Bonsoir à tous !

Je suis complètement lessivée ! Mais je n'oublie pas de poster mon petit chapitre de la semaine ! Et je trouve que pour le coup, Norvège peut avoir l'air d'un beau salaud XD

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Italie (du Nord/Veneziano) : Feliciano Vargas

Italie du Sud (Romano) : Lovino Vargas

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 3 : L'enveloppe

En passant les clés dans la serrure de son appartement, Feliciano bredouilla quelques excuses.

- Je n'ai pas eu le temps de faire le ménage et c'est peut-être un peu en désordre.

Mathias haussa les épaules tandis que Lukas se balançait sur ses pieds, imperturbable.

Ils s'étaient arrêtés à deux rues de la gare d'Oslo et se trouvaient au quatrième étage d'un immeuble tout ce qu'il y avait de plus classique, entouré de ses commerces, sa station de métro. Un quartier tranquille, bien fréquenté, comme on en trouvait beaucoup dans la capitale norvégienne.

Feliciano les invita enfin à entrer. Tandis qu'il déposait son carton à dessin et ses affaires dans sa chambre, Lukas entra en mode observation ultime. Mathias l'aperçut et l'imita, quoique beaucoup moins classe.

La petite cuisine américaine était ensevelie sous la vaisselle sale, les emballages vides, les fruits et les légumes. Elle s'ouvrait sur une pièce principale qui faisait office dans un coin de salle à manger et un autre le salon. Quatre portes donnaient accès aux chambres, à la salle de bain et des WC cachés derrière la porte d'entrée, face à une penderie. Dans cette dernière, le détective découvrit des paires de chaussures entassés sans aucun soin, des vestes vaguement accrochées à des cintres, des parapluies, des boîtes, tout un débarras miniature.

Lukas fit la moue : visiblement le rangement n'était pas vraiment leur fort.

Il détailla sans gêne le courrier empilé entre les magazines et les journaux sur une table d'appoint. Deux lettres de banques italiennes, une carte postale, cinq vierges, une lettre en norvégien de la part d'une compagnie d'électricité, une pour Internet, une lettre manuscrite en italien de plusieurs pages, des enveloppes usagées, des publicités, des tickets pour un opéra. Le regard de Lukas fut attiré par une enveloppe ouverte, sans adresse, avec pour seule mention le nom de Lovino. Aucune présence du contenu en revanche. Lukas conserva l'enveloppe avec lui.

Feliciano revint et se planta au milieu de la pièce. Il ne savait pas trop quoi faire et commença à se balancer légèrement sur place.

Lukas poursuivait son inspection en détaillant le canapé, recouvert dans un coin d'emballages de chips au barbecue et à la tomate, de biscuits apéritifs en forme de pizza miniatures, et autres amuse-gueules. Puis, il attrapa le journal télé et le parcourut minutieusement.

- Euh… est-ce que je peux vous aider en quoi que ce soit ? demanda timidement Feliciano

Mathias s'approcha de lui et posa une main sur son épaule.

- Ne faites pas attention à lui. Là, il est passé en mode observation au rayon X. Je suis même pas sûr qu'il vous entende, à vrai dire.

- C'est parce que c'est un grand détective. C'est ça ?

- Parce que c'est un maniaque.

- Oh.

Mais, comme l'avait suggéré Mathias, Lukas n'entendait rien. Rien que son raisonnement, ses théories et les hypothèses qu'il échafaudait. Une fois replié dans son petit monde de logique et d'analyse, dans son monde, rien ne pouvait l'atteindre, sinon la vérité.

- Votre frère a des amis dans le coin ? reprit Mathias

- Des amis ? Hum… peut-être ses collègues, mais en dehors de ça, je ne vois pas trop. Ça n'en a peut-être pas l'air, mais Lovi est très discret.

- Non, intervint Lukas

Mathias et Feliciano posèrent un regard interloqué sur le détective, accroupi devant la télé, en train de gratter une miette de pâte à pizza collée sur l'écran.

- Votre frère est tout sauf discret. Il s'emporte, s'énerve facilement, n'est-ce pas ?

Lukas se releva et fit face à son interlocuteur. Interlocuteur un peu perdu qui se contenta d'un hochement de tête pour répondre.

- Pour toutes ses émotions, il n'en montre qu'une : la colère. Ce n'est pas de la discrétion, c'est de la peur. La peur d'être découvert et compris. La peur de mal s'exprimer aussi.

Mathias le dévisagea.

- Et comment tu sais ça en regardant le canapé ?

Lukas eut un petit sourire en coin. Qu'il aimait qu'on soit attentif à lui.

- Canettes de soda compressées sous l'impulsion d'une main nerveuse, emballages froissés plus que la normale, pages du journal télé cornées, abîmées, des pays adversaires de l'Italie en foot rayés rageusement, des moustaches rajoutés sur les portraits des opposants, restes de pizza, de sucre sur l'écran parce qu'il les a jetés dessus, des taches par terre. Votre frère est un peu puéril.

Feliciano allait dire quelque chose mais le détective l'arrêta d'une main ferme.

- Non, ceci n'était pas une question. En revanche, laissez-moi vous demander quelque chose afin de confirmer ma pensée : c'est vous qui vous chargez du courrier, non ?

- Euh, oui, c'est ça, balbutia Feliciano, j'oublie souvent de m'en occuper mais c'est bien moi. Enfin… Lovi n'est pas du genre à s'en soucier, alors c'est un peu moi par défaut. Je le récupère tous les soirs en rentrant et le dépose sur la petite table, mais je ne prends pas vraiment le temps de trier…

Lukas brandit l'enveloppe vide qu'il avait trouvée.

- Alors comment expliquer cette enveloppe vide qui lui est adressée, sans adresse, sans timbre, sans tampon postal ?

Feliciano écarquilla les yeux. Il n'en avait pas la moindre idée. Mathias lui donna un léger coup de coude et lui fit comprendre du regard que tout ça, ce n'était que de la mise en scène, une simple question rhétorique qui n'avait pour unique but que de conforter le détective dans sa suprématie.

- Votre frère connaît quelqu'un en Norvège. Quelqu'un qui lui est important. Quelqu'un qui lui dépose des lettres.

Feliciano restait muet sous l'effet de la surprise.

Lukas n'ajouta rien de plus et se dirigea vers l'une des portes fermées. Il entra sans gêne et sans aucune hésitation. Le jeune Italien et Mathias le suivirent et pénétrèrent dans un capharnaüm monstrueux, communément appelé chambre de Lovino Vargas.

Tout était sans dessus dessous, comme si une tornade était passée par là, déversant les vêtements sur le lit et le sol, laissant la penderie ouverte, embrouillant les draps et la couette, empilant dangereusement des affaires sur la table de chevet, recouvrant d'objets en tout genre le bureau dont on ne voyait plus la couleur.

- Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Mathias

- Rien, pourquoi ? répondit le plus innocemment du monde Feliciano avec un air candide

Lukas avait commencé sa fouille méticuleuse.

- Tout est retourné là-dedans ! Quelqu'un est forcément passé par là. Votre frère a peut-être été enlevé.

Lukas ne se retint pas de pouffer de rire devant l'absurdité des paroles que débitait Mathias. Feliciano fronça les sourcils, inquiet, mais déclara néanmoins sûr de lui :

- Non, c'est juste sa chambre… la mienne lui ressemble beaucoup d'ailleurs.

Mathias sembla très perturbé et Lukas, qui devinait son expression, ne put s'empêcher de sourire intérieurement.

Mais le détective se replongea bientôt dans ses recherches. Ce qu'il cherchait était on ne peut plus simple : un espace dégagé et propre. Il ouvrit les tiroirs du bureau, celui de la table de chevet, regarda sous le lit, fouilla la penderie. Et enfin, il trouva acculé dans un coin sombre une boîte sans un grain de poussière contrairement aux autres. Il l'extirpa et ôta le couvercle : à l'intérieur s'entassait des lettres. Des lettres très courtes cependant.

Lukas attrapa l'enveloppe et compara les écritures. Puis, assuré qu'elles étaient semblables, il les lut attentivement.

- Vous connaissez un certain Antonio ?

- Non, ça ne me dit rien.

Sur une des lettres les plus anciennes, le détective découvrit une adresse. Il attrapa son carnet dans la poche de son manteau et la griffonna. Puis, il quitta la pièce. Les deux autres le suivirent sans un mot.

Lukas attrapa une photo aimanté au frigo représentant les deux frères : l'un souriait et l'autre détournait le regard en boudant, et tous les deux portaient un chapeau de paille et des gants de jardinage. Par la suite, il se dirigea vers la porte d'entrée.

- On va où ? demanda Mathias.

- Etterstadsletta 41B.

Mathias passa devant, faisant sauter les clés de la voiture dans sa main.

Feliciano attrapa rapidement une veste tout en interrogeant le détective :

- Mais qu'avez-vous trouvé ? Qui est Antonio ?

- L'amant de votre frère.

Feliciano s'arrête brusquement dans son mouvement. Il écarquilla les yeux avant de se reprendre.

- Ah… ne put-il qu'articuler

Le jeune Italien n'était pas tant surpris que son frère soit avec quelqu'un, et même que ce soit un homme, que par ce secret si bien gardé dont il n'avait jamais douté un seul instant.

Quelques minutes plus tard, car l'adresse n'était pas si éloignée de l'appartement des Vargas que cela, ils se retrouvèrent devant un immeuble en brique. Lukas grimpa les marches quatre à quatre, suivi de près par Mathias. En revanche, Feliciano avait un peu de mal à suivre. Alors qu'il arrivait enfin en haut des escaliers, le détective appuyait déjà frénétiquement sur la sonnette.

Personne ne répondit.

- Ils ont peut-être fugués en amoureux… hypothétisa Mathias

Lukas ne prit même pas la peine de lever les yeux au ciel. Il était étrange qu'à cette heure-ci, un homme, qu'il devinait relativement jeune et au moins célibataire, ne réponde pas. Lukas finit par souffler, agacé.

Feliciano avait à peine repris son souffle que le détective lui passa devant et entreprit de dévaler les marches qu'ils venaient de gravir. Le jeune Italien afficha une moue épuisée.

De retour au rez-de-chaussée, Lukas alla frapper chez le concierge. Un homme de la quarantaine, une bière en main et une écharpe de supporter autour du cou leur ouvrit.

- Bonsoir, qu'est-ce que je peux faire pour vous ?

Sans détour ni salutation, Lukas demanda :

- Auriez-vous un Antonio parmi vos locataires ?

- Antonio…

Le concierge cilla tellement légèrement qu'il fallait vraiment s'appeler Lukas pour pouvoir l'avoir aperçu.

- Ah non… non. Ça me dit rien. Vous m'excuserez.

Le concierge s'apprêtait à refermer mais Lukas claqua des doigts et aussitôt Mathias retint la porte. Hors de question qu'il use de l'énergie autrement que pour son activité cérébrale. Déjà qu'il était obligé de marcher…

- Vous ne voulez pas en porter la responsabilité mais vous le connaissez. Qu'a fait cet Antonio ? De mauvaises fréquentations ? Des affaires douteuses ? De la drogue ? Un attentat ? Un meurtre ?... Ah, vos yeux ont vaguement déviés, donc un meurtre.

Feliciano fronça les sourcils : en quoi son frère était-il lié à un individu ayant commis un meurtre ?

- Vous êtes priés de me répondre maintenant, poursuivit Lukas, qui est Antonio ?

Le concierge semblait mal à l'aise et commença à se dandiner sur place. Le détective le toisa d'un regard hautain dont il avait le secret.

- J'ai passé une journée en interrogatoire grâce à Monsieur Carriedo, marmonna-t-il un peu amer, la police l'a arrêté ce matin, vous savez, et on a voulu me poser quelques questions. Du coup, en rentrant ce soir, je me suis dit qu'il valait mieux que j'oublie tout ça et que je fasse comme si ça n'avait pas existé. C'est dur d'apprendre qu'un de vos résidents est un malfrat…

Feliciano pâlit à chaque mot. Dans quoi est-ce que son frère était tombé ?

- Antonio Carriedo a donc été arrêté pour meurtre ce matin ? voulut confirmer le détective

- Antonio Hernandez Carriedo. Oui, pour meurtre d'une petite fille qu'il avait violée.

Le cœur de Feliciano rata un battement et son teint était livide. Il était totalement atterré par la nouvelle. A dire vrai, Mathias aussi. Mais le détective affichait une mine sombre. Au fond, il avait ce petit plaisir malsain de se dire qu'une affaire pareille ne pouvait être qu'un jeu fort divertissant.


Affaire à suivre…