Bonjour tout le monde ! /o/
C'est que ça fait un baille mine de rien ! Je suis très heureuse de pouvoir vous annoncer le retour du Sherlock Holmes d'Oslo pour de nouvelles affaires palpitantes ! Et j'espère que vous m'accorderez une fois de plus votre lecture attentive :)
Par ailleurs, vous avez peut-être remarqué l'image qui représente la fanfiction. Un superbe fanart de Norvège, qui m'a toujours évoqué un détective justement. Mais quand bien même cette image correspond à l'ambiance de la fanfic, elle n'est pas à moi (le jour où je dessine comme ça, prévenez-moi XD) et malheureusement je ne sais pas à qui elle est. Quand une image traîne dans vos dossiers persos depuis la nuit des temps, difficile de savoir x) Et j'aimerais corriger cela !
Pour ce faire, je propose à quiconque aurait envie de dessiner de me proposer sa ou ses création(s) pour l'illustration de couverture ! Bien évidemment, dans le thème de la fanfic x) Vous pouvez m'adresser un message par MP, Twitter ou DeviantArt (vous trouverez tous les liens sur mon profil) ;)
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 7 : Doutes à fleur de peau
Mathias pénétra dans le salon. Personne ne s'y trouvait.
Lukas avait reçu quelques jours auparavant une offre pour participer à un concert qui s'étalerait sur plusieurs soirs dans un petit théâtre du centre-ville, d'ici deux semaines. Depuis, il avait donc rangé sa casquette d'investigateur au profit de sa passion pour le violon. Il désertait la maison de temps en temps dès le début d'après-midi pour des entraînements intensifs en compagnie des autres musiciens.
Mathias s'était d'ailleurs toujours demandé comment un être aussi distant pouvait arriver à travailler en groupe…
De plus, Emil avait finalement repris les cours à l'université. La deuxième année présentait un emploi du temps certes léger mais plus condensé. De fait, s'il gagnait en liberté sur le début de la semaine, dès le mercredi, il enchaînait avec trois jours et demi extrêmement pleins.
Cet après-midi, Mathias en avait fini avec le repassage. Les tâches ménagères ne le rebutaient pas, mais elles commençaient sérieusement à le fatiguer. En même temps, tout dans sa vie depuis février dernier, depuis qu'il était arrivé à Oslo, tout n'était désormais qu'une routine bien cirée, coincée entre l'aspirateur, la vaisselle et la lessive. Il passait le reste de son temps devant la télé, à s'entraîner aux échecs, voire même aux jeux vidéo quand Emil le lui permettait, et très rarement à la lecture. En désespoir de cause ou le soir pour s'endormir. Le genre de soir où ses pensées divaguant dans ses souvenirs l'empêchaient de trouver le sommeil. Ses seules sorties ne se résumaient finalement qu'aux courses, quelques virées au bar et aux enquêtes auxquelles il participait.
D'ailleurs, contrairement à ce qu'on pourrait croire, les affaires que résolvaient Lukas et auquel Mathias participait n'étaient pas si nombreuses. Le détective partait souvent seul, parfois même volontairement à l'insu de son colocataire. Une barrière demeurait entre eux.
Mathias avait parfois l'impression qu'il était le bienvenu, qu'il était traité comme un membre à part entière de la famille, comme un proche, un confident même. Et à d'autres moments, il se sentait comme un parfait inconnu. Même Emil donnait alors plus la sensation de reconnaître son existence ! C'était dire le dédain dont pouvait parfois faire preuve le détective…
Mathias ne comprenait pas la logique de Lukas. Il ne comprenait tout simplement pas comment fonctionnait cette personne qui tantôt vous accordait sa confiance, tantôt se repliait sur elle-même avec une telle force que sa carapace était inébranlable. Mathias était toujours enjoué et gardait le sourire, même si ce n'était pas facile tous les jours. Souvent, le soir, seul dans sa chambre, il s'interrogeait, assis à son bureau, faiblement éclairé par la lampe.
Il s'était bien souvent demandé pourquoi Lukas l'avait accepté en tant que colocataire malgré les conditions atypiques qu'il représentait. Depuis le premier jour, depuis qu'Emil avait clairement déclaré que son frère était bien étrange d'avoir demandé un colocataire après un certain temps sans vouloir personne. Pourquoi lui ? Mathias avait totalement confiance en la personne qui lui avait proposé ce foyer en attendant que les choses se calment. Cependant, parfois… il devait bien admettre qu'il avait quelques petits doutes quant aux motivations du détective privé. Il ne saurait dire ce que cet homme avait derrière la tête, pourquoi il réagissait de façon si abrupte, se cachant derrière son masque inexpressif.
De fait, ces derniers jours, seul avec ses balais l'après-midi, Mathias se retrouvait avec ses interrogations qui résonnaient dans le silence des pièces de la maison.
Surtout depuis le mois dernier, en fait.
Depuis cette affaire étrange par sa banalité incongrue. Mathias sentait un malaise en lui à chaque fois qu'il y repensait. Il avait beau se dire qu'il se montait la tête tout seul, il faisait confiance à son instinct. Autant que Lukas faisait confiance à la logique.
Du coup, profitant de sa solitude dans la grande demeure citadine, Mathias empruntait l'ordinateur portable de Lukas. Celui-ci n'en savait rien, bien évidemment. Qui sait ce qu'il en aurait pensé ! Mathias ne traînait pas sur Internet, ce n'était pas dans ses habitudes. Au contraire, les recherches qu'il effectuait étaient précises. Peu fructueuses au début, certes, mais il finit par trouver des pistes.
Et aujourd'hui, il arrivait enfin peut-être au bout. Enfin… « au bout. » Il avait réussi à constituer une hypothèse qui se tienne au moins jusqu'au bout.
- Je suis pas fou, répétait-il sans cesse, je suis pas fou. Je me disais bien qu'il y avait quelque chose.
Alors que l'après-midi avait défilé sans que Mathias ne s'en rende compte, la porte d'entrée claqua. Mais trop plongé dans ses découvertes, qui étaient exceptionnelles aujourd'hui comparées aux fois précédentes, il s'en aperçut à peine. Voire même pas du tout.
On gravit les marches qui craquèrent, fidèles à leurs habitudes de doyennes de la maisonnée. Les pas s'arrêtèrent brusquement à l'entrée du salon. Un silence accusateur seulement ponctué des manipulations de Mathias sur l'ordinateur le jaugeait. On se racla la gorge. Là, Mathias releva brusquement la tête.
Lukas haussa un sourcil face à la béatitude presque idiote de Mathias. Son regard passa de ce dernier à l'ordinateur, à moitié interrogateur, à moitié accusateur. Mathias se leva et sourit, un peu gêné.
- Euh… bon entraînement ?
- Qu'est-ce que tu fais sur mon ordinateur ?
- Oh ! Rien, rien. Juste quelques recherches sur la toile. Quelques trucs que je voulais vérifier.
Lukas ne dit rien, et plongea simplement son regard dans celui de son interlocuteur. Apparemment, ce qu'il y vit le satisfaisait car il passa devant son fauteuil et alla déposer son étui à violon sur son support. Puis, il récupéra son ordinateur toujours sans un mot et se rendit dans sa chambre.
Mathias passa une main dans ses cheveux. Non pas ce que ce qu'il faisait était secret mais il est vrai qu'il n'avait pas vraiment demandé l'autorisation. Et à partir de là, il s'en voulait un peu d'avoir été pris la main dans le sac.
En quelques pas, il rejoignit le pas de la porte de chambre du détective.
- Mais tu sais… je pense qu'il faudrait qu'on ait une petite conversation toi et moi.
Lukas abaissa l'écran qui se ferma dans un petit claquement sonore. Inconsciemment, Mathias prenait ça pour une marque de mauvais augure. Il décida alors d'utiliser la manière douce.
- Tu veux un café ?
Lukas se tourna vers lui.
- Volontiers.
Quelques minutes plus tard à peine, ils se retrouvèrent donc dans la cuisine. Lukas montra de réels signes d'épuisements. Il s'affala sur un tabouret et passa longuement ses mains sur le visage, le frottant vigoureusement. Mathias se fit la réflexion qu'en effet Lukas avait bien besoin d'un café cet après-midi. Il ajouta une petite dose afin de le rendre plus corsé, chose qui, espérait-il, plairait à son colocataire.
Il déposa finalement une tasse largement remplie et fumante d'un breuvage noir. Lukas remercia vaguement Mathias tandis que ce dernier prenait place en face de lui. Il avala une grande gorgée, brûlante de surcroit vu sa grimace.
Lorsqu'il reposa la tasse, il demanda :
- De quoi tu veux me parler ?
Mathias inspira profondément.
- Tu te souviens de cette affaire d'émeraude volée ?
Lukas releva les yeux de sa tasse.
- Tu sais, celle à l'Opéra d'Oslo.
- Oui, merci, je ne suis pas stupide. Mais quoi ? Qu'est-ce que tu veux savoir ?
Mathias fit la grimace. Parce qu'il ne voulait rien savoir justement, mais considérait qu'il savait peut-être quelque chose que le grand détective ne connaissait pas.
- J'aurais plutôt aimé t'informer de quelque chose…
Lukas haussa un sourcil avec une telle expression dédaigneuse, comme s'il ne pouvait concevoir que lui, le meilleur détective privé d'Oslo, puisse recevoir des informations de la part de son colocataire. Qui plus est pour une affaire déjà close.
- Fais pas cette tête, s'il te plaît, reprit Mathias gêné, en fait… je trouvais le frère et la sœur un peu bizarre.
- Laquelle ?
- La danseuse, là.
- Natalya Arlovskaya, articula soigneusement Lukas comme outré de la façon dont Mathias parlait d'elle
- Oui, Natalya et son frère. Ils étaient bizarres, tu trouves pas. Toujours à se regarder, à avoir un petit sourire en coin.
Lukas haussa les épaules.
- Chacun sa façon de communiquer.
Puis, après un instant de silence où le détective savoura son café, il ajouta :
- Je vois parfaitement où tu veux en venir mais sache que tu n'y connais rien. Qui est le détective ici ? Natalya n'a rien à voir dans cette histoire et Ivan Braginski a été innocenté dès le début.
Mathias soupira. Pour la première fois depuis qu'il connaissait Lukas, il n'arrivait tout simplement pas à le croire. Et depuis un mois, cela le titillait.
- Je ne dis pas pour Ivan mais avoue que Natalya est… spéciale.
- Elle est unique.
Mathias se frappa le front intérieurement.
- Non, pas dans ce sens-là. Je veux dire, elle était dans les dernières suspectes et…
Lukas se leva brusquement, reposant brutalement sa tasse de café vide sur la table. Il jaugea Mathias qui était encore assis.
- Natalya Arlvoskaya est une danseuse émérite du ballet russe. Elle a peut-être certes quelques difficultés à user des codes de communication de notre société et alors ? Cela n'en fait pas une voleuse.
Mathias leva les mains en signe d'innocence tandis que dans l'entrée, la porte claquait.
- Ah mais je veux bien croire qu'elle a des difficultés à s'intégrer mais pour être tout à fait franc, son comportement m'a paru suspect. Et crois-moi, je sais ce que c'est, les entourloupes et les vols.
Lukas cilla à peine, n'ayant retenu dans son esprit que l'accusation sous-jacente que son interlocuteur était en train de formuler. Au même moment, Emil pénétra dans la pièce comme si de rien n'était, allant chercher de quoi grignoter sans se préoccuper des deux autres. Mais Lukas se tourna brusquement vers lui et le fit même sursauter.
- Bonjour, mon cher frère, le salua-t-il un peu sèchement
Emil haussa un sourcil.
- Euh… ouais. Salut. T'es carrément flippant, là, tu sais, marmonna-t-il
Il attrapa des cookies et fila dans sa chambre. Lorsqu'il eut gravit les marches, Lukas rompit le silence de la cuisine.
- Tu n'y connais rien. Je sais que Natalya Arlovskaya est innocente. Nous avons tout retrouvé chez Nadejda Sigalevitch.
- Et si tu t'étais trompé ?
Lukas écarquilla les yeux. Quelle ineptie venait-on de lui sortir ? Qu'avait-on osé dire face à lui ? Contre lui ?
Mathias se leva à son tour.
- J'ai fait des recherches tu sais et même si je n'ai rien trouvé de concret, j'ai…
- Tu n'as rien trouvé de concret et bien voilà, c'est bien ce que je disais. Tu spécules sans rien y connaître.
Mathias fronça les sourcils, appréciant peu de se faire autant traiter de moins que rien à la suite.
- Je viens de te dire que je… que je connaissais pas mal de choses en ce qui concernait les vols et…
- Je m'en fiche. Les faits sont là et attestent de l'innocence de Natalya Arlvoskaya.
On sentait que la voix du détective était à deux doigts de s'énerver. Ce qui était du jamais-vu : Lukas Bondevik en train de s'emporter. Cette seule pensée eut le don de stopper Mathias dans son élan. Il inspira profondément. Il s'apprêtait à reprendre que le détective, courroucé, quitta la cuisine après avoir déposé sa tasse vide dans le lave-vaisselle.
Mathias le suivit alors, toujours persuadé qu'il arriverait à lui faire comprendre son point de vue. Il le héla dans l'escalier mais Lukas gravit les marches quatre à quatre. Quand bien même son visage était fermé, on devinait à sa démarche qu'il en faudrait peu pour le sortir de ses gongs.
Ils arrivèrent finalement dans le salon lorsque Lukas fit volte-face.
- Arrête de me suivre.
Mathias s'arrêta. Puis, il dit :
- Laisse-moi au moins t'expliquer.
- Les explications, c'est moi qui les fournis.
C'est alors que Mathias perçut un éclat familier par-delà la fenêtre. Il eut à peine le temps de prévenir Lukas.
- Attention !
Aussitôt après, on entendit la détonation. Mathias se jeta aussitôt sur le détective. Le projectile brisa la vitre, fila à travers l'air, et pénétra malgré tout la chair de Lukas qui croula sous le poids soudain de Mathias.
Affaire à suivre…
