Bonsoir à vous chers lecteurs !

Pour cette fois, je ne vous retiendrai pas longtemps avant votre lecture XD Je tiens juste à vous remercier comme d'habitude, c'est important. Mais sinon, rien de plus !

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Finlande : Tino Väinäimöinen

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 7 : A l'hôpital

Quand il arriva à l'hôpital, Mathias fut redirigé vers une salle d'attente. Apparemment, Lukas n'était pas encore sorti de la salle d'opération. Il rejoignit Emil qui patientait. Ce dernier pianotait frénétiquement des messages à toute allure sur son téléphone portable. Pour sûr, le choc était rude. Et même l'apparente indifférence qu'il affichait d'ordinaire face à son frère venait de se briser. Mathias avait devant lui un jeune homme bouillonnant d'anxiété.

Il prit place à ses côtés et posa une main sur l'une de ses cuisses. Emil sursauta et releva brusquement la tête de son téléphone. Il dévisagea Mathias, incrédule.

- Qu'est-ce que tu viens foutre là ?

- Comment va ton frère ? On t'as dit quelque chose ?

Mathias n'avait pas délibérément ignoré la question d'Emil. Seulement, trop préoccupé par l'état de Lukas, il n'avait même pas assimilé qu'on lui avait parlé.

Emil détourna la tête avant de la secouer de gauche à droite. Puis, il termina de composer son message. Mathias soupira. Il fixa alors le carrelage, le menton reposant dans ses mains jointes.

Cinq minutes s'écoulèrent quand soudain Emil rompit le silence de la salle d'attente. Il demanda à mi-voix :

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Quand les médecins m'ont demandé comment ça lui était arrivé, j'ai été incapable de répondre.

Et il ajouta avec une pointe de reproche :

- Pourquoi tu m'as laissé tout seul ? T'étais où ?

- On discutait dans le salon quand on a tiré sur ton frère, expliqua calmement Mathias sans quitter le carrelage des yeux

- Qui ?

Mathias haussa les épaules puis se tourna vers le jeune homme.

- Crois-moi que je mets tout en œuvre pour le savoir mais je n'ai pas découvert grand-chose pour l'instant. J'ai fait appel à Tino. Tino Vaïnämöinen. Tu sais, le spécialiste.

Il n'osait pas détailler en public les fonctions qu'occupait Tino. Ils n'étaient pas tout seul dans la salle d'attente. Mathias tentait de parler le plus posément possible malgré la gravité de la situation, et surtout le plus discrètement afin de ne pas s'attirer d'oreilles intruses.

Emil hocha pensivement la tête. Il fixa Mathias de son regard bouillonnant de rage. Une rage envers qui ou envers quoi, impossible de le dire. Peut-être simplement de la rage. Une sorte de colère refoulée qui faisait surface à chaque surplus d'émotion, quelle qu'elle fut. Il voulait en savoir plus, ce qui dérangeait donc quelque peu Mathias.

Ce dernier se leva alors et attrapa Emil par le coude.

- Viens, je te paye un café.

Emil ne comprit pas la proposition sous-entendu, qui en découlait pourtant avec évidence aux yeux de Mathias. Il se dégagea de son emprise.

- Non. Explique-moi.

- Pas ici, murmura Mathias puis il reprit plus haut, allez viens. On va se prendre un truc à boire.

Cette fois-ci, Emil obtempéra. Ils se retrouvèrent quelques instants plus tard dans un recoin tranquille près du distributeur. Mathias lui déballa alors tout ce qu'il avait pu trouver. Il termina sur le papier de bonbon rouge et or dont il n'avait pas encore eu l'occasion de chercher le contenu. Il l'extirpa de sa poche en même temps qu'il en parlait.

- Je sais que ce papier me dit quelque chose mais je n'arrive pas à remettre la main dessus.

- Attends, je vais chercher sur Internet avec mon portable.

- Toujours paré à toute épreuve, hein ?

- Pas envie de m'ennuyer comme un rat mort sur les bancs de la fac. Faut bien s'occuper.

Emil s'énerva car les recherches s'avérèrent infructueuses. Le jeune homme était extrêmement nerveux. Complètement sous tension. Et ça se comprenait parfaitement vu la situation.

- Lukas aurait déjà sorti le nom de ce truc, grommela-t-il

- Il est gourmand à ce point ?

- Nan, rétorqua Emil, il enregistre tout ce que ces sens perçoivent. Pour sûr qu'il serait capable de te dire ce que ce fichu papier de bonbec contient.

- Ah bah oui, suis-je bête.

- Ça tu peux le dire.

- Tu remplaces ton frère pour m'envoyer balader ? plaisanta Mathias avec un demi-sourire

Ils se fixèrent tous les deux, prenant conscience que Lukas leur manquait déjà. Chose qui vint ajouter à leur rancœur envers le tireur inconnu. Et donc envers le papier rouge et or qui leur résistait.

Alors qu'Emil s'énervait encore sur son téléphone, Mathias posa une main apaisante sur son épaule.

- On verra ça plus tard.

- Plus tard ? Non mais sérieusement, tu veux qu'on lui laisse combien de temps à ce type pour se carapater définitivement ? s'exclama Emil en retour

Mathias lui intima de baisser d'un ton. Ils étaient certes dans un recoin mais celui-ci donnait sur le couloir où les allés et venues pouvaient s'avérer fréquents.

- Calme-toi. Ce salaud ne se carapatera pas. Quand on a une mission, on ne rentre pas avant de l'avoir exécuter.

Emil observa Mathias intrigué. Il avait prononcé ces mots d'un air absent comme un proverbe qu'on récite machinalement.

- Mais dans ce cas… ça veut dire qu'on va encore s'en prendre à lui ?

- Si le but était bien de l'abattre, alors oui. Mais t'inquiète : je ne laisserai jamais ça se produire. Tant qu'il est à l'hôpital, il sera à peu près en sécurité. Je ferai en sorte de rester ici le plus souvent. Je tiens aussi à ce que tu fasses très attention. Si jamais on a un quelconque grief contre ton frère, on essaiera peut-être de s'en prendre à toi.

Emil fronça les sourcils. Non seulement, il n'était pas des plus rassuré mais en plus un flot d'interrogations venaient de le submerger.

- Pourquoi tu fais ça ? lui demanda-t-il finalement

Mathias eut un petit sourire en coin. Il s'apprêtait à répondre quand une infirmière vint à leur rencontre.

- Emil Steilsson ? Votre frère vient d'être transféré dans sa chambre. Il se réveillera sous peu.

A ses mots, Emil comme Mathias ne purent retenir un profond soupir de soulagement. Lukas était donc tiré d'affaire. Sur le plan physique tout du moins.

- Si voulez bien me suivre. Le médecin aimerait avoir une discussion avec vous.

Emil déglutit. Il appréhendait un peu cette rencontre. Peut-être allait-on lui poser des questions. Il avait peur de devoir fournir des explications. Il coula un regard vers Mathias. Ce dernier comprit rapidement, ou peut-être simplement le voulait-il vraiment, et demanda s'il pouvait l'accompagner.

- Et vous êtes ?

- Un membre de la famille, affirma Emil

Il envisageait parfaitement qu'on refoule Mathias sous prétexte qu'il ne faisait pas partie du cercle familial.

L'infirmière opina et les pria de la suivre. Un instant plus tard, ils pénétrèrent dans un cabinet. Le médecin, jovial quoique l'inquiétude barrait son front de jeune cinquantenaire, leur serra la main et les invita à prendre place. Il leur parla d'abord de l'opération, et leur démontra à l'aide de radios et autres que tout s'était bien déroulé, que la balle avait été extirpée sans encombre, etc. Puis, vint la question fatidique.

- Néanmoins, comprenez que j'aimerais bien comprendre pourquoi une balle s'était logée si près du cœur de monsieur Bondevik. Un peu plus à gauche et c'est l'organe qui était immanquablement touché. Nos urgentistes sont d'ailleurs arrivés à temps pour lui éviter une hémorragie et l'artère est maintenant rebouchée, mais…

Il dévisagea tour à tour les deux hommes. Face à leur silence, il ajouta :

- En tant que chirurgien, j'ai sauvé la vie de cette personne et c'est tout ce qui m'importe. Mais en tant que citoyen, je ne peux laisser passer ça. Ce n'est pas normal. Je dois en référer aux autorités locales.

Mathias prit alors les devants.

- C'est déjà fait.

Il extirpa de sa poche l'insigne de police que lui et Lukas avait utilisé lors d'affaires précédentes pour se faciliter la vie. Certes, en toute illégalité, mais cela ne prêtait pas vraiment à conséquence. Le médecin écarquilla les yeux avant d'approuver d'un signe de la tête.

- Je comprends mieux. Vous vous chargez vous-même de l'enquête de votre proche. Du coup, la balle extraite…

Il présenta le projectile dans un sachet plastique. Elle avait soigneusement été nettoyée. Mathias rangea le faux insigne et tendit la main.

- Je vais m'en occuper. Ne vous en faites pas.

Visiblement rassurée de pouvoir abréger le processus administratif, le médecin lui remit volontiers le sachet.

Ils poursuivirent la discussion avec les recommandations du chirurgien vis-à-vis de la suite. Beaucoup de repos évidemment. Le cœur avait été secoué. Lukas devrait être immobilisé pendant une petite semaine et, si la blessure interne se cicatrisait bien, il pourrait sortir de l'hôpital d'ici là. En revanche, l'exercice physique lui était interdit pendant un mois, plus ou moins selon l'évolution de sa guérison. Du calme lui était également vivement préconisé afin d'éviter de trop vives pulsations sanguines au niveau du cœur, alors que ces artères-là étaient précisément endommagées.

Mathias grimaça intérieurement : ça n'allait pas être facile de respecter toutes ses consignes. Peut-être vaudrait-il même mieux laisser Lukas en dehors de toute cette histoire. Peut-être même Emil. Oui, peut-être que lui tout seul devrait assurer la résolution de ce mystère. Et au passage botter les fesses de ce type qui avait osé planter une balle quasi-mortelle dans le torse de Lukas.

Il serra le poing inconsciemment et froissa son pantalon par la même occasion.

La question d'Emil lui revint à l'esprit. « Pourquoi tu fais ça ? » En effet, se dit-il, bonne question. Qu'est-ce qui le poussait à ce point au cœur de cette énigme ? Pourquoi tenait-il absolument à faire payer cet inconnu qui s'en était pris à son colocataire ?

Mathias n'écoutait alors plus le médecin. C'est pourquoi il sursauta vivement lorsque ce dernier se leva suivit d'Emil. La séance était donc terminée. Le chirurgien présenta une main qu'Emil empoigna puis Mathias. Par la suite, il leur indiqua la chambre de Lukas qu'ils pouvaient d'ors et déjà aller visiter. Les deux hommes le remercièrent et le saluèrent rapidement.

Une fois seuls, et tandis qu'ils marchaient en direction de la chambre du convalescent, Emil se tourna vers Mathias :

- Cet insigne…

- Oui, c'est celui de la boîte à gant, murmura Mathias

- C'est bien ce que je me disais. Mais tu avais prévu le coup ?

- Je suis paré à toute épreuve. Je pense que c'est une des premières choses qu'on apprend en partageant les enquêtes de ton frère.

Emil esquissa un sourire : il n'avait pas tort.

- Et la balle ? Tu vas en faire quoi ?

- Je vais l'étudier et je la passerai sûrement à Tino.

Emil s'arrêta en plein milieu du couloir. Il pressentait bien ce que Mathias avait derrière la tête.

- Lukas n'appréciera pas d'être mis à l'écart.

- Tu as entendu ce qu'a dit le docteur : repos et calme. On ne va pas l'obliger à se confronter à cette affaire. D'autant plus que ça pourrait être dangereux pour lui sous bien d'autres aspects.

- Moi, je comprends. Mais lui, jamais il n'acceptera. Pour lui, c'est un jeu. Et là, tu essayes de lui voler son jeu. Enfin, bon… si tu te casses la gueule, viens pas te plaindre, conclut Emil en reprenant sa route

Ils arrivèrent finalement devant la porte où était inscrit le nom de Bondevik. Emil et Mathias échangèrent un regard. Tous deux appréhendaient un peu d'ouvrir la porte, se demandant avec une certaine angoisse dissimulée dans quel état ils allaient retrouver le grand détective privé d'Oslo.


Affaire à suivre...