Bonjour tout le monde !

Pfiou ! Quel mois ! Je ne sais pas pour vous mais la fin du mois de juin est intense. Et ça va continuer en crescendo jusqu'à mi-juillet. Comme je le disais sur Twitter, je travaille sur l'affaire suivante. Cependant, je vous annonce d'ors et déjà que cette affaire sur les slaves sera suivie d'une petite pause car je n'ai pas le temps de me consacrer à l'écriture à proprement parlé du Sherlock Holmes d'Oslo.

Mais n'ayez crainte : je ne m'en lasse pas, même au bout de… *regarde le nombre de chapites* de tant de chapitres. J'ai bien d'autres affaires en tête et surtout des évènements que j'ai hâte d'exploiter. Elle va être très longue cette fic, mais elle arrivera à son terme un jour. Et en beauté ! (du moins autant que je le pourrais ah ah XD)

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 6 : Interrogatoire

Lukas et Mathias sursautèrent puis firent volte-face. A quelques pas d'une des entrées se tenait un grand homme au sourire innocent mais aux yeux plissés, comme prêts à déceler la vérité. Une longue écharpe pendait tandis que ses mains étaient ramenées derrière son dos.

Ivan Braginski.

Aussitôt Lukas se détendit.

- J'enquête, lui répondit finalement le détective

- Et lui ?

- C'est…

Lukas avisa Mathias, le détailla des pieds à la tête sans aucune expression sur le visage. Mathias, lui, attendait avec impatience la réponse de son colocataire, savoir comment il allait le définir.

- … il me suit.

Mathias en tomba des nues. Ce n'était pas ce à quoi il s'attendait. Il leva les yeux au ciel, un léger sourire en coin, puis demanda à qui il avait à faire. Ivan se présenta de lui-même, s'approchant d'eux et leur tendant une main. Peut-être cette main se voulait-elle amicale mais Mathias n'était pas très à l'aise bizarrement. Il y avait comme une légère tension. Il lui serra néanmoins la main et donna son nom.

- Alors comme ça, la police a fait appel à vos services ?

- Non, pas vraiment.

- Vous fraudez ? C'est amusant, ça.

- Non.

- Techniquement, interrompit Mathias, si, c'est de la fraude.

- Non, je ne fraude pas. J'ai des contacts dans la police et j'aimerais m'assurer de la bonne résolution de cette affaire. Je suis le meilleur détective d'Oslo, ne l'oublie pas. Et en aucun cas je n'aimerais qu'une erreur soit commise dans cette enquête.

Lukas s'était légèrement emporté sans crier gare. Il se retrouvait maintenant à pointer un doigt menaçant sous le nez de Mathias, qui louchait à moitié. Le détective se rendit compte de sa perte de sang-froid et refoula rapidement cet agacement qui s'était peint sur son visage.

Ivan les observa tour à tour. Il paraissait plus amusé qu'autre chose. Néanmoins, une fois que son regard se posa finalement sur Lukas, il lui déclara gravement :

- Serait-ce vis-à-vis de votre attachement au Saint-Pétersbourg Ballet ?

De très légères rougeurs apparurent sur les joues du détective. C'était décidément la journée surprise et découverte pour Mathias qui avait l'impression de redécouvrir son colocataire après plus de six mois déjà de vie commune.

Lukas haussa le menton et croisa les bras d'un air sévère.

- Je fais ça pour la vérité. Et pour l'instant, la vérité m'indique que seul un danseur de grande expérience et de grande agilité aurait pu s'emparer de l'émeraude qui ornait le lustre.

Ivan plissa les yeux. Lukas soutint son regard sans sourciller. Mathias jeta un coup d'œil à l'un et l'autre sans savoir quoi penser de cet échange pour le moins étrange entre les deux personnages. Il décida de mettre un terme à cette tension naissante en demandant brusquement :

- Comme vous êtes journalistes, vous vous êtes penché sur l'affaire, je suppose ?

Ivan détourna le regard et hocha la tête.

- C'est exact.

- Pourtant, vous êtes aussi suspect que les autres.

Lukas assena à Mathias un regard presque désabusé. Celui-ci haussa un sourcil interrogateur ne comprenant pas où était le problème. Puis, il reprit à l'intention d'Ivan :

- Et si vous nous en disiez plus sur ce que la police sait.

Ivan sourit.

- Pourquoi ?

- Pour que cette enquête soit résolue le plus rapidement possible, déclara Lukas, et que vous puissiez rentrer chez vous en toute liberté.

- Quelle gentille attention.

- Et vous d'ailleurs, que faites-vous ici ? Tous les suspects ne sont-ils pas censés être rassemblés dans la salle de spectacle ? Quoique je doute que vous aillez un quelconque rapport avec ce qui s'est tramé cette nuit. Vous n'avez pas les prédispositions nécessaires.

Quelques secondes s'écoulèrent avec qu'Ivan ramène enfin ses mains devant et propose finalement :

- Et si nous allions discuter ailleurs ?

Lukas n'avait aucune animosité envers Ivan Braginski et à dire vrai, sa méfiance était moindre, tout juste celle qu'on accorde à un suspect ordinaire dont on sait d'instinct que c'était tout à fait improbable que ce soit lui. Car le détective en était certain : Ivan Braginski n'était certainement pas le coupable. Habile dans ses paroles, innocente apparence, mais sa carrure était telle qu'il ne faisait aucun doute qu'il n'avait pas pu commettre le vol.

Et à son grand regret, il devait admettre que les probabilités que le coupable soit un danseur de la troupe étaient plus que fortes.

Lui et Mathias suivirent le journaliste jusqu'à un petit espace de détente aménagé près des loges des artistes. Là où personne ne se trouvait actuellement. Ivan prit place dans un fauteuil et les invita à faire de même dans le sofa.

- Que désirez-vous savoir ?

Lukas croisa les jambes élégamment et apposa ses doigts les uns contre les autres.

- Dites-nous tout. Ce que vous faisiez entre 1h20 et 2h du matin, ce que vous savez qu'ont fait d'autres durant cette fourchette. Ce que la police a découvert ce matin dans le hall. Ce que vous avez noté en tant que journaliste. Parce que je ne doute pas un seul instant de votre professionnalisme et je suis convaincu que vous avez tout pris en note.

Ivan sourit comme à son habitude, mêlant habilement la malice enfantine à la ruse perverse.

- On ne peut rien vous cacher, Monsieur Bondevik, n'est-ce pas ?

- En effet.

Ivan Braginski extirpa de la poche intérieure de son long manteau un carnet.

- Le dernier rappel sur scène s'est fait à un peu plus de 23h30. Les premiers spectateurs de marque et les privilégiés ont pu accéder au hall des artistes aux alentours de minuit. Je suis resté avec mes deux sœurs une grande partie de la soirée. J'ai regardé l'heure sur mon portable quand il était minuit trente. Au même moment, Iryna et Natalya m'ont dit passer aux toilettes mais seule Iryna est revenue dix minutes plus tard. Elle m'a expliqué que ma petite sœur était partie se reposer dans sa loge, prendre une douche ou autre, parce qu'elle en avait marre de la foule. Comme d'habitude. Natalya n'aime pas trop parler aux gens. Elle s'en lasse vite. Iryna a voulu rentrer à l'hôtel alors je l'ai raccompagné. Il devait être un peu plus d'une heure du matin. Nous étions parmi les derniers à partir.

- Et Natalya ?

- Natalya peut rentrer toute seule. D'autant plus qu'il y avait d'autres danseurs avec elle.

On sentait une certaine gêne chez Ivan que Lukas comprit de suite lorsqu'il se souvint de l'embarras dans lequel se trouvait le frère aîné lorsque sa cadette s'accrochait à lui comme à une bouée de sauvetage. Mathias en revanche demeura perplexe et se frotta le menton, songeur.

- Si je comprends bien, vous-même ne savez pas qui furent les dernières personnes à quitter l'enceinte de l'opéra.

- En effet. La police a récupéré les vidéos des caméras de surveillance dès la fin de la fouille du hall. Je suppose qu'ils doivent avoir bientôt fini de l'analyser. Vous allez essayer d'en savoir plus à propos de ces enregistrements ?

- Oulà, ça me semble difficile, intervint Mathias en se passant une main sur la nuque

Mais Lukas apposa une main ferme.

- J'aurais accès à ces vidéos quoiqu'il arrive.

Mathias dévisagea le détective tout en faisant la grimace, clairement surpris par sa réflexion. Quelle journée pleine de rebondissements, se disait-il.

- Et donc ce matin, qu'avez-vous appris ?

- Je suis arrivé vers 9h. La police était déjà là. Et en ma qualité de journaliste, on a refusé que j'entre. Mais Iryna m'a présenté comme son petit frère. A partir de là, on m'a posé quelques questions sur la veille et on m'a intégré aux suspects. J'ai déclaré vouloir aller aux toilettes et je crois qu'on attend toujours que je revienne, hu hu.

Il porta une main à sa bouche pour étouffer faussement un petit rire malicieux.

- De toute façon, je n'ai rien à me reprocher et je pense que l'attention des enquêteurs est plutôt tournée vers le corps du Saint-Pétersbourg Ballet et le personnel de l'Opéra. Dès qu'on aura visionné les bandes de surveillance, on saura que ce n'est pas moi.

- Savez-vous où sont ces enregistrements ?

- Oh… à tous les coups, ils doivent les regarder en régie. C'est le plus pratique j'imagine.

- Des suspects hypothétiques, un mobile, selon vous ? Je suppose également que vous avez votre propre idée sur la question.

- Je n'aimerais pas être médisant. Et je ne connaissais en rien cette pierre ornant le lustre. De fait, je pense que je ne peux rien vous apporter de plus.

- Bien.

Lukas se leva aussitôt suivit de Mathias. Il remercia rapidement Ivan Braginski avant de se diriger vers la sortie. Le journaliste l'interpella.

- Excusez-moi mais je doute encore de votre motivation, Monsieur Bondevik. Vous vous intéressez à cette bête histoire de vol avec tant d'engouement. Faites-vous ça en tant qu'admirateur ou en tant que détective ? Hum… je me demande.

Mathias se permit d'intervenir.

- Lukas fait son boulot. Et il le fait bien.

Intérieurement, le détective fut relativement surpris par la déclaration de son colocataire. Il le dévisagea un instant sans en avoir l'air. Son regard revint par la suite sur Ivan. Celui-ci s'était levé et avait de nouveau croisé les mains dans le dos. Il souriait, le regard fixe, et Lukas contint une moue nauséeuse : on aurait dit le chat de Cheshire. Et Lukas détestait le chat de Cheshire. Il plissa les yeux. Ivan savait tout ce qu'il était possible de savoir sur lui. Le journaliste avait fait des recherches sur lui. Il en était convaincu. Et cela ne lui plaisait guère.

Mathias attrapa le détective par les épaules. Aussitôt, Lukas se détacha vivement de son emprise. Il partit au-devant. Direction : la régie.

Ivan les observa s'éloigner. Sans un mot. Il demeura ainsi longtemps avant de se décider à rejoindre la salle de spectacle. La pause pipi était finie.


Affaire à suivre…