Bonjour tout le monde !

Là ! Là, vous avez vu ? Je n'ai pas oublié ! Nous sommes samedi et le chapitre est posté *fière d'elle, clap clap, on applaudit bien fort, merci*

Et petite réponse à Yacchan412 : Ah ! Mais il faut ! Il faut si tu as envie de commencer une fanfic, n'hésite pas /o/ Je soutiens à fond l'effort créatif ! (bon, ok, après tes exams dans ce cas XD)

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Ukraine : Iryna Chernenko

Biélorussie : Natalya Arlovskaya

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 6 : Le lustre

A croire que Lukas était maudit : où qu'il aille, un mystère à résoudre devait forcément faire son apparition.

Aussi quand le lendemain matin, alors que Mathias et lui prenaient leur petit-déjeuner, Emil ayant fait nuit blanche pour les jeux vidéo, et que la radio annonça le vol d'une pierre précieuse ornant un lustre de l'opéra d'Oslo, précisément dans le hall des artistes dans lequel il s'était trouvé, Lukas manqua de s'étouffer avec son café et le recracha presque à la figure de son colocataire.

Il augmenta subitement le volume.

-…en savons pour l'instant pas plus. Outre que tout le personnel et les artistes présents hier soir après la représentation du Lac des Cygnes du Saint-Pétersbourg Ballet sont assignés dans les locaux jusqu'à ce que l'enquête soit résolu, nous a déclaré le représentant des forces de l'ordre.

Le Saint-Pétersbourg Ballet tout entier était soupçonné.

Lukas ne cessait de se répéter cette phrase dans sa tête, complètement abasourdi par la nouvelle. Même pire ! Il prit conscience la seconde d'après que Natalya Arlovskaya et Iryna Chernenko, ses deux idoles, on ne cesserait de le répéter, étaient elles aussi par conséquent soupçonnées de vol.

A cette pensée, Lukas se leva aussitôt. Par réflexe, Mathias l'imita.

- Ah ! Je sais ce que ça veut dire ça ! déclara-t-il guilleret

Lukas le remarqua à peine. Les rouages de son esprit s'étaient mis en route. Il était désormais obsédé par cette affaire qu'il venait à peine d'apprendre. Il devait se rendre sur les lieux. Il devait innocenter par tous les moyens les deux jeunes femmes. Et au plus vite. Il ne supportait pas l'idée qu'on puisse les soupçonner.

- Alors, alors ? Ça veut dire qu'on y va ?

Lukas sortit enfin de ses réflexions. Il remarqua tout à coup qu'il était habillé et prêt à quitter la maison, la main sur la poignée de la porte. Mathias l'interrogeait du regard, un large sourire enthousiaste trônant sur ses lèvres.

- Non, répondit Lukas après un certain de silence, j'y vais seul.

- On a toujours besoin d'un associé. Allez, va, je viens avec toi !

Le regard du détective s'assombrit.

- Ce n'est qu'une histoire de vol, maugréa-t-il

- On sait jamais : peut-être que c'est moi qui vais trouver la clé de l'énigme cette fois.

Les yeux de Lukas roulèrent dans leurs orbites tandis qu'il soufflait. Ce n'était qu'un non-sens à ses yeux. Mais le devoir le rappelait à l'ordre et il ne chercha pas d'autres moyens pour échapper à Mathias. Ce dernier le suivit, sautillant sur place comme un gamin le jour de Noël.

Lorsqu'ils arrivèrent sur place, on leur refusa l'entrée de l'opéra quand bien même Lukas affirmait être détective privé.

- Désolé Monsieur, mais je ne peux laisser entrer personne. Ordre de l'inspecteur. Personne ne doit entrer ni sortir sans autorisation.

- Je demande à voir l'inspecteur dans ce cas.

Lukas laissa son regard dérivé le long de la grande baie vitrée. Il aperçut Natalya Arlovskaya escortée par un agent. Surement jusqu'à une salle d'interrogatoire aménagée pour l'occasion. Ils étaient donc en train de passer au peigne fin les alibis de chacun.

- Vous êtes drôle, vous. Qu'est-ce que vous croyez que l'inspecteur est en train de faire ? Je ne peux pas l'appeler sous prétexte qu'un détective privé vient d'arriver. Nous sommes sur une affaire de vol : je pense que nous pourrons nous passer de vos services.

L'agent se roula une cigarette et l'alluma.

Sans un mot, le détective fit demi-tour. Mathias en fut surpris : son regard sauta de l'opéra à Lukas avant de se décider à rattraper ce dernier.

- Qu'est-ce qu'on fait du coup ? On tente quand même de rentrer ou pas ?

Lukas s'adossa à la rambarde donnant sur le port et observa la haute structure que représentait l'opéra d'Oslo. Il chuchotait tout en tapotant ses doigts les uns contre les autres.

- Hein ? insista Mathias, qu'est-ce qu'on fait ?

Lukas souffla. Il sortit son portable.

- Je n'aime pas faire ça, marmonna-t-il

Il sélectionna un numéro et porta le combiné à son oreille. Mathias le regarda faire, très intrigué. Il se demandait qui le détective pouvait bien appeler, chose qu'il ne l'avait pour ainsi dire jamais vu faire. Il ne s'imaginait pas qu'il puisse avoir de réels amis.

- Allô ? Oui, c'est moi. Tu es en service, non ? Ok. J'ai une petite faveur à te demander.

Mathias haussa un sourcil interrogateur mais Lukas ne lui répondit tout simplement pas. Mine de rien, il commençait à avoir l'habitude.

Quelques minutes plus tard, Mathias observait les quelques poissons qui étaient venus se perdre dans le port, surement en quête de nourriture laissée par les touristes.

- Lukas, soupira-t-il en se tournant vers le détective, sérieux, qu'est-ce qu'on attend ?

- Lui.

Il désigna une silhouette au loin qui s'avançait. Il se révéla que c'était un agent de police d'Oslo, vêtu de son uniforme pareil à celui porté par la personne qui les avait gentiment envoyés balader. Cheveux noirs coupés courts, yeux verts, léger sourire chaleureux, bref, une personne qui mis de suite en confiance Mathias, quelle que fut sa relation avec Lukas.

- Bonjour Lukas, le salua-t-il, j'espère que tu vas bien.

Il tendit une main que le détective empoigna.

- Oui. Comment va Vlad' ?

- Comme un charme. Il rentre dans un mois, un mois et demi.

- Euh… les interrompit Mathias, tu nous présentes ?

- Mathias, Andrey. Andrey, Mathias, déclara placidement Lukas en les désignant l'un et l'autre de la main

Mathias et Andrey échangèrent quelques mots rapidement. Puis, ce dernier déclara :

- Bon, venez. Je vais vous faire entrer par l'entrée Nord-Ouest. Je connais le type : il n'y aura aucun souci.

Ils se mirent donc en route. Pendant le trajet, Andrey entama une discussion avec Lukas. Ou peut-être serait-il plus juste de parler d'un monologue ponctué de quelques réponses évasives d'un détective inquiet de voir ses idoles soupçonnées à tort de vol.

Mathias était légèrement en retrait et les observait, perplexe. Il avait toujours envisagé Lukas comme une âme solitaire qui, en dehors de la présence de son frère, n'avait aucune attache. Mais apparemment, il s'était trompé. Néanmoins, il n'arrivait pas à déterminer la nature de leur relation. Andrey paraissait convivial mais cela semblait être son caractère habituel.

- Pourquoi tu tiens à t'immiscer dans cette affaire ? Ce n'est qu'un vol.

- Je tiens à résoudre moi-même ce mystère.

- Tiens, ce n'est pas courant ça. Tu n'es pas plutôt du genre à relever des défis plus… coriaces ?

- Si.

- Hum… je vois.

Mathias s'arrêta : qu'est-ce qu'il voyait ? Lukas n'était pourtant pas logique. Comment pouvait-on répondre ainsi ? Il secoua finalement la tête et les rattrapa.

Ils arrivèrent face à une porte tout aussi gardée que l'entrée principale. Andrey montra son badge d'agent de police osloïte et ils purent pénétrer dans l'enceinte de l'opéra. Puis, il mit les mains sur les hanches et dit :

- Pas de bêtise, ok ? Je ne tiens pas à me faire enguirlander, moi. Le lustre est dans le hall des artistes, au fond. Il ne doit plus y avoir grand monde : la salle a été passée au peigne fin. Tout le monde est rassemblé dans la salle de spectacle à présent. Les interrogatoires se font dans la salle de réunion, au troisième.

- Qu'est-ce qu'on a comme indice ?

Andrey se gratta le crâne.

- Je ne suis arrivé qu'après l'unité chargée d'inspecter les lieux. Je m'occupe d'accompagner les suspects avec un collègue donc je ne sais pas grand-chose. Je sais juste que c'est une émeraude de près de 600 carats qui a été dérobée. C'était une pierre précieuse offerte par la Couronne lors de l'inauguration de l'Opéra d'Oslo. Le vol se serait déroulé entre 1h20 et 2h du matin alors que les lieux étaient quasiment vides. Aucun signe d'effraction. Ils ne restaient que quelques artistes et un peu de personnel de la troupe et de l'opéra. Des enregistrements de caméra de surveillance ont été récupérées mais je ne sais pas où ça en est.

Il laissa un temps de silence.

- Voilà, c'est tout ce que je peux te dire. Tu m'excuseras, je dois te laisser maintenant.

Il les salua rapidement avant de retourner à son poste. Mathias l'observa s'éloigner tandis que Lukas se dirigeait déjà vers le hall des artistes. Il rattrapa son colocataire et lui glissa :

- En fait, c'est lui ton associé. C'est ça ?

- Ne sois pas plus stupide que d'habitude.

- D'où est-ce que vous vous connaissez ?

- Ça ne te regarde pas.

Mathias avait senti pour la première fois une certaine dureté, un certain refoulement dans la voix de Lukas. Il lui jeta un coup d'œil. Il paraissait concentré. Peut-être un peu trop, cela dit. Serait-il en train d'essayer… d'oublier quelque chose ? se demandait Mathias.

Lukas tourna subitement la tête vers lui.

- Arrête de me dévisager.

Mathias leva les mains en signe d'innocence. Puis, il croisa les bras et avisa la vaste salle dans laquelle ils étaient finalement arrivés.

- Ok. C'est quoi le plan maintenant ?

- Observer. Analyser. Déduire. Comprendre.

Ils faisaient le tour de la pièce, le nez en l'air.

- Hum… difficile de tirer conclusion quand la scène a déjà été ratissée et nettoyée, non ?

Lukas leva la tête et plissa les yeux, détaillant le lustre. Mathias l'imita. C'était une magnifique pièce de joaillerie et de verrerie dont chaque ampoule à la lumière douce, tombante comme des stalactites, était encadrée par un rideau de pierreries blanches, surement synthétiques pour la plupart, alternant parfois avec certaines gemmes vert transparent, renvoyant la lumière de tout côté et la vivifiant. Les branches patinés et recouvertes de feuilles d'or s'élançaient et se rejoignaient vers le centre où se trouvait un réceptacle ouvragé.

Un réceptacle parfaitement vide. Sans nul doute l'emplacement de l'émeraude volée.

Lukas fourra les mains dans les poches de sa veste. Il fit un tour sur lui-même. Deux caméras de surveillance vissée dans deux coins opposées. Les angles de vues portaient clairement plus d'attention aux deux entrées qu'au lustre lui-même.

- Dis, c'est beaucoup 600 carats et quelques ? demanda finalement Mathias le regard toujours rivé sur le lustre, j'y connais strictement rien en pierres précieuses.

- En théorie, oui.

- Mais ce n'est pas aussi simple, pas vrai ?

Lukas hocha la tête tout en longeant les murs.

- Une gemme peut très bien être de moindre valeur en termes de carat, qui représente une masse, mais être quand même dans les plus prisée pour sa pureté, sa durabilité, sa couleur, ses inclusions, son histoire, sa réputation, ses anciens propriétaires, sa taille au sens de coupe comme au sens de dimension…

- Et donc celle-ci, à ton avis, elle était de grande valeur ?

- Non.

Mathias cessa soudain d'observer le lustre sous toutes les coutures et dévisagea le détective. Celui-ci ayant bien senti le regard surpris de Mathias se poser sur lui, fit volte-face et expliqua alors :

- Le famille royale offre une émeraude, pierre précieuse habituellement parmi les plus chères au monde, à l'Opéra d'Oslo, certes structure éminente et représentative des arts classiques en Norvège, mais au point de céder un trésor royal ? Non. A moins que cette gemme soit au contraire de faible valeur. D'autant plus que le style architectural de l'Opéra d'Oslo est contemporain, moderne. Le style de cette salle ? Définitivement inspiré du XVIIIème siècle, un hommage, une touche du passé, l'âge d'or du ballet. Ce n'est qu'une représentation en somme, une imitation. Donc pas de précieux joyau à la valeur incommensurable. Juste de quoi valoriser la salle, rappeler que l'opéra, en tant que structure et en tant qu'art, est soutenu par la famille royale norvégienne. Enfin, les caméras. Orientées vers les accès. Pas vers le lustre. Donc, émeraude de valeur moindre. Sans compter les forces déployées : pas de services spéciaux, juste des agents de police classiques.

Mathias se gratta le crâne.

- Alors pourquoi l'avoir volé ? Juste parce que c'est une émeraude ?

- Pour l'instant la question, c'est comment l'a-t-on volé ?

Lukas laissa son regard rebondir sur les murs. Mathias hocha la tête.

- Ouaip. J'avoue que c'est difficilement envisageable de voler une pierre enchâssée dans son réceptacle à quelques mètres de haut.

Un temps, un silence de réflexion plana dans la pièce tandis que l'un et l'autre tournait sous le lustre, le cou tordu pour l'observer sous toutes les coutures.

- Peut-être qu'en étant plusieurs… ? A moins d'être un acrobate de malade…

Lukas tourna brusquement la tête vers Mathias, surprenant ce dernier qui se demandait ce qu'il avait encore bien pu sortir comme ânerie.

- Un acrobate ?

- Ben, ouais. Regarde : la corniche en plâtre et les ornements en haut des murs, puis aussi les tringles pour les draperies. En soit, si on est un acrobate de génie, ça serait envisageable. Mais je te dis pas le niveau…

Il se rapprocha du détective et lui désigna du doigt les différents éléments qu'il évoquait. Lukas passa au peigne fin le plafond. C'était tout à fait infaisable. Il aurait fallu être léger, souple, habile, tout en étant stable et musclé des jambes.

- Parfaitement infais…

Lukas écarquilla les yeux et déglutit. Réaction qui alarma Mathias. Jamais il n'avait eu l'occasion de voir le détective dans cet état, littéralement perturbé.

- Je peux savoir ce que vous faites ici ? les interpella une voix derrière eux


Affaire à suivre…

(et je n'ai envie de dire qu'une seule chose : mouahahah !)