Yo! o/ Aujourd'hui petit ShizNat axé humour, j'avais envie d'essayer ce genre là pour ce ship et j'avoue m'être bien amusée à l'écrire. Je voulais aussi traiter le personnage de Nao que j'aime beaucoup et c'était donc l'occasion!
J'espère que vous rigolerez bien autant que j'ai pu le faire en écrivant,
Bonne lecture!
Je n'ai pas la moindre envie d'être là où je me trouve actuellement. Seigneur, mais pourquoi diable me suis-je laissée embarquer dans cette histoire ? Je savais dès le départ que je n'en avais aucune envie pourtant mais j'ai tout de même cédé. L'insistance de Mai y est sûrement pour quelque chose, ainsi que sans doute mon incapacité à lui refuser quoi que ce soit. Bon, la perspective qu'après son mariage nous ne pourrons certainement plus nous retrouver avec les autres aussi souvent joue aussi beaucoup. Non pas qu'elle soit le genre de fille à délaisser ses amis pour son mari car depuis le temps qu'elle sort avec Yuichi, cela serait déjà chose faite. Le jeune homme sait de toute façon parfaitement que la petite Tokiha a besoin de sa liberté à certains moments.
Non, mais lorsqu'ils seront mariés et installés, les choses étant ce qu'elles sont les enfants ne tarderont sûrement pas à arriver ainsi que le temps à s'envoler. C'est peut-être cliché ce que je dis mais ça n'en demeure pas moins vrai pour autant. Déjà que Mai est pas mal occupée avec son restaurant à tenir et Yuichi avec les cours de kendo qu'il dispense. Bref, je ne sais pas pourquoi je suis en train de me justifier à moi-même en fait. Enfin voilà qui explique que je me retrouve ici, avec une demi-douzaine de filles presque ivres mortes et des stripteasers sous le nez qui agitent… eh bien ce qu'ils ont à agiter n'est-ce pas. Je parlais de cliché tout à l'heure, cette soirée d'enterrement de vie de jeune fille ne pourrait pas plus l'être. Enfin ça pourrait être pire je suppose. Au moins, aucun des ces messieurs n'a déballé la marchandise… Quelle vision cauchemardesque ne m'épargnent-ils pas là.
—Hey ! Heyyyyyy ! Natsuki, tu veux pas trinquer avec moi dis ? me dit Midori alors que les mots se bousculent dans sa bouche tant elle est déjà imbibée.
—C'est moi qui conduis donc il vaudrait mieux éviter je pense.
—Kesketudi ? J'entends rien, la musique est trop forte !
Je secoue la tête mais je ne devrais même pas être étonnée. Et encore, Midori n'est pas la pire alors que je vois du coin de l'œil Mikoto harceler les serveuses pour avoir plus de nourriture. Apparemment le buffet entier n'aura pas suffit à la rassasier. Aoi et Chie ne cessent quant à elles pour l'une de tourner autour des gogodancers pour s'amuser avec eux tandis que la journaliste photographie absolument tout ce qu'il lui tombe sous les yeux. En particulier Mai qui pour le moment s'époumone et se déhanche au micro du karaoké, perdue dans son monde. Dire qu'elle aime cette activité serait le plus gros euphémisme de l'année, voir même du siècle. Je pince l'arrête de mon nez entre mes doigts en sentant poindre un mal de tête suite à cette ambiance bruyante et agitée. Il faut que je sorte cinq minutes pour m'aérer ou je ne tiendrais pas la soirée. Il n'est que vingt-deux heures trente…
Je pousse la porte de l'établissement dans lequel nous avons réservé cette soirée spéciale karaoké/enterrement de vie de jeune fille et en y pensant je m'étonne que les stripteasers soient acceptés ici. Enfin, c'est Midori qui a dégoté cet endroit alors encore une fois, je ne suis guère étonnée. Les plans douteux sont son rayon. L'air frais de l'extérieur me fait du bien à peine ai-je posé le pied sur le trottoir. L'idée de simplement rentrer chez moi m'effleure avant qu'un élan de culpabilité ne la repousse en songeant qu'aucune des autres ne sera en état de conduire hormis moi. Je suis interrompue dans mes réflexions par une voix m'interpellant. Voix qui m'est familière d'ailleurs.
—Tiens tiens, mais qui avons-nous là ? Kuga ?
—Oh, Nao. Que fais-tu ici ?
—Pas le tapin comme toi déjà, se moque-t-elle.
—Ne dis pas de bêtises, je n'ai pas…
—Besoin de les faire payer ?
—Et toi alors ? Tu n'es pas à la chapelle en train de prier ?
—Ça c'est ce que je fais la journée oui, je peux bien souffler le soir.
—Souffler…
—Je rêve ou tu me fais un sous-entendu là ?
—Tu rêves ouais, aucune chance.
—Mais d'ailleurs Kuga, depuis toute cette histoire du Festival, tu deviens quoi toi ?
—J'ai ouvert un garage moto.
—T'es sérieuse ?
—Autant que toi à devenir bonne sœur.
—Okay, j'avoue que tu marques un point.
—Il va pleuvoir.
—C'est la saison sèche, qu'est-ce que tu racontes ?
—Tu reconnais que j'ai raison, il va pleuvoir donc.
—Ton humour ne s'est pas arrangé avec le temps on dirait mais je suppose qu'il n'y a pas de miracles à chaque coin de rue malgré ce qu'en dit Yukariko.
Elle soupire, passe une main dans ses cheveux pourpres qui m'ont l'air plus longs qu'avant puis glisse une main dans sa poche pour en sortir un paquet de cigarettes. J'observe un bref instant le point rougeoyant s'allumer dans la nuit avant de m'étonner.
—Les bonnes sœurs fument ?
—Je ne suis pas en service.
—T'es pas flic non plus je te signale.
—Cela dépend de ta vision d'une bonne sœur. Flic divine c'est plutôt pas mal, dans tous les sens du terme…
—Tu vois, les sous-entendus c'est toujours toi qui les fais visiblement.
—En même temps t'es toujours aussi coincée aussi apparemment. Toujours célibataire d'ailleurs ?
—Je n'ai pas à répondre à cette question plus qu'indiscrète.
—Imagine-toi au confessionnal si ça te mets plus dans l'ambiance. Mais une non-réponse équivaut à une réponse qui ici se trouve être non on dirait bien.
—Je suis toujours célibataire oui, et alors ?
—Je comprends.
—Tu comprends ?
—Tu l'as toujours dans la peau hein, avoue. En même temps à te tourner autour comme ça, c'était sûr que t'allais craquer à un moment. Mais du coup, pourquoi tu n'as pas dit oui à ses sollicitations depuis le temps ?
—Je… je ne vois pas quoi tu parles. Ce n'est pas comme ça entre elle et moi, pas du tout.
—Elle ? dit-elle d'un ton narquois qui m'alarme immédiatement.
Je relève brusquement la tête vers Nao lorsqu'elle-même relève le pronom que je viens d'employer. Un sourire flotte sur ses lèvres, me laissant incertaine quant à la manière de l'interpréter tant il se veut équivoque. J'ai la cruelle impression de m'être faite piéger toute seule et de manière si grossière qu'il est presque honteux que je n'aie rien vu venir. Merde, je suis tombée dans le panneau, quelle idiote…
—Comme au confessionnal, tu vois ! Ça vient tout seul. Je parlais de Takeda pour info hein, mais à moins qu'il n'ait changé de sexe depuis le lycée, je doute que ce soit de lui que toi tu parlais.
—Tu fais chier Nao… Et bien sûr que non, je ne parlais certainement pas de cet abruti de Takeda.
—Si méchante avec ce pauvre petit qui a trouvé le moyen de s'amouracher de toi alors que clairement, il n'y a qu'une seule personne qui t'obsède…
—Encore une fois, je ne vois pas de quoi tu parles.
J'ai parfaitement conscience d'être en plein déni, probablement depuis des années maintenant, mais il est difficile de lutter contre le naturel et le mien m'a conduite à la repousser bien plus de fois qu'une personne puisse le supporter. Comment pourrais-je juste me pointer pour lui dire qu'en fin de compte j'ai enfin ouvert les yeux ? Nous ne sommes pas dans un film romantique et de toute façon l'une des deux filles meurt presque systématiquement à la fin. Enfin, nous somme techniquement déjà mortes une fois d'ailleurs, mais je m'égare, cela n'a rien à voir.
—Arrête ton char Natsuki, ça prend pas avec moi.
—Je ne vois même pas pourquoi je te parle de ça en fait. Je n'ai pas revu Shizuru depuis…un bail maintenant.
—Eh bien, t'as dû sacrément merder pour qu'elle ne veuille plus te revoir.
—Dans les grandes largeurs ouais… Et depuis quand ça dit des gros mots une bonne sœur ?
—Tu veux que je te resserve la même réponse que tout à l'heure ? Oh tiens, ça me fait penser que j'irais bien boire un café.
—Un café ? En plein milieu de la nuit ?
—T'es sûre que c'est pas toi la bonne sœur ? Célibataire, coincée, probablement toujours vierge et qui en plus se couche comme les poules pour penser que le milieu de la nuit c'est à vingt-trois heures.
Je crois bien avoir suffisamment rougit des oreilles jusqu'à la racine de mes cheveux pour rivaliser avec la teinte écarlate de ceux de mon interlocutrice. Sa mention de mon éventuelle virginité en est la cause directe ainsi que la réflexion que les sœurs ne parlent définitivement pas de la sorte. En tout cas pas pendant leur service, c'est certain.
—Allez viens, je connais un salon de thé sympathique pas loin.
—Je dois raccompagner les filles après, je ne peux pas.
—T'inquiète ! Visiblement si t'es sortie prendre l'air c'est qu'elles vont pas aller bien loin. Vous fêtez quoi déjà ?
—L'enterrement de vie de jeune fille de Mai.
—Elle est bien bonne, alors que toi t'es toujours…
—Et il se trouve où exactement ce salon de thé alors ?! dis-je brusquement.
Je la coupe car il est hors de question que l'on évoque de nouveau ma vie sexuelle ni son absence en l'occurrence. Étirant un sourire malicieux qui lui donne davantage l'allure d'une tentation que d'une bénédiction, malédiction de toute bonne sœur je suppose, elle m'attrape par le poignet avant de m'entraîner à sa suite. Quand je pense qu'à l'époque on ne s'entendait pas du tout. Enfin, c'était avant toute cette histoire de HIME, de Festival et avant surtout que je ne découvre qu'elle et moi n'étions pas si différentes que ça finalement. Nous faisons quelques mètres et passons par quelques rues avant d'arriver au fameux salon dont elle parlait plus tôt. Il semble que ce soit un salon de thé traditionnel au vu de la décoration très Japon ancien. Voilà un lieu qui aurait immanquablement plu à Shizuru si elle était avec nous.
—Mais attends, tu n'as pas dit que tu voulais un café ? Ils en servent ici ? j'interroge.
—J'ai changé d'avis, un thé sera parfait. Je suis sûre que la présidente a bien dû t'initier à l'art du thé n'est-ce pas ?
Ce n'est pas peu dire en effet. Shizuru étant issue d'une très vieille famille de Kyoto, l'art du thé n'a aucun secret pour elle. Elle en raffole même de cette boisson que j'ai pendant longtemps peu appréciée. Enfin, ce breuvage a pourtant su me plaire à force, un peu comme elle d'ailleurs…
—T'es dans la lune là ou tu rêves de la belle Fujino ?
—Allons-nous asseoir d'accord ?
—Tu es un livre ouvert Kuga, c'est incroyable qu'elle n'ait jamais compris qu'en fait tu l'aimes. Enfin, j'imagine que se mentir à soi-même permet peut-être de mieux mentir aux autres par moment. Oups… Je n'aurais pas dû ?
—Ne fais comme si tu regrettais tes paroles, je sais pertinemment qu'il n'en est rien.
—Tu n'as pas tort, je pensais tout ce que je viens de dire.
—Et je te signale aussi que tu n'étais pas mieux à jouer les dures.
—Ouais, ouais… Enfin c'est pas de moi qu'on parle là. Pourquoi tu ne dis pas à Fujino ce que tu ressens pour elle ?
Nous venons à peine de nous asseoir à une table que Nao entame directement son interrogatoire. Peut-être aurait-elle dû devenir flic finalement. Rien ne m'oblige à lui répondre mais c'est plus fort que moi et je finis par m'adonner à ce confessionnal nocturne incongru et auquel j'étais loin de m'attendre. Peut-être que cela me fait du bien de me confier ainsi, je ne sais pas trop. Mais il est clair que ces non-dits et ces sentiments refoulés depuis si longtemps ne sont pas agréables à ressentir, au moindre moment de relâche de ma vigilance à ne pas vouloir y penser.
—Tu sais, le Festival et cette histoire avec les HIME n'ont vraiment commencé pour vous que lors de votre arrivée à Fuuka. Pour moi c'est différent, j'étais au courant depuis bien plus longtemps. Après la perte de ma mère, j'ai grandi dans l'attente du Festival pour exercer ma vengeance personnelle, je ne vivais plus que pour ça.
—Oh merde, tu vas me sortir ton laïus larmoyant tout entier là ? J'espère que leur thé me tiendra réveillée toute la nuit pour le supporter.
—C'est toi qui a demandé je te rappelle ! Je peux tout aussi bien te planter là et repartir.
—Ça va, je plaisante Kuga. Oh bon sang, toi et le second degré aussi c'est pas ça hein… Attends, je fais signe au serveur de ne pas nous déranger tout de suite. Dès fois que je m'endorme dans ma tasse et m'ébouillante avec ce thé finalement… Second degré !
Elle fait en effet un signe à quelqu'un derrière nous mais je suis encore un peu vexée de ses précédentes paroles pour me retourner et regarder à qui exactement. Je ne sais même pas pourquoi j'ai accepté de la suivre et pourquoi je lui raconte tout ça alors que c'est probablement le cadet de ses soucis. Pourtant quand elle m'y invite d'un signe de tête, je poursuis mon histoire.
—Tu sais ce que c'est que d'être déçue par les humains, je ne faisais plus confiance à personne. A quoi bon si c'était pour qu'ils m'abandonnent comme mon père ou ma mère à sa façon. La seule personne dont je devais me soucier c'était moi et c'est tout.
—Ouais et là, la présidente est venue briser tes petits rêves de solitude éternelle pas vrai ?
—C'est à peu près ça oui. Shizuru… Je ne sais même pas comment elle s'y est prise pour passer outre mon armure si épaisse que j'étais persuadée ne plus jamais pouvoir m'ouvrir à quelqu'un.
—Approche furtive, c'était donc ça sa technique pour te séduire toi la Reine des Glaces. Un peu comme son infiltration dans les HIME sans qu'on ne discerne qu'elle aussi en était une en fin compte. Ses talent de dissimulation me surprendront toujours.
—Elle n'est pas comme ça !
—Arrête, tu sais bien que si, en tout cas sur certains points. Après, c'est loin tout ça et je t'avoue que je m'en fiche un peu maintenant. On avait toutes nos raisons de nous battre et nos propres techniques pour ça, point barre. Il n'y a pas de pierre à jeter à qui que ce soit.
—Je croyais que tu n'étais pas en service ?
—Ah ouais, le mode bonne sœur resurgit parfois tout seul on dirait bien. Yukariko serait si fière de moi !
—A n'en pas douter, je ris. Enfin bref, elle est devenue une amie sans que je ne m'en rende vraiment compte bien que je l'aie gardé un peu à distance. Mais quand bien même, elle demeurait la plus proche personne de mon entourage à cette époque.
—Et t'as une idée du moment où le « amie » est devenu plus que ça ?
—Je… Je n'en sais rien. Lorsque j'ai appris la nature de ses sentiments pour moi, je n'étais pas prête. Même alors que Duran est revenu en étant aussi grand, que pourtant ça paraissait évident, je n'ai pas compris. Je sais que c'est stupide, mais je n'étais simplement pas prête…
—Et maintenant ?
—Eh bien… Je suis prête, j'ai compris, mais c'est trop tard. J'ignore où Shizuru se trouve actuellement. Je l'ai rejetée tant de fois que je comprends tout à fait qu'elle n'ait pas souhaité garder contact…
—Si ça se trouve, elle est bien plus proche que tu ne le crois, dit Nao d'un ton énigmatique.
—Ça y est, après les phrases de bonne sœur, ce sont celles de cookies de la fortune qui te viennent maintenant ? dis-je d'un air désabusé.
—Le cynisme ne te va pas Kuga, laisse ça aux professionnelles tu veux ? Allez, moi j'y vais, j'ai à faire.
—En plein milieu de… Enfin, à cette heure ?
—Ouais, c'est que ton ramassis de copines plus ivres que des piliers de bar ne vont pas se ramener au pieu toutes seules pas vrai ? Mais je te préviens, tu me dois un service. Le taxi et la consulte au confessionnal ne sont pas gratuits.
—Attends, mais de quoi tu me parles là ?
—Bon, je te fais grâce du confessionnal ou Yukariko va me taper sur les doigts, mais pas du taxi ! Une bonne sœur ça gagne pas des cents et des milles de yens, surtout vu la tournée qui m'attend. A plus !
Je n'ai pas le temps de chercher à la retenir qu'elle s'éclipse plus vite que le soleil derrière la lune. Cette conversation était surréaliste de toute façon, j'ai certainement tout inventé. Au point où j'en suis, je ne serais pas si étonné si c'était bien le cas. J'allais me lever, je vérifiais avoir bien mon sac avec moi lorsque l'on dépose devant moi une tasse fumante d'où émane un parfum familier. L'arôme de Bergamote me chatouille les narines tout en faisant remonter de vieux souvenirs de longues heures passées avec Shizuru à sélectionner parmi les nombreuses variétés le thé qui saurait me plaire.
—Je n'ai rien commandé, vous devez sûrement vous tromper de table, dis-je à moitié plongée dans ces réminiscences sans lever les yeux sur la personne qui vient de me servir.
—Je crois au contraire que je ne fais pas erreur.
Mon cœur vient soudainement de cesser de battre. Enfin, c'est impossible ou sinon je ferais un arrêt cardiaque, mais j'ai au moins dû rater un ou deux battement, j'en suis persuadée. Cette voix, légèrement taquine et aux accents de Kyoto perçants sur certains mots, je la reconnaîtrais entre mille. De même pour ces iris carmins très particuliers qui m'observent avec calme lorsqu'enfin je relève les yeux pour les poser sur ma serveuse. Habillée d'un kimono traditionnel à la teinte mauve et où s'épanouissent des fleurs de lotus blanches, ses longs cheveux châtains d'ordinaire lâchés sont cette fois remontés en un chignon qui tient avec deux baguettes ornementées. Seules quelques mèches sont laissées libres de chaque côté de sa tête et encadrent celle-ci. Je la caresse de mes yeux, peinant à réaliser qu'elle se trouve bel et bien devant moi et surtout craignant qu'elle ne s'évapore soudain.
—Shizuru… je laisse échapper dans un murmure toujours aussi incrédule.
—Bonsoir Natsuki.
Soit Nao est véritablement investie du pouvoir prophétique des cookies de la fortune, soit elle a sciemment tout orchestré. Mais alors cela signifierait qu'elle a organisé cela très minutieusement depuis notre rencontre soit disant inopinée dans la rue et jusqu'à cet instant. Non, je n'y crois pas. Elle a plutôt dû improviser sur le moment. Ou bien c'est juste un coup de bol. Oh bon sang, tout ça m'embrouille et les prunelles vermeilles me scrutant ne m'aident pas à ne pas perdre pied au milieu de cette histoire impossible. Je parviens tout de même à un moment à reprendre contenance. Passant une main dans mes longueurs bleutées, je me racle nerveusement la gorge avant de lui poser une question.
—Je suppose que tu as tout entendu ?
—J'ai compris l'essentiel oui. Je suis navrée de ce qu'à fait Nao sans te le dire, mais elle ne m'a pas laissé l'opportunité de refuser lorsque vous êtes arrivées soudainement.
—Pourquoi ça ne m'étonne pas qu'elle soit derrière tout ça…
—Je suis désolée Natsuki.
—Ne t'excuse pas, après tout j'imagine que sans elle nous ne nous serions peut-être pas croisées ainsi.
—Je pensais que tu avais besoin de temps et d'espace alors je n'ai pas chercher à te recontacter. Je m'étais résignée tu sais.
—Shizuru… C'est moi qui suis désolée de la façon dont je t'ai traité, si souvent alors que j'étais seulement…
—Pas encore prête ? finit-elle ma phrase avec un petit sourire.
—J'aurais dit en plein déni, mais c'est l'idée oui.
Nao aurait dit coincée sans doute. Je n'en reviens toujours pas d'ailleurs qu'elle ait tout manigancé de la sorte. Si nous somme restées en contact j'avoue que je n'ai jamais cherché à plus nouer de liens avec elle et peut-être finalement était-ce un tort. Je la vois d'ici me sortir qu'il va pleuvoir quand je lui dirais tout ça demain éventuellement. Juste pour le plaisir de me dire que cette blague sonne bien plus drôle dans sa bouche que dans la mienne. Et malheureusement, ça aussi c'est sûrement vrai.
—Tu as un peu de temps pour que nous puissions discuter ? je demande à Shizuru.
—Je viens de finir mon service, nous pourrions faire cela autour d'une tasse de thé, me répond-elle.
—Comme au bon vieux temps. Ou presque.
—Ou presque oui, ne peut-elle s'empêcher de sourire de nouveau devant ma précision tout en prenant place face à moi.
Il semble que ces confessions nocturnes soient amenées à se poursuivre…
