Bonjour !

Je suis tellement ravie que la fic aie pu reprendre ! J'ai tellement aimé écrire cette affaire que j'avais vraiment hâte de vous la faire partager.

Mais voilà qui est chose faite, n'est-ce pas ?

Avant de vous laisser à votre lecture, même si c'est peut-être répétitif, je tiens encore une fois à remercier chacun d'entre vous qui prenez le temps de lire ce... ce... euh, oui, ce monstre quoi XD Merci encore à tous de votre suivi !

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 7 : Au rapport

Lukas avait senti le projectile s'enfoncer dans sa peau au niveau de son cœur. Bientôt, sa tête lui parut lourde. Sa vision se troubla et l'image de Mathias devant lui tangua.

Ce dernier jetait tour à tour des regards alarmés dans sa direction puis fronçait les sourcils vers la fenêtre.

Lukas fit un mouvement pour se redresser. Il n'alla pas au bout de son geste. D'une, Mathias lui intima d'une main sur l'épaule de rester à terre. Et de deux, son cerveau ne lui permit pas de rester plus longtemps conscient.

Lorsque Lukas sombra, quelques secondes à peine s'étaient écoulées depuis qu'on avait tiré à travers la vitre. Mathias rattrapa du mieux qu'il put le corps évanoui du détective. Il lui frappa doucement le visage mais Lukas demeurait inconscient. Mathias serra les dents, jeta de nouveau un coup d'œil par-delà la fenêtre.

Au même moment, Emil arriva en tout hâte, surement alerté par le coup de feu. Le cœur de Mathias bondit dans sa poitrine.

- Couche-toi ! lui cria-t-il

Emil s'exécuta par réflexe.

Mais aucune nouvelle détonation.

Mathias se releva alors et se rua vers la fenêtre, tandis qu'Emil inquiet, et ayant aperçu son frère gisant sur le parquet, accourait vers Lukas.

Mathias râla. Il vola jusqu'à la sortie, ordonnant au passage à Emil :

- Appelle une ambulance. Blessure par balle au niveau du cœur. Urgence.

Emil demeura atterré, la bouche béate. Il mit un certain temps à réagir. Il s'empara finalement du téléphone, tandis qu'au rez-de-chaussée, la porte d'entrée claquait.

Mathias atterrit comme une tornade dans la rue, avisa la fenêtre du salon qui avait volée en éclat. Puis, il s'élança vers le bâtiment d'en face, un immeuble en rénovation. Il pénétra à l'intérieur, gravit les marches à la volée. Tout était en travaux mais visiblement, c'était jour de congé. Il s'arrêta au premier étage et parcourut les différents appartements sans porte installée.

Tous ses sens aux aguets, il finit par percevoir des bruits lointains. Une présence. Il s'élança à sa suite. Il était dans un escalier de service le ramenant au rez-de-chaussée quand il entendit un moteur démarrer en trombe.

Lorsqu'il sortit du bâtiment, la voiture tournait déjà au fond de la rue à droite. Il ne retint seulement de cette vision qu'une petite voiture de ville rouge.

Essoufflé, il demeura un instant sur le trottoir, les mains sur les hanches. Il passa une main dans ses cheveux.

C'est alors qu'une sirène retentit dans l'air automnal osloïte. Mathias se retourna pour découvrir que l'ambulance était dans sa rue. Il s'approcha. Pas moins de trois minutes après, on embarquait Lukas sur un brancard. Toujours aussi inconscient, on lui avait glissé un masque. Emil, déboussolé, monta à bord. Mathias voulut en faire de même mais on l'arrêta d'une main ferme.

- Vous êtes aussi de la famille ?

- Euh… bah, je…

Mathias jeta un coup d'œil à Emil dans l'espoir d'obtenir son soutien. Cependant, ce dernier était concentré sur son frère aîné et gardait les poings serrés sur ses genoux.

- Si vous n'êtes pas de la famille, reprit l'urgentiste, vous ne montez pas. Désolé, Monsieur.

On lui claqua presque la porte au nez. En même temps, il y avait urgence.

Mathias observa le camion partir à toute vitesse vers l'hôpital. Une fois l'adrénaline retombée, il chercha un long moment quoi faire. Il recolla les morceaux dans sa tête.

On avait attenté à la vie de Lukas. Clairement.

Mais apparemment, on s'était loupé. Restait à savoir si Lukas s'en sortirait rapidement ou pas. Chose qui angoissait beaucoup Mathias, qui finit par montrer des signes de nervosité alors qu'il était seul sur le trottoir, face au portillon en fer forgé.

Mais qui était ce « on » ?

Mathias jeta de nouveau un coup d'œil à l'immeuble en travaux. Il dégaina alors son portable. Quelques sonneries plus tard, on décrocha.

- Allô ? Tino ?

- Ah ! Mathias ! s'exclama Tino à l'autre bout du combiné, quelle bonne surprise ! Tu vas bien ? J'étais justement sur le chemin du retour. Tu veux qu'on se fasse une petite bière, c'est ça ? On se retrouve d'ici deux heures dans le bar en bas de chez moi, comme d'hab ?

Tino était une véritable pipelette. Et malgré la gravité de la situation, Mathias n'avait pas pu en placer une !

- On verra une autre fois pour la beuverie, mec.

Il n'était pas rare en effet que l'un et l'autre se contacte pour aller boire un coup. Souvent un coup de trop d'ailleurs. Ces deux là s'entendaient plutôt bien.

Mathias expliqua brièvement ce qui s'était déroulé. Aussitôt le calme se fit à l'autre bout de la ligne.

- Tu pourrais venir à la maison pour me dire ce qu'en pense l'expert ?

- Aucun souci. Je viens d'arriver à ma voiture. Je suis là dans un quart d'heure.

Et ce fut le quart d'heure le plus long de toute la vie de Mathias ! Il inondait littéralement Emil de messages pour savoir ce qu'il en était de l'état de Lukas. Mais soit Emil s'énervait face à l'afflux de message, soit il l'ignorait tout bonnement. Mathias appris juste que Lukas avait été intégré au service de chirurgie.

Pour passer le temps, il passa en revue le salon, examinant précautionneusement chaque débris de verre.

Enfin, une voiture se gara dans la rue. Mathias dégringola les escaliers et ouvrit la porte d'entrée alors même que Tino passait juste le portillon. Ils se saluèrent rapidement et Mathias le conduisit aussitôt au salon. Il présenta la pièce d'un geste et invita Tino à y entrer. Ce dernier y pénétra les mains dans les poches. Sur son visage rebondi s'étendait un large sourire, comme si ce n'était qu'une visite de courtoisie mais son regard laissait entendre qu'il scrutait chaque chose.

- Alors ? finit par demander Mathias impatient, qu'est-ce que tu en penses ?

Tino s'accroupit et observa les débris de verre.

- Le tireur n'avait pas la bonne portée.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

Tino désigna la fenêtre cassée, notamment les fissures qui s'étendaient aux alentours.

- Vu comment la fenêtre s'est brisée, la puissance de la douille était telle qu'elle a laissé derrière elle un trou bien plus large et des dégâts plus conséquents. Le tireur a sans nul doute utilisé une arme à portée plus longue. Ce qui n'était absolument pas nécessaire. Un calibre plus petit aurait fait moins de dégât mais aurait été très précise et plus rapide, et…

Tino arrêta sa phrase lorsqu'il vit le regard de Mathias. Calibre plus petit ou pas n'était pas la question. Cette scène n'aurait jamais dû se dérouler de toute façon.

Tino se racla la gorge, gêné.

- Enfin, bref… on a tiré depuis cette fenêtre.

Il tendit son doigt vers un encadrement encore vide de vitre dans l'immeuble d'en face.

Peu de temps après, ils se retrouvèrent vraisemblablement à la place supposée du tireur. Mathias fouilla les lieux tandis que Tino envisageait plus précisément le profil de l'arme et de son utilisateur.

Mathias récupérait tout ce qu'il trouvait. Il fit une belle petite collecte de déchets. De tout ce tas, il n'en retira d'intéressant qu'une petite pièce métallique semblable à une vis mais qui n'en était définitivement pas une. Et pour connaître les métiers du bâtiment grâce à un de ses précédents boulots, Mathias sût que cette chose n'avait rien à faire sur un chantier. Elle devait donc appartenir au tireur. Sinon, il récupéra également un papier de bonbon rouge et or. Cela lui rappela quelque chose, mais impossible pour le moment de se rappeler de quelle marque il en retournait. D'autre part, le chantier étant propre, il ne lui semblait pas logique de trouver un unique emballage égaré là.

Tino le sortit de sa fouille méticuleuse lorsqu'il lui expliqua :

- Il s'est mis bien en face. Il n'est pas totalement ignorant des techniques de tir. Néanmoins… il a mal jugé son arme. Non seulement il y a donc un problème de calibrage, mais en plus de cela, un vrai sniper prendrait en compte tous les facteurs avant de tirer. Sa cible était mouvante, avec quelqu'un d'autre qui plus est, il n'a pas pris en compte la résistance de la fenêtre, de l'air, j'en passe et des meilleurs.

Il était assez étrange de constater que Tino établissait son portrait-robot aussi froidement. Il ne parlait pas de Lukas ou de Mathias, il parlait de cible, de facteurs, de calibrage. Il rendait son rapport comme s'il s'agissait d'un vulgaire exercice.

Mathias devait le dévisager assez bizarrement car aussitôt Tino passa une main dans sa nuque et expliqua un peu gêné :

- Ah ! Désolé si je parais peut-être détaché. Réflexe du métier. Tu sais : prendre du recul pour réfléchir le plus clairement possible.

Mathias hocha machinalement la tête. En vérité, il se rendait surtout compte de combien le jovial et chaleureux Tino était un véritable tireur d'élite à la retraite. Sortant de sa léthargie, il demanda finalement :

- Donc au final, on sait quoi de ce type ?

- Qu'il s'y connait en armes mais certainement pas en tir de précision.

- ça… nous avance beaucoup.

Mathias soupira profondément. Il ne pouvait pas laisser passer ça. Il lui fallait retrouver ce malade qui avait osé tirer sur Lukas.

Tino apposa une main amicale sur son épaule.

- Ne t'inquiète pas. Un tireur amateur, ça se retrouve forcément.

- J'espère bien. J'ai quelques questions à lui poser.

Il présenta à son tour le fruit de ses recherches.

- Tu sais ce que c'est, ça ? demanda-t-il en présentant la pièce métallique

Tino plissa les yeux puis la lui prit des mains. Il se frotta le menton. Finalement, il secoua négativement la tête.

- Non, désolé. Mais peut-être que Berwald sait. Il est très minutieux et a déjà travaillé à très petite échelle. Peut-être que ce genre de pièce lui dira quelque chose.

- Ok. Je te la laisse dans ce cas.

Il lui présenta ensuite le papier de bonbon rouge et or. De même, Tino l'examina sous toutes les coutures avant de rendre son verdict. Malheureusement, il ne fut pas plus fructueux.

- Aucune idée. Tout ce que je peux te dire, c'est que ce ne doit pas être une friandise alcoolisée. Je les connais toutes, ah ah !

Mathias sourit même si on sentait que, pour le coup, son esprit était bien loin.

- Pas grave, je me renseignerai sur Internet.

- Ah bah oui. Internet. Ça vous facilite la vie, ce machin.

- En tout cas, merci d'être venu si rapidement et de m'avoir aidé.

- Oh ! modéra Tino, je n'ai pas fait grand-chose. Mais si tu considères que ça t'aide…

- Toute information est bonne à prendre.

- En effet. Bon ! Je vais te laisser si ça ne te dérange pas. Berwald va finir par me faire une crise si je ne rentre pas. Je ne lui ai même pas dit que je faisais un détour avant de rentrer. Il est un peu parano des fois, mais bon… ça le rend adorable.

Mathias coupa Tino dans son élan sinon, il pouvait être sûr que dans une heure, ils seraient encore dans ce bâtiment en travaux à discuter de tout et de rien. Et cela n'aurait pas été de refus : Mathias trouvait cela très drôle, voire parfois hilarant, d'écouter Tino déblatérer. Toutefois, pour l'heure, il avait vraiment la tête ailleurs.

- Je vais pas te retarder plus longtemps. Je vais filer à l'hôpital de toute façon voir comment va Lukas. J'espère qu'il s'en est sorti…

- Oh ne t'en fais pas. Ce n'est jamais qu'une balle.

Mathias manqua de s'étrangler. Oui et bien c'était justement le problème d'après lui. Il n'avait que très peu eu à faire à des balles auparavant. Et certaines représentaient des souvenirs encore vifs et douloureux.

Tino ajouta de suite :

- Et puis, s'ils l'ont intégré à l'hôpital, c'est que tout n'est pas perdu.

Par la suite, ils se quittèrent rapidement. Tino demanda bien entendu à être tenu au courant de l'état du détective et de l'avancée des recherches. Puis, dès qu'il fut parti, Mathias sauta dans la voiture et roula plus vite qu'il n'aurait dû en direction de l'hôpital.


Affaire à suivre...