Coucou à tous ! o/

Nous voici parti pour une cinquième affaire ! 5ème quoi ! Sans parler que cet fic à dépasser les 30 chapitres O_O My god… quel monstre ! XD Je suis à la fois surprise et très heureuse de voir que vous êtes toujours aussi nombreux à lire, mais aussi à commenter, à mettre en favoris et en suivi. Ça me fait plaisir à un point !

J'ai également pris en compte ce que les uns et les autres m'avaient répondu par rapport à leur goût en matière de pairing/groupe/famille/etc Je verrais ce que je pourrais faire pour satisfaire les lecteurs et moi-même tout en gardant un semblant de vraisemblance x) (pari risqué, j'imagine bien ! XD) En tout cas, il n'est jamais trop tard pour que vous me confiez vos envies, sachez-le ;)

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 5 : De l'orage dans l'air

Emil commençait à peine à émerger de son sommeil. Il avait dégagé sa couette dans la nuit de quelques coups de pieds bien placés. Il se trouvait actuellement la tête reposant sur l'extrémité de l'oreiller, le reste du corps dégoulinant jusqu'à terre. Il avait eu chaud toute la nuit. Néanmoins, il n'avait pas réussi à rester éveillé au-delà de cinq heures du matin. Il avait bien tenté de se concentrer sur son énième bataille en ligne mais ses paupières s'étaient fermées d'elles-mêmes.

Il fallait dire en même temps qu'il venait juste de revenir la veille de son voyage entre amis. Ses sacs de voyage n'étaient même pas encore totalement défaits. Il avait bien commencé à les dépaqueter mais l'appel de son ordinateur chéri avait été plus fort que tout, et Emil avait tout laissé en plan.

Au fond, il s'en moquait un peu : il était dans sa chambre, son espace privé.

Le problème désormais c'était que, malgré sa fatigue, la lumière du jour était si persistante qu'elle le réveillait immanquablement. Grommelant dans son demi-sommeil, Emil retourna l'oreiller sur sa figure. Il roula sur le matelas et vint se coller contre le mur tapissé de posters.

On toqua soudain à sa porte.

Trop englué dans ses rêves ou juste trop flemmard, Emil ne répondit pas.

On insista cependant et Emil râla sans qu'on puisse comprendre un traitre mot, sa bouche enfoncée dans le matelas. Il entendit le murmure de voix. Pour ce qui était des paroles, c'était mission impossible. Et de toute façon, Emil n'avait pas envie de savoir ce qui se disait. Il n'avait qu'une envie, c'était dormir !

Il perçut sa porte de chambre s'ouvrir et les lattes du vieux plancher grincer sous les pas de l'intrus. On s'approcha de son lit sans une once de retenue. Ce qui agaça d'autant plus Emil.

- Petit frère ? On n'attend que toi pour passer à table.

Emil opta pour la simulation de sommeil profond. Ce qui n'était foncièrement pas très compliqué. Il commençait d'ailleurs à se rendormir lorsqu'on répéta :

- Petit frère, on t'attend pour manger.

L'agacement se muait peu à peu en colère. Etre dérangé de si bon matin alors qu'Emil était on ne peut plus crevé, qu'il avait voyagé et passé la nuit sur son ordi, c'était presque impardonnable.

- Lukas… c'est pas grave. Je te dis, il ne vaut mieux pas le déranger.

- Je ne t'ai rien demandé.

- Et moi non plus ! vociféra Emil en se redressant subitement sur son lit

Son frère aîné écarquilla à peine les yeux. Mathias laissa échapper un long sifflement avant de s'éclipser discrètement.

- Maintenant, laisse-moi dormir !

- Il est treize heures.

- Je m'en fiche : je suis claqué, je dors. Point.

Et Emil se recoucha aussitôt. Il en profita pour attraper sa couette. Même s'il avait encore très chaud. Mais il estimait que ses mots auraient d'autant plus de poids s'il ajoutait cet acte à ses paroles.

Lukas s'installa au bord du lit.

- Viens manger avec moi. Ça fait longtemps.

- Deux semaines… grommela Emil sous sa couette

- Tu ne m'as rien raconté de ton voyage.

Emil ne prit même pas la peine de réagir.

- Où est-ce que tu as été, ce que vous avez fait, ce que vous avez mangé, avec qui tu étais…

- T'es chiant…

- Je veux voir des photos, que tu me racontes.

Emil se retourna brusquement et rabattit la couette sur ses jambes. Il souffla profondément énervé. Ses traits étaient tirés et déjà que le jeune homme était pâle de nature, à ce moment-là, il était livide.

- J'étais en Suède avec des potes et mon copain. Je te l'ai déjà dis, il me semble. Alors maintenant, lâche-moi la grappe, va bouffer et laisse-moi dormir.

Oui. Un Emil au réveil n'est pas des plus agréables. Surtout fatigué en fait.

- Où ça en Suède ?

Emil roula des yeux et soupira.

- Ça te regarde ?

Emil se redressa dans son lit et ramena ses genoux contre son torse. Lukas plongea son regard dans celui de son cadet. Ce dernier soutint son regard pendant quelques secondes avant de souffler.

- Mais laissez-moi débarquer, bon sang.

Il passa une main dans ses cheveux, exaspéré.

- A Årjäng, ok ? En Suède. Nulle part ailleurs. J'ai juste été en Suède.

Le regard de Lukas était d'une impénétrabilité flagrante, au-delà de ce qu'il pouvait afficher d'ordinaire. Il sondait la vérité chez son jeune frère. Non pas qu'il n'avait pas confiance en lui. Mais… il subsistait toujours un doute.

- Juste en Suède, répéta Emil exténué

Lukas se leva.

- Viens. On mange.

- Mais arrête avec ça. Je veux dormir, moi. J'ai pas faim d'abord, maugréa Emil en se recouchant une fois de plus

- A quoi ça rime que moi, ton grand frère, je ne mange pas en même temps que toi, mon petit frère.

- Y a Mathias.

- Je m'en moque de Mathias. Ce n'est pas mon frère.

Sachant pertinemment combien son aîné pouvait se montrer résistant, Emil se rendit le premier. Il se leva en ronchonnant et attrapa son tee-shirt de la veille qui traînait sur le sol. Non pas qu'il n'ait pas la force lui-même de s'opposer à Lukas mais préférant en finir au plus vite, il s'abstint de tout commentaire, guettant d'ors et déjà le moment propice pour retourner se coucher.

Néanmoins, Emil n'était pas au bout de ses surprises. Après le déjeuner et un petit passage aux toilettes, il retourna se coucher dans sa chambre. Du moins, en avait-il l'intention. Car lorsqu'il pénétra dans la pièce, Lukas était en train de trier ses affaires qu'il avait disposées sur son lit. Il avait méticuleusement trié les affaires à laver, celles qui devaient être aussitôt rangées, le matériel informatique... Bref, tout ce qu'il fallait pour qu'Emil voie de nouveau rouge.

- Mais qu'est-ce que tu fous ?! hurla-t-il, laisse, c'est mes affaires !

Il se rua sur son frère aîné et lui arracha presque des mains les vêtements. Lukas les lâcha, n'exprimant aucune émotion particulière.

- Tu t'ennuies à ce point ou quoi ?

- Je t'aide, rectifia Lukas

- Non. Si tu veux m'aider, sors de ma chambre et laisse-moi me pieuter.

- Ce que tu peux être exécrable quand tu es épuisé.

- Oui, ben si je pouvais me reposer, peut-être que ça se passerait autrement, répliqua Emil en marmonnant

C'est alors que le colocataire débarqua à son tour, une panière à linge sous le coude.

- Vas-y, balance tous les vêtements sales là-dedans, déclara-t-il en tendant l'objet à Lukas

Celui-ci l'attrapa tandis qu'un rictus étrange agitait la figure d'Emil. Il se passa les deux mains sur le visage avant d'expirer bruyamment. Puis, il attrapa brusquement son téléphone portable traînant sur son bureau. Les poings serrés, il sortit, ulcéré d'être dépossédé de sa propre chambre.

Lukas le suivit. Bien entendu.

- Où vas-tu ?

- Là où je pourrais me reposer.

Il dévala les marches jusqu'au rez-de-chaussée, talonné de près par son frère.

- Y en a marre à la fin, maugréait-il, je rentre à peine que j'ai même pas le temps de me poser. Et dire que je suis en vacances.

Il fit volte-face. Ce fut si soudain que Lukas s'arrêta brusquement et manqua de lui rentre dedans. Emil pointa un doigt en direction de son aîné.

- Franchement, des fois, tu abuses. Je suis pas ton jouet. Tu te crois tout permis parce que t'es chez toi, mais je fais pas partie du décor, merci bien ! Au lieu de n'en faire qu'à ta tête tout le temps, essaye un peu de comprendre les autres aussi. Des fois, je me demande si tu as vraiment conscience de ce que c'est que d'avoir un frère.

Emil fondit par la suite vers la porte d'entrée. En quelques secondes il fut dehors et partit bientôt en direction du parc, sans même se retourner.

Lukas resta quelques secondes face à la porte d'entrée close. Mathias le rejoint bientôt.

- Euh… ça va ?

Il n'avait pas vraiment l'habitude d'être témoin d'une réelle dispute entre les deux frères. Enfin… si celle-ci en était bien une. Les deux hommes étaient un peu étranges et semblaient avoir une relation qui leur était propre. Cependant, Mathias n'avait jamais senti une réelle colère émaner d'Emil. Plus de l'agacement ou du désabusement qu'autre chose d'habitude. Alors, pour le coup, il se disait que cette fois, c'était peut-être du sérieux.

Lukas ne répondit pas à sa question. Une fois à ses côtés, Mathias osa une autre question :

- Ça lui arrive souvent ?

Il crut bien que Lukas ignorerait cette question également.

- Non. C'est plutôt… rare.

Il ne fallait pas être devin pour comprendre que les remontrances de son cadet avait ébranlé le détective qui en restait interdit. Si d'ordinaire, il s'exprimait peu, Mathias sentit pour la première fois émaner de Lukas une certaine émotion. Il se rapprocha de lui et posa une main sur son épaule.

- Crise d'adolescence.

Lukas ne dit rien, son regard concentré sur le plancher.

- Quoique… remarqua Mathias en se frottant le menton, à 19 ans, c'est un peu tardif. Et Emil m'a l'air d'être assez en avance.

- Hein ?

- Oui : il m'a l'air d'être le genre de personne qui mûrit rapidement.

- Mais… ce n'est qu'un…. Ce n'est qu'un gosse.

Lukas semblait réellement perturbé. Mathias n'en revenait pas : le grand détective privé n'était même pas capable de se rendre compte que son petit frère avait grandi. Pour le coup, il se savait le témoin d'une chose extraordinaire : le désarroi peint sur la figure de Lukas. Il eut un petit sourire en coin. Aussitôt le visage de Lukas se referma. Puis, il se détourna de son colocataire et s'enfuit dans la cuisine.


Affaire à suivre…