Bonjour tout le monde !
Désolée, je n'ai pas posté hier, j'étais à Paris Manga toute la journée :) Mais je me rattrape aujourd'hui !
Je peux te garantir, Pokera, que Mathias reviendra bientôt. Mais je ne dirais pas quand… peut-être dans ce chapitre, peut-être plus tard…
Tant que j'y suis, j'aimerais m'excuser pour l'orthographe du nom de Mathias : j'ai pris la sale habitude de ne mettre qu'un T alors qu'il y en a deux, j'en ai parfaitement conscience. Je ne sais pas pourquoi je suis partie avec cette ortho' o_O Mais le fait est que ça me demanderait de recharger tous les chapitres sur le site avec le nom corrigé et… comment dire… je suis une flemmarde pour le coup XD
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Angleterre : Arthur Kirkland
France : Francis Bonnefoy
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 4 : Un accident assisté
Il ne faisait aucun doute que le machiniste était bien mort : son crâne ensanglanté était ouvert, fracassé et tailladé par les bouts de verre. Certains se retirèrent rapidement pour aller régurgiter le déjeuner qu'ils venaient d'avaler.
Lukas quant à lui ne pouvait s'empêcher de se délecter de la découverte d'un cadavre. Enfin, quelque chose de plus palpitant ! Comme quoi, son flair valait vraiment quelque chose. Aucun doute là-dessus d'après lui. Il se pencha sur le corps du défunt, trop excité à l'idée qu'il puisse s'agir d'autre chose que d'un vulgaire accident.
Alors que chacun était en train de tergiverser, Lukas passa au peigne fin le machiniste inerte de son seul regard, véritable radar ambulant.
- Vous croyez qu'il faut appelez une ambulance ?
- Une ambulance ? T'es bête ou quoi ? ça se voit que le pauvre est crevé.
- Oh mon dieu, pauvre gars. C'est immonde.
- Tragique.
- Comment on procède pour la suite du tournage ? On a quand même un accident de travail sur les bras.
- Un meurtre.
Toutes les têtes se tournèrent brusquement vers le violoniste pour lequel personne n'avait eu d'attention particulière. Lukas se satisfaisait de son petit effet et s'autorisa un léger sourire en coin. Il se releva les mains dans les poches et déclara de nouveau, le plus solennellement du monde :
- Ceci n'est pas un accident de travail. C'est un meurtre.
Si d'abord l'équipe entière resta figée d'étonnement, bientôt les conversations reprirent de plus belle et chacun y alla de son commentaire.
- Un meurtre ? N'importe quoi et puis quoi encore ? Des objets de valeurs volés ?
- Mais… mais… mais pourquoi on aurait voulu le tuer ?
- Comment a-t-on pu faire une chose pareille ? C'est encore pire qu'un accident de travail !
- Et sa famille, hein ? Qu'est-ce qu'on va dire à sa famille ?
- Eh oh, on se calme, rien n'indique que c'est vrai. Vous êtes qui vous d'abord pour vous permettre un tel jugement ?
Lukas allait prendre la parole mais Edmund Jackman s'interposa :
- Il s'agit de Lukas Bondevik, notre violoniste.
- Ouais, répondit Doug, donc genre le type il se la pète. Faut pas déconner, les gars. Y a eu un accident et maintenant faudrait peut-être penser à se bouger.
Ce que tout le monde approuva. Le réalisateur frappa bientôt dans ces mains pour que tous se remette au travail. On avait déjà perdu assez de temps selon lui. L'impresario se hâta de s'autoproclamer en charge de cet accident. Comme Lukas en avait terminé avec son rôle de violoniste, Monsieur Jackman l'embarqua presque sans ménagement. Mais nul besoin de le forcer : le détective était on ne peut plus prêt à faire face à ce nouveau mystère.
L'impresario s'enferma dans un bureau, à l'écart des oreilles indiscrètes. Il s'assura que tout était bien fermé et que rien ne pouvait filtrer. Lorsqu'il se tourna enfin vers Lukas, il avait l'air un peu énervé.
- Pourquoi est-ce que vous avez déclaré ça ?
- Parce que c'est la vérité.
- Très franchement, je me fiche de la vérité. Vous avez mis à mal votre couverture. Il me semblait pourtant que j'avais à faire à quelqu'un de compétent.
Lukas fut piqué dans son orgueil. Il releva le menton et croisa les bras.
- Mais je le suis. La preuve : quiconque pourrait croire à un soi-disant accident quand moi, je vois et j'affirme que c'est un meurtre.
Monsieur Jackman alla s'asseoir au bureau qui était visiblement le sien et ferma les yeux. Lukas ne se gêna pas le moins du monde pour prendre place dans un fauteuil face à lui. Il croisa élégamment les jambes et apposa ses doigts les uns contre les autres. Tout en observant le jeu de ses phalanges, il demanda :
- En revanche, j'aimerais savoir pourquoi vous m'avez réellement engagé.
- Pardon ?
- Voyez-vous, je ne pense pas être l'un des meilleurs détectives privés d'Oslo. Je suis le meilleur détective privé d'Oslo. C'est une certitude fondée sur des faits. Mon égo n'a rien à voir là-dedans.
La bouche de l'impresario se tordit. Il leva un doigt prêt à répliquer. Mais aussitôt le détective l'arrêta d'une main ferme.
- Pas la peine de me contredire. Je suis parfaitement conscient de ce que je dis. Et je suis d'autant plus assuré quand je déclare que vous ne m'avez pas engagé pour surveiller Arthur Kirkland, tout comme je le suis quand j'affirme qu'il n s'agit pas d'un accident mais d'un meurtre.
Edmund Jackman semblait contrarié. Lukas s'autorisa à penser qu'il avait peut-être mis l'impresario au pied du mur. Néanmoins, le détective n'insista pas plus pour découvrir la raison qui avait poussé Monsieur Jackman à l'engager et se contenta de faire durer le silence. Question de suspens.
- Qu'est-ce que vous voulez ? demanda finalement l'impresario après un long soupir
- Laissez-moi enquêter. Après tout, je doute fort que vous désiriez que la police scientifique osloïte débarque et arrête ce tournage.
Un long silence perdura.
- Vous êtes réellement certain qu'il s'agit d'un meurtre ?
- On ne peut plus sûr. Des marques de strangulations légères au niveau du cou, vêtement froissé au niveau du col, cheveux blonds coincés sous les ongles de la victime, probablement dû à sa débâcle, muscles de la mâchoire crispés…
Edmund Jackman afficha une moue dégoûtée et pria d'un geste Lukas d'arrêter. Lequel ne put qu'une fois encore se complaire dans la satisfaction.
- Bien, bien. Si je vous laisse enquêter, vous saurez rester discret ?
Lukas haussa un sourcil et ne se priva pas de dévisager l'impresario avec dédain.
- Pour qui me prenez-vous ?
L'impresario le fixa du regard.
- Pour un violoniste.
Lukas approuva d'un hochement de tête.
Puis, le détective se leva et vint se poser sur le bord du bureau. Il croisa les bras.
- Commençons par vous-même.
Edmund Jackman sembla légèrement décontenancé mais se laissa prendre au jeu. Prenant les devants, il expliqua de suite à Lukas qu'il connaissait à peine le pauvre homme. Ce n'était qu'un machiniste parmi d'autres pour lui. Il lui détailla également son emploi du temps aux alentours du déjeuner : il avait eu une discussion avec le chargé de presse afin de sélectionner les prochaines interviews. Lukas le détailla tout le long de son explication et enregistra le moindre de ses mouvements tout comme il grava à jamais chacun des mots de l'impresario.
Ayant récolté toutes les informations nécessaires, sans même avoir eu besoin de les quémander, Lukas partit en quête de ses témoignages. Au moment où il allait poser la main sur la poignée, il se retint et fit volte-face. Une dernière question n'avait cependant pas été explicitée.
- Qui aurait pu vouloir le tuer ?
L'impresario inspira profondément. Il se cala dans son fauteuil moelleux et porta un doigt songeur à son menton.
- Arthur a eu un comportement étrange, répondit-il finalement
Le détective laissa passer un temps qui ne fut que silence. Puis, il plissa les yeux avant de se détourner de Monsieur Jackman. Ce dernier parut attendre une réponse, un quelconque signe de la part de Lukas. C'était mal connaître le personnage qui ne se départait jamais de son impénétrabilité lors d'une affaire. Ses réflexions, ses hypothèses, ses découvertes… rien n'était filtré tant qu'il n'avait pas la solution de l'énigme. Sans un mot, il partit.
Sa première destination fut les loges. Sur le chemin, il rédigea vite fait quelque chose sur son portable. Lorsqu'il entra, les membres du groupe se reposaient tandis que le coiffeur et la maquilleuse repassaient pour quelques touches. Finlay était plongé dans une partition Doug jouait sur son portable Poo Boy lisait une revue en mâchant un chewing-gum. On prenait son mal en patience tandis que le plateau se préparait.
Lukas prit place sur le sofa aux côtés de Poo Boy et attrapa machinalement son étui à violon. Il laissa son regard se perdre. Puis, le guitariste abaissa son magazine et lui demanda machinalement :
- Ben alors, Lucky ? Je croyais que t'avais fini ta journée ?
Lukas se retint très fort de ne pas tiquer à l'énonciation de ce surnom ridicule dont Emil, même lui, n'avait jamais osé l'affubler.
- En effet. Mais je suis un peu… chamboulé, feignit-il en mimant parfaitement le désarroi, voir… découvrir un mort, c'est…
Poo Boy se redressa sur le sofa et se pencha même vers Lukas.
- Grave, mec ! Moi, je veux bien te croire quand tu disais que c'était un meurtre. Ça pue l'embrouille. Y a jamais eu d'emmerdes sur les tournages de nos clips. Je vois pas comment ça aurait pu être autre chose.
Doug claqua sa langue et releva la tête de son portable, légèrement agacé.
- Faut arrêter de se croire dans un policier, ducon. C'est la première fois qu'on est avec cette équipe. Faut croire que les Norvégiens sont pas très doués.
Il jeta une petite œillade à Lukas, à moitié moqueur. Néanmoins, pour le coup, Lukas ne se gêna pas le moins du monde pour le fusiller du regard. On ne touche pas à sa patrie. Puis, il se tourna vers Poo Boy qui semblait bien plus réceptif.
- Cependant, je ne comprends pas pourquoi on en aurait voulu à ce pauvre homme…
- Comment z'avez compris qu'il a été buté d'abord ?
- Je lis beaucoup de roman policier et on parle souvent de marques de strangulation. Ce qu'il semblait avoir. Mon dieu… à son âge.
- Carrément ! On pourrait même en faire notre prochaine chanson, ça déchirerait grave !
- Hors de question, Poo, intervint Finlay sans quitter la feuille des yeux, on laisse les morts là où ils sont.
- T'es trop superstitieux, mec. Bon, et sinon, reprit Poo Boy à l'intention de Lukas, si c'est vraiment un meurtre… ça veut dire qu'il y a un assassin parmi nous ! C'tte trouille !
- N'est-ce pas. Mais je ne connais personne ici. Je ne peux imaginer quelqu'un en train de tuer ce pauvre homme.
Poo Boy se rapprocha encore un peu plus de Lukas au point de lui souffler dans l'oreille.
- Si vous voulez mon avis, ce doit être un type de son équipe. J'allais fumer un joint quand je l'ai vu se disputer avec un gars ce matin alors qu'il montait un cadre.
Doug ricana.
- Dans ce cas-là mon pote, t'as qu'à ajouter Francis à ta liste, tiens !
- Francis ? demanda Lukas feignant l'incompréhension
- Ouais, le chouchou d'Arthy. Personne d'autre touche ses cheveux sans se faire mordre, 'tain. Jamais vu ça…
- Ok, Doug, et pourquoi lui ?
- Mon vieux, si vraiment meurtre il y a eut, et laisse-moi rire parce que franchement, une idée pareil, ça craint un max, sache que Francis s'est payé la discut' avec le machino en buvant un café après déjeuner. Une discussion passionnante apparemment…
Poo Boy sauta sur ses pieds et s'exclama :
- Sérieux ?
Puis, il se laissa retomber sur le sofa, l'air estomaqué, lâchant de temps à autres quelques jurons. Doug leva les yeux au ciel et attrapa une guitare sèche pour jouer quelques notes.
Francis, pensa Lukas, tiens donc…
Affaire à suivre…
