Bonjour tout le monde !

Je vais profiter de ce petit coin, note d'auteur, pour répondre et exprimer toute ma gratitude envers les guests qui me laissent des reviews (et j'en profite au passage pour remercier très chaleureusement également tous ceux qui commentent depuis leur profil ! Mais la plupart du temps, vous avez droit à une réponse par MP, donc je ne vais pas m'étaler plus que ça, même si je vous fais un gros bisou !)

Donc…

Pokera : merci beaucoup ! o/ ça me fait énormément plaisir de voir que tu es enthousiaste. Je suis aussi contente de constater que l'alchimie est bonne entre les deux univers et que tu l'apprécies (toujours peur d'être OOC moi :s)

Yacchan412 : je suis très heureuse de voir que tu as un attachement particulier à cette fanfic. T'imagines pas la joie que c'est T_T Et dis toi que tu as la réponse à ta question dans ce chapitre…

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Angleterre : Arthur Kirkland

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 4 : La loge

Lukas était seul avec le coiffeur, qui était en train de rassembler ses affaires, lorsque l'assistant réal de la dernière fois débarqua de nouveau.

- On te demande sur le plateau Eldfrid.

- J'arrive.

Le violoniste en profita pour se lever et demanda :

- Quand dois-je être prêt ?

- Ah, Lukas, c'est ça ? Hum…

Il consulta son planning puis sa montre.

- Disons dans deux heures.

Il partit avec le coiffeur, laissant Lukas seul dans la pièce avec son étui à violon. Le violoniste ne put s'empêcher de se demander à quoi cela rimait de faire venir les gens si tôt si ce n'était que pour les faire attendre. Question stupide, se dit-il : si le planning venait à changer, il ne fallait pas être arrêté dans son élan sous prétexte qu'il manquait quelqu'un. Lukas marmonna quelques remontrances à sa propre personne. Puis, lorsqu'il se fut assuré qu'il était seul, le détective avisa la porte de la loge. Par mesure de sécurité, il toqua deux coups.

Personne ne répondit.

Lukas se permit un petit sourire en coin. Il était parfois étonnant de constater combien il pouvait être plus expressif lorsqu'il se retrouvait en tête à tête avec lui-même. Il apposa sa main sur la poignée et ouvrit la porte sans aucune hésitation.

Comme il s'y attendait, la pièce était vide. Les tables de la salle de réunion avaient été empilées et rangées sur le côté sauf deux dont une qui servait de coiffeuse. On l'avait aménagée d'un grand miroir. Quelques vêtements reposaient sur un portant à roulette, ainsi qu'une écharpe verte étendue en travers. Une écharpe non-rangée, cela ne pouvait signifier qu'une chose : affaires personnelles. Du chanteur surement. Un chapeau était quant à lui sagement rangé sur le porte-manteau près de l'autre sortie. Celui-ci devait appartenir quant à lui au coiffeur/maquilleur/habilleur. Autre déduction de Lukas : cet Arthur Kirkland était obsédé par l'apparence. Qui oserait emporter une écharpe par une journée aussi belle et chaude ? Sinon pour le style, la mode, l'apparence. Lukas fit la moue. Il considérait déjà cet individu comme superficiel, ce qu'il n'appréciait pas forcément.

Le détective s'approcha d'une table où avaient été déposés une machine à café, des bouteilles d'eau, une corbeille de fruits, de barres de céréales et de confiseries et un ensemble de magazines. Les revues portaient toutes sur la culture anglaise et people, sur la mode ou les sports qui étaient d'ailleurs au goût de Lukas comme le curling ou le golf. Mais l'attention de Lukas fut plus particulièrement retenue sur le sujet de l'une d'elle, en anglais : « Tout sur la France ! Ce mois-ci : comment bien réussir vos recettes françaises ! » Non pas que ce genre de magazine soit peu courant mais Lukas avait lu le dossier sur Arthur Kirkland et il semblait plutôt allergique à tout ce qui se rapportait à la France au contraire. Deux hypothèses s'imposèrent dans l'esprit du détective : soit le responsable du HMC du chanteur était, lui, intéressé par la culture française, soit Arthur Kirkland mentait.

Lukas délaissa finalement les magazines quand bien même il était capable d'en tirer bien plus et avisa le reste de la pièce. Il n'y avait plus grand-chose d'intéressant à part une plante verte, la coiffeuse aménagée et les vêtements. Devant le miroir ne restaient plus qu'une bombe de laque, un lait de corps, un coupe-ongle, de la poudre de fond de teint qui était tombée et s'était étalée sur la table ainsi qu'une brosse à cheveux. La brosse à cheveux, ça ! Ça, c'était quelque chose de fichtrement intéressant ! Lukas s'en empara et en extirpa un cheveu qui y était resté accroché. Il le détailla et enregistra toutes les informations : blond, court, dru, revêche, beaucoup de gel vu l'odeur.

Enfin, le détective alla fouiller dans les vêtements. Et il ne semblait pas le moins du monde gêné de le faire. Dans une veste, il trouva un iPhone. Il fit glisser l'écran où on lui demanda un code. Lukas observa le fond d'écran qui était visible en filigrane : une bête photo du chanteur prise par lui-même, avec lunettes mouche en train de faire le signe de cornes. Le portable du chanteur même, quoi de mieux !

Mais avant, il fallait trouver le code. Lukas se remémora chaque ligne qu'il avait pu lire sur Arthur Kirkland. Un peu vieux jeu mais pas au point de juste mettre sa date de naissance… assez cachotier donc pas de date concernant un proche non plus. Il suit la mode donc il était plus probable qu'il choisisse les numéros en fonction des lettres comme beaucoup le faisaient désormais. Un peu arrogant, le nom d'une chose importante… quoi de plus important que son groupe. Sans oublier qu'il fallait que ça parle de lui. Lukas tapa : 3-6-2-7.

L'écran se déverrouilla.

Lukas sourit satisfait. Flying Mint Bunnies' singer, soit F-M-B-S. Ou encore en chiffres 3-6-2-7. Je suis un genie, pensa-t-il en commençant à naviguer dans le téléphone portable d'Arthur Kirkland.

Il y découvrit des tas de réseaux sociaux ouverts sur ses pages Internet et il alla pécher deux, trois informations. Néanmoins, le chanteur semblait être très discret quant à sa vie privée sur la toile : il n'y avait rien de plus que des tweets sur ses déplacements et ses réactions, des photos sur Instagram sur des vêtements ou des affiches, des statuts relatant sa joie d'être bien placé dans les charts et les sondages.

Lorsque le détective se rendit dans ses dossiers, il y découvrit le véritable visage d'Arthur Kirkland. Une page de notes pour lister de nombreux ouvrages de référence et des romans sur le folklore, la mythologie, le fantastique, une autre sur des idées de compositions ou de paroles pour de futurs titres, une application pour apprendre à faire la cuisine, une autre pour suivre toute l'actualité autour d'Harry Potter, et des dossiers photos pleins à craquer non pas de sa propre figure mais bien au contraire. Il y avait bien plus de clichés de chacun des membres du groupe que de lui-même, des photos de la campagne anglaise (tant et si bien que le détective finit par être convaincu de l'attachement d'Arthur Kirkland pour sa patrie, ce qui le faisait remonter dans l'estime de Lukas) mais il y avait surtout des photos de couple. Son conjoint semblait de longue date même si on pouvait observer des périodes sans aucun cliché, ce qui pouvait entre autres signifier qu'ils avaient été éloignés ou en froid.

Lukas tapota l'iPhone sur son menton et fronça les sourcils un instant. Il fouilla sa mémoire pour en conclure qu'il n'avait jamais été nulle part fait mention de son homosexualité. Pourtant, le détective avait même pu apprendre jusqu'à ses relations tendues avec le reste de sa famille, ses mensurations, les maladies qu'il avait eu depuis sa naissance et autres détails que Lukas avait parfois trouvés tout à fait inutiles. Peut-être était-ce tout simplement ça, le secret de la loge… Arthur Kirkland était gay.

Le violoniste avisa l'heure sur le portable et se dit qu'il était temps d'aller rejoindre le plateau pour mener une première petite interrogation toute discrète avant son entrée en scène. Sans compter qu'il n'avait pas encore accordé ni répété avec son violon.

Lorsqu'il arriva sur le plateau, après avoir déambulé un petit peu dans les rues désertes de cette reproduction grandeur nature d'un village traditionnel norvégien, l'équipe était en train de filmer un close-up du batteur. Lukas découvrit pour la première fois Arthur Kirkland. Celui-ci était avachi sur une chaise, en train d'aspirer à la paille de l'eau aromatisée. Une place à ses côtés était disponible et Lukas n'hésita pas à s'y installer.

- Z'êtes qui vous ?

Arthur Kirkland rehaussa le menton et le dévisagea des pieds à la tête.

Lukas sourit intérieurement : le corps réagit après la parole, c'était donc qu'Arthur feignait le dédain. Il était décidément bien attaché aux apparences. Le violoniste ouvrit l'étui duquel il ôta son instrument. Puis, il commença à en manipuler précautionneusement les cordes.

- Ah, le violoniste.

- Exact. Je me nomme Lukas. Et vous ?

- Arthur, le chanteur.

Lukas avisa les autres membres sur le plateau. L'impresario discutait avec une dame tirée à quatre épingles dans son tailleur, surement une chargée de production. Ils étaient tous les deux un peu à l'écart. Ils quittèrent par la suite le plateau et le détective en profita pour jeter un regard aux alentours tout en manipulant une à une les cordes de son violon. C'est alors que son regard tomba sur un homme de belle allure qui passait de temps à autres une main assurée dans ses boucles blondes.

Arthur sembla remarquer la fixation que Luka faisait sur cet individu car il réagit immédiatement :

- Non mais fais pas gaffe à cet imbécile. Il est nul et il sait rien faire. Même pas fichu de s'occuper correctement des autres ou de faire ce qu'on lui dit. Franchement, il devrait m'en être total reconnaissant de pas le virer.

Lukas avait parfaitement intégré ce que venait de dire Arthur et il ne put s'empêcher de sourire intérieurement même si rien n'était visible sur son visage au demeurant. Après tout, Arthur venait ouvertement de critiquer son compagnon. Il ne faisait aucun doute qu'il s'agissait de lui, les photos correspondant avec ce visage confiant et un brin séducteur.

- Oh, et qui est-ce au juste ? demanda le plus platement Lukas tout en concentrant de nouveau son regard sur son violon

- Quoi ? C'tte tafiole ? C'est Francis, mon chargé du HMC.

C'était donc cela que l'impresario avait cherché à savoir : Arthur et Francis, le chanteur et le coiffeur, en couple. Lukas était un peu déçu par le secret de cette loge. Il aurait aimé flairé une affaire plus… haute en couleur.

- Enfin, c'est pas parce qu'il m'énerve que je vais le refourguer à quelqu'un d'autre.

Lukas releva la tête de son archet. Les joues d'Arthur, dont l'épiderme était typiquement anglais et donc facilement sujet aux changements de teinte, s'empourprèrent.

- Ce que je veux dire c'est que, vaut mieux pas qu'il s'occupe de quelqu'un d'autre, c'est trop dangereux, bredouilla-t-il, moi, il a l'habitude de s'occuper de moi donc il fait pas trop de bourdes… enfin, bref.

Drôle de personnage, pensa Lukas. Il comprenait que certaines personnes puissent encore se sentir mal à l'aise face à leur orientation sexuelle, quoique pour sa part, il n'avait jamais compris en quoi cela était gênant pour certains que l'homosexualité existe. Mais Lukas se tenait de toute façon éloigné de ce genre de débats. Il se contentait des faits et les préférences de son entourage n'étaient bonnes qu'à résoudre une affaire.

Puis, l'assistant réalisateur finit par appeler Lukas aux alentours de midi pour filmer sa partie. Le violoniste s'exécuta à la perfection, comme toujours, démontrant une extrême habilité et une élégance certaine dans le maniement de son archet. Après cela, évènement sans donc grande conséquence, toute l'équipe se retrouva pour un déjeuner tardif sur les coups de 14h. Le tournage reprenant vers 15h. Lukas aurait pu partir, d'autant plus que la surveillance d'Arthur Kirkland ne rimait décidément à rien de son point de vue, mais la politesse voulait qu'il reste un peu avec eux. D'autre part, le détective se devait de toucher deux mots à Edmund Jackman au sujet de toute cette mascarade pour finalement découvrir une bête relation entre hommes.

Avant d'aller le voir cependant, Lukas ne résista pas à la tentation de s'isoler, quand bien même il ne restait pas grand monde attablé, pour envoyer un petit message (comprendre une vingtaine de lignes) à son cadet.

Soudain, un fracas assourdissant alerta tout le monde. Lukas et les quelques personnes qui discutaient jusque là autour d'un café se ruèrent vers le plateau où tout l'équipe se retrouva. Un instant, une lourde tension s'était abattue sur le groupe mais finit par se retirer après un soupir de soulagement général. Tout allait bien.

- Ah, mince, remarqua un électricien, un projo s'est cassé la gueule.

Lui et quelques collègues allèrent le redresser. Tout le monde s'apprêtait à repartir, rassuré, quand l'un des électriciens hurla. L'équipe se regroupa non pas autour du projo tombé, devenu cadet de leur souci, mais autour du corps inerte d'un machiniste.


Affaire à suivre…