Bonjour tout le monde !
Ah ah ! J'aime vos réactions ! Et bien, si vous voulez savoir pourquoi Antonio, et a fortiori Lovino, est en plein cœur de cette histoire sordide, je vous invite à lire la suite :) Mais ça ne va pas en s'arrangeant x)
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Italie (du Nord/Veneziano) : Feliciano Vargas
Italie du Sud (Romano) : Lovino Vargas
Espagne : Antonio Hernandez Carriedo
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 3 : Antonio
Feliciano digérait encore la nouvelle : son frère était en couple avec… un violeur et meurtrier. Il chancela. Et ce fut relativement visible pour que Mathias vienne à son secours. Il n'y avait pas de chaise dans le hall mais il en aurait bien eu besoin.
Néanmoins, Lukas ne se laissa pas ébranlé par la nouvelle (ça ne le concernait pas et c'était son travail d'être confronté à tous types de personnes), et poursuivit son petit interrogatoire improvisé. Le concierge était cependant de plus en plus mal à l'aise et jetait souvent de petits coups d'œil furtifs, preuve qu'il ne désirait rien d'autre que de retourner se planter devant son match, de football vraisemblablement, oubliant toute cette affaire.
Le détective extirpa de la poche de son par-dessus la photo qu'il avait récupéré des deux frères dans l'appartement des Vargas. Il la montra au concierge :
- Le jeune homme de gauche vous dit-il quelque chose ?
Le concierge détailla le cliché. Surement intrigué par la frappante ressemblance des deux frères, il leva un instant les yeux vers Feliciano, qui ne s'en remettait toujours pas, et finit par affirmer :
- Non, désolé : je n'ai jamais vu cette personne. Mais s'il connaissait Antonio, peut-être bien que lui aussi aura succombé…
Si la transparence avait pu être un teint, alors Feliciano en aurait été recouvert des pieds à la tête. Il semblait sur le point de tourner de l'œil. C'était beaucoup trop d'informations d'un seul coup. Son frère disparu sort avec un violeur, meurtrier qui a également eut raison de lui ? C'était tellement invraisemblable ! C'était le genre d'histoire qu'on entendait au journal télé, le soir, dont on n'était assuré que ça n'arrivait qu'aux autres, le genre d'histoire où il était impensable que des évènements aussi tragiques se produisent autour de nous.
- Euh… Lukas, intervint Mathias inquiet face à la poupée de chiffon qu'était devenu le jeune peintre italien, on devrait peut-être rentrer.
Lukas fit volte-face.
- Voulez-vous retrouver votre frère, quel que soit son état, oui ou non ?
Feliciano déglutit avant d'hocher faiblement la tête.
Le détective se tourna de nouveau vers le concierge, qui avait cru un instant pouvoir retourner s'affaler dans son canapé.
- Puis-je avoir la clé de son appartement ?
Le concierge grimaça.
- Ce n'est pas vraiment légal…
- Vous n'avez qu'à venir avec nous, après tout, ce n'est pas comme si ce soir la Norvège allait gagner le match.
- Ah bah ça ! ne put s'empêcher d'ajouter Mathias, c'est sûr ! Vous n'allez rien rater.
Lukas le fusilla du regard. Que lui, Lukas Bondevik, norvégien depuis treize générations, critique son équipe de foot, c'était tout à fait normal. Que Mathias, petit locataire fraichement débarqué depuis même pas un an, se permette une remarque était un affront.
Puis, il posa de nouveau son regard profond, un tantinet inexpressif, sur le concierge. Par la suite, celui-ci disparut quelques instants avant de ramener les clés.
- Tenez, dit-il
Lukas les attrapa et s'en alla sans un remerciement. Mathias s'excusa de sa part avant de partir, entraînant Feliciano, qui était surement perdu dans ses pensées. Et même perdu tout court à vrai dire. Lorsqu'ils arrivèrent en haut, Lukas était déjà dedans et inspectait chaque recoin.
Feliciano se laissa tomber dans le premier fauteuil venu. Trop d'émotion pour lui. Mathias s'agenouilla près de lui.
- Ne vous inquiétez pas : on va le retrouver.
Le jeune Italien tourna vers lui des yeux brillants.
- Je n'aurais jamais dû insister pour qu'il m'accompagne à Oslo… Tout est de ma faute.
Mathias était un peu gêné. Même s'il avait parfois des tendances à frapper tout ce qui bougeait, il n'en était pas moins un minimum sensible. Il se releva et tapota d'une main consolatrice l'épaule de Feliciano. Puis, il s'écarta pour rejoindre Lukas, parti dans la cuisine.
Cette dernière était toute petite mais bien aménagée. Il n'y avait pas beaucoup d'ustensile de sorti à part une cuillère en bois qui traînait dans l'évier avec la passoire encore à moitié rempli de riz au curry.
- Alors ?
- Alors quoi ?
Mathias haussa les épaules.
- Je ne sais pas : un indice, une piste. C'est bien ce que font les détectives pour avancer. Ils enquêtent et grâce à leur flaire, ils trouvent.
Lukas se contenta de jauger d'un regard hautain Mathias. Celui-ci haussa les épaules. Il se détourna du détective et découvrit les deux plans de tomates dans leur pot, sur la table de cuisine.
- Drôle d'endroit pour faire pousser des tomates, remarqua-t-il
Mathias se gratta le crâne.
- Et pourquoi on ne va pas à la pizzeria où il travaille ? Il me semble que ça aurait été plus intéressant.
Le détective sortit de la pièce sans un mot. Il passa dans la chambre. Les draps dévoilaient la forme de deux silhouettes mais étaient défaits comme si on les avait précipitamment rejetés, sur le côté droit tout du moins. Lukas plissa les yeux en détaillant les formes des draps.
- Au fait, demanda Mathias en arrivant dans la pièce, qu'est-ce que disait la lettre que tu as trouvé ?
Sans quitter le lit du regard et tentant d'imaginer le déroulement de la scène, Lukas lui tendit la lettre que Mathias lut à voix haute :
- « Je suis disponible ce soir à partir de 21h. J'ai hâte de te revoir depuis tout ce temps. Tu me manques. Je t'attends avec impatience, mon Lovi ' ! Antonio »…
- Mais… il m'a dit qu'il partait travailler hier soir…
Lukas et Mathias se retournèrent pour faire face à Feliciano. Il se tenait sur le pas de la porte, la mine confuse. Le détective révéla sans détour :
- Votre frère ne travaillait pas le soir. Son patron n'a jamais dû lui demander de venir pour assurer le service du soir. Il devait juste avoir trouvé ce prétexte pour quitter l'appartement sans éveiller vos soupçons. Je pense que le patron vous le confirmera.
- Mais je ne comprends pas… Pourquoi il m'aurait caché sa relation avec cet homme ? Je… je ne suis pas homophobe. Je ne comprends pas.
- C'est juste dans son caractère. Votre frère ne sait pas s'exprimer et, de peur de mal le faire, il cache les choses et s'emporte quand on les découvre. Il a voulu éviter de s'énerver contre vous parce qu'il aurait été gêné et n'aurait pas su comment réagir. C'est tout.
Feliciano baissa la tête. Il était un peu attristé : il aurait tant aimé pouvoir partagé plus de choses à avec son grand frère. Il n'avait pas l'impression de le connaître comme les frères devraient se connaître. Quand il avait été témoin de l'échange familier entre le détective et son jeune frère, il avait eu un petit pincement au cœur.
Lukas poursuivit son inspection pas le moins du monde troublé par le malaise du jeune Italien. Il entreprit de fouiller les tiroirs, les placards et la penderie. Mathias jeta un coup d'œil compatissant à Feliciano. Puis, il s'appliqua à copier le détective dans sa démarche.
- Dis donc, tout ça ne ressemble pas vraiment à l'antre d'un pédophile. Sans parler d'un meurtrier.
- Que voulez-vous dire ?
Lukas prit le relai alors que Mathias s'apprêtait à fournir des explications :
- Plausible à un détail près : son ordinateur n'est plus là. S'il a été arrêté, son appartement aura été perquisitionné et fouillé. Le premier endroit où on est susceptible de trouver une preuve de pédophilie, c'est dans l'ordinateur du propriétaire. L'hypothèse de Mathias aurait été justifiée si l'arrestation n'avait pas eu lieu. Cependant, nous n'avons pas toutes les pièces en main.
- Je vous avoue que je suis un peu perdu, admit Feliciano, d'accord, mon frère est avec cet homme arrêté ce matin mais… tout ce que je veux c'est retrouver mon frère. Je… je ne comprends pas le lien en fait.
- La dernière personne à avoir vu votre frère est cet Antonio. Ils ont passé la nuit ensemble et ont été réveillé par la police le lendemain matin, venue arrêter M. Carriedo. Il a dû passer la journée en salle d'interrogation et n'a pas pu aller travailler puisque découvert avec l'accusé.
Feliciano était très perturbé, néanmoins, il n'osait pas demander comment le détective savait tout ça. Et puis, au fond de lui, il sentait que Lukas Bondevik disait la vérité. Mathias, pour qui les salles d'interrogatoires n'étaient pas vraiment inconnues, se demanda cependant :
- Pourquoi la police n'aurait pas décroché le portable de Lovino quand son frère a tenté de le joindre ? En général, les enquêteurs répondent à leur place.
- Parce que son portable n'était pas avec lui. Hier soir, il a dû partir précipitamment : l'enveloppe laissée sur la table d'appoint, la lettre qui n'était pas rangée avec les autres. Comme vous saviez où il allait et qu'il ne voulait pas s'étaler sur sa relation, il n'a pas dû juger utile de prendre son portable ou n'y a tout simplement pas pensé. Il ne l'avait pas revu depuis un bon bout de temps comme le suggère le contenu de la lettre. Vous n'êtes ici que depuis deux mois et demi, leur relation est passionnelle. Son portable, c'était le cadet de ses soucis.
Aucun des deux hommes n'eut quoique ce soit à redire sur les explications de Lukas. Lequel fouilla une mallette et en extirpa des manuels scolaires, des cahiers de notes, une liste d'activités scolaires, des copies à corriger.
- Antonio est instituteur. A l'école Ellingsrudåsen.
- Ah ! s'exclama Mathias, c'est le nom de l'arrêt de métro pour aller chez Peter ! Tiens, ça me fait penser qu'il a dit sur le chemin du retour qu'un prof dans une école pas loin de chez lui été soupçonné de pédophilie… peut-être qu'il s'agit de cet Antonio.
- Mathias ?
- Hum… oui ? dit-il pensif
- Tu es stupide ou tu le fais exprès ?
Mathias papillonna des yeux, ne sachant comment il devait prendre la remarque de Lukas.
- Bien sûr que c'est le même.
Lukas passa devant lui en levant les yeux au ciel. Il mit les mains dans les poches de son par-dessus et retourna au salon. Il jeta un coup d'œil à la pendule murale, attrapa la télécommande et alluma la télévision.
- … sident américain a exprimé le vif désir de revenir sur la législation du port d'armes au sein des frontières mais certains états semblent toujours réticents face à cette demande. Retour en Norvège, dans l'arrondissement d'Alna, sur l'affaire du viol et meurtre de la petite Amalie, 8 ans : la police a appréhendé ce matin même l'accusé aux aurores. Témoignages recueillis par Tobias Ødegård et Ingrid Pettersen.
Mathias et Feliciano avait rejoint Lukas dans le salon et regardait avec appréhension les visages défiler. Le concierge passa : il avait l'air déboussolé et gêné. Puis, vint un jeune homme au faciès très semblable en effet à celui du jeune peintre.
- Lovi' ! C'est mon frère ! s'écria Feliciano en s'agenouillant près de la télévision
- Va fan cullo ! Lascia mi tranquillo, stronzo ! E innocente, voi idioti !
- Ah… euh… excusez son langage…
- Pas grave, on parle pas italien, déclara Mathias
- TU ne parles pas italien, rectifia Lukas
Le jeune Italien se tourna vers le détective et lui demanda, le regard plein d'espoir comme un enfant qui rêve de retrouver le sourire :
- Vous allez le retrouver ?
Sans l'ombre d'une émotion, Lukas répondit :
- Bien sûr. C'est mon travail. Et cette affaire est de plus en plus intéressante.
Il éteignit le téléviseur.
- Est-ce que votre frère boit ?
Le regard de Feliciano se fit fuyant. Il dodelina de la tête avant d'affirmer.
- Ça lui arrive.
- Vu son état psychologique, la passion qu'il avait pour cet homme, son vocabulaire, la colère dans sa voix, il aura préféré aller boire que rentrer à la maison. Il n'aurait pas voulu que son petit frère le voit ainsi. Sentiment d'impuissance, rage, tristesse… il n'a pas voulu que vous le voyiez dans cet état. Je le comprends.
Une esquisse de sourire se logea dans un coin sombre de la bouche de Lukas.
- Et du coup, intervint Mathias, on écume tous les bars d'Oslo ? C'est de la folie !
Lukas ne prit pas la peine de lui répondre et se contenta d'un regard désabusé.
- Caractère passionné et enragé, conjugué au sentiment d'impuissance, désir de prouver l'innocence de son compagnon, mauvaise façon de s'exprimer, ne veut pas faire de tort aux autres… tel que son esprit est conçu, il ne percevra qu'une solution.
- Laquelle ?
- Se faire passer pour le coupable, déclara froidement Lukas
Feliciano assimila l'information et fronça les sourcils.
- Se… faire passer pour le coupable ? répéta-t-il, un peu perplexe
Mathias écarquilla les yeux en comprenant où Lukas voulait en venir.
- Oh bon sang…
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ? paniqua Feliciano
- Votre frère s'apprête à faire la plus grosse connerie de sa vie… si j'ai bien compris où Lukas voulait en venir.
- Pour une fois, je pense que tu as su faire la connexion entre tes deux neurones, dit Lukas avant de reprendre à l'intention de Feliciano, Lovino veut innocenter Antonio, il faut donc qu'il prouve à la police que l'homme qu'il détienne n'est pas le bon. Quel meilleur moyen… que de commettre un autre crime semblable au précédent ?
Les yeux de Feliciano s'ouvrirent si grand qu'on aurait cru qu'ils allaient sortir de leurs orbites. Il tomba des nus. Son teint devint de nouveau livide. Sa bouche était entrouverte, béatement. Pantois, il déglutit avant de s'évanouir.
Affaire à suivre…
