Bonjour tout le monde !
Et nous voici parti pour une troisième affaire. Beaucoup plus sombre. Beaucoup plus longue aussi. Enfin, pour le moment, vous apprécierez bien un petit moment en compagnie de Mathias et Lukas ? :)
Je ne suis pas sûre de pouvoir poster de chapitre la semaine prochaine donc la suite arrivera surement dans deux semaines o/
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Finlande : Tino Väinämöinën
Sealand : Peter
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 3 : Monsieur Touche-à-tout
Ce matin, Lukas Bondevik s'éveilla. Il ouvrit simplement les yeux et scruta le plafond. Il le faisait tout les matins afin de s'assurer que chacun de ses neurones étaient bien en place. Sa chambre était plongée dans la pénombre matinale à cause d'un filet de lumière s'étant insidieusement glissé entre les volets puis sous le rideau. Lukas n'aimait pas être brusqué. Lorsqu'il sentit enfin que tout son corps était prêt à répondre à chacune des commandes de son brillant cerveau, il bougea.
Comme tous les matins, il se leva. Une planche grinça sous son poids. Lukas observa chaque détail de cette chambre qu'il aurait pu redessiner de tête sans en omettre le moindre grain de poussière. Quand bien même il était dans la pénombre, sa vue était parfaitement adaptée et sa connaissance de la pièce était telle qu'il n'avait pas besoin d'ouvrir les volets.
Lukas soupira. Rien n'avait bougé. Rien n'avait changé. Il jeta un coup d'œil à son réveil : 10h23. Puis, il enfila sa robe de chambre, et sortit de la pièce pour aller à la salle de bain. Sa salle de bain. Il était le seul dont la chambre était au premier étage il s'était tout naturellement attribué la salle de bain.
Tout y était impeccable, comme d'habitude. Mais le petit sourire satisfait de Lukas s'effaça soudain. Pourquoi les serviettes étaient-elles roses et non plus bleus ? Pourquoi son verre à brosse à dent était-il plus près du bord que du robinet ? Pourquoi le tapis de bain était-il décollé de la douche de 6,50 cm et non de 5cm ? Pourquoi sa mousse à raser était-elle devant son rasoir ? Pourquoi l'eau de toilette était-elle collée au mur et non centrée dans la largeur de l'étagère ? Pourquoi le store était-il relevé ? Lukas fit de plus en plus la moue à mesure qu'il constata encore deux ou trois détails.
IL était passé. IL avait osé toucher à ses affaires. IL avait pris ses aises et plus que jamais.
Lukas releva la tête. Un souverain en démonstration d'autorité n'aurait pas mieux fait. Il fit volte-face, faisant voler sa robe de chambre et partit.
Dans le salon, il ne trouva personne, si ce n'est que des objets et des meubles avaient bougé, que les murs, le sol et les fenêtres étaient astiqués, que les rideaux flottaient secoués par le vent printanier. Il descendit les marches, lustrées au passage, et découvrit les chaussures cirées et rangées dans l'entrée, les parapluies dans leur panier, ainsi que les manteaux étendus sur leur patère. Lukas pinça les lèvres. Même les petits WC sous l'escalier n'avaient plus leur collection de rouleau de papier WC en carton, à jeter à la poubelle ce que personne n'avait jamais pris la peine de faire. Jusqu'à maintenant vraisemblablement.
Lukas pressa le pas dans la cuisine. Qui était tout aussi propre que le reste. Une machine tournait dans le coin de la pièce. Le four, la plaque, le plan de travail rayonnaient. La fenêtre était ouverte et aérait l'espace. Les torchons étaient changés. La salle à manger était nickel. La nappe neuve. Le bois lustré. Perturbé par tant de bouleversements, Lukas ne s'aperçut que bien après de l'assiette de smørbrød, tartines de beurre agrémentées de fromages, de charcuteries et de poissons, ainsi que le bol de céréales trempant dans leur lait sur la table. Un petit déjeuner comme il les aimait. Mais il dédaigna aussitôt le plat et grimpa les étages.
IL était forcément là-haut. Au deuxième étage.
En posant le pied sur le plancher du perron, le jeune homme glissa et se retint de justesse à la rampe. Il détailla le couloir : fraîchement lavé, encore mouillé. La chambre du colocataire était fermée. La salle de bain aussi. Mais la chambre d'Emil était ouverte. Lumineuse. De l'air frais s'en dégageait. Et même pire ! On sifflotait.
Il n'y avait rien de pire selon Lukas que quelqu'un qui sifflotait.
Il s'approcha de la chambre. Il était sur le point d'entrer quand une masse de linge monumentale se présenta devant lui, lui faisant légèrement écarquillé les yeux. Le tas de sales bougea et découvrit le visage de Mathias, souriant, pimpant de vie.
- Ah ! Bonjour, Lukas. Bien dormi ? Ton p'tit déj' est sur la table de la salle à manger.
Mathias passa devant son colocataire sans inquiétude, sifflotant toujours. Lukas restait figé sur place.
- Et fait attention : je viens de laver le sol. Ça glisse.
Il avait fallu cinq minutes à Lukas pour reconnecter tous ses neurones en se réveillant. Il n'en avait fallu pas moins de cinq secondes pour les perdre. Dans sa tête, il essayait de faire l'association : « ma maison, ce type… ma maison… » Rien à faire. Il ne supportait pas l'idée qu'on ait touché à ses affaires.
- Qu'est-ce que c'est que ce chantier ? articula-t-il à mi-voix, assez fort cependant pour que Mathias l'entende
- Oh, ça ? Tout le linge sale d'Emil. Dis donc, ton frère, faudrait peut-être lui apprendre la propreté. Trois semaines de linge, ça commence à faire.
- Je ne te permets pas de parler de mon petit frère comme ça.
Mathias haussa les épaules tout en descendant les escaliers. Lukas le suivit machinalement.
- Et je ne te permets pas non plus de toucher à sa chambre et encore moins à ma salle de bain.
- Ah ah ! Désolé, mon cher, mais aujourd'hui, c'est grand ménage de printemps. Tu pourras me dire ce que tu veux, je passerais partout.
Lukas s'arrêta brusquement dans l'escalier menant aux rez-de-chaussée.
- Même dans ma chambre ?
- Même dans ta chambre.
- Hors de question.
- Taratata ! J'ai bientôt fini de tout lessiver. Je ne compte pas laisser un nid à poussière. Aujourd'hui, il fait beau, l'air est doux, alors je passerai aussi dans ta chambre.
Lukas le rattrapa au détour du hall d'entrée. Ils s'engouffrèrent dans la cuisine.
- Il en est hors de question : c'est chez moi ici.
- Parce que tu ferais le ménage sinon ?
Lukas ne répondit rien. Mathias haussa les épaules dans un sourire. Puis, après avoir déposé tout le linge sale d'Emil dans la panière, il remonta les escaliers quatre à quatre en chantonnant.
Lukas l'observa faire et écouta le bruit de ses pas s'estomper dans le grincement du vieux plancher. Il fit la moue avant d'aller avaler son petit déjeuner. Maintenant que ses neurones étaient connectés, il avait faim.
oOoOoOo
Lukas sortait de la salle de bain enveloppé dans sa serviette et rejoignit sa chambre pour s'habiller. Il s'arrêta sur le palier de la pièce. Les rideaux volaient dans le vent, la fenêtre grande ouverte. Les draps de son lit étaient changés. Les boiseries étaient cirées. Jusque là tout allait bien.
Mais les magazines et journaux sur son bureau étaient gentiment empilés du plus vieux au plus récent. Si Lukas les laissait éparpillés, c'est bien qu'il y avait une raison. S'il les laissait ouvert sur une page qui paraissait parfaitement anodine, ce n'était pas pour rien. Les livres dans sa bibliothèque étaient tous impeccablement rangés, classés, dépoussiérés. C'était sa bibliothèque privée. On ne touchait pas à sa bibliothèque privée. Ses babioles avaient trouvés une place adéquate sur les étagères. Lukas les laissaient d'ordinaire par terre, sur sa table de chevet ou sur le bureau. Ce n'était pas juste pour faire du bordel.
Mathias sortit du salon au même moment avec son seau et sa serpillère. Toujours en sifflotant. Ce qui acheva d'agacé Lukas. Il fit volte-face.
- Prends ce que tu veux dans ta chambre. Je vais passer la serpillère et j'aimerais qu'on laisse ça sécher ensuite.
- C'est ma chambre. Ma maison, déclara posément Lukas
Il faisait justement d'autant plus peur que sa voix était parfaitement calme. Sans un brin de colère. Et chez le jeune homme, cela ne pouvait signifier qu'une chose : que la colère était ô combien bien présente.
- Je t'ai accepté chez moi. Je ne t'ai pas autorisé à prendre des initiatives.
Voilà donc ce qui dérangeait le plus Lukas : que son pion lui échappe. Qu'il vive.
- Je fais ce que je veux et tu fais ce que je veux.
Mathias ne perdit pas son sourire. Bizarrement, il s'était plutôt bien acclimaté aux étranges comportements de ses colocataires. Il ne tint pas cas des propos de Lukas, ou très peu. Il se contenta d'un haussement d'épaule et partit avec son seau et sa serpillère. Lukas l'observa descendre les escaliers menant aux rez-de-chaussée. Puis, il alla se changer.
Une fois frais et dispo, il alla s'affaler dans son fauteuil favori. Maintenant qu'il était assis, il voulut lire le journal. Sauf que celui-ci devait attendre sagement dans l'entrée.
- Mathias ! appela-t-il
- Quoi ? lui répondit-on depuis l'étage inférieur
- Amène-moi le journal !
- Pourquoi ? T'es collé à ton siège ?
Mathias rit tout seul. Lukas tapota furieusement l'accoudoir de son fauteuil. Mais il se détendit lorsqu'il entendit tout de même les marches grincées. Mathias apparut peu après avec le journal.
- Tiens.
- Bon, écoute, puisque tu es docile, je veux bien que tu fasses le ménage, dit Lukas comme s'il s'adressait à un chien bien éduqué, mais uniquement quand je te l'ordonne.
- S'tu veux.
Mathias passa une main dans ses cheveux. Il n'aimait pas ne rien faire et c'était bien pour ça qu'il avait organisé ce soudain ménage de printemps. Cloîtré comme il l'était à la maison, sans travail, sans amis, sans famille, il fallait bien qu'il trouve un minimum d'occupation. Certes, Lukas avait de nombreux ouvrages mais la lecture, ce n'était pas le passe-temps favoris de Mathias. Autant dire que c'était plutôt son parfait somnifère. Si ça faisait plaisir à son colocataire de lui donner des ordres… du moment qu'il avait quelque chose à faire !
Lukas croisa les jambes et ouvrit prestement le journal.
- Bien. Alors prépare-moi un café, fais la vaisselle, lessive ma chambre, étend le linge, tri le courrier et arrose les plantes.
- Chef, oui, chef !
Mathias déguerpit et Lukas s'enfonça un peu plus dans son fauteuil.
Soudain, le téléphone sonna. Lukas grogna mais finit par se lever pour décrocher. Qui sait : peut-être serait-ce pour une affaire.
- Allô ?
- Allô, Lukas ? C'est Tino. Väinämoinen. Je ne vous dérange pas ?
Ça dépend, c'est pourquoi ? eut-il envie de répondre. Mais il s'abstint. A dire vrai, il n'eut même pas le temps de répondre que Tino enchaîna.
- Voilà, Berwald n'est pas là pour trois jours et je dois m'absenter pour un cours de stratégie militaire de dernière minute. Le professeur qui devait assurer les cours cette semaine ne peut pas être là et on m'a demandé de les assurer. Vous comprenez, vous qui savez qui je suis, j'ai de l'expérience là-dedans. Je ne pensais pas qu'on ferait de nouveau appel à moi et…
Bla bla bla… Lukas se curait les ongles. Depuis qu'ils s'étaient rencontrés pour l'affaire de la fugue de leur fils, Tino et Berwald était resté en contact avec Lukas. Un lien très sobre mais il arrivait de temps à autres qu'ils prennent des nouvelles pour la forme. Le couple était très polie et chaleureux, et ne manquait jamais une occasion de le prouver.
- Venez-en au fait.
- Ah ! Oui, pardon ! Je m'égare, ah, ah. Je suis dans une impasse parce qu'aucun de nous deux ne peux ramener Peter de son club de poterie ce soir. Son père tenait absolument à ce qu'il fasse des travaux manuels et non pas du foot. Et Peter se révèle plutôt doué pour la sculpture finalement…
Evidemment. Et il n'est pas assez grand pour rentrer tout seul ? Mais c'était évident que non : le problème de surprotection de ces deux pères n'était toujours pas réglé. Lukas le savait. Et il savait aussi depuis le début de la conversation ce que Tino voulait.
- Je suis désolé de vous demander ça, mais est-ce que vous pourriez le raccompagner jusqu'à la maison. Il a les clés. Vous êtes une personne de confiance et…
… et malgré toutes ces années en Norvège, vous ne vous êtes liés à personne. Et hors de question de confier Peter à n'importe qui, quand bien même ce serait les parents d'un de ses amis. Vous êtes un ancien agent spécial, vous ne faites confiance qu'à ceux qui ont été dans le pétrin avec vous. Mais Lukas ne dit rien.
- Où est-ce ?
Tino lui donna l'adresse et Lukas la griffonna sur un morceau de papier.
- D'accord. Je vais envoyer Mathias.
Lequel entra dans la pièce avec la tasse de café accompagné d'un gros muffin aux baies polaires.
- Oh ! Merci ! ne cessait de répéter Tino
Lukas raccrocha après le minimum de politesse et coupant un peu Tino dans son élan d'amabilité. Mathias déposa le café et la petite assiette sur la table près du fauteuil.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Tu vas aller chercher Peter à son atelier de poterie, ce soir, 18h30. Tiens, voici l'adresse.
Il fourra le papier dans les mains de Mathias. Ce dernier parut un peu surpris, voulut poser quelques questions supplémentaires mais Lukas s'était affalé, le journal bien en main et dégustant son café. Impossible de le déranger désormais. Mathias haussa finalement les épaules, rangea le papier dans la poche de son pantalon et partit poursuivre ses occupations.
Affaire à suivre…
