yao et de lui laisser un message cordial.

Des gémissements provinrent du salon. Aussitôt, Mei s'y précipita. Les autres suivirent mais Kiku posa une ultime question.

- Je ne comprends cependant pas pourquoi on s'en prend au restaurant de Yao.

Ils se dirigèrent vers le salon tandis que Lukas se frottait nonchalamment la nuque avec son archet.

- Vous avez vu où vous vivez ? Vous êtes dans un quartier médiéval dans lequel des fouilles sont de plus en plus fréquentes, Gamlebyen, « la vieille ville ». Je vous parie tout ce que vous voulez que c'était un chercheur qui, faute d'avoir une preuve qu'il faut entreprendre des fouilles sur votre terrain, veut s'assurer d'en avoir la possession.

Ils pénétrèrent dans le salon.

- N'ais-je pas raison, Yao ?

Yao venait de s'éveiller et avait la main portée à son crâne endolori. Sa fille lui appliquait tendrement de l'eau fraîche. Par la suite, Mei prit la bassine d'eau, alla la vider dans la cuisine et entreprit de faire une tisane relaxante, dans l'espoir de calmer les douleurs de son père.

- Aiyaa ! Quelle frayeur !

Triomphant, campé sur ses deux jambes, Lukas avait les bras croisés et attendait qu'on approuve sa théorie qui ne pouvait être que juste.

- Papa, dit Jia Long en s'agenouillant près de son père, c'est vrai ce que Lukas a raconté ?

- Et qu'est-ce qu'il a raconté ?

- On veut vous faire vendre la propriété.

Pas d'interrogation dans la voix du détective, c'était inutile. Il était certain de ce qu'il affirmait. Yao dut l'admettre et hocha tristement la tête. Lukas, plus que satisfait, attrapa son violon et se mit à en jouer dans son coin. Le mystère résolu, la conversation n'avait plus grand intérêt pour lui.

- Mais pourquoi tu n'en as pas parlé ? s'indigna Yong Soo

- Parce que ça n'avait pas d'importance jusqu'à présent. Mais aujourd'hui, il a commencé à proférer des menaces contre vous. Je me suis dit qu'il fallait que je réagisse plus fermement.

Tandis que Mei revenait avec la tisane, Yao soupirait.

- Et voilà que je me fais assommer…

Kiku, très posément, lui demanda :

- Que comptes-tu faire maintenant ?

- Je ne sais pas… laisser couler ?

- Hors de question, papa ! se révolta Mei en servant les tasses de thé, si ce malotru t'a assommé parce que tu lui claques la porte au nez, qui sait jusqu'où il pourra aller par la suite !

- Je suis d'accord avec Mei. Il faut prévenir la police, papa.

Il y avait néanmoins comme un sentiment de doute qui planait dans l'air. Les uns et les autres n'étaient pas sûrs de leur décision. Ils se tournèrent donc vers la seule personne qui leur paraissait la plus à même de faire le meilleur choix : Lukas.

Si son ego en fut fortement touché, il n'en montra pas une miette. Le détective termina tranquillement son morceau. Puis, il ouvrit la bouche et déclara :

- Je pense que…

Le ventre de Mathias émit un énorme gargouillement qui laissa tout le monde pantois, sauf Lukas qui prit la mouche. Yong Soo fut le premier à éclater de rire, aussitôt suivi par Yao et ses enfants. Kiku restait plus réservé et paraissait plus gêné qu'autre chose. Emil était désabusé.

Yao se leva et frappa dans ses mains.

- Aiyaa ! Je pense en effet que nous devrions aller manger, ah ah !

Tout le monde approuva et se rendit dans la salle à manger. Lukas rangea son violon et, quand bien même il n'en dit rien, il avait faim. Ou plutôt, ses neurones avaient faim. Il avait besoin qu'ils soient toujours au maximum de leur capacité. Il accueillit donc le repas avec bonheur. Dissimulé sous une expression imperméable. D'autant plus qu'arrêter les méchants, ce n'étaient pas son domaine. Lui, il résolvait les mystères, il n'arrangeait pas les problèmes des gens. Sa mission s'arrêtait là.

En tout cas, la tension était retombée et la bonne ambiance était revenue. Les derniers à quitter le salon, Jia Long et Emil en profitèrent pour échanger un long baiser comme ils en avaient l'habitude lorsqu'ils n'étaient que tous les deux. Puis, Jia Long passa un bras sur les épaules d'Emil, qui était plus petit que lui, et ils rejoignirent le reste des familles à table où Mathias avait repris du service dans la catégorie vanne à deux balles.


Affaire à suivre…

Ah ah ! A votre avis, qui sera concerné par la prochaine affaire ?