Bonsoir à tous !
Je profite de ce petit intermède pour vous remercier chaleureusement pour les reviews et le suivi : ça me fait super plaisir ! J'aime beaucoup cette fic et j'espère qu'il en va de même pour vous !
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Italie (du Nord/Veneziano) : Feliciano Vargas
Italie du Sud (Romano) : Lovino Vargas
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 3 : Esquisse d'un portrait
Mathias avait déposé Peter chez lui, comme convenu, et était ensuite rentré à la maison en compagnie de cet Italien, qui était enfin de compte complètement bouleversé par la disparition de son frère aîné plus qu'effarouché. Durant le trajet, il lui posa quelques questions. L'Italien répondait dans un norvégien mal assuré, un peu maladroit, mais non dénué de volonté.
- Vous êtes ici depuis longtemps ? lui demanda Mathias à la sortie du métro
- Deux mois. Bientôt trois.
- Qu'est-ce que vous faites à Oslo ? Vous êtes bien Italien, n'est-ce pas ?
Ils arrivèrent dans la rue Meltzers où habitait désormais Mathias depuis un mois et demi.
- Oui, oui. Je suis venu poursuivre mes études aux Beaux-arts d'Oslo.
- Oh, un artiste donc !
- Oui, peintre.
L'Italien semblait un peu gêné de dévoiler ainsi son art. Pour Mathias, c'était un concept assez étrange. Sans doute était-il modeste.
Mathias poussa le portillon et présenta la porte d'entrée à son invité.
- Je vous en prie.
Inconsciemment, l'Italien se tassa légèrement dans ses épaules et se cramponna à son carton à dessin. Il observa discrètement le hall d'entrée, aussi chargé d'histoire et de mystère que ses propriétaires.
Mathias le guida jusqu'au salon et l'inconnu le suivit docilement. Lorsqu'ils y pénétrèrent, il n'y avait personne. Néanmoins, Lukas sortit sur le palier de sa chambre aux craquements des planches sous leurs pas et alla à leur rencontre.
- Ah ! Lukas ! s'exclama Mathias en le voyant arriver dans le salon, je te cherchais. Figure-toi que je t'amène un client.
Lukas haussa un sourcil intrigué et détailla de haut en bas, de son regard éteint et pourtant si méticuleux, l'inconnu. Ce dernier frissonna, un peu perturbé par l'attitude du détective, et agrippa désespérément ses travaux comme une bouée de sauvetage.
- Ce monsieur est Italien et peintre, et en fait…
- Et aussi céramiste.
- Hein ?
Lukas prit place dans son fauteuil, croisa prestement les jambes et invita son futur client à s'asseoir d'un geste de la main. Puis, il désigna d'un coup de menton les doigts de l'artiste.
- La glaise sous ses ongles.
Mathias parut perplexe et laissa finalement tombé. Il n'avait pas emménagé depuis longtemps, mais suffisamment pour ne plus s'embarrasser d'interrogations sur cet homme étrange qu'était Lukas Bondevik. Il frappa fort dans ses mains, arrachant une moue dérangée au détective.
- Quelqu'un veut boire quelque chose ?
- Un café.
- Ah mais non, Lukas, ce n'est pas raisonnable. Pas de café le soir.
- Un café, répéta-t-il en fusillant du regard son colocataire.
Mathias leva les yeux au ciel puis se tourna vers leur invité. Celui-ci s'empressa de décliner poliment, mal à l'aise visiblement. Alors que Mathias s'apprêtait à quitter la pièce, Emil descendit au même moment.
- T'es revenu ? On va enfin pouvoir manger.
- Vous n'avez pas encore diné ? s'étonna Mathias
- Non, Lukas voulait t'attendre.
Mathias fit volte-face et eut un sourire jusqu'aux oreilles pour Lukas. Lequel ne daigna même pas réagir et se frotta pensivement le menton, laissant son regard errer par-delà la fenêtre. Emil dégringola les escaliers pour se rendre à la cuisine et Mathias prit sa suite pour préparer le café de monsieur.
- « On mange en famille », qu'il a dit, ajouta Emil en refermant le frigo, alors moi, je grignote depuis deux heures mais j'aimerais bien passer à table. J'ai faim.
Mathias mit la bouilloire en route. Puis, tout sourire, il posa une main sur l'épaule du jeune homme, lequel s'empressa de la repousser.
- Je fais partie de la famille, c'est beau mon p'tit, c'est beau.
- Ouais, ben en attendant, je crève la dalle.
- Je vais te préparer un truc vite fait et comme ça, tu pourras te coucher à l'heure.
Emil réagit vivement :
- Mais c'est pas pour me coucher que je veux diner rapidement ! J'ai une partie en ligne à 21h avec les potes ! Arrêtez de me prendre pour un gosse.
Emil remonta en fulminant dans une barbe qu'il n'avait pas, une canette de soda et un paquet de chips avec lui.
Pendant ce temps, à l'étage, Lukas avait commencé à appréhender son futur client. Lequel avait trouvé le courage de se séparer de son carton à dessin et l'avait posé contre le canapé.
- Je vous écoute.
- Je m'appelle Feliciano Vargas, je suis Italien et j'ai 21 ans. Je suis en Norvège avec mon frère depuis deux mois.
Lukas hocha la tête par réflexe. Il écoutait mais sans en donner vraiment l'air. Alors, pour ne pas offusquer ses clients, car ça lui était déjà arrivé, il jouait un minimum de diplomatie et hochait de temps à autre la tête. Mais cette fois-ci, le silence demeura. Le détective s'attendait à ce que son client commence à parler, le prenant à moitié pour un psychologue, mais il n'en était rien.
Mal à l'aise avec la langue norvégienne, Feliciano ne savait pas trop quoi ajouter et préférait attendre une autre question.
- Et qu'est-ce qu'il vous arrive ? demanda finalement Lukas
- Je… mon frère a disparu.
- Depuis combien de temps ?
- Depuis ce matin.
Lukas haussa un sourcil, dubitatif.
- Votre frère a disparu depuis moins de vingt-quatre heures et vous paniquez déjà ?
- Oui ! Beaucoup ! Ce n'est pas normal. Ce midi, on devait déjeuner ensemble. Il avait demandé à décaler ses heures et même si mon frère est un peu… rude, il ne rate jamais l'occasion quand il le peut. Mais voilà, quand je l'ai appelé, cinq fois, il n'a jamais répondu. Alors, j'ai essayé de téléphoner partout mais personne ne l'a vu. J'ai tenté de le joindre plusieurs fois et je lui ai laissé différents messages. J'attends toujours son appel…
Lukas se redressa dans son fauteuil mais ne montra aucun signe d'intérêt particulier. Il n'était pas plus que ça intrigué par cette affaire : des clients qui venaient d'eux-mêmes à cause d'une disparition, pour le détective, c'était monnaie courante. Les affaires les plus juteuses, les plus intéressantes ne venaient pas d'elles-mêmes. Lukas allait les chercher. Mais il aller résoudre l'affaire. Pour sa fierté.
Mathias arriva avec le café, au moment même où Lukas posa la question suivante :
- Pouvez-vous me décrire votre frère ?
Mathias avait à peine posé la tasse sur la petite table que Lukas s'en empara et se délecta d'une longue gorgée. Puis, Mathias s'installa dans le canapé, à l'autre extrémité de là où se trouvait le jeune Italien, qui se triturait les doigts nerveusement.
- Il s'appelle Lovino et a 23 ans. Beaucoup de gens disent que nous nous ressemblons. Physiquement, je veux dire. D'ailleurs, certains nous prennent même pour des jumeaux. Mais il est un peu plus grand que moi. Tenez, il ressemble à ça.
Feliciano ouvrit son carton à dessin et en extirpa une grande feuille cartonnée où était esquissée un portrait, peint à l'aquarelle, d'un jeune homme, en effet très similaire au jeune Italien, pensif, la mine légèrement boudeuse et mélancolique, accoudé à une barrière offrant un panorama sur la mer. La peinture était d'un surprenant réalisme, tant et si bien qu'on aurait pu la prendre pour une photo. Lukas observa brièvement le dessin, imprima chaque détail. Mathias montra bien plus d'intérêt et d'étonnement :
- C'est vous qui avez dessiné ça ?
- Oui.
- Mon dieu ! Mais c'est magnifique !
- Ah… euh… merci.
Lukas se racla légèrement la gorge pour ramener l'attention sur lui.
- Mais psychologiquement, qui est-il ? Quels sont ses manies, ses habitudes, ses lieux favoris ? Dites-moi tout, tout ce que vous savez sur lui.
Feliciano rangea proprement son œuvre avant de commencer.
- J'ai l'impression qu'il ne s'est pas vraiment habitué à la Norvège. Pourtant, je lui ai dit qu'il pouvait rester à Rome. Mais il tenait vraiment à m'accompagner… Moi, en arrivant ici, j'avais ma place à l'école des Beaux-Arts, mais lui… il a essayé de trouver un petit job. Dernièrement, il avait trouvé un poste dans une pizzeria. D'ailleurs, il paraissait très joyeux ces derniers temps. Alors je ne comprends pas vraiment pourquoi il a disparu…
- Est-ce qu'il s'est passé quelque chose hier soir ?
- Non, pas du tout. Enfin, tout était normal. Il était à la maison en train de regarder le foot à la télé quand je suis rentré. Il bougonnait mais c'est une habitude chez lui. Et puis, il est parti dans la soirée. Mais ça aussi, ça n'a rien d'exceptionnel. Son patron lui demande régulièrement d'assurer le service en soirée.
Les doigts de Feliciano tremblaient de plus à plus. Son front était marqué par l'inquiétude. Lukas tapota son accoudoir du bout des doigts et resta longuement silencieux. De temps à autres, il avalait une gorgée de café. Pendant ce temps, Mathias tentait de faire quelque chose : il observait tour à tour le détective et le client, osait parfois un coup d'œil vers le carton à dessin, assez curieux de découvrir les autres œuvres de cet artiste de talent.
Soudain, Lukas posa brutalement sa tasse à café sur la petite table et se leva prestement.
- Venez.
Pris par surprise, Feliciano attrapa à la hâte son carton à dessin. Cependant, celui-ci n'était pas correctement fermé et tout son contenu se déversa sur le sol. Des dizaines de croquis, d'aquarelles, de gouaches, d'acryliques, de crayonnés découvrirent leur magnificence face aux deux colocataires. Les fleurs et les enfants semblaient être ses sujets de représentation de prédilection. Feliciano, gêné, se dépêcha de ramasser toutes ses feuilles. Mathias vint l'aider et fronça les sourcils, intrigué par plusieurs portraits d'un petit garçon blond.
- Qui est-ce ? demanda-t-il finalement après en avoir trouvé un énième
Les joues de Feliciano s'empourprèrent légèrement. Peut-être par gêne. Peut-être par sentiments. Quoiqu'il en soit, il bredouilla quelques mots et, son accent ressortant, il fut impossible de comprendre de qui il en retournait.
Lukas se racla la gorge. Aussitôt, Feliciano se releva et Mathias lui tendit ses derniers papiers.
- Emil ! hurla l'aîné pour que son frère l'entende malgré son casque qui devait immanquablement se trouver sur ses oreilles
- Quoi ? entendit-on depuis l'étage supérieur
- Nous partons.
Une chaise roula, des planches craquèrent et bientôt la figure d'Emil apparut au détour de l'escalier.
- Et quand est-ce qu'on dîne ?
- Je suis sur une affaire. Je ne sais pas à quelle heure nous rentrerons. Attends-nous pour dîner.
- Encore ? Dois-je te rappeler que j'ai cours à neuf heures demain ?
Lukas lui lança un petit regard outré.
- Bien sûr que non. Tu commences avec deux heures de sciences politiques, une heure de pause, deux heures de civilisation moderne, une heure de médiatisation.
- Merci d'avoir eu l'amabilité de me rappeler le programme pourri de ma prochaine journée, grommela Emil
Puis, il remonta dans sa chambre en boudant.
Une fois que la porte de sa chambre eut claquée, Feliciano demanda :
- C'est votre frère ?
- Oui. Mon petit frère adoré.
Le jeune artiste hocha pensivement la tête tandis que Lukas dévala les escaliers, Mathias à sa suite. Feliciano s'empressa de les rejoindre.
Dans l'entrée, Lukas passa son par-dessus gris dont il releva le col. Il plongea les mains dans ses poches et désigna la porte d'entrée d'un coup de menton à Mathias. Lequel roula des yeux avant d'ouvrir la porte.
- Tu conduis, glissa-t-il à Mathias en passant
Ce dernier attrapa les clés de la voiture. Une fois dehors, Feliciano demanda :
- Où va-t-on ?
- Chez vous.
Affaire à suivre…
