Bonjour tout le monde !

Oulala ! Que d'aventures en deux semaines ! Cette rentrée est complètement usante… et foireuse... Enfin, bref, je ne suis pas là pour vous raconter les péripéties de mon quotidien, vous attendez surement un nouveau chapitre.

Que voici ! Et nous entrons dans le vif du sujet cette fois :) Qui pensez-vous que cette affaire va concerner ?

Prénoms cités dans ce chapitre :

Danemark : Mathias Køhler

Sealand : Peter

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 3 : L'inconnu de l'ascenseur

Mathias n'était pas très coutumier d'Oslo. C'est pourquoi il fut tout de même ravi de ne s'être trompé de lignes de métro que deux fois et de rue une fois !

Il se retrouva devant un bâtiment très sobre, quoiqu'il était visiblement du siècle dernier. Il possédait de hautes et larges fenêtres et rien n'aurait pu laisser croire aux premiers abords qu'il s'agissait d'une école d'art de très bonne réputation. Ils n'envoyaient pas leur enfant n'importe où, constata Mathias en se grattant le menton. Puis, il entra.

Le hall d'accueil était très lumineux et pleins d'œuvres toutes plus étranges les unes que les autres au goût de Mathias. Des tableaux avec un point de couleur, des sculptures de petites cuillères, des céramiques en forme d'étron… Mathias restait perplexe mais ne s'appesantit pas plus et se tourna vers l'accueil.

- Bonjour, où est le cours de poterie s'il vous plaît ?

- La salle des enfants, d'initiation ou pour les professionnels ?

- Euh… je viens chercher le gamin d'un ami donc celle des enfants, je suppose.

- Pas de soucis. Premier étage, quatrième sur la droite.

- Merci beaucoup. Bonne soirée, au revoir.

- Vous de même, au revoir.

Mathias s'élança vers l'ascenseur. Arrivé au premier étage, il n'eut aucun mal à trouver la salle de poterie réservée aux enfants. Non seulement, il y avait beaucoup de chahut mais également une grande pancarte en terre cuite dans laquelle était inscrit « POTERIE » décorée de rouge, de vert et de jaune. On pouvait difficilement manquer la salle. Mathias pénétra à l'intérieur.

Il avait très peu l'habitude des enfants et des chérubins en soit et il fut un peu surpris de découvrir toutes ces têtes blondes en train de courir partout, pétrir de leurs mains pleine de glaise des formes diverses, peindre de toutes les couleurs ce qui était cuit, et diverses autres activités.

Mathias reconnut rapidement les cheveux blonds et les yeux verts concentrés de Peter. Il s'approcha et posa sa main sur son crâne, faisant sursauter le jeune garçon.

- Eh ! Salut bonhomme !

- Ah ? Je vous reconnais : vous êtes le grand guignol qui a été sauvé par papa et papa.

Mathias garda le sourire. Ce gamin avait une façon bien à lui de voir les choses.

Peter essuya ses mains sur son tablier.

- Qu'est-ce que vous faites là ? Vous êtes un peu grand pour prendre un cours ici. Même moi, je devrais être dans une autre salle, vous allez me dire. Il y a eu méprise à l'inscription et ils m'ont mis avec les enfants…

Peter semblait outré par le fait. Cela fit rire Mathias.

- Non, non, ton père m'a demandé de venir te chercher.

- Ah bon ? D'accord.

Peter ne semblait pas plus dérangé que cela par la nouvelle. Il rangea l'argile dont il n'avait plus l'utilité et emporta sa pièce dans son casier. C'était une immense forteresse sur deux gros cylindres.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Mathias, curieux de tout

- C'est un fort maritime de la Seconde Guerre Mondiale !

- Tu t'intéresses à ce genre de choses, toi ?

- Mais oui !

Peter ôta son tablier, le suspendit à une patère et alla saluer son professeur, un vieil homme à la barbichette grisonnante surplombée d'une paire de petites lunettes rondes. Par la suite, ils sortirent.

Mathias était un bavard et Peter aussi dans un sens : ça tombait bien ! Ils discutèrent tous les deux. Lorsque l'ascenseur s'ouvrit devant eux, il y avait déjà un jeune homme dans la cabine. Sous son bras, était bloqué un grand carton à dessin qui devait bien faire la moitié de sa taille. Il fixait fébrilement son téléphone portable et, en entendant les portes s'ouvrirent, il releva brusquement la tête, gêné comme s'il était pris en flagrant délit. Il se détendit néanmoins et se cala poliment dans un coin. Il se rendait lui aussi au rez-de-chaussée.

Peter brisa rapidement le silence qui s'installait dans l'ascenseur.

- Au fait, pourquoi papa est pas venu me chercher ?

- Alors ça, mon grand, aucune idée ! Lukas m'a refilé l'adresse de ton cours et m'a dit que ton père voulait que je vienne te chercher.

- Ça ressemble bien à Lukas, tiens ! Toujours à jouer les gamins celui-là.

Mathias ne put s'empêcher de pouffer de rire. Cela ne faisait pas longtemps qu'il avait emménagé mais il devait avouer que Peter n'avait pas tort : Lukas avait un petit côté enfant boudeur quand il s'y mettait. Il ébouriffa les cheveux de Peter.

- Que veux-tu ! C'est ça, être un grand détective

L'inconnu qui était avec eux sursauta soudain et fit tomber son téléphone par terre. Mathias et Peter se tournèrent vers lui par réflexe. Il s'empressa de récupérer son mobile, un peu raide et gêné.

- Excusez-moi… bredouilla-t-il tout bas

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et déjà Mathias et Peter ne faisaient plus attention à lui. Ils saluèrent poliment la dame de l'accueil et quittèrent le bâtiment tout en poursuivant nonchalamment une conversation des plus triviales.

Ils sortirent au Terminus de la ligne 2, à la station de métro Ellingsrudåsen et il n'y avait désormais plus qu'à remonter la grande rue menant jusque chez les Oxenstierna/Väinämöinen. Quand bien même Mathias gardait un air détaché, il était assez perplexe : le jeune homme de l'ascenseur était toujours derrière eux.

Certes, ce n'était peut-être qu'une coïncidence, mais tout de même… il avait toujours été assis près de Mathias et Peter et avait tenté de se faire discret. Force était de constater que ce n'était pas vraiment le cas car Mathias l'avait tout de suite grillé. Bon, et peut-être aussi que Mathias avait rudement eu l'habitude de repérer les filatures. Ce type là avait quelque chose d'inquiet, tout en étant inquiétant. Il se cramponnait à son carton à dessin comme à une bouée de sauvetage et faisait de temps à autres la moue. Parfois, Mathias l'avait vu ralentir et avait cru qu'il n'était finalement qu'un badaud parmi tant d'autres. Mais il reprenait bizarrement sa route, d'une démarche un peu maladroite, après avoir jeté un coup d'œil à son portable.

- …et demain, tu sais, on y retourne, à la rencontre sportive. Je pense que je vais battre tous les records...

Mathias attrapa finalement la main de Peter et l'entraîna dans une rue adjacente.

- Eh mais ! C'est pas par là chez moi !

- Excuse-moi Peter, mais j'aimerais vérifier quelque chose.

L'inconnu parut dérouté de ce soudain virage à gauche. Sur son visage se dessinait la panique. Il pressa le pas et s'engouffra dans la même rue qu'eux.

Mathias accéléra le pas et jeta un coup d'œil en arrière : il les suivait toujours. Il prit de nouveau à gauche. L'inconnu prit à gauche. Il prit à droite. Leur poursuivant prit à droite.

- Peter, déclara Mathias gravement, tiens bien ma main.

- Je ne suis pas un gamin, dis donc.

- Nous sommes suivis, mon grand. Mais pas de panique, hein. Je gère.

Peter écarquilla les yeux. Puis, il confia :

- Ah ! C'est peut-être pour ça que papa tenait absolument à ce quelqu'un vienne me chercher alors qu'il ne pouvait pas… Dernièrement, il acceptait plus facilement que je fasse le trajet tout seul tout de même…

- Qu'est-ce que tu veux dire ? s'inquiéta soudain Mathias

Il avait l'impression qu'à chaque fois que ça concernait cette petite famille, il allait avoir des problèmes. Déjà, la dernière fois, il avait eu pas mal de soucis.

- En fait, c'est pas dans mon école, qui est juste là, tiens…

Il désigna un bâtiment avec une grande cour entourée par des conifères.

- Mais dans l'autre qui est un peu plus loin, il paraît qu'un des instituteurs est un pédophile.

- Comment tu sais ça, toi ?

- T'es bête ou tu le fais exprès ? C'était dans les journaux et à la télé. Enfin… ils n'ont pas encore trouvé qui c'était exactement…

Mathias aurait pu en rire. Mais pour une fois, il ne pensa même pas qu'on venait de le traiter d'idiot. Il n'eut pas plus l'envie de se défendre d'une quelconque manière. Il était totalement préoccupé par cet individu qui les suivait à la trace car ce que Peter venait de lui confier ne le rassurait guère.

Pourtant, Peter ne risquait rien : il était avec un adulte. Qui plus est un adulte sachant se défendre. Il n'y avait donc aucune crainte à avoir. Mais alors que faisait cet inconnu en les suivant à la trace ainsi ?

Mathias resserra sa poigne sur Peter et s'élança dans une petite ruelle, rendue sombre par la pénombre de la soirée. Il se posta derrière un poteau électrique.

- Attends-moi là, Peter.

Peter jeta un coup d'œil à Mathias qui affichait un air grave. Il se rendit compte alors que la situation était bien réelle et, quelque part dans son estomac, un nœud se forma. Il se colla au mur.

Mathias attendit de voir la silhouette de leur traqueur se dessiner au bout de la ruelle pour accourir et se jeter sur lui. Il lui assena un coup à l'épaule, lui attrapa le bras, le retourna et le plaqua contre le mur. Le carton à dessin tomba à terre, tout comme le téléphone portable. L'inconnu n'avait opposé aucune résistance et tremblait même comme une feuille.

- No… non farmi del male ! chevrota-t-il, s'il vous plaît.

Mathias fronça les sourcils. Un pédophile italien effarouché ? C'était un peu bizarre comme description d'un psychopathe… Néanmoins, puisqu'il n'était pas assuré, il raffermit un peu plus sa prise.

- Aie ! Aie ! Je suis désolé ! Je suis désolé ! Aie, aie, aie…

L'inconnu tremblotait et sanglotait comme une fiche molle. Mathias avait l'habitude des durs à cuir, du genre qu'on n'effraie même pas en égorgeant femme et enfant devant eux. La situation inverse était assez incongrue et le déstabilisa profondément.

Peter prit les devant :

- Pourquoi tu nous poursuivais, raclure ?!

- Peter, l'interrompit Mathias, quand même… ça n'empêche pas d'être poli.

- Je vais lui faire voir, moi, à cette espèce de sangsue dégueu, ce dégénéré, ce que ça fait de s'en prendre à des gosses.

Il lui assena un ou deux coups pieds dans le mollet, ce qui ne fit que redoubler les gémissements et les larmes de l'inconnu. Mathias écarquilla les yeux, assez surpris d'un tel comportement. Sans une once de difficulté, il maintint Peter à l'écart d'une main sur l'épaule et relâcha petit à petit l'emprise sur l'individu, complètement terrorisé.

- Il n'empêche que le gamin a raison : pourquoi vous nous suiviez comme ça ?

- Je suis vraiment désolé j'étais là-bas et puis vous avez dit détective et alors je me suis dit que ça serais cool, alors je suis parti avec vous mais vous le saviez pas et j'ai hésité mais j'ai continué je suis vraiment désolé, vraiment désolé !

Mathias lui-même avait du mal à respirer à l'entendre tout débiter comme ça, d'un seul coup. Il cligna des yeux plusieurs fois. L'attitude de l'inconnu calma également Peter, qui demeura lui aussi interloqué. Ni l'un ni l'autre n'avait compris de quoi il en retournait.

- Euh… Soufflez un peu, conseilla Mathias, tout va bien. On vous fera rien. On veut juste savoir ce que vous avez à nous suivre depuis près d'une demi-heure.

L'individu, encore très secoué moralement, inspira profondément plusieurs fois et tenta de remettre dans l'ordre dans ses idées. Mathias en profita pour ramasser le carton à dessin et le téléphone portable. Il les tendit à son propriétaire, lequel sembla enfin remis de ses émotions et s'apprêta à parler :

- Je suis désolé. Vraiment. J'ai hésité plusieurs fois et comme je n'osais pas vous parler, je n'ai fais que vous suivre. Je sais, ça paraît vraiment bizarre et j'en suis vraiment désolé.

Mathias n'avait pas un super accent mais alors lui ! Aucun doute qu'il n'était pas là depuis longtemps. Il roulait les R et chantait les mots plus qu'il ne les disait. Pour sûr, il était bien Italien de souche !

- Mais dans l'ascenseur, vous avez parlé d'un détective… et je me demandais si vous en connaissiez un…

Mathias et Peter s'interrogèrent du regard.

- Vous voulez parler de Lukas ?

- Oui, c'est le prénom que vous avez mentionné !

Le visage de l'individu s'éclaira soudain d'un nouvel espoir comme si on venait d'illuminer sa vie.

- Oh ! Je vous en prie, laissez-moi le rencontrer : il faut absolument que je lui parle !

La surprise et la curiosité de Mathias et Peter allaient en s'accroissant.

- C'est pour une affaire alors ?

L'inconnu semblait désespéré et prêt à se raccrocher à n'importe quoi.

- Oui ! C'est mon frère, il a disparu.


Affaire à suivre…